‹ Les causes et les conséquences de la guerreChapitre 67 sur 168 · LA PORTE OUVERTE · texte numérisé non relu

LA PORTE OUVERTE

étrangers, une partie allant en Allemagne n'y est pas portée par des navires allemands. Une nation peut avoir un grand commerce maritime et n'avoir ni navires ni marchandises sur mer.

Mais l'Allemagne voulait se suffire à elle-même et ne pardonnait pas aux navires anglais de lui apporter des marchandises à meilleur marché que les siens.

Enfin, l'Allemagne trouvait dans la Grande-Bretagne le gime de la porte ouverte. Mais la Gazette de Cologne disait uj moment d'Agadir :

L'expérience enseigne que, en Algérie, en Tunisie, en Indo-Chino, Madagascar et partout ailleurs, la France a barricadé et verrouillé la rte pour exclure le commerce étranger.

La France ne pratique certainement pas la politique de la porte ouverte : et cependant la force des choses triomphe ' l'esprit protectionniste. Voici ce que disait, en réponse ,. cette allégation, le Journal de Genève :

Les nombreux Suisses, notamment, qui se sont établis en Algérie et : Tunisie et s'y sont — beaucoup d'entre eux tout au moins — créé s positions fort honorables, sont unanimes à dire combien le régime iiiçais y est accueillant, large et généreux pour les étrangers. Entre X et les nationaux, aucune différence. Mêmes facilités pour les liats de terrain. Même liberté complète d'établissement et de commerce. Aucun impôt spécial pour les non-Français. « J'ai vécu dix ans en Tunisie, nous disait l'autre jour un Suisse de nos amis : j'y ai cultivé et développé mon domaine sans jamais payer un sou de contribution au lise. »

La France a si bien « barricadé et verrouillé sa porte », pour parler le langage de la Kœlnische, que loôooo Italiens sont aujourd'hui installés en Tunisie, tandis qu'on n'y trouve que 38 ooo Français. Les Italiens sont comme chez eux. Ils ont leurs écoles, leurs médecins, leurs avocats, leurs cercles. Aussi se sont-ils réconciliés complrtement avec le protectorat français (ju'ils avaient d'abord vu d'un œil méfiant

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iiÔ LES CAUSES ÉCONOMIQUES DE LA GUERRE

et dépité. Ils ont pu constater qu'ils n'en auraient pas usé plus large ment si c'était leur pays qui avait fait les frais, couru les périls e surmonté les difficultés d'occuper la Tunisie et d'y mettre l'ordre.

L'Algérie héberge plus de 4oo ooo Européens, pour la plupart Espa gnols et Italiens, sans parler de nombreux Suisses.

Et le commerce ?

Prenons l'Annuaire statistique de V Empire allemand pour 1910. 1 nous apprend que les exportations allemandes ont passé, en Algérie de 5ooooo marks en 1902, à 3 600 000 en 1910. En Tunisie, elles si sont élevées de 600 000 marks en 1901, à i Sooooo en 19 10 et, dans li même période, en Afrique occidentale, de 2 millions Sooooo marks i 4 5oo 000.

Le même Annuaire, fixant par un triomphal pourcentage les pro gros du négoce national, montre que les exportations allemandes on augmenté, en huit ans, de 576 p. 100 en Algérie, de 127 p. 100 ei Tunisie, de 86 p. 100 dans l'Afrique occidentale, de 36o p. 100 dan l'Indo-Chine française, de i83 p. 100 à la Guyane et à la Martinique de 253 p. 100 dans les possessions françaises de l'Océanie.

C'est une preuve de l'absurdité et de l'impossibilité de 1î politique de la porte fermée.

La politique de l'Allemagne était d'ouvrir la porte dei autres à coups de canon et au besoin de fermer la sienne.

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