‹ Les causes et les conséquences de la guerreChapitre 74 sur 168 · LE CHEAIIN DE FER DE BAGDAD · texte numérisé non relu

LE CHEAIIN DE FER DE BAGDAD

ont provoqué l'attitude hostile de cetains diplomates français. Ce projet échoua pour la grande satisfaction des Alle- ! mands. Il ne faudrait pas, au moment des arrangements en ! Orient entre la France et la Grande-Bretagne, voir la repro- I duction de pareils malentendus.

A entendre nombre de publicistes et d'hommes politiques, le commerce allemand aurait acquis dans l'Empire ;! ottoman la prépondérance qu'y ont prise ses hommes poli- ' tiques. Les chiffres réduisent de beaucoup ces allégations j dont certains Français se font naïvement les propagateurs, , sous prétexte d'exciter l'émulation de nos industriels, de ' nos commerçants et de nos gouvernants. \ Les résulats fournis pour les années fiscales qui finissent le i3 mars, sont, depuis igoS, ceux des années 1906, 1909, 1910 et 1911. (La piastre = o fr. 28). Les voici :

Importations.

Pays do provenance. 1906. 1909. 1910. 1911.

(\tillions de piastres.)

Grande-Bretagne 1 099 g/ii 882 848

Autriche-Hongrie 65i 407 628 765

France 267 397 3i8 398

Allemagne 182 194 221 387

Exportations.

Grande-Bretagne 033 3i4 558 537

Autriche-Hongrie 2i3 248 174 219

France 38i 3C3 3G5 44o

Allemagne i23 ii5 112 i3i

Ensemble da commerce de l'Empire oUomxin.

Importations 3 187 3 143 3338 4a56

Exportations i 967 1 844 1 820 2 208

Le commerce de l'Allemagne dans l'Empire ottoman reste de beaucoup inférieur à celui de la Grande-Bretagne. Mais ses exportations en Turquie ont augmenté et se rapprochent de celles de la France. Soit; mais cette augmentation est due en partie aux fournitures pour le chemin de fer de Bagdad et aux fournitures militaires.

Ici, comme presque partout, nous voyons quelque chose de factice dans les affaires allemandes.

L'Allemagne a envoyé aussi des colons allemands, mais en petit nombre. Ils n'ont pas eu d'action sur la population et ils se sont probablement trouvés très mal du régime oriental.

Les ambitions de l'Allemagne ont encore là abouti à une déception.

L'influence du Kaiser a pu s'exercer tout à l'aise à Gonstan tinople. Il a eu des ambassadeurs audacieux qui avaient écarté les anciennes influences des ambassadeurs anglais et français. Geux-ci n'essayaient pas de leur créer des diffi cultes. Groyant tous à la victoire des Turcs en 1912, ils étaient tellement fascinés par l'ambition allemande qu'ils acceptaient avec une résignation passive toutes ses consé quences.

Si dans la guerre de 1912, la Turquie avait été victa rieuse, l'Autriche-Hongrie écrasait la Serbie et étendait soi influence jusqu'à Salonique. L'empereur d'Allemagne ten dait sa main fraternelle au sultan et faisait savoir à la Bul garie, à la Roumanie et à la Grèce qu'elles devaient i< regarder comme leur protecteur de droit divin.

Berlin, Vienne, Gonstantinople, Bagdad I De la terrasse d<| Potsdam, il se voyait maître d'attaquer l'Angleterre dan;; l'Inde et dans l'Egypte; et ses rêves à la Picrochole le por talent dans l'infini.

En 1915, la flotte alliée est dans les Dardanelles ; les An glais sont à Bassorah; la Russie bat les Turcs tandis qu'ei. Pologne elle détruit les armées allemandes. Quelle chute I 1

Page 1