‹ Les causes finalesChapitre 75 sur 142 · LXV, p · texte numérisé non relu

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4. « Kanf, dit Hegel, e& mettant en lumière la conformité interne des choses à leur but ^ a appelé l'attention sar Itt nature intime de Vidée et fiurtoat sur Vidée d0 la vie. 1 Logique, § âOi, trad* fr. de Yéiai p. 322;

daine réalisant en elle-même son but. La théologie plrysiqae du xviir siècle, suivant les hégéliens, était fondée exclusivement sur la finalité externe, c'est-à-dire sur Futilité, et se représentait tous les objets de la nature comme fabriqués pour un but extérieur. L'idée qu'on se faisait de la nature ne différait pas beaucoup de celle des épicuriens ; c'est-à-dire que tout y était mécanique et qu'il n'y avait rien d'interne dans Tunivers. Au lieu du hasard, on faisait intervenir une cause motrice externe , un deus ex machina. Mais celte cause ne produisait que des œuvres inertes, dont aucune n'était en soi une source d'action, et qui n'avaient d'autre but que de servir à autre chose qu'à elles-mônies. Cependant, Leibniz déjà, par sa notion de la force, avait rétabli le principe d'une activité intérieure des choses : la finalité interne de Kant complétait la même idée. Mais dès lors , si les choses ne sont plus des blocs inertes mus du dehors , mais des touts vivants, animés en dedans, le monde lui-même ne devra plus être conçu comme une masse inerte et morte, mais comme un véritable tout, comme un organisme.

La doctrine de Hegel sur les causes finales peut se ramener à ces trois points fondamentaux :

1* Il y a des causes finales dans la nature ; et même tout est cause finale. Le domaine des causes efficientes est celui de la nécessité brute. La cause finale est la seule cause véritable : car seule elle a en elle-même la raison de ses déterminations ^

1. « La dis linctioa entre la caïuse finale et la cause efOclcnle est de la plus faauto

LA FINALITE IMMANENTE 465

2* Il ne &at pas se représenter la cause finale sous la forme qu'elle a dans la conscience, c'est-à-dire comme une représentation anticipée du but. Les fins qui sont dans la nature ne sont pas semblables aux fins que nous réalisons^ lesquelles sont le résultat d'un choix, d'une prévoyance, d'une activité volon* taire. U y a deux manières d'atteindre la fin : Tune dont nous trouvons Texemple dans l'industrie humaine, l'autre qui est rationnelle sans être consciente et réfléchie, et qui est l'activité de la nature K

3*" La finalité de la nature est une finalité immanente, interne ; ce n'est pas comme dans les œuvres de l'industrie bumaine> une cause extérieure qui produit certains moyens pour atteindre une fin qui leur est étrangère, la cause, le moyen et la fin constituant trois termes séparés les uns des autres. Dans la nature tout est réuni dans le même principe : la fin se réa*

importaDce. Lft càose efficiente- rentre dans la sphère de la Décessltô aveugle, et qui n'est pas encore développéCi elle apparaît comme passant dan$ un terme étranger, et comme perdant, en se réalisant, sa nature primitive. La cause effl-* ciente... n*est cause que virtuellement et pour nous. La eauee finale au contraire é$t posée comme contenant en elle-même sa détermination, on son effet, effet qui dans la cause efficiente apparaît comme un terme étranger : ce qui fait qu'en agissant la cause finale ne sort pas d'elle-même, mais qu'elle se développe au-dedans d'elle-même, et qu'elle est à la fin ce qu'elle était au commencement et dans son état primitif. C'est là la vraie cause première. > (Hegel, Logique, trad. franc., t. II, p. 321.) — € De ce que le monde mécanique et la finalité sont tous les deux, il ne suit pas qu'ils ont tous deux la même réalité ; et comme ils sont opposés, la première question est de savoir lequel des deux contient la vérité. Mais comme ils sont tous les deux, une question plus précise et plus haute est de savoir s'il n'y a pas un troisième principe qui fait la vérité de tous les deux, ou bien si ce n'est pas l'nn d'eux qui fait la vérité de l'autre. Or, c'est la finalité qui s'est produite ici comme vérité du mécanisme et du chimisme. » (Ibid,, trad. franc., p. 33é.) Voir aassi le passage remarquable cité plus haut, p. 256. t. Sur ce second point, voir le chapitre suivant

i'Qlki«»<im«. Oapj^m 4ir« 4(i la ijatvwfetQikteotièwae que Kaut a4it 4e l'ôtw Qrgî»Pi8é, qu« W«t y «st çécïiptMttWeftt but «*

WQï«ea, Ja fe»lit4 interïw, (texwp* donc SïwJité iwwnente S NQua V». faisons aucwei 4UftÇi4^ ^ «loftftttrç, poijr «qIn jart, q\i<j la fioaUté iftljer*e.çs* pw l^ w$j»efii»mé itomaneote, mais c'est à la condition que le second terme aura «jactewat lawb^me m^ ««« le prWM^» et n.'5 aJWtera tiçn 4e. çlijs *•

vm, ^ c«tte fiknalité i(«n^«»t«, cmAwa k, met cause ûQi»af n^te>d^ 1* ^(wUté, ç'ç^ weti^fe 4aus; \a çpnclttsion ce. qui n'est pjlf 4anal^ |^r4«iisses : car <«est (Urequa tQuite ça^saqni paur* gpt 4ea fin» «piwt»Oéin««t en ictt^Ki^ureww^ «»l^ par lÀ Vi&m

Remarquons d'ailleurs que l'opposition de la ^ameendane» •It ^ïimmmme^ est ]mi loin d'Mr» attssi ah«»hitt ea léaUiIft qu'elle le psalt «.uxyeuj 4eail41^(»plMsaU!^iUMk^Un';apaft ^ dQ«^i«a 4». ti;«w8fi«»d«eGe qui u'ioHklijiiHft :«a laâfifte t«wpa qi^lquQ Pf ^ac^ 4e lA^n éam le monde etk pa«^ ««BSéqiiMAW qiïelqne inwaancflçs» Rn'y % pa* 4ei doctriiw d'iowftan^ewe q«i n-inililflUQ quelque dîsttnQtîQn 4e Piw «t 4u woAie» par «oft*

1. « lA. Si^Uté D'est p«ft e^l;éiiQnr% i la> nsitmje, qIIç. luj^ e«t mmottaiA»,' Idt (jcdnç cpnàent virtaelleraebt toutes les parties coa.$tilijkUvea <]« h pUw(e q^ «Ms Xeat se produire, et aoo. <]évelopi^in,eD)L a'$st «jirig^ q,ue daaa te seas 4e» lA QM^'^ vatton : la vraie téléologie codsj^ à. coo^dé^e^ h ^ISiWfi cowipie. iAd^eijidwiM dans «a qualité propre... » {Philotfifjfài 4g lA, tifil^rtt. § 24!)«)

LA FINAUIË JUtMANflNTB 467

séqiieilty qiftdfoe iransciesMtanee. Is txmsce&daMe absolue Siérait uoe telle séparation âe DIqu et ùvl monde, qu'ils n'au-' raiœt plus ne» 46 cwiimuii^ que IKea ne pwrrait pa» ccm-* ttsiUrelâ iokaQde,iU lemwde conBattre Dieu» yiatmaueoea absolue aérait une teUa identité de Dieu et da monda que la cause ne ferait plus qu'un a^ec son effet, la substance atec «es pbénamènesï L'abaolu aiee te relatii Qr il n'y a aucun exemple m philosophie 4e L'une ni de l'autre de ce^ deux cou* ceptions, Uèm^ dans le tbéione s^lastiqu^e, ou dans celui de Descartes et de Leibniz, quiconque i4>prolondîra La tbéo* rie du comcmma dimwu ou de La eré^iùm eoniinué^ irerra des traces pKàfandes de b doctriAa de Vimmanevce. ftéàproquep ment, dans le panthéisme de Spinosa ou de S^e) » quiconque réfléchira sur l^di^ocUon de U Pktkia^M MMtmi et de la nttuva NatM>raiû^ de YMéê et de lai iVbmrt^ reeonnattra nwû* festem wt wei dMtrine de tranaeetdaMe,

ainsi, lorsque Von de«iao4e,. coame le foitf les béf éUeM^ si la cause supréoM est en dedans e« m éekmn de la naturelle questien est mal po9ée t car,» dans twte sotutiony la cause sera tMjours et è la fois en dedans et en dehors de la nature. C'est une question de d«gjr4. Or, il est lirai de dire que U preuve fibTsico-théologique tk elle seule ne fournit pas de données anffisantespeur fix^ airec pvéciaioni le degr^ de distinction entre la cauae de k naCure et la nature eUe*mâme. Si, par exanple, il s'agit d'aller jusqu'à une distinction substantielle ^ quiconque comprend les termes d'une question philo6(H>M4ue ^ aeeordeift

m LIVRE a CHAP. II

qo*ttne telle distinction n'est pas contenue dans les prémisses ae Pargument des causes finales; mais il ne faut pas non plus le demander, car ce n'est pas ce qui est en question. Personne n'a la prétention de résoudre avec un seul argument toutes les difficultés de la philosophie; et réciproquement on ne doit point l'exiger. Le problème de la transcendance, dans le sens rigoureux du mot, c'est-à-dire le conflit entre le théisme et le panthéisme, ne peut être tranché par la preuve des causes finales i. Un Dieu &me du monde, comme était le Dieu des stoïciens, n'est à la vérité nullement exclu par la preuve des causes finales : mais même dans cette hypothèse , Dieu serait encore distinct du monde, comme la cause de son effet; et cette distinction suffit ici.

Même dans la philosophie de Hegel, il y a une différence profonde entre les choses et leur cause ou leur raison. Si nous con*» sidérons un être organisé individuel, Hegel ne dira pas que la cause de cet être est dans cet individu lui-même en tant que tel. Non, sans doute; elle est dans l'idée de l'espèce : cette idée, en tant qu'elle est absolue et immanente, est bien distincte de l'individu qui la manifeste, puisque celui-ci passe tandis qu'elle demeure. Ce qui est vrai de l'individu est vrai de l'espèce. Aucune espèce n'est sa cause à elle«même, aucune ne se suffit à elle^ même. La cause de l'humanité comme espèce doit être cherchée dans le type universel qui constitue l'animalité; et la cause de

1. Le vrai point de débat entre le théisme et le paûtbéisme est l'expllcalioti de la oûnscieoce et do moi.

Tanimalité aussi bien que au règne végétal doit être cherchée dans l'idée delà vie en général. Enfin, la vitalité à son tour n'est encore qu'une forme du principe universel qui se manifeste d'abord par le mécanisme, puis par le chimisme, puis par l'orga^ nisme, et enfin par Tesprit. Nous distinguerons donc, même dans la philosophie de Hegel, les êtres particuliers donnés par l'ex» périence, des causes intérieures qui les^roduisent ; nous distinguerons la nature et Yidée* Puisque la nature est l'idée exiériorisée ^, il fauthien que l'un de ce^ termes ne soit pas l'autre. Car on peut toujours demander : Pourquoi l'idée n'est-elle pas restée tranquille? Pourquoi est-elle sortie d'elle-même? Il est clair que c'est là pour elle un mode nouveau d'existence; et, par conséquent, même dans la philosophie de Hegel, la cause suprême est en dehors de la nature. Elle est à la fois en dehors et en dedans : et c'est ce que toute grande théologie a toujours enseigné.

Est-il vrai maintenant que la théorie de la finalité interne, telle que Kant l'a constituée, exclut toute transcendance

i . « La liberté absoloe de l'idée consiste en oe qu'elle se résout à $$ prodmrê a» dehors comme nature. « (Philosophie d» la nature^ § 244.) — « L'absolue liberté de ridée consiste en ce qu'elle se décide à tirer librement d'elle-même le moment de son existence particulière, à ss séparer d*eUe-mém$, à se poser en un mot comme nature. » Logiquey § glliv.

« Si Dieu se suffit à lui-même, comment en Tient-il à produire quelque cboae qui est absolument dissemblable? L'idée divine consiste précisément à se produire au dehors, à faire sortir Vautre de soi, et h, le reprendre ensuite pour être subjectivité 6t esprit. » (§ Pbil. de la nat. 247.)

« La nature étant Vidée sous la forme de Vautre, elle n'est pas seulement extérieure par rapport à l'idée, et à l'existence subjective de l'idée sous forme d'esprit; elle est de plus extérieure à elle-même; Vextériorité constitue son earoetère essentiel, sa nature» » (XM., %bid»)

ment; 3» enfin, il a une vertu reproductrice, puisque les espèces

se perpétuent par la loi de la génération.

Ces différences sont tellement visibles qu'elles n'ont jamais échappé aux contemplateurs de la nature, et aux défenseurs des causes finales : a Renfermons-nous, dit Fénelon, dans la machine de l'animal; elle a trois choses qui ne peuvent être trop admirées : V elle a en elle-même de quoi se défendre contre ceux qui l'attaquent pour la détruire; 2» elle a de quoi se renouveler par la nourriture; 3* elle a de quoi perpétuer son espèce par la génération. — Que penserait-on d'une machine qui fuirait à propos, qui se replierait, se défendrait, et échapperait pour se conserver quand on voudrait la rompre? Qu'y a t-il de plus beau qu'une machine qui se répare et se renouvelle sans cesse elle-même? Que dirait-on d'un horloger, s'il savait faire des montres qui d'elles-mêmes en produisissent d'autres à l'infini, en sorte que les deux premières montres fussent suffisantes pour multiplier et perpétuer l'espèce sur la terre? ^ »

On voit que Pénelon signale à peu près les mêmes différences caractéristiques que Kant ; seulement au lieu d'y voir une diffi* culte, il s'en sert au contraire comme d'un à fortiori. De ces différences entre la nature et l'art , il résulte pour lui non pas que la cause de la nature n'est pas un art> mais au contraire que c'est un art très-supérieur au nôtre. Selon Kant, Torgani* sation de la nature n'a rien d'analogue avec aucune des causa-

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