I. liisloire de CAatriche-HorKjrie
31 s CAUSES HiSTORiQUES : LA MONARCHIE AUSTRO-HONGROlSË
la célèbre bataille de Mohacz, dans laquelle les Hongroi furent écrasés par les Turcs, une délégation de la diète élui comme roi, Ferdinand de Habsbourg, et, depuis cette époque la couronne n'est plus sortie de la dynastie. Gomme frèr de Charles Quint, il voulut l'aider à extirper l'hérésie protes tante; mais les utraquistes de Bohême et les frères boh( miens sympathisaient avec les luthériens. Après récrasemci des protestants allemands à Mûhlberg (i547), Ferdinand étf blitles jésuites en Bohême et revisa les privilèges des villes Les compactata furent abolis sous Maximilien qui, roi de Hoi grie et empereur, sceptique mais politique, voulut agglomi rer ses Etats si différents les uns des autres par l'unité rel gieuse. La majorité de la diète adopta une profession de f( connue sous le nom de Confessio Bohemica, inspirée par lej calvinistes. Maximilien lui donna son approbation persoi nelle, mais refusade la laisser publier et de la laisser déposi dans les chartriers des royaumes (1675). Mais, en 1609, Rt dolphe, par la Lettre de Majesté, reconnut la Confessio Boh mica, et donna aux protestants le contrôle de l'université Prague. En 1617, sous le règne de Mathias, l'archevêque Prague ordonna la suppression des services protestants. L< protestants bohémiens, sous la direction du comte de Thur protestèrent et résolurent de châtier les conseillers les ph influents du roi. Us en jetèrent deux sur cinq et leur secr taire par une fenêtre du château de Prague. Leurs manteai ayant fait fonction de parachutes, ils tombèrent sans se tu d'une hauteur d'environ trente mètres, sur un tas de papie et de fumier. Le défenestration de Prague fut le comme cément de la guerre de Trente ans.
La Bohême a été un des pays qui en ont le plus souffei La bataille de la Montagne Blanche la livra, le 21 juin 162 à Ferdinand. Les chefs du mouvement national furent ex cutés et leurs têtes exposées sur le pont de Prague. D'autr furent jetés en exil; les biens de tous furent confîsqu et donnés à des aventuriers, la plupart Allemands, q avaient fait partie de Parmée impériale.
Encore, àl'heure actuelle, presque touslesnoblesdeBohêmc
m descendent. Le catholicisme fut la seule religion admise
;n Bohême; les jésuites prirent la direction de l'Université
t de l'archevêché de Prague. En 1627, la Constitution de
Bohême fut abrogée ; l'hérédité de la couronne fut proclamée
iins la dynastie des Habsbourg. L'allemand, proclamé comme
',angue officielle à l'égal du tchèque, devait devenir sous
rîfoseph II la seule langue officielle. L'histoire de la Bohême,
nmme nation, s'arrête ici. Foulée et refoulée, tour à tour,
liu les armées de Waldstein et par les Suédois, elle avait
lerdu, à la fm de la guerre de Trente ans^ une grande partie
Ir sa population.
Mais, au commencement du dix-neuvième siècle, le réveil le la nationalité tchèque se fit par la littérature. D'anciens ivres tchèques furent exhumés. Dans son Histoire de VAu- ' ''he-Hongrie, M. Louis Léger dit : « La découverte de poés du moyen âge comme le Jugement de Liboucha et du ma- -crit de Kralove-Dwor fut accueillie avec enthousiasme. » 1 a contesté l'authenticité de ces poèmes : vrais ou faux, N exercèrent une irrésistible influence. « Il serait honteux )us de chercher le droit chez les Allemands », dit le Jugent de Liboucha. « L'étranger est entré par force dans notre itage et il nous commande dans une langue étrangère, » ait le manuscrit de Kralove-Dwor. Le poète Kollar publiait [824, la Slavy deera, la fille de Slava et criait : « Honte à a Bohême de s'être laissée coloniser par les Allemands » et ians un appel passionné, il affirmait la solidarité slave.
Russes, Serbes, Tchèques, Polonais, unissez-vous! De l'Athos à la ^oméranie, des champs de la Silésie à la plaine de Kossovo, de Conslan- ,ino[)leau Volga, partout où l'on entend le langage slave, réjouissonslous, embrassons-nous !
En i848, le parti national demanda la réunion de la Moravie et le retour de la Silésie à la Bohême, la reconstitution iu royaume de Bohême, la reconnaissance du droit égal des
deux nationalités d'Autriche et de Bohême. C'était un programme très modéré.
Le comité allemand des Cinquante à Francfort, réuni poui préparer la convocation du Parlement allemand, invite Palacky, l'historien de la Bohême, à s'y rendre. Il répondit :
Le but déclaré de votre réunion est de substituer la fédération des peuples à la fédération des princes, de renforcer le sentiment national allemand... Je ne suis pas Allemand, je suis Tchèque, d'origine slave, et le peu que je vaux est tout entier au service de ma nation. Elle est sans doute petite, mais elle constitue une individualité historique.
Le gouvernement de Vienne avait pris des engagements envers la Bohême, dont il ne fut tenu aucun compte dans la Constitution du 25 avril. Alors fut convoqué, à Prague, un congrès comprenant des délégués tchèques, moraves et slovaques, des Polonais et des Buthènes, des Croates et des Serbes. Une émeute, dont on a jamais connu les causes, le fît dissoudre aussitôt réuni.
Il y avait trois partis : le centralisme, préconisé par les Allemands, qui fusionnait toutes les nationalités et les soumettait à un gouvernement unique siégeant à Vienne; le dualisme, représenté par les Hongrois, qui entendaient rester autonomes et maîtres ; le fédéralisme qui essayait de conserver l'Empire d'Autriche, tout en donnant satisfaction aux diverses nationalités qui s'y trouvaient. Palacky avait fait un projet fédéral avec quatre ministères communs et une diète centrale comptant sept nationalités : allemande, bohème, polonaise, italienne, jougo- slave, magyare et valaque.
Pendantce temps, le parlementde Francfort déclarait qu'aucune partie de l'Empire allemand ne pouvait être réunie en un seul Etat avec des pays non allemands; si un pays allemand a le même souverain qu'un pays non allemand, les rapports entre les deux pays ne pourront être réglés que d'après les principes de l'union personnelle pure. L'empereur d'Autriche, loin de consentir à son exclusion de l'Aile-
inagne, continuait d'avoir la prétention d'en conserver l'iié- ^émonie. La diète réunie à Vienne fut dissoute et le gouver- Qenient lui octroya la constitution du k mars 1849, ^I^i "^ fut jamais appliquée et fut suppriinée le i""" janvier i852.
Cette constitution garantissait l'égalité des droits non plus des peuples historiques {Wôlker), mais des peuplades {Wolkerstdinme) ; cette peuplade, non déQnie, avait le droit de cultiver sa langue et sa nationalité. L'arrière-pensée des gouvernants n'était pas douteuse; toutes ces peuplades sont égales, mais l'Allemand leur est supérieur*.
Le nouveau chef du ministère, Alexandre Bach, reprit les
traditions de la politique de Metternicli jusqu'au lendemain
ide la guerre d'Italie. A la veille de la guerre, les paysans de
^' 'lème disaient : — Si nous sommes vaincus, nous aurons
constitution; si nous sommes vainqueurs, nous aurons
inquisition.
L'empereur fut vaincu et congédia Bach; mais le ministre Schmerling avait toujours la volonté de maintenir la domination allemande. Il organisait les diètes provinciales, sous e régime de la représentation des intérêts, en établissant trois catégories d'électeurs : les grands propriétaires, les jourgeoisdesvilleset les paysans des campagnes. Déplus, la répartition des circonscriptions favorisait les Allemands aux épens des Slaves. En Bohême, le bourg allemand de Panhen ivec 5oo habitants, avait un député; la ville slave de Kladno n'en avait pas un seul. En 1863, l'arrivée d'un Morave aux iffaires, M. Belcrédi, donna un moment d'espoir aux Slaves. Mais le lendemain de Sadowa, l'empereur François-Joseph ppela M. de Beust, ancien ministre de Saxe, qui n'eut ]u'un programme : établir le dualisme et sacrifier résoîuaaent les populations slaves aux Magyars et aux Allemands l'Autriche.
Les Tchèques de Bohôme et de Moravie protestèrent. En