‹ Les causes et les conséquences de la guerreChapitre 97 sur 168 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Frédéric-Guillaume IV contre les constitutions écrites. — Essai d( déviation de la Révolution de i8/i8 vers l'unité allemande. — ((Là Prusse transformée en Allemagne. )) — Le Parlement de Francfort. — Élimination de l'Vutriche. — Offre de la couronne impériale au roi de Prusse. — Le traité des Trois Rois. — Le Parlement d'Erfurt. — Lu Diète de Francfort. — La convention d'Olmutz. — Désirs de revanche. — Rismarck et la prussification de l'Allemagne. — Ferro et igné. ~~ Gouverner sans budget. — (( La force prime le droit.» — L'insurrection de Pologne et Rismarck. — La question des duchés. — Napoléon III, l'Autriche et la Prusse. — Rismarck et Napoléon III. — La guerre de 1866. — Les préliminaires de paix de Nikolsbourg. — Le traité de Prague. — Les incorporations à la Prusse. — La question des compensations. — Naïveté de M. RenedeUi. — Ses appréhensions en 18G8.

En 1847, Frédéric-Guillaume IV avait consenti à donner ^^ Parlement à là Prusse ; mais le 11 avril, à l'ouverture de Ja Diète, il disait :

Jamais je ne permettrai qu'une feuille écrite vienne s'interposer pour jouer le rôle d'une seconde Providence entre Dieu, Notre-Seigneur du ciel, et ce pays, pour nous gouverner par ses paragraphes et pour remplacer par eux la sainte et antique fidélité.

La Révolution de i848 éclata. Le roi exploita la peur que la France ne réclamât les Provinces Rhénanes. Cependant, il fut obligé de faire des concessions de politique intérieure; mais il essaya de leur imprimer une déviation générale :

Avant tout, nous demandons que l'Allemagne soit transformée

d'une Confédération d'Etats en un Etat confédéré. Nous demandons

un système militaire uniforme pour toute l'Allemagne, imité du système prussien avec un général en chef fédéral. Nous demandons L'un pavillon allemand, une flotte allernande, un tribunal fédéral

allemand pour régler tous les différends entre les peuples et les

Etats.

Il essayait de soulever la passion de l'unité allemande pour détourner ses sujets des questions de constitution et de liberté intérieures. Un lendemain d'émeute, le 20 mars, il proclama qu' « il se sentait appelé à sauver la liberté et 'unité allemandes ». Le 21, il ordonnait que l'armée joignît ïa cocarde allemande à la cocarde prussienne, et dans une proclamation, il annonçait que a la Prusse, dès ce moment, se transformait en Allemagne )>.

L'Autriche et les autres puissances trouvèrent que le roi Frédéric-Guillaume IV avait une singulière manière de comprendre (( l'acte fédéral » du congrès de Vienne : et s'il était déchiré de cette façon au point de vue de la Confédération germanique, quelle valeur pouvait-il conserver au point de vue de ses relations avec les autres Etats.

Pendant ce temps, un congrès de cinquante délégués, délégués surtout par leur propre initiative, tenu à Heidelberg, avait décidé la réunion d'un Parlement national allemand. Ce Parlement ne fut qu'une assemblée, plus ou moins régulièrement élue. 11 élabora péniblement une constitution pour l'Empire d'Allemagne. Il déclara qu'un Etat îllemand ne pouvait former un seul État avec des États non illemands. C'était placer l'Empereur d'Autriche dans l'obligation de ne conserver qu'un lien personnel avec la Hongrie, la Bohême, l'Italie. Alors, il y eut conflit entre les partisans de la « Petite Allemagne » qui ne voulaient idmettre dans l'Empire allemand que des Allemands et ceux de la « Grande Allemagne » qui y englobaient tous les peuples dépendant de l'Empire d'Autriche. L'assemblée se prononça en faveur des premiers f?7 nov^'mhre). Dès

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lors, elle faisait de la Prusse la maîtresse de l'Allemagne Le i4 janvier iSlig, elle exclut l'Autriche de l'Empir germanique. Le 27 mars, elle vota que la couronne impérial serait héréditaire dans la maison du prince qui serait choisi et le 28 mars, elle offrit la couronne impériale au roi d( Prusse par 290 voix contre 248 abstentions.

L'Autriche rappela ses députés. La Chambre prussienne donna, le 26 avril, ordre au ministère de reconnaître h Constitution de Francfort. Le lendemain, la Chambre étai dissoute. Le roi refusait la couronne impériale, protestai contre la Constitution et invitait les souverains à un congrès La veille, les Russes étaient entrés en Hongrie ; et la peui de l'Autriche, libérée de la préoccupation de l'insurrectior hongroise, doit être comptée comme un des coefficients d( la décision du roi de Prusse.

Le Parlement de Francfort s'évanouit ; mais Frédéric-Guil laume cherchait les moyens de saisir la couronne impériale qu'il avait refusée. Il conclut avec les rois de Saxe et d( Hanovre le traité des Trois rois dont le but déclaré était « de veiller à la sécurité intérieure et extérieure de l'Allemagne » L'Autriche n'admit pas l'existence d'une commission de cinq membres se réunissant à Berlin sous ce prétexte. Le roi fit décider par cette commission la convocation d'un nou veau Parlement fédéral siégeant à Erfurt, ville prussienne. Malgré l'adhésion de vingt-sept gouvernements allemands, ce ne fut qu'un fantôme. L'Autriche convoqua à Francfort, le 26 avril i85o, les membres de l'ancienne Diète. Malgré h protestation de la Prusse, elle reprit ses fonctions. L'électeur de Hesse proclama, le 7 septembre i85o, l'état de siège parce que l'Assemblée des États refusait de l'autoriser à faire un emprunt sans en justifier l'emploi. Il invoqua le secours de la Diète germanique, tandis que la Prusse > faisait entrer ses troupes. On crut à la guerre. La Prusse recula et subit la convention d'Olmutz , en vertu de laqueHe elle renonçait à l'Union d'Erfurt, adoptait la politique de l'Autriche à l'égard du Sleswig Holstein, éva-

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r)uait la Hesse électorale et Bade et se soumettait aux décisions de la conférence qui se réunirait à Dresde. I A partir de ce moment, le gouvernement prussien eut roour principale préoccupation politique de prendre la jevanche de cet échec. Pendant la guerre de Grimée, il garda a neutralité tandis que l'Autriche menaçait la Russie de son ntervention.

En 1867, l'intelligence de Frédéric-Guillaume était telleïient atteinte que le prince royal Guillaume fut chargé de administration du royaume. Il représentait le parti libéral : nais pour ce parti, la liberté c'était la prussification de TAUenagne. Bismarck publia une brochure dans laquelle il dit lettement :

La Prusse ne doit pas rester plus longtemps avec l'Autriche dans la confédération germanique telle que l'acte fédéral de i8i5 et l'acte inal de 1820 l'ont formée. Elle n'aurait jamais dû en tolérer la econstruclion en i85o et son intérêt est d'en provoquer la dissoutiop.

Le régent Guillaume montra qu'il partageait cette opinion în nommant Bismarck, ministre en Russie : et celui-ci fit, K)ur conquérir l'appui de cette puissance, des efforts qui le furent pas inutiles. Il fut ensuite envoyé à Paris. Bismarck, dans une lettre, dénonçait « la situation fédérale lont souffrait la Prusse » et qu'il faudrait extirper jerro et gne (par le fer et le feu.) En 1862, le Roi de Prusse le choisit omme président du Conseil et ministre des Affaires étran- :ères dans le but d'imposer à la Chambre des députés les épenses militaires qu'elle refusait.

De 1862 à 1866, pendant quatre ans, le roi de Prusse et Jismarck gouvernèrent sans budget voté par la Chambre es députés. Toute dissolution ramenait les mêmes députés. Hsmarck, dès le premier jour, avait déclaré que du moment (ue les députés refusaient de voter le budget et que le roi ;t lui entendaient assurer la marche de l'Etat, la question

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devenait une question de force ; et qu'ayant la force, ils n céderaient pas. C'est dans une discussion à ce sujet qu'il tervint la fameuse phrase : « La force prime le droit. » Bii marck se défendit de l'avoir prononcée ; mais en la formulan son adversaire n'avait fait que condenser sa pensée. Bismarc appliquait la dernière loi de finances votée avant son entré au ministère; et il consacrait les excédents aux charge militaires décrétées par le roi.

En i863, avait lieu l'insurrection de la Pologne. LaPruss s'attacha la Russie, en livrant aux autorités russes les insui gés qui se réfugiaient sur son territoire.

A la fin de l'année, Christian IX montait sur le trône d Danemark. La Constitution du i5 novembre i863comprenai l'incorporation du Slesvig aux États danois et le détachemen du liolstein. Le prince Frédéric-Augustenbourg riposta e: prenant possession des deux duchés par une proclamatio; du i6 novembre i863. La Prusse et l'Autriche demandèren l'annulation de la constitution. Le 20 janvier i86/i, la Pruss envahit les duchés. L'Autriche suivit. Les Danois résis tèrent héroïquement jusqu'au 3o octobre i864. Le roi d Danemark dut céder à l'Autriche et à la Prusse le Holslein le Sleswig et le Lauenbourg. Les deux puissances com mencèrent aussitôt à se menacer de la guerre pour le par tage des dépouilles. Bismarck repoussa toutes les préten tions de l'Autriche et de la Confédération germanique. L convention de Gastein, ilx août i865, décida que les duché resteraient en la possession des conquérants ; que le Sles wig reviendrait à la Prusse, le Holstein à l'Autriche. L Prusse acheta le duché de Lauenbourg, Bismarck reçut titre de comte, mais l'indivision dans la souveraineté étai maintenue.

L'empereur Nicolas, allié à là famille de Holstein-Gottorp aurait pu revendiquer des droits éventuels sur une parti< des possessions danoises. En remerciement de l'appui qu< lui avait donné la Prusse dans l'insurrection de Pologne il fut rempli de complaisance. L'Angleterre* proposa un»

mtente, Napoléon III un congrès. L'Angleterre manqua 'énergie pour faire respecter le traité de Londres de i852 t Napoléon III était trop occupé au Mexique pour intervenir yec autorité.

Je n'ai pas l'intention de faire l'histoire de la diplomatie rançaise ; toutefois, il est indispensable que je parle de \es rapports avec l'Allemagne.

L'institution de la Confédération germanique, incapable l'un effort collectif, était une garantie de sécurité pour la rance. Napoléon III ne pouvait faire pardonner son coup lEtat qu'en dirigeant l'opinion vers les questions extéieures. Les nations européennes redoutèrent cette condiion logique de son règne, à ce point que malgré son discours ie Bordeaux de i85i dans lequel il avait dit : <( l'Em- 3ire, c'est la paix », l'Angleterre, la Russie, l'Autriche et la Prusse avaient, le 3 décembre i852, signé un protocole secret. Et il faut avouer que le programme extérieur de 'Empereur comportant la destruction des traités de i8i5, et c principe des nationalités, était vague et inquiétant.

La guerre de Grimée lia la France à l'Angleterre, pour ine mauvaise besogne qui aboutit à faire garantir par le Hongres de Paris l'intégrité de la Turquie (i856). Cette guerre ne pouvait que rapprocher la Russie et la Prusse.

Par la guerre d'Italie de 1869, Napoléon III affaiblit l'Autriche au profit de la Prusse ; et en même temps, ilsolidarisala Prusse avec l'Allemagne. Sommée par la Diète de Francfort j'intervenir pour l'Autriche, elle le fit; et ce fut son intervrention qui força Napoléon III de consentir à la paix de Villafranca, en contradiction avec les espérances qu'il avait provoquées en Italie.

Bismarck était allé à Biarritz et avait séduit Napoléon III tel point qu'il avait sa photographie sur sa table de travail. Il s'était convaincu que Napoléon III était un esprit rêveur t indécis, qui s'inclinerait, confus et mécontent, devant le fait accompli.

Bismarck proposa une nouvelle constitution fcch raie en

transformant la question du Sleswig-Holstein en affaire fédé raie. Le lo juin, il présenta aux gouvernements des Étatî moyens un plan de réforme d'après lequel l'Allemagne de viendrait un Etat fédéral dont l'Autriche serait exclue : le commandement en chef de l'armée du Nord appartiendrai! au roi de Prusse, celui de l'armée du Sud au roi de Bavière. L'Autriche, tout en s'en remettant à une décision finale de la Confédération sur la question du Sleswig-Holstein, con voqua l'assemblée des États du Holstein pour le ii juin

La Prusse fit entrer ses troupes dans le Holstein pour imposer un gouvernement unique aux deux duchés. Le 9 juin, l'Autriche demanda à la Diète la mobilisation de toute l'armée fédérale, à l'exception du contingent prussien. La Diète, par 9 voix sur 6, accepta sa proposition. Le i5 juin, la Prusse demandait à la liesse électorale, à la Saxe, au Hanovre, leur adhésion à la nouvelle Constitution fédérale et leur neutralité. Sur leur refus, elle les envahit. La Bavière se joignit à eux.

Mais six semaines après le commencement des hostilités, le 26 juillet 1866, les préliminaires de paix entre la Prusse et l'Autriche furent signés à Nikolsbourg.

Le lendemain de la victoire de Sadowa, Bismarck résista au parti militaire qui réclamait des annexions de territoire prises sur l'Autriche et une entrée triomphale à Vienne. 11 voulait conclure la paix le plus vite possible pour trois! motifs : i" empêcher une intervention de la France ; 2" faire! abandonner, par l'Autriche, les États qui avaient combattu] avec elle, de manière à leur prouver sa faiblesse et la force | de la Prusse ; 3" réserver pour l'avenir une entente avec] l'Autriche.

L'empereur d'Autriche consentit à la dissolution de lâj Confédération germanique et, à l'exclusion de l'Autriche dei toute réorganisation de l'Allemagne.

Par le traité de Prague du 23 août, l'indépendance de quatre] États allemands au-dessous du JVJein fut reconnue. La Prusse j

énonça à l'incorporation de la Saxe à la condition qu'elle

ntrâtdans la Confédération de l'Allemagne du Nord et qu'elle

hît son armée sous le commandement du roi de Prusse.

urent incorporés à la Prusse le royaume du Hanovre,

ctorat de liesse, le duché de Nassau et la ville libre de

icfort sur le Mein. La Prusse passait d'une étendue de

8i ooo kilomètres carrés à 348 3oo ; d'une population de

9600000 à 28900000 habitants. Son territoire devenait

ompact.

La commission de la Diète prussienne déclara qu'elle vait en vain cherché une base juridique pour les annexions

la Prusse, u La Prusse a fait la guerre, déclara M. Kirchaann, et veut en recueillir les fruits. » Cette volonté a onstitué son droit.

M. Benedetti a, dans son plaidoyer pour la diplomatie rançaise qu'il représentait à Berlin, montré lui-même la laïveté étrange de Napoléon III. Avant la déclaration de la •uerre, Bismarck parle d'une alliance à trois, la Prusse, la rance, l'Italie. Il admet les rectifications de frontières ; aais M. Benedetti, dans une lettre du 8 juin, dit que « le ci ne supporterait pas en ce moment qu'on lui fît entreoir l'éventualité d'un sacrifice de cette nature ». Généreuement, Bismarck présente la compensation en Belgique, .e général Govone, qui négociait pour l'Italie, lui fit observer ue faire cadeau « d'un pays qui avait une vie propre si igoureuse et un sentiment si prononcé » n'était pas une ffre très séduisante.

Napoléon III était prévenu qu'il n'y avait aucun engagcûent de la part de la Prusse. Cependant au moment de la uerre, il disait dans son discours d'Auxerre : « Si la Prusse adjugeait un pouce de terrain, la France aurait sa comensation. »

En prononçant ces mots, s'il était de bonne foi, il ne conaissait pas les dépêches de son ambassadeur : s'il les conaissait, il trompait sciemment la France.

Au lendemain de la guerre, tandis que Drouyn de Lhuys

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refusait de reconnaître les annexions de la Prusse, Tempe reur les reconnaissait à l'insu de son ministre. Il le rem-, plaça par La Valette qui adressa une circulaire affirmant^ que « la France ne pouvait que se réjouir de ragrandisse-|i ment de la Prusse. » Elle contenait seulement un regret^ discret que la Prusse n'eût pas eu recours à des plébiscites pour réaliser ses annexions.

Cette attitude était si extraordinaire que personne ne croyait à sa sincérité. M. de Bismarck refusait toute compensation en Allemagne, mais il engageait la France à chercher la compensation en Belgique : et en même temps, lui attribuant le plan qu'il lui suggérait, il s'en servait pour resserrer les liens entre les Etats de l'Allemagne ennemis de la veille et pour inquiéter la Bussie et l'Angleterre.

Le lendemain du triomphe, à Nickolsbourg, M. Benedetti écrivait à Paris (26 juillet 1866) :

Je n'apprendrai rien de nouveau à Votre Excellence en lui annonçant que M. de Bismarck est d'avis que nous devrions chercher (la| compensation) en Belgique et qu'il m'a offert de s'en entendre avec] vous.

De retour à Berlin, Bismarck repousse d'une manière définitive tout projet de compensation sur le Rhin ; et Benedetti avoue :

C'est ainsi que nous en sommes venus à libeller un projet de convention pour lequel j'ai tenu la plume ' et qui disposait éventuellement de la Belgique. J'admis que le Luxembourg nous serait acquis sans délai, à l'aide d'une entente avec le roi des Pays-Bas et que nous serions autorisés à poursuivre ultérieurement la réunion de la France et de la Belgique avec le concours de la Prusse.

M. Benedetti envoya le projet à Paris comme l'œuvre de Bismarck. L'empereur, dans une lettre à M. Rouher, ne

I. Benedetti. Souvenirs diplomatiques. UEmpereur Guillaume /•'" et le prirtoe de Bism,arck, etc., p. 58 et suiv.

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parle pas de l'annexion de la Belgique qu'il trouvait évidemment trop difficile pour le moment. Il ne parle que du Luxembourg, de remise des forteresses fédérales à chaque État, Luxembourg à la France, Mayence et Saarlouis à la

, Prusse, Landau à la Bavière, Bastadt à Bade, Ulm au Wur temberg ; de l'annexion de la Saxe, pays protestant, à la Prusse et du transfert du roi de Saxe sur la rive gauche du

; Rhin, pays catholique. Napoléon III reprenait le projet que Talleyrand et Lord Gastlereagh, d'accord avec l'Autriche,

lavaient empêché le roi de Prusse de réaliser en i8i5. Seulement il était trop tard.

Bismarck ne parla plus de la Belgique. Quant aux propositions enfantines de l'Empereur, il est probable qu'elles ne virent même pas le jour. Napoléon III se rabattit sur le Luxembourg en l'achetant au roi de Hollande, Guillaume III. Alors, changeant d'attitude, la Prusse s'opposa à cette cession. La France exigea que la Prusse renonçât au droit de tenir garnison dans la forteresse de Luxembourg. Les représentants des puissances, qui avaient signé le traité belge de 1889, se réunirent en conférence, et décidèrent, en garantissant la neutralité du Luxembourg, d'en assurer l'indépendance.

Le seul résultat pratique de ces négociations fut, après avoir presque amené la guerre entre la France et la Prusse, de la rendre inévitable dans un délai plus ou moins rapproché. Napoléon III, entraîné au Mexique dans l'idée d'y fonder un Empire de race latine pour faire contrepoids aux États- Unis, abandonna Maximilien, retira son armée avant le délai fixé et endossa la responsabilité de son exécution à Queretaro le 19 juin 1867. Les autres États de l'Europe s'inclinèrent devant le traité de Prague. Mais ce n'était qu'une première étape. L'ambassadeur de France à Berlin, M. Benedetti, prévoyait que la Prusse voulait réunir à la Confédération du Nord les Etats du Sud et relever, au profit des Hohenzollern, la couronne impériale. Il écrivait le 5 janrier 1868 :

TVKS GUYOT. v 10

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Plus j'obierve la conduite du gouvernement prussien, plus je me persuade que tous ses efforts tendent à asseoir sa puissance sur l'Allemagne entière, et il m'est chaque jour démontré qu'il poursuit ce succès avec la conviction qu'il ne peut l'atteindre sans placer la France dans l'impossibilité d'y mettre obstacle...

C'est donc une guerre formidable dans laquelle tout un peuple prendrait parti contre nous que nous aurions à soutenir *. *

Ainsi averti, Napoléon faisait demander à Berlin par Londres, en janvier 1870, la réunion d'un congrès oii serait posée la question du désarmement. Bismarck répondit que la Prusse ne pouvant acquiescer à une pareille proposition, il était inutile d'en débattre le principe et les conséquences.

I. Benedetti. Souvenirs diplomatiques. L'Empereur Guillaume l" tl k prince de Bismarck. Ma mission à Ems.

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