VIII INTRODUCTION
rarement, les unes et les autres conservent, reconnaissable par nous, le souvenir de leur étiologie. Alors, on en est réduit à accuser une foule de phénomènes physiques, physiologiques, pathologiques et sociaux, d'être les facteurs de l'aliénation mentale. Et dans cette indigence de notions étiologiques précises, l'hérédité, la prédisposition acquise ou congénitale, sont devenues les vraies causes, presque les seules qui paraissent avoir quelque matérialité.
Bien que la question soit extrêmement vaste, elle pouvait être étudiée dans un livre ayant des proportions limitées sans prétentions à une bibliographie complète. Je me suis donné pour tâche d'exposer simplement les faits et d'essayer de les systématiser, en faisant tous mes efforts pour me débarrasser des opinions préconçues, qui encombrent toutes les sciences d'observations et particulièrement la médecine mentale. Et pour commencer, j'ai rompu avec toutes les classifications des causes, qui sont basées sur des idées plus théoriques que cliniques.
Je consacrerai un chapitre un peu long à l'étude de la prédisposition, héréditaire, congénitale ou acquise. Les autres éléments étiologiques seront étudiés sous un groupement qui respectera le plus grand nombre de leurs liens naturels . C'est ainsi que j'examinerai les causes sociales, biologiques, physiologiques, morales, physiques et pathologiques, ces dernières comprenant les intoxications, les maladies infectieuses, générales, viscérales et du système nerveux.
Je n'attache aucune importance à ma classification, qui est purement arbitraire et faite pour la commodité de la description; et je conviens volontiers qu'il n'y a