INTRODUCTION. IX
pas de groupes qui ne contienne un élément rattacliable à d'autres par certains côtés. Ainsi la puerpéralité qui fait partie, par la grossesse, des conditions physiologiques, appartient aussi, parles septicémies, aux maladies infectieuses, c'est-à-dire aux causes pathologiques. La faute en est donc aux phénomènes, qui ne sont jamais simples. Toutefois les groupements que je propose sont encore assez naturels et peuvent prêter, par exemple, les causes morales, les intoxications, les infections, à des considérations générales communes.
Un dernier mot. Je donne au terme folie le sens le plus étendu, qui est celui de trouble congénital ou acquis, court ou prolongé, des facultés intellectuelles, affectives ou volontaires. Il n'y a rien pour moi qui sépare les délires symptomatiques, par exemple les délires dits fébriles, de ceux appelés vésaniques. L'hyperthermie peut exister chez ceux-ci et manquer chez ceux-là. Il n'y a donc, le plus souvent, que la durée ou des nécessités de sécurité sociale qui commandent ou non la séquestration. On conçoit que ce ne sont pas là des criteria suffisants pour établir une division scientifique. D'autre part on a essayé de marquer une différence entre l'aliénation mentale, groupe générique de toutes les imperfections psychiques, et la folie, laquelle serait une aliénation caractérisée par la perturbation accidentelle et inconsciente de la raison (Régis). Mais un individu déséquilibré dès sa naissance et un mélancolique lucide sont pourtant des fous, au sens vulgaire du mot, le seul que l'on doive accepter. Car ni la morale, ni l'hypothèse extra-scientifique du libre arbitre ne peuvent fournir une base solide à une définition rationnelle de la folie, qui est en résumé la condition des individus qui raisonnent, s'émeuvent et agissent