‹ Les causes de la folie, prophylaxie et assistanceChapitre 12 sur 62 · FACTEURS CONGÉNITAUX · texte numérisé non relu

FACTEURS CONGÉNITAUX

bon de noter que la cause tératogénique ne paraît pas retentir sur la forme de la monstruosité.

Tout ce qui a été dit de la mère peut s'appliquer au père, bien que les phénomènes soient là plus obscurs. On conçoit cependant que les cellules génératives mâles souffrent chez un individu intoxiqué ou atteint de maladie générale, dans leur constitution chimique et soient ainsi frappées dans leur puissance de développement.

Il y a longtemps qu'Esquirol, Seguin, Lucas, Morel ont remarqué que les enfants conçus en état d'ivresse devenaient souvent des aliénés ou des névropathes. On sait d'ailleurs que l'influence de l'état physique et mental des procréateurs sur leur produit est connue depuis la plus haute antiquité. Hésiode, dit-on, prescrivait l'abstention du coït après les cérémonies funèbres, pour éviter de mettre au monde des enfants mélancoliques. Un fils de Louis XIV et de Mme de Montespan, engendré durant la tristesse et l'émotion du jubilé, hérita d'un tempérament qui le fit appeler l'enfant du jubilé C^). Dans les cas les plus nombreux où le facteur dégénératif est l'ivresse du père durant le coït, il faudrait admettre, s'ils étaient vérifiés, que l'alcool imprime aux spermatozoïdes, une altération qui trouble leur développement ultérieur. Cela expliquerait aussi l'influence de l'hérédité alcoolique que l'on retrouve si souvent parmi les antécédents des aliénés. Les facteurs congénitaux, dans la genèse de la prédisposition vésanique, sont très importants, bien qu'il ne soit pas facile de les étudier. Mais ce n'est pas une rais(m pour les négliger. Aussi M. Bouchereau (') a eu raison d'insister pour qu'on leur fasse une place importante dans l'étiologie de la dégénérescence.

(1) Lucas. Ouvr. cité, II, o04.

(2) Bouchereau. Ann. méd. psych., 1886, IV, 97.

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