GRAVELLE PILEUSE
Avant de terminer cette étude des causes de la gravelle, nous devons dire un mot de la gravelle pileuse et de son étiologie.
Quoique connue depuis Hippocrate (1), la gravelle pileuse est encore un problème pour la science. Son existence ne saurait être mise en doute ; on n’a, pour s’en assurer, qu’à lire le mémoire présenté en 1850 à la Société de biologie par Rayer, qui est le meilleur travail publié sur cette intéressante question. J’ai moi-même lu à la Société d’hydrologie (2) deux observations de gravelle pileuse recueillies à Contrexéville. Mais les explications proposéesà notre illustre maître et par moi-même, sont loin d’être acceptées par la plupart des chirurgiens.
Les cas de trichiasis des voies urinaires (c’est le nom que donne Rayer à la gravelle pileuse observée chez l’homme) sont expliqués par lui par la production de poils nés sur la muqueuse urinaire et expulsés par l’urèthre. Cette hypothèse se trouve
(1) Œuvres d'Hippocrate, t. IV, Litlré, Paris, 1844.
(2) Annales de la Société d’hydrologie, t. XVI, séance du o février 1872.
confirmée par Bichat, qui écrivait : « Quelquefois il se forme des poils à la surface des muqueuses, on en a vu dans la vessie, l’estomac et les intestins, j’en ai trouvé sur des calculs des reins (1). »
M. le professeur Broca, au contraire, voudrait expliquer la gravelle pileuse chez la femme, par des kystes paraovariques, ce que nous admettons volontiers, et chez l’homme par des inclusions fœtales, ce que nous nous refusons à admettre au moins dans les cas cités par nous , préférant nous en rapporter à l’opinion de Bichat et de Rayer.
Nous dirons d’ailleurs qu’il serait désirable que les faits recueillis fussent plus nombreux, avant de formuler des règles sur un sujet aussi délicat.
Pour résumer enfin les causes de la gravelle , nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici les conclusions de notre travail que nous avons lues à l’Académie de médecine dans la séance du 7 mars 1876. Ces conclusions sont les suivantes.