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^2Sâ CAUSES HISTORIQUES I LA MONARCHIE AUSTRO-HONGROlSÊ
1871, le premier ministre autrichien, Karl Hohenwart, leui donna un moment l'espoir de la reconstitution du royaume de Bohême. Les Allemands, dans les entrevues de François- Joseph et de Guillaume, à Ischl, à Salzbourg et à Gastein firent échec à la Bohême. Tout ce qu'elle a pu obtenir^ c'est, en 1878, l'égalité des langues; en 1879, la fondation d'une Université tchèque à Prague; mais les Tchèques s'affirment plus que jamais.
Prague qui, en i85o, était une ville germanisée, est aujourd'hui complètement tchèque. Il en est de même de Pilsen. De même pour les petites villes, dont la population se recrute parmi les Tchèques habitant les campagnes. Les Allemands n'occupent plus que quelques centres miniers dans les montagnes.
Les Allemands de Bohême n'ont cessé de manifester leur haine contre les Tchèques, en arborant les vieilles couleurs de l'Allemagne, en entonnant le Wacht am Rhein. Non seulement ils fêtaient l'anniversaire de Sedan, mais ils voulaient élever une statue à Bismarck, en l'honneur de Sadowa. Les Tchèques répondaient par la Marseillaise et par l'affirmation de leurs sympathies pour la France.
Les Tchèques de Bohême, les Slaves de Moravie, les Slovaques de la Transleithanie, formaient, en igio, un total de 8 5ooooo têtes. En cas de démembrement de la monarchie Autro-Hongroise, ils peuvent constituer un Etat indépendant.