‹ Les causes et les conséquences de la guerreChapitre 117 sur 168 · I. Histoire romaine. T. P*", p. /^o · texte numérisé non relu

I. Histoire romaine. T. P*", p. /^o

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^ « prime le droit », mais son discours culmina en cette { phrase, et je dois le maintenir. » Il aurait dit : « La force ( doit décider quand le droit est impuissant*. » ; Que Bismarck ait prononcé ou n'ait pas prononcé ces mots, dans cette circonstance, peu importe I L'homme qui a toujours eu franchement pour programme de subordonner l'Allemagne à la Prusse (( ferro et igné », par le fer et par le feu, considérait que la force était créatrice de droit. Mais il n'a pas le monopole de cette conception. Elle est celle de tous les hommes qui en ont appelé aux conspirations ou aux insurrections dans la politique intérieure ou à la guerre dans les relations extérieures : et souvent l'emploi de la force, pour détruire un droit existant et le remplacer par un autre, a été une œuvre de progrès ou de libération des individus ou des Etats.

Tout le droit international historique est fondé sur des traités provenant de mariages, de donations, d'héritages, d'arrangements de famille plus ou moins consentis ou extorqués,qui n'ont eu souvent d'autres expressions que des faux ' : et toutes ces origines de droit sont entachées de nullité pour ceux qui, ne confondant plus la propriété avec la souveraineté, n'admettent pas que les peuples sont des troupeaux appartenant à des familles.

Quand Talleyrand au Congrès de Vienne opposait le principe « de la légitimité » aux ambitions de la Prusse, c'était le principe de la propriété du prince qu'il affirmait.

Mais si chaque souverain réclamait le droit historique en faveur de son intérêt, il en faisait litière quand le droit historique des autres contrariait ses prétentions

L'Empire d'Autriche n'est fondé que sur des droits iiisloriques; mais le gouvernement de Vienne n'a cessé d'es-

I. Voir les textes dans le Fiyaro du lo avril lyiû. Discussion de l'abbé Formé et de Polybe (Joseph Heinach).

a. Voir Manuel de Diplomaliqutf ^ar Giry.

sayer de détruire les droits historiques des pays qui forment aujourd'hui la Monarchie austro-hongroise.

Le roi de Prusse invoque le droit historique fondé sur son droit divin, droit divin acheté en 1701 à l'empereur Léopold qui a érigé la Prusse Orientale en royaume. Mais les rois de Prusse n'ont établi leur puissance qu'en saccageant les droits historiques des autres souverains.

En dehors des origines dynastiques, le dxoit international historique invoque les traités ; mais combien y a-t-il de traités internationaux qui ne résultent pas de faits de guerre? Les grands traités qui ont fondé ce qu'on appelle le droit public de l'Europe : le traité de Westphalie (i6/;8) ; le trait d'Utrecht (i7i3) ; les traités de i8i5; le traité de Paris, de i856; le traité de Prague, de 1866; le traité de Francfort, (le 1871; le traité de Berlin, de 1878, et enfin le traité de liucarest, de igiS, ne sont point des résultats de convenlions pacifiques. Ils sont des résultats de la guerre : et ces instruments pacifiques ont tous été de nouveaux facteurs de guerre.

Le traité à venir résultera d'une guerre : et si nous étions vaincus, il assurerait au gouvernement du Kaiser et au gouvernement de l'empereur d'Autriche, roi de Hongrie, de nouveaux droits à l'oppression des peuples qui veulent se soustraire ou qui, jusqu'à présent, se sont soustraits à leur domination.

Nous serons vainqueurs. Notre paix sera le résultat de la victoire : elle sera donc le résultat de la force.

Et voici le problème que nous avons à résoudre :

— Cette œuvre de force ne doit pas être l'abus de la force. Arrachée à des gouvernements, fondés sur le droit historique ou sur la force, elle doit avoir pour objet la libération des groupes qui en ont été victimes et l'établissement définitif de la paix dans le monde.

Nous devons voir avec netteté les difficultés de la solution qui comporte des termes contradictoires : il faut essayer

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