CHAPITRE VI LA DISSOLUTION DE L'EMPIRE ALLEMAND
Les deux autocraties: l'Empire allemand et la monarchie austro-hongroise Les quatre remaniements de l'Allemagne. — Unité commerciale : le Zoll verein indestructible. — Unité politique : l'Empire allemand à dissoudre,
— Les annexions de 1866. — La force. — Pas de traités. — RésigiiatioE des annexés. — Le roi de Hanovre, Georges V. — Pouvoir de l'Empereur.
— Les attributions de chaque État. — Respecter Vaatonomie dt chacun des États; détraire Vautocratie diplomatique et militaire du roi de Prusse.
La cause des anxiétés de l'Europe, depuis 1871, et de guerre actuelle, c'est l'autocratie de l'empereur d'Allemagne et l'autocratie de S. M. l'empereur d'Autriche, roi de Hongrie.
La sécurité de l'Europe exige la destruction de ces deux autocraties.
L'Allemagne a subi six remaniements depuis le commencement du dix-neuvième siècle ; la paix de Lunéville,en i8o'> ; la paix de Presbourg, i8o5 ; la constitution de la Confédération du Rhin, et en i8i5, constitution de la Confédération générale allemande; en 1866, constitution de la Confédération du Nord; et en 1871, institution de l'Empire allemand.
La politique réciproque de l'Autriche et de la Prusse avait des moyens compliqués, mais un objet très simple; leur élimination réciproque de la Confédération de l'Allemagne qui était morcelée et ne pouvait agir.
Les petits États de l'Allemagne avec leurs douanes, leurs monnaies, leurs diplomaties séparées, constituaient un enchevêtrement d'incohérences.
La Prusse constitua l'unité commerciale par le Zollverein. Cette unité commerciale est indestructible.
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Elle constitua l'unité politique par « le fer et le feu ». C'est cette unité qu'il faut détruire.
En 1866, la Diète prussienne décida l'annexion du Hanovre, de la Prusse, du Nassau et de Francfort. 11 n'y eut pas de traité. Il n'y eut pas reconnaissance de l'annexion par l'annexée
Les princes dépossédés, en 1866, se sont résignés. Le roi de Hanovre, Georges V, resta seul en état de guerre contre la Prusse; mais son petit fils, devenu gendre de Guillaume, a été investi du duché de Brunswick, et officier de l'armée allemande, a prêté le serment d'allégeance (jui contient la renonciation implicite au Hanovre.
L'ancienne ville libre de Francfort, si maltraitée en 1866, s'accommode d'être prussienne.
La Confédération du Nord de 1866 a été étendue, en 1871, à l'Empire allemand : l'empereur est le président du Bund et le chef suprême de l'armée.
Bismarck trouvait tellement exagérée la prétention du roi Guillaume d'obtenir ce commandement absolu, qu'il n'osait espérer la faire accepter. Il réussit.
Le Bundesrat représente des princes. Ces princes sont dans l'armée. Ils doivent une obéissance militaire au Kaiser.
L'empereur et le chancelier seuls décident les questions vitales.
Quand l'empereur Guillaume fait des discours comme celui de Brème, avant son départ pour Tanger; quand il envoie le Panther à Agadir, quand il se solidarise avec l'Autriche, dans son agression contre la Bussie, les rois et grandsducs de l'Allemagne sont des témoins passifs.
Ni l'empereur, ni le chancelier n'ont daigné prendre leur avis. Ils n'ont même pas daigné les informer de leurs intentions. Ces souverains ont appris les actes du Kaiser par l'agence Wolff ou par leur journal.
I. Voir William Martin. LaCrise politique de r A' hmnrfne contemporaine, p. 229 et 8uiv.
Au nom du propre droit public allemand, les alliés se trouvent donc en présence d'une Confédération d'États dont chacun conserve toute souveraineté pour la plupart des attributions inhérentes à un État indépendant, mais qui ont aliéné, au profit du roi de Prusse, la direction de leurs rapports avecles nations étrangères etde leurs forces militaires.
La tâche à accomplir se pose de la manière suivante : — Respecter l'autonomie de chacun des États; détruire l'autocratie diplomatique et militaire du roi de Prusse,