‹ Les causes et les conséquences de la guerreChapitre 89 sur 168 · LE SAINT-EMPIRE ROMAIN ET LA PAIX DE WESTPHALIE · texte numérisé non relu

LE SAINT-EMPIRE ROMAIN ET LA PAIX DE WESTPHALIE

dénonça la maison des Habsbourg, ses querelles incessantes avec la noblesse ; et il conclut à l'extirpation de la maison 1 d'Autriche.

L'Empereur dut reconnaître la souveraineté de tous les

princes, catholiques et protestants, sans distinction, sur

leurs territoires respectifs. Les princes et les Etats de l'Alle-

j magne, jouiraient dans toutes les assemblées nationales,

d'un suffrage libre et décisif relativement à toutes les

(affaires de l'Empire : lois nouvelles, déclaration de guerre,

! levée de troupes, établissement d'impôts dans l'intérêt de

'la Fédération. Les villes libres eurent voix décisive aux

i-diètes particulières. Les électeurs et les princes pouvaient

t faire des alliances entre eux et avec les puissances étrangères, pourvu que ces alliances ne fussent formées ni contre l'Empereur ni contre l'Empire.

La paix de Westphalie profita surtout à l'électeur de Brandebourg, auquel d'Avaux, le ministre de France écrivait : « Monsieur, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour vous servir. » 1 perdait la Poméranie citérienne, mais il acquérait le fertile pays de Magdebourg et les diocèses de Gammin, de Habberstadt, la principauté de Minden.

La France avait payé les Suédois et donné diverses subrentions pendant la guerre de Trente ans. Elle ne demanda iucun remboursement à ces pays ruinés. Elle se fit confirmer a j^ssession des trois évêchés Verdun, Toul, Metz et de 'Alsace, sauf Strasbourg. Pour l'Alsace et le Sundgau elle lonna aux archiducs du Tyrol 3 millions de livres. Elle eut ncore l'ancien Brisach et ses dépendances et le droit de nettre garnison dans Philipsbourg. Strasbourg se donna à France en 1682. La France acquit encore Pignerol et Casai :n pleine souveraineté indépendante de l'Empire. La Hollande et la Suisse furent déclarées indépendantes. Un huitième électoral fut créé en faveur du Palatin. L'égalité fut établie entre les Etats prolestants et les Etals atholi(iues. Luthériens et Calvinistes furent déclarés affranhis de la juridiction du pape ou de tout autre État catholique..

260 CAUSES HISTORIQUES : CONSTITUTION DE l'eMPIRE ALLEMAND

C'était l'abrogation de la souveraineté de Rome. Ferdinand avait enlevé aux protestants les avantages conférés pai la paix de Passau. La France et la Suède furent d'accord pour les rétablir. Elles remirent l'état public de la religion sur le pied où il était, en 1624, la sixième année de la guerre, sauf dans le Palatinat et sur les terres du Palatin oii l'on remonta jusqu'en 1619. Tous les biens ecclésiastiques que les protestants avaient possédés devaient leur rester.

L'Autriche demeura en dehors, sauf pour la Silésie où les Luthériens eurent le droit de bâtir de nouvelles églises.

La paix de Westphalie fut signée à Munster et à Osnabruck, le i/t octobre i648, « comme une loi fondamentale et perpétuelle ».

Le Pape lança une bulle contre le traité de Westphalie ; elle ne produisit aucun effet ; mais il était évident que l'Empereur n'était plus investi du pouvoir absolu conféré par le Pape à Gharlemagne « pour défendre la foi contre les hérétiques et la propager au dehors sur les terres des païens ».

Ce traité donna la paix à l'Allemagne qui avait subi les plus épouvantables dévastations : et il ne fut obtenu que grâce à l'action de la France et de la Suède.

On continua d'appeler l'Allemagne, l'Empire, comme siège de l'Empire romain. L'Empereur n'avait plus en Italie ur seul domaine : il n'était en Allemagne que le chef d'une république de princes et de villes.

Ce fut cependant en qualité d'Empereur romain que ï^o pold P' conféra, en 1701, le titre de roi de Prusse à l'électeui de Brandebourg. Mais la Prusse, petit morceau de terre situé sur les bords du Niémen, ne faisait pas partie d( l'Empire. Le roi de Prusse resta électeur de Brandebourg

La paix d'Utrecht (17 13), le traité de Radstadt (1714) donnèrent à l'empereur les Pays-Bas, Naples, la Sardaigne le Milanais, les Présides de Toscane et ramenèrent sa poli tique en Italie.

Les Prussiens ont l'habitude de traiter les Françai; d'ennemi héréditaire ; et cependant l'importance de la Pruss»

Page 1