LE CONGRES DE VIENNE
La Russie n'avait rien perdu par la guerre ; mais par son alliance avec Napoléon, elleavait gagnéla Finlande. Elle laissa à l'Autriche la Galicie et Cracovie qui devint un gouvernement libre sous la protection de la Russie, de l'Autriche et de la Prusse. Elle avait enlevé aux Turcs le territoire situé entre le Boug et le Dniester, plus la Bessarabie entre le Dniester, le Danube et le Pruth.
Les dix-neuf cantons de la Suisse furent augmentés de Genève, du Valais et de Neuchâtel, à la fois canton et comté.
Le Hanovre fut reconstitué au profit de la maison régnante d'Angleterre et la Prusse lui céda l'Ost-frise, Ilildesheim, Goslar et une partie du comté de Lingen.
Les articles organisant la Confédération germanique sont les articles de 53 à 64 du traité général du g juin i8i5.
Les princes souverains et les villes libres d'Ailemaf:ne, l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse pour toutes celles de leurs possessions qui ont anciennement appartenu à l'Empire germanique, le roi de Danemark pour le duché de Holstein et le roi des Pays-Bas pour le grand duché de Luxembourg établissent entre eux une Confédération perpétuelle qui portera le nom de Confédération germanique.
Le but de cette Confédération est le maintien de la sécurilc intcrieure et extérieure de l'Allemagne, de l'indépendance et de l'inviolabilité des Etats confédérés.
Les membres de la Confédération sont égaux en droits.
L'administration des affaires de la Confédération est remise à une diète fédérale dans laquelle tous les membres doivent voter par leurs plénipotentiaires. Les membres sont au nombre de dix-sept et ont chacun une voix dans l'assemblée ordinaire. Mais quand il s'agit dos lois fondamenta'es, l'assemblée devient générale et alors l'Autriche, la Prusse, la Saxe, la Bavière, le Hanovre ont cliacuii (}ii *»>.. x<.t,.< ] ,. total des voix est de soixante-neuf.
La diète est permanente; mais elle peut s'ajourner [)eiKliiiil des périodes n'excédant pas quatre mois.
L'article 63 stipule que les princes confédérés s'engagent à défendre non seulement l'Allemagne tout entière, mais encore chaque
278 CAUSES HISTORIQUES : CONSTITUTION DE lWpIRÈ ALLEMAND
État particulier de l'union et se garantissent toutes celles de leurs possessions qui font partie des territoires confédérés. Les princes confédérés peuvent toutefois s'allier avec des princes étrangers à la Confédération pourvu que ces alliances n'aient pas pour but de porter atteinte à la Confédération ou à aucun des États qui la composent. Ils s'engagent également à ne se faire la guerre entre eux sous aucun prétexte et à soumettre leurs différends à la diète qui doit essayer de les concilier. Si ce moyen ne réussit pas et qu'une sentence devienne nécessaire, il y sera pourvu par un jugement (austragal instanz) auquel les parties contendantes se soumettront en appel.
Le siège de la diète est à Francfort et la présidence perpétuelle est dévolue à l'Autriche.
La Prusse de 1796 à 1806 et de 1810 jusqu'au milieu de 1812, avait fait son jeu à part, ne s'occupant que de ses intérêts sans se soucier de ceux de l'Allemagne. Si Napoléon avait montré un peu moins de mépris pour son roi Frédéricr Guillaume, celui-ci s'attelait à son char. En récompense de cette politique particulariste, il obtint que le Congrès de Vienne doublât la Prusse : et cependant, ni lui, ni ses hommes d'Etat, Hardenberg et Stein, ne furent satisfaits. Ils avaient dû céder la Franconie à la Bavière ; et la Bavière restait attachée à l'Autriche. La Prusse, dans sa grande longueur de Memel à Sarrebruck, était coupée par le Hanovre qui la séparait de la mer du Nord ; et elle avait dû renoncer en sa faveur à la Frise orientale. La population des bords (lu Bhin était imbue des institutions françaises, elle était catholique ; elle formait un élément hétérogène qui affui blissait la Prusse. Les hommes d'Etat prussiens consentaient à recevoir la Province Rhénane « seulement pour la défense de l'Allemagne » ; et ils donnaient à la Prusse l'attitude de champion de l'Allemagne.
Cette apparence de dévouement ne touchait pas les petits souverains de l'Allemagne qui, connaissant son âpretr avaient peur d'être dévorés par elle. Ils se groupaient autour