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rain, voyons quelles sont les sources provocatrices de cette affection. Bien que celles-là soient assez diverses, on peut les classer en « médicales >» proprement dites et en « traumatiques ».
Les Causalgies de Weir-Mitchell d’origine médicale peuvent s’observer au cours des névralgies faciales, occipitales, intercostales, sciatiques, du fémoro-cutané (méralgie paresthésique), au cours de certains zonas, surtout lorsque les ganglions intéressés correspondent aux racines sensitives du membre supérieur, au cours des poly-névrites sériques, de la névrite du plexus brachial par l’extension d’un processus cancéreux; elles peuvent aussi se révéler, ainsi que Gilles de la Tourette, Paul Dalché et Tinel l’ont montré, comme des causalgies de l’appareïl génital de la femme, voire même de l’homme; enfin, comme Leriche l’a signalé, elles peuvent être le premier signe clinique révélateur d’une malformation squelettique connue sous le nom de « côte cervicale ».
Les Causalgies de Weir-Mitchell d'origine traumatique peuvent apparaitre à la suite des blessures des nerfs, des fractures, des luxations, des entorses, des ostéomes, des cals osseux. enfin, ainsi que la fort bien décrit Monbrun au cours de la dernière guerre, elles peuvent apparaître, dans le domaine du trijumeau, à la suite des blessures du globe oculaire, lorsque l’énucléation de celui-ci a été incomplète.
Ce second groupe de causalgies de Weir-Mitchell, — comprenant les causalgies traumatiques, — est le plus important parce que de beaucoup le plus fréquent. C’est celui que nous avons étudié le plus spéciale-
ment. Il eut, hélas! un regain d’actualité au cours de la Grande Guerre, et depuis, son domaine n’a fait que s’accroître.
Il y a un àn environ, M. le Professeur J. Froment eut l’occasion de nous montrer un ancien blessé dont la causalgie persistait depuis 1914 ! Devant ce fait, notre Maître nous incita à l’analyser avec patience dans ses moindres détails, — ce que nous fîimes, — puis de rechercher un peu partout ce que devenaient semblables malades.
Telle fut notre tâche. Devant la floraison des travaux concernant les états caüsalgiques, devant les idées contradictoires et pourtant sincères qui surgissaient en maints esprits, en un mot, devant le manque de précision concernant cette question, il nous parut d’abord indispensable de définir nettement la Causalgie de Weir-Mitchell. Puis nous sommes parti « en guerre », rejetant, les unes après les autres, toutes les questions regrettables de parti-pris ou d’école, autant d'obstacles nuisant à la compréhension de l’art qui a pour mission, avant tout, de soulager les souffrances humaines.
Et notre enquête nous apprit que, pendant de Jongues années après la tourmente et qu’à l'heure actuelle encore, il existe, sur diverses contrées de la terre, des anciens blessés qui souffrent terriblement et qui souffrent dans le silence, avec cette modestie suprême, celle de n’oser se plaindre, avec une énergie héroïque, celle de continuer à tenir leur place dans la ruche humaine!
À l'étude de ces malades, nous avons pris à cœur
de donner une mise au point de la Causalgie de Weir- Mitchell, dont, grâce à l’aide de notre distingué Maître, M. le Professeur J. Froment, nous avons précisé et enrichi la symptomatologie, dont nous avons surtout différencié l’évolution suivant les formes à prédominance hyperhémique ou à prédominance ischémique. En traitant de l’évolution spontanée et de l’évolution thérapeutique, nous avons été amené à porter des conclusions médico-légales. Enfin, nous avons exposé les différentes méthodes de traitement, dont les indications ou les contre-indications ne sauraient être pesées avec trop de rigueur et avec trop de prudence, car, ainsi que nous l’avons montré au cours de ce travail, certains cas de causalgie de Weir-Mitchell constituent, au point de vue opératoire, de véritables « noli me tangere ».
Le problème ainsi envisagé, n'est-il pas toujours d'actualité? L'avenir sera-t-il assez clément pour mettre les générations futures à l’abri de nouvelles guerres? Aujourd’hui, de plus en plus, ne sommes-nous pas exposés, dans la vie courante, aux traumatismes résultant du fonctionnement des machines savantes de l’industrie ou des moyens perfectionnés de transport, de tous ces fruits du modernisme qui, suivant l'expression paradoxale d’un Jean-Jacques, constituent « autant de guirlandes de fleurs posées délicatement sur les chaînes des esclaves » ?
Puisse ce travail jeter quelques lumières sur le domaine touffu des états causalgiques! C’est là tout notre désir. Mais le mérite en reviendra, pour la plus grande part, à M. le Professeur J. Froment qui, avec sa bien-