INTRODUCTION III
mandat, et elle n*a guère tenu de séance sans s'occuper de questions financières. L'attention de ses membres était, k la vérité, distraite par tant d'autres objets, leur esprit •était dominé par tant de préjugés, que leurs discussions sur la matière des finances ont toujours été écourtées, et que souvent ils ont pris avec précipitation les plus graves résolutions. Néanmoins, l'Assemblée constituante auraitelle pu opérer, comme elle l'a fait, une aussi complète transformation dans le régime des impôts, si la plupart des solutions par elle adoptées n'avaient pas, de longue date, été proposées dans de nombreux écrits, et si l'esprit public n'avait pas en quelque sorte dicté les réformes?
Notre intention est d'écrire un jour l'histoire financière de cette assemblée; mais moins que toute autre, elle ne saurait être commencée en 1789. Elle se rattache par des liens intimes à des faits et à des écrits antérieurs, et pour apprécier comme il convient l'œuvre de la Constituante , il importe d'abord de connaître les événements et les aspirations de la période qui a précédé sa réunion.' Un exposé impartial de ces événements et de ces aspirations peut seul expliquer l'immense portée des réformes qu'elle a accomplies, ainsi que l'énormité des fautes qu'elle a commises.
Les unes et les autres sont les conséquences de ce qui s'était passé et de ce qui s'était dit avant elle. Avant d'aborder la discussion de ses actes, il faut en efiet savoir dans quelles conditions s'était accumulé le déficit qui a été la cause première de l'appel fait par le roi à la nation, s'il était accidentel ou bien s'il provenait d'un excédent habituel des dépenses sur les recettes; rechercher pourquoi Louis XVI, rompant avec une longue tradition, n'a pas eu recours, de sa seule autorité, soit à l'augmenta-