‹ Les Causalgies Post-Traumatiques de Weir-Mitchell et Leur DevenirChapitre 6 sur 69 · MONSIEUR LE PROFESSEUR J. FROMENT · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE PROFESSEUR J. FROMENT

Professeur de Pathologie Interne à la Faculté de Médecine Médecin de l’'Hôtel-Dieu Correspondant de la Société de Neurologie de Paris Officier de la Légion d'honneur

Durant plusieurs années, et avec un intérêt grandissant, nous avons suivi son enseignement. C’est avec le cœur plein de regrets que, hélas! par la force des choses, nous nous éloignerons de ce Maître qui a su faire aimer la Neurologie aux jeunes générations, de ce Savant qui a tant contribué aux questions médicales d’actualité, de ce Médecin qui a failli périr à sa tâche, victime du devoir.

Après nous avoir engagé dans le travail que nous présentons aujourd’hui, il nous prodigua, sans compter, et ses sages conseils et les trésors inépuisables de son savoir.

Que notre cher Maître veuille bien voir ici, avec le témoignage de notre respectueuse admiration, notre infnie gratitude.

Avant-propos

Dans la Grèce antique, il était de tradition qué le disciple d'Hippocrate, après avoir franchi les épreuves de l'Ecole, au moment de recevoir les insignes de docteur, lui conférant les responsabilités les plus hautes, — il était alors le grand prêtre de la Médecine, — exécutât deux actes essentiels. Devant les effigies respectées d’Apollon, d'Asclépios, d'Hygie et dé Panatée, prenant à témoin tous les dieux et toutes les décssés, il prétait le serment célèbre et rendait un public témoignage de respectueuse reconnaissance aux Maitres qui avaient jeté la semence.

Depuis, cette coutume n’a cessé de se perpétuér religiéusément à travers les siècles, et, si les noms éclatants de la mythologie ont disparu du discours inaugural, celui-ci n’en constitue pas moins, comme par le passé, le même témoignage des liéns qui unissent le. Maître à l’élève. Car, nulle part ailleurs autant qu’en médecine, on ne trouve cé contact intime, cette collaboration confiante, cette mutuellé ardeur dans la recherché de la vérité et dés grandes lois de la nature, cette stimulation morale, enfin, que crée, chaque jour au lit du malade, lobligation de résoudre les problè-

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mes angoissants d’où dépendent le soulagement et la vie de nos semblables.

Conformément à l’usage, nous assurerons donc de notre reconnaissance, d’abord ceux qui eurent le mérite de diriger nos premiers pas dans le vaste domaine de la Médecine, dans ce jardin immense dont on parcourt les mille détours et les secrets sans en jamais atteindre les limites, et où chaque pas en avant nous met en face d'horizons inattendus.

Outre d’éminents et très vénérés Maîtres, tels que les professeurs Bard, Roque et Cade, pour la Médecine, Bérard pour la Chirurgie, nous avons eu la bonne fortune de rencontrer sur notre chemin de jeunes cliniciens, devenus depuis des maîtres illustres à leur tour, et qui, au temps où nous avons vécu à leur côté, ont su nous faire partager leurs croyances, en même temps qu’ils ont fortifié en nous l’amour du grand art.

Ifs sont trop nombreux pour les nommer tous, mais nous tenons à remercier particulièrement : le Docteur Pierre Croïzat, devenu par la suite Chef de Clinique à la Faculté, qui nous a prodigué, sans compter, dans ses conférences préparatoires à l’Externat, le meilleur de son savoir; le Docteur Langeron, que nous avons connu comme Chef de Clinique du Professeur Bard, et qui détient aujourd’hui, avec une haute dignité, la chaire de Clinique médicale à la Faculté libre de Lille; le Professeur agrégé Paul Bonnet sut, avec son esprit soucieux d’art et de finesse, nous communiquer un peu de sa passion pour l’étude de la pathologie externe; le Professeur agrégé Charles Dunet, — pour

les belles opérations et les excellentes leçons de propédeutique chirurgicale duquel nous avons gardé un souvenir ineffaçable, — qui ressuscite actuellement, avec éclat, sur la terre lointaine d'Egypte, le prestige de la vieille race gauloise, en tant que Chirurgien-chef de l'Hôpital Français du Caire.

Nous remercions également nos Maîtres d’Externat, MM. les Professeurs agrégés Laroyenne et Tavernier, pour la Chirurgie générale; M. le Professeur F. Collet, pour l’Oto-Laryngologie, et M. le Doyen Jean Lépine, qui excella à nous enseigner la Psychiatrie.

Dans la même circonstance, nous tenons aussi à témoigner notre gratitude au Docteur Bourrat, ancien Chef de Clinique, ainsi qu’à nos amis les Docteurs Bernay, Carle et Blan, avec lesquels nous avons vécu en parfaite collaboration.

La Neurologie s'étant un moment emparée de notre activité, nous avons accueilli, avec enthousiasme, la suggestion de M. le Professeur J. Froment sur l'avenir des causalgies. Depuis plusieurs années, de temps à autre, nous suivions son enseignement, perdu dans :a foule de son auditoire, nous admirions ses travaux, son esprit clair, lucide et pénétrant, sa dialectique serrée, brillante et solide, en même temps que la force de son caractère et de son imagination créatrice. Plus tard, il nous fit l'honneur de collaborer avec lui dans une de ses publications. Aujourd’hui, il nous fait encore l’honneur de présider notre Jury. Que notre

Maître, qui a su montrer jusqu'à quelle hauteur

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