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CE QUI CONSTITUE LA NATIONALITÉ POLITIQUE

parmi des populations qui se prétendent de la même race. En Allemagne, l'aire des grands dolioocéphales, à yeux bleus et à cheveux blonds, est très étroite, elle ne comprend que le Hanovre, le Mecklembourg, une partie du Brandebourg et de la Poméranie K

Les droits de la race teutonique ont été inventés par l'école historique allemande qui est allée rechercher ses origines dans un passé obscur où peuvent se mouvoir à l'aise toutes les hypothèses'.

Les races, en Europe, ont été constituées par la linguistique, par des légendes et par des souvenirs historicjues. Il faut en tenir compte ; car la langue et les traditions ont formé des groupes. Mais le principe des nationalités, cher à iVapoléon IIÏ qui a joué un rôle si néfaste dans la politique européenne pendant la seconde moitié du dix-neuvième siècle, loin d'être un principe de droit, est un principe traditionnaliste, opposé aux conceptions générales du droit élaborées par les philosophes français du dix-huitième siècle.

Dans le règlement du sort de l'Allemagne et de l'Aulriche- Ilongrie, les nations alliées devront se placer au point de vue suivant :

Depuis la bataille de Kossovo (iSSg), les Serbes ont été, jusqu'en 1878, sous la domination des Turcs : jamais les Turcs ne sont parvenus à leur faire perdre leur caractère et l'espoir du retour à l'indépendance.

Les Allemands et les Hongrois ont montré la mêinc incapacité que les Turcs à assimiler les groupes qu'ils ont voulu gouverner. Ces groupes ont pour caractère commun, leur langue, leurs légendes, leur histoire, leurs aspirations, leur haine contre les Etats auxquels ils sont assujettis. Voilà les éléments qui les constituent en nationalités dont chacune doit obtenir son indépendance.

i.V. Ripley. Carte, p. 222.

2. V. K. Bour{,'Coi8. ManueA hi^mi ni'it <le injltHinc "r--^ -^-- j \\ ch. VI. Les Doctrines de races en Europe,

Certains publicistes ont prétendu que ces groupes avaient eu, comme facteurs prédominants, des intérêts économiques. Ce n'est pas exact. Les intérêts communs qui unissent leurs membres et les distinguent, sont religieux, traditionnels, intellectuels, linguistiques, psychologiques en un mot. Ils ont été froissés et refoulés par ceux qui les dominaient au lieu d'être absorbés par eux.

La Prusse entretient l'inimitié des Polonais du duché de Posen. L'Allemagne au bout de plus de quarante ans trouve l'Alsace-Lorraine aussi résistante qu'au premier jour.

L'incapacité des Allemands du Nord, des Allemands d'Autriche, des Hongrois, de s'assimiler les groupes dont ils s'attribuent la propriété, constitue pour ces groupes le droit à la séparation.

Ces deux grands empires, tyranniques et toujours menaçants, doivent être dissous exactement pour les mêmes motifs que la Turquie.

La monarchie austro-hongroise devra être morcelée en petites nations de 8 à 12 millions d'habitants, telles que la Bohême avec la Moravie et les Slovaques; la plus grande grande Serbie, avecla Croatie et la Slavonie ; une plus grande Roumanie. La partie des provinces de la Cisleithanie où dominent les Allemands pourra former une nation de 10 millions d'habitants.

Seulement Vienne ne sera plus une ville impériale; mais elle conservera sa situation géographique et ses monuments. Elle ne perdra que S. M. l'Empereur d'Autriche et Roi de Hongrie.

Les dynasties, ennemies pendant si longtemps et qui ne se sont alliées que pour faire de détestables besognes, celle des Habsbourg etcelle des Ilohenzollern, doivent disparaître en même temps.

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