‹ Les causes finalesChapitre 61 sur 142 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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Agiisant diversement sur les divers éléments d'un corps donné, nous permet d'enlever tel ou tel élément en laissant les autres. Il se fait donc une sorte de triage dans la nature ()cp(<rt€)f en vertu duquel les homéoméries (pour employer une expression d'Anaxagore) tendent & se séparer de Tétat chaotique , ou plutôt qui Tempèche incessamment de se former. Mais le NoQc d*Anaxagore n'intervient pas dans l'opération.

Tels sont les principes généraux de l'évolution. Il s'agit d'ap« pliquer ces lois fondamentales à la formation des êtres oi^ganisés. Nous supposerons donCi en vertu de ces lois, que le monde orge** gaaisé a commencé par une masse homogène, un protopkmma apte à prendre toute espèce de formes. Qe protoplasma, en vertu des deux lois mentionnées tout à Theure (à savoir l'instabilité de Thomogène et la multiplication des effets), passe incessam-* ment de Tbomogène à l'hétérogène : de là la formation des varlétéSi des races et des espèces. L^animalité tout entière se ramifie par une différenciation progressive, de même que l'ln« dividu, qui part de l'état indistinct du germe, se détermine de plus en plus, à chaque degré nouveau de son développement, ^embryologie est l'image de Thlstoire zoologique.

Ce passage de l'homogène à Thétérogëne se fait sous l'empire d'un nombre infini de causes internes ou externes S qui, agis* saht diversement sur l'homogène instable, tendent à le modifier dans tous les sens et à produire ainsi une diversité infinie. La

i, Btoloc^y, part. III, cb. vin et iz.

mutabilité des espèces n'est donc qu'une application des lois fondamentales de la nature.

Mais il ne suffit pas d'expliquer la diversité des formes : il faut encore expliquer leur convenance, leur caractère précis et déterminéi leur adaptabilité au milieu ambiant, leur concordance interne, etc. L'animalité, comme la nature elle-même, ne va pas seulement de l'homogène à l'hétérogène; elle va de l'indéfini au défini : elle tend à former des systèmes de plus en plus cohérents, de plus en plus intégrés ^ suivant le langage de l'auteur.

Cet effet est dû à la loi de ségrégation, qui en zoologie s'appelle loi de sélection naturelle. La sélection joue en effet, dans l'ordre biologique, le même rôle que la ségrégation dans l'ordre mécanique ^ C'est elle qui opère le triage, qui met de côté en quelque sorte les formes convenables et en harmonie avec le milieu^ et laisse tomber les autres; en un mot, la ségrégation dans l'ordre organique s'appelle la survivance des plus aptes.

Nous devons ajouter encore une considération : c'est que, d'après les Premiers principes^ la loi générale de l'évolution, c'est-à-dire de la distribution progressive de la matière et du mouvement, tend à un état relativement stable qui est Yéquilibre S non à un équilibre absolu qui serait le repos, mais à un equilibrium mavens (par exemple celui de notre

i. Premiers principes, ch. xxi, trad. franc., p. 507.

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