‹ Les causeries de BianchonChapitre 25 sur 29 · M. PROUST · texte numérisé non relu

M. PROUST

suite, cette vivacité d’intelligence qui sont sa caractéristique.

Il excelle surtout aux questions d’hygiène internationale. Il est le créateur et l’organisateur de cette science spéciale, éparse avant lui et sans règles d’ensemble. Dès 1873 il lui consacrait un ouvrage complet que l’Institut s’empressait de couronner.

Délégué, pour la France, aux conférences internationales de Vienne, de Rome, de Venise, de Dresde, de Paris, il y a pris d’emblée la plus haute influence et y a fait bientôt triompher ses idées progressistes, sur l’organisation des « quarantaines » notamment.

Telles qu’on les pratiquait il n’y a pas plus de dix ans, les quarantaines étaient, en même temps cruelles pour les passagers, très gênantes pour le commerce, et insuffisamment préservatrices pour le pays. Maintenir les seules précautions efficaces et rationnelles, supprimer les mesures vexatoires et inutiles, voilà le programme que, d’accord avec son ami M. Henri Monod, M. Proust s’était proposé : il le réalisa en organisant la désinfection dans les lazarets et à bord, en envoyant sur les navires marchands des médecins instruits et scrupuleux dont les déclarations fussent de nature à inspirer confiance. A l’heure actuelle ce mode de préservation est universellement adopté : le commerce et la navigation ne sont plus entravés par la sotte tyrannie des quarantaines, et le choléra ne

LES TRIUMVIRS DE l'hYGIÈNE

peut plus pénétrer en Europe par les ports de la Méditerranée.

Le choléra, c’est l’un des principaux sujets d’études du professeur d’hygiène. Dès 1883, au moment de la quatrième invasion du fléau, cette fois par la voie d’Égypte, M. Proust publiait sur l’étiologie et la prophylaxie du choléra un volume plein de documents qui fit grand tapage dans le monde, si bien que lord Grandville crut devoir lancer une note diplomatique pour essayer de dégager la responsabilité de l’Angleterre. La défense de l’Europe contre le choléra, les nouvelles routes des grandes épidémies, le pèlerinage de la Mecque, complètent sa série de travaux sur l’hygiène internationale.

Quand j’aurai cité pour mémoire tout un ensemble de bonnes études d’hygiène professionnelle, un mémoire sur un nouveau procédé d’inoculation de la pustule maligne, son traité d’hygiène publique et privée, couronné par la Faculté et par l’Institut, ses voyages d’étude en Perse, en Arabie, en Égypte, en Kabylie, il me sera bien malaisé de partager l’opinion, assez répandue cependant, qui veut que le professeur Proust soit indolent et ménage sa peine ; d’autant que tout ce qu’il a fait est bien fait, clair, attrayant à lire, et très scientifique et très littéraire, sans prétention à l’apparente profondeur. Je ne vois guère d’un

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