LE SAINT-EMPIRE ROMAIN ET LA PAIX DE WESTPHALIE
uronnement de Charlemagne. — Le traité de Verdun (843). — Droit
îorique? — La part de Lothaire. — La Germanie. — Le Saint-Empire
main. — L'anarchie germanique. — Les électeurs. — Les Habsbourg.
— La France et la guerre de Trente ans. — L'Alsace et la France. —
mçais pacificateur. — Service rendu par la France. — L'électeur de
indebourg. — Caractère de la paix de Westphalie. — La Prusse
contre l'influence française.
Quel est le caractère des belligérants en face desquels se ouvent les alliés?
L'Empire allemand, l'Autriche-Hongrie, la Turquie ne Dnt pas des Etats unitaires comme la Grande-Bretagne, la (rance ou la Russie. Nous devons rechercher comment ont lé réunis les cléments complexes qui les composent afin
en déterminer le degré d'union et les possibilités de disolution ou de réorganisation.
Un résumé historique est indispensable, mais nous ne emonterons que jusqu'au jour oh Charlemagne, pendant î8 fêtes de Noël on l'an 800, étant agenouillé à Home dans
la basilique de Saint-Pierre, le pape Léon III posa sur sa tête la couronne impériale. Ce couronnement lui confiait un pouvoir illimité « pour défendre la foi contre l'hérétique et la propager au dehors, sur les terres des païens ».
Le traité de Verdun (8/i3) partagea son Empire.
Il est de tradition d'afQrmer qu'il est le principe du droit historique de l'Europe. De quoi? en faveur de qui.^ Il donnait à Lothaire avec le titre d'Empereur, l'Italie, une grande bande de terre qui n'était même pas limitée à l'Ouest par le Rhône : elle conservait Vivier, Uzès. Au Nord-Ouest, elle comprenait Cambrai, mais ne comprenait pas Gand. On dit qu'elle était limitée à l'Est par le Rhin, mais elle s'étendait jusqu'à l'embouchure du Weser. Louis le Germanique avait Spire et une forte enclave sur la rive gauche du Rhin. Les limites ne coïncidaient ni avec celles des archevêchés de Cologne, de Reims et de Lyon ni avec celles des diocèses de Mayence et de Resançon.
Les rois francs, d'un côté, les empereurs allemands de l'autre, se sont battus pour conquérir ou conserver des territoires que le traité de Verdun n'avait donné ni aux uns ni aux autres. Ce traité n'a constitué qu'un terrain à contestations.
Les Allemands déclarent que l'existence nationale de l'Allemagne date du traité de Verdun, et toute l'histoire de l'Allemagne est celle d'une anarchie féodale, dans laquelle les seigneurs ont l'aspect de chefs de brigands, et ils onl conservé ce caractère pendant des siècles.
Il y a quatre duchés primitifs de l'Allemagne, RavièrC; Souabe, Franconie, Saxe. Chaque duc est souverain. Il i sa cour, son armée, ses assemblées. Les duchés se divisen' en comtés; les comtés situés sur les frontières prennent les nom de marches et leurs chef s le nom de margraves.
Les peuples qui les habitent n'ont ni la même langue, nileî mêmes coutumes, ni les mêmes lois. Il y a bien un roi mais ce n'est qu'en 919 avec Henri l'Oiseleur de la maisoi de Saxe qu'il commence à prendre quelque autorité. En 962,
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rOtton, appelé en Italie par les Romains, les Lombards, pro-
1 bablement par le Pape Jean XII, rétablit l'empire; et il n'eut
[iplus seulement à lutter contre l'anarchie germanique, contre
les envahisseurs qui menacent son territoire, mais encore
contre les Papes et les factions italiennes.
Rome est la capitale de l'Empire; seulement quand l'Empereur veut y entrer, il doit souvent en faire le siège.
On connaît la lutte du pape et de l'Empereur. La légende de Frédéric Barberousse est la plus haute expression de la puissance des Flohenstaufen. Quand la lulte finit au milieu du treizième siècle, elle avait épuisé leurs deux pouvoirs.
La Pragmatique sanction rendue à Francfort en i338 par les Etats affirme que la Majesté de l'autorité impériale ne vient que de Dieu; qu'elle se confirme par la seule élection des princes électeurs; que le Saint-Siège n'a ni le droit d'approuver, ni celui de rejeter le choix des électeurs.
La Bulle d'or de i356 régla les conditions de l'élection de l'empereur; le nombre des électeurs demeura fixé à sept, dont trois ecclésiasli(iues : les électeurs de Mayence, de Cologne et de Trêves ; et quatre séculiers : l'électeur-roi de Bohême ; l'électeur-comte Palatin; l'électeur-duc de Saxe et l'électeurmarquis de Brandebourg.
L'Empereur avait maintenu le pouvoir électoral aux préats des bords du Rhin, parce qu'il avait besoin de leur ippui contre les seigneurs féodaux, presque indépendants et ;ou jours opposés.
Le titre de Saint Empereur Romain ne donnait, à celui ^ui en était investi, ni terres, ni argent, ni hommes.
Ces électeurs ne voulaient pas d'un empereur trop puissant. De là, leur choix sur de petits seigneurs comme \odolphe de Habsbourg. Ils voulaient enlever à ce titre tout aractère d'hérédité; mais, à partir de i/i38, il devint hérédiaire dans la maison des Habsbourg. Maxiinilien (1/193-1519) ortifia les possessions autrichiennes en leur annexant de jrands domaines.
Tout Empereur se considérait comme obligé de l.iiic un»'
expédition en Italie: il y rencontra les Francs; et le pape et l'Empereur eurent une haine commune : celle des rois de France habituellement indépendants de l'un et de l'autre.
En 1619, François P*" fut candidat à l'empire contre Charles^ petit-fils de Maximilien. Alors commença entre la France et l'Autriche cette série de guerres, interrompues seulement par la guerre de Sept ans, qui s'est continuée jusqu'en 1859.
Richelieu intervint dans la guerre de Trente ans en appelant le roi de Suède pour sauver l'Allemagne des ravages des armées de Tilly et de Waldstein.
Les Suédois, par le traité de Paris du i" novembre i634, prièrent le roi de France de se mettre en possession de l'Alsace, comme protecteur, à la condition que les princes et les Etats protestants ne feraient ni paix ni trêve aveci l'Empereur que dii consentement de la France et de la Suède.
La guerre se prolongea encore pendant quatorze ans avec des armées dont la plupart appartenaient à leurs généraux, qui, comme solde, ne leur donnaient que le droit de pillage; et elles avaient si bien réussi, que ne trouvant plus rien, elles périssaient de misère, sans pouvoir faire d'opérations militaires.
Loin que les Français aient eu une part dans ces désastres, ce fut leur intervention combinée avec celle de la Suède qui y mit un terme.
La paix de Westphalie fut inspirée par le livre du légiste Ghemnitz: De ratione status in imperio nostro romanicogermanico. Les diplomates ne firent que le ratifier*. Il allègue que la constitution germanique devait être traitée comme un produit du sol national, que la prétendue lex regia et tout le système absolutiste de Justinien dont les Empereurs s'étaient servis, constituaient, appliqués à l'Allemagne, non seulement un fait injustifiable, mais une absurdité; puis il
j. Jame Bryce. Histoire du Saint-Empire romain, ch. xix.