‹ Les Causalgies Post-Traumatiques de Weir-Mitchell et Leur DevenirChapitre 7 sur 69 · RUE · texte numérisé non relu

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pouvait s'élever l’idéalisme du médecin, soit également assuré de notre respectueuse reconnaissance. Enfin, nous n’aurons garde d’oublier, dans ce témoignage de gratitude et d’admiration, les nombreux savants, éminents cliniciens des Facultés de médecine de Paris, de Londres, de Bucarest, de Bordeaux et de Strasbourg, qui, sans le savoir et de fort loin, ont été pour nous, eux aussi, par leur enseignement écrit, par leurs publications scientifiques, des guides suivis

et aimés, des maîtres inestimables.

Lyon, août 1930.

Préface

Si on envisage les Causalgies dans leur acception la plus large, dans le sens hellénique du mot (xavoug, brûlure; #1v0S, douleur), on devient vite embarrassé, car les limites d’un pareil sujet s’étendent à l'infini. Prises dans leur sens étymologique, elles se rencontrent, en effet, dans maints états morbides, dont la plupart, cependant, reconnaissent à leur base une « épine sympathique », à telle enseigne que notre maïitre, M. le Professeur J. Froment, dans son langage toujours heureusement imagé, a pu dire, avec une certaine justesse : « La causalgie, c’est le cri du sympathique ».

Les causalgies les plus caractéristiques sont localisées, en grande partie, au territoire cutané d’un nerf irrité; ce même territoire étant caractérisé, en outre, par le « glossy-skin », c’est-à-dire un aspect lisse et luisant de la peau. L’acuité des douleurs est considérablement accrue par les émotions, et apaisée, au contaire, par les applications locales d’eau froide. Ces

douleurs sont également réveillées ou exagérées, non

pas toujours mais souvent, par les contacts superficiels des régions saines symétriques où voisines. Syndromes douloureux qui, à tous les points de vue, méritent d’être appelés « Causalgies de Weir-Mitchel} ».

D'aucuns, pleins de zèle ou d’ambition, demandèrent à leurs contemporains, sans succès d’ailleurs, de substituer des termes nouveaux à celui de Causalgie. Entre autres, Stopford proposa le mot de « Thermalgie », qui, à notre avis, a l'inconvénient de suggérer dans l'esprit l’idée d’une douleur occasionnée par une chaleur extérieure à l'organisme. Ducosté proposa le terme de « Dexalgie », qui, en grec, possède exactement le même sens que Causalgie. Sans doute, celui-là ne contient pas la consonance regrettable « cause », mais esf-il plus compréhensible pour les jeunes générations trop souvent dépourvues des études classiques? Et puis, pourquoi ajouter encore un terme à la fois nouveau et inutile au vocabulaire médical déjà si étendu? Contrairement à d’autres religions, dans le temple de la Médecine, il est on ne peut plus sage de ne baptiser que des nouveau-nés. Sans doute, le mot « causalgie »:s’applique à maintes douleurs de brûlures ressenties dans des états pathologiques différents, mais, en le créant, Weir-Mitchell l’appliqua à une affection particulière qu'il eut le mérite de décrire de main de maître, et comme il existe une autre maladie décrite également par lui, l’'érythromélalgie, il ne reste plus qu’à appeler l'affection si douloureuse que nous avons en vue, la « Causalgie de Weir-Mitchell ».

Maintenant que nous avons déblayé un peu du ter-

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