‹ Les causes financières de la révolution françaiseChapitre 3 sur 68 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

subitement et qu'il a été préparé longtemps à ravance.

Des historiens éminents ont montré que la Révolution dérive directement de l'ancien régime et que l'étude de celui-ci permet seule de la comprendre. L'histoire peut en effet se comparer à une chaîne dont les anneaux tiennent les uns aux autres, et toujours le présent a son origine quelque part dans le passé. Un peuple d'ailleurs n'invente rien en politique ni en législation. Les modifications quUl apporte à sa constitution, à son organisation sociale, à son administration intérieure, à son système d'impôts, à ses lois civiles et pénales, sont forcément la résultante d'un long travail préparatoire, le fruit d'une série de critiques et d'observations auxquelles a donné lieu l'état de choses antérieur. C'est sous l'influence de doctrines nouvelles peu à peu répandues qu'on en vient à rêver d'un idéal qui rend d'autant plus sensibles les abus existants, qu*on se met à les haïr, et que l'on se persuade que, grâce aux changements des institutions, les sujets de plaintes disparaîtront.

Si telle a été en politique la progression des idées avant 1789, il n'en a pas été différemment en ce qui concerne les causes financières et économiques de la Révolution. On s'en convainct en étudiant Tœuvre de la Constituante. Cette assemblée a renversé l'édifice fiscal de la monarchie , consacré l'égalité de tous les citoyens devant Timpôt et soumis les contribuables à des impositions nouvelles. A peine réunie, elle s'est trouvée aux prises avec d'inextricables difiicultés; elle avait à parer au déficit du Trésor, et à cette tâche déjà suffisamment ardue, elle a ajouté la liquidation générale de la dette publique. S'étant fait une loi de rendre les taxes moins injustes et moins vexatoires, elle a pris très au sérieux cette partie de son

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