L* AUTRICHE 3 H
Battenberg se trouva alliée aux familles de Saxe-Thuringe, .!'^ Montferrat, aux Piasts de Pologne et aux Prémyslides de ihême.
Cette politique matrimoniale, commencée par les Battcnberg, a été continuée par les Habsbourg avec une très grande habileté.
Ayant été forcé de renoncer à la Bavière qu'il avait acquise
par son mariage avec la veuve de Henri le Superbe, mais
que réclama le fils de celui-ci, Henri le Lion, après la mort
sa mère, Henri II fit ériger l'Autriche en duché, indé-
iidant de la suzeraineté de la Bavière, héréditaire même
ns la ligne féminine (1141-1177). Il fut un des fondateurs
ae Vienne.
Léopold V acquit la Styrie, peuplée de Slovènes et d'Allemands.
Après deux refus d'Otokar II, roi de Bohême, Rodolphe de Habsbourg fut élu empereur en 1273. Il obligea Otokar de lui abandonner la Garinthie, la Garniole, l'Autriche et la Styrie, et il regarda la Bohême comme partie intégrante de l'Empire. Mais l'Empire n'était pas héréditaire. En homme prudent, il fit don à ses fils, Albert et Rodolphe, en 1282, à Augsbourg, de l'Autriche, de la Styrie et de la Garniole. Si habiles qu'ils fussent pour augmenter leurs possessions, les Habsbourg n'étaient pas parvenus à faire admettre les ducs d'Autriche parmi les électeurs du Saint-Empire. En compensation, Rodolphe IV inventa le Privilegium majus, composé d'une série de faux qui donnaient toutes sortes de privilèges à l'Autriche. Ces prétentions faillirent amener la guerre et aboutirent au traité de i36/i, par lequel les maisons de Habsbourg-Autriche et de Luxembourg Bohême se garantissaient mutuellement leur héritage. Rodolphe IV ajouta le Tyrol à ses possessions. Par son mariage en 1422, avec Elisabeth, fille de Tempereur Sigismond, Albert V acquit la Moravie. Sur l'invitation de Sigismond, les États de Bohême et de Hongrie le choisirent comme roi (i438). Depuis ce moment, la dynastie des Habsbourg a conservé la couronne impériale. Frédéric V, aïeul
de Charles Quint et de Ferdinand d'Autriche, érigea l'Au triche en archiduché. C'est à lui qu'on doit le fameux mono gramme A. E. I. 0. U. qu'on a traduit par des formules superbes : Austriœ Est Imperare Orbi Universo; Aquilc Electa juste omnia vincit; Altes Erdreich Ist Œsterreich Unterthan, toute la terre est soumise à l'Autriche, etc
Mais la grandeur de la maison d'Autriche date de Maximilien.Il réunit la Styrie, la Carinthie, la Garniole et le Tyrol, eut Trieste et Frioul, hérita de Gorica, de Gradiska, de Nut tesbourg et du Puthersthal. Il lutta contre la France pour s'assurer la succession des ducs de Bourgogne. Empereur il essaya encore de faire compter l'Autriche au nombre des électeurs. Les sept électeurs existants se garantirent réci proquement contre l'intrusion de tout nouvel électeur. Ainsi l'Autriche, dont le duc futconstamment empereur titulaire du Stiint-Empire romain, ne compta jamais parmi les électeurs
Son fils, Philippe le Beau, fut le père de Ferdinand P' et" de Charles Quint. Celui ci fut élu empereur en iBig; mais s'il garda le titre de duc d'Autriche, il abandonna ses possessions d'Allemagne à son frère Ferdinand, à qui, en 1626, après la défaite de Mohacs, les Hongrois et les Tchèques offrirent la couronne. De l'Empire de Charles Quint, comprenant les Pays-Bas, l'Espagne, une partie de l'Italie et de l'Amérique, il ne resta rien. Ferdinand, au contraire, acheva de constituer l'Autriche.
L'Autriche n'a pas d'histoire par elle-même. Son duc a des rapports de tout genre avec la Hongrie, la Bohême et d'autres nationalités, sur lesquelles il étend ou cherche à étendre., à des litres divers, son pouvoir. 11 est empereur élu, mais héréditaire dans la maison de Habsbourg; et, comme tel, il est mêlé activement à l'histoire générale du monde. L'Autriche n'existe pas comme nation. Ce n'est même pas un royaume; ce fut un archiduché jusqu'en i8o4. Napoléon s'étant fait proclamer empereur des Français, François II se fît alors proclamer empereur d'Autriche, et le Saint-Empire romai s'écroula complètement en 1806.
ain