‹ Les causes de la gravelle et de la pierreChapitre 9 sur 9 · COUPS ÉTRANGERS SERVANT DE NOYAUX AUX CALCULS · texte numérisé non relu

COUPS ÉTRANGERS SERVANT DE NOYAUX AUX CALCULS

Nous ne pouvons passer sous silence cette cause relativement fréquente de calculs, quoique les exemples observés à Contrexéville en soient trèsrares. Néanmoins, nous avons déjà vu, p. 84, qu’un calcul développé autour d’un fuseau de dentelière avait, en 1873, été, malgré ses dimensions, expulsé par une jeune fille qui faisait usage des eaux. Ces corps étrangers peuvent être introduits dans la vessie de trois manières différentes :

1° Dans un but de soulagement et pour une fin médicale ( les sondes , bougies ou brise-pierre rompus dans la vessie);

2° Ils peuvent traverser les parois de la vessie et y séjourner (projectiles d'armes à feu, lambeaux de vêtements poussés par eux, esquilles d’os détachées par leur passage, éclats de bois qui traversent la vessie et s’y brisent) ;

3° Ils sont introduits par les malades eux-mêmes dans l’urèthre, s’échappent et tombent dans la vessie. De beaucoup les plus nombreux, nous les énumérerons plus loin.

Heureusement rare, la première variété n’a pas besoin d’explication. On comprend, en effet, que tout corps étranger, s’il séjourne longtemps dans la vessie, y amènera les mêmes accidents qu’un gravier venu du rein, et qu’une pierre se formera plus ou moins vite autour de celui-ci, servant de noyau, et

par le même mécanisme; lorsqu'on voit les instruments dont se servent les vieillards qui ne peuvent vider leur vessie sans le secours de la sonde, on se demande comment cela n’arrive pas plus souvent. Nous avons, pour notre part, vu à Contrexéville de ces malades qui se servaient de sondes en gomme à moitié cassées, parce qu’il leur répugnait de changer un instrument auquel ils s’étaient habitués, et qu’un neuf n’était pas aussi facile à introduire.

Fig. ii. Calcul développé dans la vessie, autour d'une sonde briséo

(Dr Matiez).

La fabrication des instruments a fait assez de progrès pour que la fracture d’un brise-pierre soit une chose aujourd’hui très-exceptionnelle; nous n’en avons jamais été témoin. Du reste, si cela arrivait à un opérateur, son premier soin serait d’extraire ce fragment sans lui laisser le temps de devenir le noyau d’un calcul.

La seconde variété de noyaux fournis par des corps étrangers ayant traversé les parois de la vessie est aussi fort rare. Néanmoins, 1 histoire de Con-

trexéville possède un cas trop intéressant pour ne pas le citer. Il a été observé en 1821 par le docteur Mamelet, qui le rapporte en ces termes:

Le maréchal de camp baron de Montgardé, habitant Paris, reçut en 1809, à la bataille de Wagram, alors qu’il était aide de camp du major général Berthier, une balle qui lui traversa le bassin, entrant au-dessus de l’articulation de la cuisse et sortant à la racine de la verge, du côté opposé, de manière qu’elle traversa la vessie dans une partie de la largeur et lésa les nerfs cruraux. Cette blessure fut très-longtemps à se guérir à cause des divers accidents qui se succédèrent. Le général fut envoyé aux eaux de Contrexéville, où il arriva le 31 juillet 1821. Après une cure de trois semaines, pendant laquelle le malade expulsa du sable roux et des glaires, comme l’écrit M. Mamelet, il fut pris, le 18 août, d’envies d’uriner fréquentes, avec douleurs au col de la vessie. Jet interrompu et élancements dans le gland.

Le malade, qui rendait beaucoup de sable en pellicules assez larges, finit, dans la nuit du 20 au 21 août, par expulser un morceau de drap rouge roulé sur lui-même et enduit d’une couche épaisse d’acide urique. Ce morceau de drap, déroulé, avait la grandeur et la forme de l’ongle du doigt médius d’un adulte. 11 séjournaitdansla vessie depuis 1809.

D’autres fois on a vu la balle elle-même ou un fragment d’os entraîné servir de noyau. Ailleurs,

c’est un morceau (le bois, comme dans le fait relaté en 1836 par Leroy d’Etiolles (1) et intitulé : « Chute « sur le périnée, empalement par un éclat de bois, « introduction dans la vessie d’un fragment déta- « ché; guérison prompte de la plaie; formation « d'une pierre autour du morceau de bois. Litho- « tritie, écrasement et extraction du noyau li- « gneux ; guérison. »

La troisième variété des corps étrangers introduits dans la vessie y est portée par les malades eux-mêmes.

On peut difficilement se faire une idée de la variété des corps que, pendant un moment d’aberration d’esprit, des individus se sont introduits dans l’urèthre, dit M. Leroy d’Ltiolles. Ces malheureux, ces insensés plutôt, laissent échapper quelquefois les objets dans les mouvements qu'ils leur impriment; ils tombent dans la vessie, enflammant cet organe et vont servir de noyau à un calcul.

Heureux si l'objet, s’il est pointu, ne perfore pas la vessie du côté de l’abdomen et n’amène pas une mort rapide.

Le calcul a d autant plus le temps d’acquérir un volume considérable que ces individus, hommes ou femmes, n avouent les souffrances qu’il détermine quà la dernière extrémité et quand ils ne peuvent plus les supporter.

(1) De la lilhotripsie, p. 216.

11 serait impossible d’énumérer les objets introduits de cette manière dans la vessie, tant ils sont nombreux et variés; néanmoins on y a trouvé, plus ou moins incrustés de sel calcaire, les corps suivants : épinglés à cheveux, épingles ordinaires, aiguilles, passe-lacet, cure-oreilles, épis de graminée, tiges de plante, étuis, tuyaux de pipe, tiges de thermomètre et de baromètre, crayons, porte-plume; morceaux dos, de bois, de cuir, de ficelle; des haricots, des fèves, jusqu’à des clefs; et même une petite pomme d’api , incrustée de matière calculeuse, a été retirée par Moreau de la vessie d’une femme.

Nous avons vu qu une jeune fille avait expulsé, à Contrexéville, un énorme calcul développé autour d’un fuseau de dentelière, qui n’est pas compris dans cette longue énumération. M. le professeur Richet a constaté dernièrement par l’électricité la présence d’une dent de fourchette dans la vessie d’un malade.

Il n’est pas de musée d’anatomie pathologique qui ne possède un ou plusieurs calculs développés autour d’épingles et extraits par la taille.

Ambroise Paré raconte qu’en sa présence on montra au roi une pierre au milieu de laquelle fut trouvée une aiguille « de quoy cousturnièrement les cousturiers cousent » . Cette pierre était de la grosseur d’une noix. On voit donc que ces faits ne datent pas d’hier et qu’on a pu en constater de tout temps.

Colot. fit présent à Charles il d’Angleterre d’un poinçon dont une extrémité était revêtue d’une pierre de la grandeur d'une pièce de trente sols. Ce poinçon avait séjourné deux ans dans la vessie d’un garçon de vingt-trois ans que Colot avait taillé.

Le calcul représenté figure 20 a pour origine un porte-crayon qu'un malade s’était introduit

lÈveIllÉ DEL.

Kig. 23. Calcul développé autour d'un porte-plume (collection du Dr Caudmont.)

dans l’urèthre pour se sonder (?). M. le docteur Caudmont, appelé à lui donner des soins, saisit d abord 1 extrémité C du porte-crayon, dont il fît l’extraction sans difficulté, car celle-ci étaitlibre et ne faisait pas corps avec le tube creux dans lequel elle entrait à frottement. L’habile opérateur ayant reconnu la présence du corps étranger adhérent a\ec le fragment B voulut, avant d entreprendre une lithotritie, exciser celui-ci, que ses tentatives d’extraction avaient aplati et déformé. Un instrument spécial fut commandé par M. Caudmont, dans

ce but ; mais le malade, au lieu de garder le repos

qu’on lui avait prescrit, se rendit de la rue Oudinot au Jardin desPlanles, où il se promena ; pendant le trajet en voilure, l’extrémité B du porte-crayon fit à la vessie deux plaies profondes; des accidents survinrent, qui en peu de jours emportèrent le malade.

Le frère Corne conservait une pierre tirée de la vessie d’une femme; cette pierre avait une longue épingle pour noyau. Chopart (1) énumère de nombreux faits du même genre, observés chez l’homme et chez la femme. Civiale, Leroy d’Btiolles, Mercier, Reliquet et tous les auteurs qui se sont occupés de lithotri tie en citent de

Fig. 24. Instrument destiné à extraire nOmbreUX CXempleS. les corps étrangers do la vessie (plan- 1

clie tirée de l'ouvrage do M . R. Leroy d’Etiolles).

M. Denucé, professeur

(1) Traité des maladies des voies urinaires , t. Il, p. 99.

Fig, 25 et 26. Instruments destinés à extraire les corps étrangers de la vessie (planches tirées de l’ouvrage de M, R. Leroy d'Etiolles).

à l’École de médecine de Bordeaux, a réuni 391 faits de corps étrangers servant de noyaux à des calculs^); 258 de ces corps ont été introduits dans la vessie par les malades pour satisfaire une passion déréglée.

« Il est peu de sujets sur lesquels les chirurgiens et les fabricants d’instruments de chirurgie aient plus exercé leur esprit inventif, dit M. Mercier, et le nombre des appareils destinés à extraire les corps étrangers de la vessie est considérable. » Les ligures 24, 25 et 26 en sont des spécimens.

Pour compléter l’étude des causes de la pierre, nous devons parler des concrétions qui se forment de toutes pièces dans la vessie, sans qu'un gravier venu du rein ou un corps étranger venu de l’extérieur leur serve de noyau. Nous le ferons brièvement; car ce travail a surtout pour but l’étude de la gravelle rénale et de ses différentes terminaisons. C’est encore lorsque l’urine est devenue alcaline par suite de fermentations ammoniacales que se forment ces pierres secondaires. Elles sont relativement fréquentes chez les malades âgés qui, pour une raison quelconque, ne vident pas complètement leur vessie, surtout chez ceux dont la prostate hypertrophiée met depuis longtemps obstacle à l’écoulement de l’urine. La muqueuse vésicale s’enflamme, et le mucus qu’elle sécrète sert de ciment au mortier formé dans ces conditions par les

(1) Journal de médecine de Bordeaux, 1850.

phosphates terreux que fait précipiter l’alcalinité de l'urine.

Ils sont quelquefois formés en quantité si considérable, qu’on a vu des ouvertures pratiquées pour l’opération d’une taille s’en incruster et rester fistuleuses. Un malade atteint de cette affection, client de MM. Manec et Leroy d’Etiolles, dut être opéré tous les six mois. Cela dura quinze ans, nous apprend i opérateur. M. le docteur Denis, à la fin de sa carrière, dut recourir pendant plusieurs années à la lithotritie tous les trois mois, malgré les injections vésicales auxquelles il se soumettait pour éviter une récidive.

Heureusement pour ces malades, les concrétions formées dans ces conditions ont peu de cohésion et s’écrasent très-facilement. C’est d'eux que M. le docteur Baud a pu dire qu’il les a vus maintes fois à Contrexéville pisser leur calcul en bouillie, suivant l’expression imagée de notre regretté confrère.

C’est encore à cette variété qu’appartiennent les placages phosphaliques de la vessie, quelques calculs enchatonnés et certaines pierres développées dans des cellules de la vessie, l’effroi des lithotriteurs, qui, on le comprend, ne peuvent en avoir raison sans recourir à la taille. Entre autres exemples de calculs en plaques, nous citerons celui que relate, dans son Traité des opérations des voies urinaires, le docteur Reliquet, p. 758, et intitulé : «Pierre volumineuse enchatonnée; plaques cal-

« caires adhérentes à la paroi vésicale décollées « par une dilatation brusque de la vessie due aux

Fig. 27. Pierre enchatonnée (Dr Reliquet).

« courants continus, puis évacuée spontanément; « extraction de la pierre par la taille. Guérison. » (Fig. 27 et 28.)

D’autres fois, ce sont des poches formées soit aux

Fig. 28. Plaques calcaires adhérentes (Dr Reliquet).

dépens de la muqueuse vésicale faisant hernie entre les faisceaux delà tunique musculeuse, ou par l’am*

plialion des trois tuniques qui contiennent des calculs.

Sanson a présenté, le 14 mai 1833, à l’Académie, la vessie d’un vieillard. Aux deux côtés de cette vessie se voyaient deux poches dont les parois étaient composées de trois tuniques. Elles communiquaient avec la vessie par des ouvertures de 1 centimètre de diamètre; l’une d’elles contenait sept calculs gros comme des noisettes. On a pu, chez d'autres malades, compter jusqu’à sept, dix et meme, dans un cas cité par Schenkius, trentedeux cellules renfermant chacune un calcul.

EXCEPTIONNELLEMENT, UNE PIERRE PEUT SE BRISER SPONTANÉMENT DANS LA VESSIE, ET LES FRAGMENTS QUI EN RÉSULTENT SORTIR SANS OPÉRATION.

Depuis Olaüs Borrichius, qui, en 1671, rapporte l’histoire d’un enfant de six ans qui rendait des morceaux d’une-pierre brisée spontanément dans la vessie, bien des auteurs se sont occupés de cette intéressante question. J ai, pour ma part, rapporté des laits de ce genre observés à Conlrexéville, une première fois dans une lecture faite dans la séance du 5 mars 1872 à la Société d’hydrologie de Paris, et une seconde dans un mémoire présenté au congrès médical de Bruxelles, en 1875.

Ce ne sont, du reste, pas les faits qui manquent dans la science, mais bien une explication de ce phénomène singulier qui a nom la fragmentation spontanée. On peut néanmoins les classer sous deux chefs différents :

P Les pierres qui se brisent par éclatement;

2° Les pierres qui s’exfolient.

Un cas type en quelque sorte de la première variété a été observé par le docteur Cross (1). Ce chirurgien trouva dans la vessie d'un septuagénaire vingt-deux pierres; Lune de ces pierres se cassa d’elle-même peu après l’extraction. Les vingt et une autres purent être rajustées de manière à donner la certitude quelles avaient appartenu à trois calculs semblables au premier, mais réduits, l’un en quatre, l’autre en huit, le troisième en neuf morceaux.

Les fragments des derniers étaient aigus et accusaient une fracture récente. Les autres, plus anciens, étaient recouverts d’une légère couche phosphatique. Le volume de chacun des calculs primitifs était celui d’un œuf de pigeon. Ils étaient formés d’acide urique et d’un peu d urate de chaux.

Tulpiüs, Deschamps, Witt, Rousseau, Ileister, Camper, le professeur Cloqüet,Civiale et, après lui, tous les auteurs modernes, ont rapporté des faits de ce genre. L’observation IX de l’ouvrage sur les eaux de Contrexéville, que j’ai publié en 1809, en est

(1) A Trealise on Vrin. Cale., pl. II, fig. 13.

encore un exemple. Leroy d’tëliolles a entrait par la taille, à un habitant de la Côte-d'Or, âgé de soixantecinq ans, cinq pierres, dont quatre se réunissaient pour former un calcul du volume d’un œuf de pigeon, tandis que l'autre, en apparence intacte et d’une fort grande dureté, présentait, quand elle eut été sciée par le milieu, six fissures partant du centre, mais n’atteignant pas la circonférence, ce qui aurait eu lieu certainement et donné naissance à six fragments (fig. 29).

Le volume de ces fragments, non plus que ceux

Fig. 29. Pierre prête à éclater dans la vessie (R. Leroy d’Etiolles).

représentés figure 30, ne leur aurait pas permis de sortir par 1 urèthre; mais, dans le cas que nous avons cite (obs. IX), les morceaux de la pierre qui avait pi imitivement le volume d’une noisette furent expulsés à Contrexéville. Ils présentaient au centre une cupule qui indiquait la présence d’un noyau du volume d un grain de blé et étaient composés d acide ui ique. Le petit volume de la concrétion primitive ne permet pas d’admettre l’explication

de M. Civiale, qui considère le morcellement spontané comme un résultat des contractions vésicales. Leroy d’Étiolles l’explique par un retrait dû à la sécheresse du centre , qui, dans ces pierres toujours composées d’acide urique dense et de grain serré,

Fig. 30. Pierre brisée spontanément dans la vessie (R. Leroy d’Etiolles).

n’est plus imbibé par l’urine. 11 se formerait alors des fissures quis’allongeraient à mesure que la partie desséchée augmente d’épaisseur. Ce qui, suivant nous, peut donner beaucoup de vraisemblance à cette explication, c’est que certaines de ces pierres se brisent peu après avoir été extraites de la vessie, comme on l’a vu dans le cas de Cross.

Tout autre sera l’explication des calculs qui se brisent par exfoliation. Ici, dans certains cas où les pierres sont multiples, on peut faire intervenir l’action contractile d’une vessie souvent hypertrophiée.

Mais il nous semble bien difficile d’appliquer aucune de ces deux explications au fait suivant, observé par nous à Contrexéville en 1874 et 1875.

M. C..., habitant de l’Algérie, âgé de soixantedouze ans, rendait depuis vingt ans de la brique

Fig. 31. Pierre se brisant spontanément par exfoliation (R. Leroy d'Etiolles) .

pilée, sans douleur des reins ni de la vessie, lorsqu’en 1872 il eut une colique néphrétique trèsviolente, niais qui ne dura qu’un quart d’heure. Ce malade fit alors constamment usage d’eau de Vichy

Fig. 32 Pierre brisée spontanément dont le noyau a été expulsé à Contrexéville.

aux repas et ne vit plus de sable dans ses urines. Vers la fm de l’année 1875, il commença à rendre, par 1 urèthre, des fragments qui ne sauraient être

mieux comparés qu’à des morceaux de coquille d’reuf.

L’expulsion de ces fragments était, chose bizarre, toujours précédée de maux de reins. Dans ces conditions, le malade se rendit à la fin de juin 1874 à Vichy, où il se confia aux soins de notre collègue M. Durand-Fardel, qui lui administra les eaux avec toute la prudence que nécessitait l’état de M. C.... Pendant trois semaines le malade but quatre demiverres en deux séances, à l’Hôpital, à laGrande-fîrille, puis aux Célestins. Après trois semaines de ce traitement, notre confrère, jugeant, d’après les résultats qu’il constatait journellement, que le malade avait dans la vessie une concrétion plus volumineuse que celles qu’il avait expulsées jusque-là, nous l’adressa à Contrexéville. Un traitement, commencé ésalement par des doses très-modérées le 21 juillet 1874, nous permit, dès le 1er août, d’affirmer l’existence d’un corps étranger dans la vessie, et le 15 août le malade expulsait un gravier volumieux ou un noyau représenté dans la figure 32 au milieu de quelques-uns des derniers fragments expulsés. Les premiers n’avaient, nous l’avons dit, que l’épaisseur d’une coquille d’œuf.

Nous devons ajouter que le malade avait continué à rendre des fragments en forme de coquille pendant le traitement, et cette expulsion se prolongea encore deux mois après son départ de Contrexéville, comme nous l’a raconté, avec pièces à 1 appui,

M. C... lors de son retour A Contrexéville le 15 juillet 1875. Je n'ai fait reproduire par la gravure que quelques -Uns de ces fragments; les derniers ont plus d'épaisseur que les premiers. Le nombre en est trop considérable pour les reproduire tous.

M. G..., qui nous en a remis une centaine, affirme eu avoir expulsé au moins autant sans les recueillir.

Ces fragments formaient -ils autour du gravier expulsé un calcul ?

Quel est le mécanisme qui l’a amené à se rompre ou plutôt à s'exfolier?

On comprend combien il est difficile de donner une réponse précise à ces questions; je ne hasarderai même pas une supposition hypothétique, que dans l’état de la science il est impossible de donner sui le mode de séparation des différents éléments que je ci ois avoir appartenu à une concrétion unique tormée autour du gravier descendu du rein en 1872.

Quoi qu il en soit, cette terminaison de la gravelle, ou plutôt de la pierre, est exceptionnellement favorable; malheureusement trop rare, elle pourra peut-être un jour, lorsqu’elle sera mieux connue, donner lieu à des applications thérapeutiques et contribuer ainsi à soulager les malheureux atteints de 1 affection dont nous venons de retracer l’histoire.

Il importe donc de prévenir la production de la grave lie, et, lorsque celle-ci existe, d’empêcher la iormation d’une pierre dans la vessie. A ce der-

nier point de vue, la source du Pavillon amènera le résultat désiré en déterminant l’expulsion des graviers, ou en décelant leur présence s’ils sont trop volumineux pour sortir par les voies naturelles. Mais c’est à une hygiène appropriée à la nature de la gravelle qu’il faut demander les moyens d’en prévenir le retour : si les graveleux ne veulent pas ou ne peuvent pas suivre exactement les règles qu’elle prescrit, aucun médicament ne saurait les guérir, et ils viendront grossir la foule de ces habitués de Contrexéville, qui viennent chaque année chercher l’impunité pour leurs écarts de régime.

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