PRÉDISPOSITION VÉSANIQUE
De tous temps, on a remarqué que sur un grand nombre de personnes également exposées à l'action d'une cause morbide, les unes résistaient et les autres se laissaient envahir par la maladie. Afin d'expliquer cette différence, on a dit que certains individus étaient plus prédisposés que d'autres à subir tel processus pathologique. Pour quelques maladies très contagieuses, le choléra, la variole, etc., la prédisposition se rencontre chez tant de sujets, qu'on ne la signale pas ; on déclare alors réfractaires ceux qui échappent à leur action. Mais pour les maladies nerveuses et surtout mentales, la proportion est inverse, et les réfractaires sont tellement nombreux qu'on s'occupe beaucoup plus des prédisposés.
Qui ne se trouve, une fois dans sa vie, dans une des conditions étiologiques des psychoses ? La perte d'un être cher, une maladie infectieuse, une période de surmenage physique ou mental sont des incidents banals et qui manquent rarement dans l'existence de la plupart des individus, qui, le plus souvent, les supportent sans dommage intellectuel. Si, à leur occasion, certains perdent la tète, c'est probablement qu'ils ont la tète plus faible que la moyenne des gens. Pourquoi? On a remarqué que souvent ces malades avaient dans leurs familles des parents atteints de tares analogues aux leurs ; dans d'autres cas, on a constaté chez eux la coïncidence de troubles survenus durant leur évolution embryogénique ; enfin, parfois encore, ces individus paraissaient n'être devenus aptes à délirer qu'après un accident pathologique (trauma tisme, lièvre grave), qui avait profondément modifié leur tempérament .
La prédisposition peut donc avoir, des facteurs héréditaires ou congénitaux ou bien encore être acquise par l'individu, et c'est ainsi que je l'envisagerai.
Je commencerai par l'étude de l'hérédité, considérée d'abord en biologie et dans la pathologie générale pour que l'on comprenne ensuite mieux son rôle dans les maladies mentales.