‹ Les Causes occultes de la question bulgare: Russie et Bulgarie (volume 2)Chapitre 2 sur 3 · FT"" . T-« . -T · texte numérisé non relu

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Art. 30. ' ■

» Les métaux, assignations et autres marchandises, warrants, quittances des comptoirs de transports de chemins de fer ou de Compagnies de navigation et les papiers de valeur de toute espèce, donnés en garantie h la Banque, ne peuvent être séquestrés, ni sur les instances de particuliers, ni sur celles de l'Etat et ne peuvent être portés à la masse créancière qu'après que la Banque Nationale aura été complètement désintéressée, tant en intérêts et pénalités, qu'en remboursement du principal de son prêt.

» Les billets ou récépissés émis par la Banque, en échange de dépôts d'argent, ainsi que les actions et obligations de la Banque sont acceptés comme cautionnement dans toutes les administrations du gouvernement, pour un prix qui sera déterminé par le ministre des finances. » . s .

Comme on le voit, ce projet de banque, soi-disautnationale, livrait la Bulgarie, pieds et poings liés-àu J'-exn ploitation éhontée de la coterie. Il serait oiseux ^d'ipH sister. Les privilèges réservés aux souscripteurs de lapremière émission et les parts de fondateurs, l'article 16 qui concède à la coterie toutes les entreprises financières, industrielles et même commerciales de la principauté, l'innovation des pénalités et leurs conditions léonines, dont Tune impose au débiteur en retard une prolongation d'échéance de sept jours, en lui faisant payer 1/2 0/0 pour ces sept jours, soit un taux d'intérêt de 25 0/0 par an, les intérêts exigés à titre légal des emprunteurs, l'Etat lui-même dépouillé du droit de séquestre sur les valeurs données en garantie à la Banque, toutes ces dispositions définissent et qualifient, par leur simple exposé, sans qu'il soit besoin de commentaires, l'entreprise dirigée par la coterie contre la nation et contre l'Etat bulgare.

Ce qui est vrciment extraordinaire, c'est que les meneurs de cette tentative d'exploitation ou, pour mieux dire de déprédation, se soient trompés sur le compte des Bulgares^ au point de croire qu'ils accepteraient sans mot dire et les yeux fermés, cette prise de possession des richesses économiques de la Principauté. C'était bien peu connaître ce peuple économe et travailleur, très serré en affaires et dont la propension naturelle à l'examen et au contrôle des questions d'argent s'est exercée et affinée par sa participation à l'administration de la commune, de sa caisse agricole, de tous les détails de ses finances.

Aussi l'impression produite sur les ministres bulgares fut-elle très fâcheuse* Biea qu'ils n'eussent guère été préparés par leurs occupations antérieures aux fonctions gouvernementales, l'excès, môme des demandes leur ouvrit les yeux, leur bon sens leur tint lieu d'expéfience et, comme le prince Alexandre, dans son désir naturel de complaire aux hauts personnages russes, insifj^^avec force auprès des ministres pour l'adoption des ipopositions Outine, dans la séance oh il les leur soumettait, M. Balabanof lui dit en propres termes : « mais laissez-nous au moins lire ce papier et le méditer, ne nous mettes pas ainsi le couteau sur la gorge. »

Le ministère, après en avoir délibéré, prit un moyen terme. Il décida de réserver a plus tard l'examen du projet de Banque et de présenter à la Chambre la proposition Glinzbourg et Poliakow relative aux chemins de fer.

Les élections législatives eurent lieu les 29 août et 10 septembre. La Chambre aurait dû être ouverte le 27 octobre. Mais un grand nombre de députés étant arrivés en retard, les séances du Sobranié ne furent inaugurées que le 2 novembre.

Conformément à la détermination prise par le cabinet, le discours du trône faisait mention du projet d'études

du chemin de fer Sofia-Roustchouk. Mais la Chambre préludait, dès les premières séances, à Tagitation, aux violences dont le renouvellement allait devenir plus tard Tune des causes du coup d'Etat. Elle renversait le ministère sans motif plausible.

Bientôt après, le 6 décembre, le prince, par décret, numéro 335, prononçait la dissolution de la Chambre et . il modifiait le ministère, en mettant à sa tête, comme \ ministre-président, Mgr Clément, archevêque de Tirnovo et en nommant M. T. Economof, ministre de Tintérieur.

Il est à remarquer que MM. Bourmof et Balabanof, les deux ministres évincés, étaient précisément ceux qui avaient fait aux projets présentés par MM. Outine et Tcherni et appuyés par le prince Alexandre, Topposition la plus vive et la plus ferme.

Ici trouve sa place un incident qui nous fournira une nouvelle indication sur les procédés étranges et sur Tinfluence toute puissante de la coterie.

La chute du ministère Bourmof avait tout particulièrement réjoui MM. Outine et, Tçherni. Le jour même où le ministère annonçait au Sobranié qu1l donnait sa démission, on entendit M. Outine dire à haute et intelligible voix, dans la tribune du public : « enfin on aura un ministère avec lequel on pourra travailler, »

Ce propos fut relevé par le Vitocha, organe officieux du ministère démissionnaire et ce journal ne manqua pas d'expliquer la portée de cette exclamation significative. M. Outine s'en plaignit vivement à M. Davydow qui, n'entendant nullement subordonner les grands intérêts dont il avait la garde aux convenances de la coterie, répondit : « Si vous ne voulez pas qu'on écrive contre vous, ne. vous mêlez pas des affaires intérieures du pays. »

Dès ce moment, la coterie déclara la guerre à M. Davydow et, bien que ce fonctionnaire honnête et dévoué

-2Ô - 'Impératrice, il no pouvait tenir rontrô santé dont il s'était refusé à servir les dow recevait bientôt après la nouvelle nt de résidence et, le 3 février 1880, il rie qui a gardé à sa mémoire un soude reconnaissance.

'était pas seulement contre la coterie avait eu à lutter. Les inconvénients de les directiolis imprimées aux agents ommcnré à se manifester simultané- Uexandrc se trouvait placé entre deux lonel Schepelcw, son conseiller privé, ;nsof, ministre de la guerre, qui ne par- 'entendre et qui étaient également en s presque constante avecM. Davydow. rs correspondaient directement avec g et M. Davydow adressant, do son es à son ministre, chacun d'eux prés sous un jour différent, de telle sorte i Saint-Pétersbourg, un grand désordre :it des instructions contradictoires et, à ■d permanent entre les trois conseillers n'était guère de nature à l'éclairer sur prendre et à faciliter sa tâche, et ce qui it les fautes commises et dont le prince T la responsabilité.

ont la coterie avait rendu la position que nous l'avons dit, fut remplacé à many qui avait abandonné son poste l'ambassade de Russie à Gonstantilir le représentant du baron de Hirsch de chemins de for, près de la Sublime près, Midhat pacha, devenu grand baron de Hirsch à. remercier M. Coupas accepter un sujet russe comme e Compagnie autrichienne.

Le prince Alexandre se voyant privé des conseils éclairés de M. Davydow, et craignant de se trouver à la merci du colonel Schepelew, qui lui avait fait sentir si durement sa tutelle, demanda à l'empereur le rappel de ce conseiller. Le colonel Schepelew partit en môme temps que M. Davydow et devint, dès lors, Tennemi implacable du prince qui n'avait pu accepter sa préten- j tion de gouverner la Bulgarie et d'en disposer à sa " guise. Il est utile de noter ici que 1^ colonel Schepelew était un membre actif de la coterie.

Quant au général Parensof, le prince Alexandre, qui avait constaté son insuffisance comme ministre de la guerre, demanda également son remplacement, lors du voyage qu'il effectua, à cette époque, en Russie, pour/ assister aux fêtes du 25* anniversaire de Tavénement au trône du tzar Alexandre IL Ces fêtes devant avoir lieu le 3 mars 1880, le prince partit le 3 février.

C'est à ce voyage que se rattache le fait historique dont on n'a pas perdii le souvenir. Le père du prince Alexandre, qui venait d'arriver à Saint-Pétersbourg, avait été invité à dîner au palais. Il fut en retard de cinq minutes et, comme le tzar l'attendait, l'explosion sous la salle à manger eut lieu avant que la famille impériale se fût mise à table. Une grande catastrophe fut ainsi évitée par ce retard fortuit du chef de la famille Battenberg.

Le tzar accorda au prince Alexandre le remplacement du général Parensof et désigna comme ministre de la guerre de la principauté le général Ehrnrooth , un homme loyal, instruit, énergique, d'une droiture inflexible, un organisateur éminent.

Le prince Alexandre rentrait à Sofia le 1®' avril. Le lendemain, le général Parensof donnait sa démission et était remplacé provisoirement par le colonel Plevé, son secrétaire général. Le 14 avril, le général Ehrnrooth arrivait en Bulgarie et prenait possession de son poste.

ps, M. Outine avait présenté son projet de ninistère Clément qai adopta de suite, vis- ! proposition, la même attitude que le cabit. Néanmoins, on comprendra, sans peine,

de ces hommes d'Etat improvisés qui se acés, dès la première aflaire soumise à leur ce le désir de sauvegarder ies intérêts de

la crainte de déplaire au prince et à la

s séances furent consacrées par les miïamen de ce projet (1). Ils éliminèrent eerparmi les moins acceptables, mais, sous la jrince, qui tenait à témoigner sa reconnais- Lir de Russie, et sur l'insistance de M. Gouivel agent diplomatique qui faisait preuve e diligence pour soutenir la proposition inistère dût promettre que le discours du erait la présentation d'un projet de loi pour une Banque nationale, ute justice de constater ici que ce ministère le que le précédent, discerner et accomplir ms la position pénible qui lui était faite. Ce ins la prévision du rejet par la Chambre de oi, qu'il se décida à le présenter, pour parer isé, c'est-à-dire pour prévenir une rupture périlleuse avec le prince et les Russes, lu cabinet était d'autant plus méritoire que et Tchemi exigeaient la signature immé- Mnvention. sauf à ia présenter ensuite à la us forme de projet de loi. Le ministère, en btempérer à cette mise en demeure do et Tchemi, se fit deux ennemis mortels, messieurs, voyant que le cabinet ne cédeliferent immédiatement avec le parti poti-

'Otocoles du conseil des ministres.

tique adverse, dont les chefs étaient MM. Zankof et Karavelof. En gens pratiques, ils remirent 200,000 francs à M. Karavelof pour faire de l'agitation dans le pays et préparer les élections, de manière à faire sortir des urnes une majorité de libéraux avancés qui renverserait le ministère Clément. Le fait de la remise de 200,000 francs à M. Karavelof, pour cet objet, est connu dans la Bulgarie entière. Nous avons entendu M. Davydow l'affirmer à Saint-Pétersbourg, dans un cercle d'amis, en 1883, avant son départ pour le Japon, en ajoutant, à l'appui de son dire, qu'en Bulgarie le fait était de notoriété publique.

Le décret n° 380 ordonnant les nouvelles élections avait paru le 25 janvier et, par décret n" 98 du 12 mars, la Chambre fut convoquée pour le 4 avril.

Pas n'est besoin de dire que, grâce aux libéralités des agents de MM. Giinzbourg et Poliakow, la campagne contre les libéraux modérés (les conservateurs) avait été rudement menée par M. Karavelof et ses partisans. Aussi les élections donnèrent-elles la majorité aux libéraux avancés.

Le 3 avril, le ministère Clément était démissionnaire, la session de la Chambre était inaugurée le lendemain 4 et, le 7, le prince Alexandre appelait au pouvoir, conformément à la règle constitutionnelle, le ministère Zankof- Karavelof, expression de la majorité nouvelle.

Le ministère Clément, avant de se retirer, avait tenu rengagement qu'il avait pris et, parmi les projets de loi mentionnés dans le discours du trône, celui relatif à la création d'une Banque nationale figurait sous le n** 15.

Pour la lucidité de l'historique de ce projet de loi, nous devons indiquer ici l'attitude que M, Coumany avait adoptée, dès son arrivée à Sofia, vis-à-vis du prince, des partis politiques bulgares et de la coterie. Nous qualifierons exactement cette attitude en disant qu'elle était le contre-pied de celle de son prédécesseur.

, toujours étudié à se tenir en dehors partis, bien que ses préférences revoyant fussent tout naturellement t5, dans cette principauté naissante, luple nouveau venu à l'existence poli-

Coumany inaugura le système détesre descendre les agents officiel^ de la ute position de représentants et de ts de la puissance libératrice au rôle, iellement dangereux pour l'influence lués ou occultes de tel ou tel autre

]rassa immédiatement la cause des e plaçant ainsi, de son plein gré, en l'égard du prince auprès duquel il prince Alexandre s'appuyant à cette léraux modérés. Les choses furent . que l'agence diplomatique de Russie lénéral du parti avancé, le centre de e, M. Coumany se prononça si nettela coterie qu'il autorisa le soupçon de ta tentative d'exploitation et d'asserque de la Bulgarie.

oumany à servir les intérêts reprôle se manifesta tout particulièrement I projet de loi de la Banque nationale, époque à Sofia un fonctionnaire du ces français, M. Hogdé, qui avait été par le premier ministère, au service en qualité de conseiller financier, homme loyal, hautement honorable, rquable, dont MM. Coumany et Outinc rer le concours dans leur entreprise, tin danger pour leur projet. Il était ilté sur cette proposition, il aurait

montré les dangers que présentaient certaines parties du statut de la Banque soi-disant nationale pour le développement économique du pays, et aurait émis Tavis de voir ces parties dangereuses modifiées ou rayées de ce statut, ce qui ne faisait pas le compte de la coterie. Aussi ces messieurs imposèrent-ils à M. Zankof Tobligation de faire casser le contrat de M. Hogdé par la Chambre, avant que le projet de loi de la Banque nationale fût venu en discussion devant elle. L'annulation du contrat fut obtenue, avec un dédit de 80,000 francs, sur lesquels M. Hogdé, par un trait qui peint exactement son caractère, fit don de 40,000 francs aux écoles françaises de Sofia.

Mais M. Outine n'avait pas, pour cela, cause gagnée. Ainsi que nous aVons déjà eu l'occasion de l'indiquer, les Bulgares ne traitent pas les affaires d'argent à la légère. Les conditions extraordinaires de la concession qu'on leur demandait firent naître leurs soupçons et l'Assemblée refusa de voter le projet de loi. Elle décida qu'il serait l'objet, de la part du gouvernement, d'une étude plus approfondie et plus détaillée, de manière à lui être présenté de nouveau dans une prochaine session.

M. Outine se le tint pour dit, d'autant plus que, si M. Coumany le soutenait avec persévérance, le général Ehrnrooth, qui jouissait de la pleine confiance du prince et dont l'influence augmentait de jour en jour, ne voulait absolument pas entendre parler des entreprises de cette nature. Après la clôture de la Chambre, M. Outine quitta la Bulgarie et, bientôt après, il mourait de chagrin, fût-il dit à cette époque, d'avoir vu échouer tous ses projets d'exploitation de la Bulgarie. Mais MM. Giinzbourg et Poliakow n'abandonnèrent pas complètement la partie. Nous verrons bientôt M. Coumany revenir à la charge pour la question des chemins de fer et, lorsque cet agent zélé de la coterie partira à son tour, elle con-

cession de ses entreprises à d'autres personcet exposé signalera les actes, noter que cet insuccès de la proposition la 'tante de MM. Gilnzbourg et Poliakow dut né par la coterie, pour une grosse part, au xandre qui n'avait pas su composer ses de manière à leur faire signer les concessions es entreprises ,. ainsi que des souverains sins lui en avaient donné l'exemple, dans des identiques. De là aussi, une sourde irritation de la part des hauts personnages intéressés estion. Mais ils étaient encore assez réservés ession de leurs rancunes, parce qu'ils connais- ■ande affection du tzar Alexandre II pour son ce qu'ils savaient que le caractère ferme et u tzar rendrait vaines leurs récriminations et rues contre le prince Alexandre, (1, le prince Alexandre effectua un nouveau Russie. L'Impératrice qui venait de mourir it lui avait toujours témoigné une grande t le prince qui fut très affligé de la perte de •ice, tenait à lui rendre les derniers devoirs et i ses obsèques.

in, la session ordinaire de la Chambre fut e ministre président, qui avait reçu une délé- (rince k cet effet.

e Alexandre rentra en Bulgarie h la fin du n,

tobre, il partait pour Belgrade où il allait )i Milan. Le 10 octobre, le prince Alexandre tour en Bulgarie et, le 21 du môme mois, il Roustchouk la visite du prince Charles de

itobre, M. Zankof, président du conseil des ouvrit, pardélégation, la session ordinaire du jc discours du trône faisait ressortir, pour a

deuxième fois, la nécessité urgente de la construction des chemins de fer en Bulgarie. Cette insistance était d'autant plus singulière que TAssemblée avait tout à organiser dans le pays, qu'on ne connaissait môme pas encore les ressources budgétaires, qu'il était absolument illogique, en un mot, d'engager la principauté dans une question pareille, avant qu'elle fût fixée sur ses ressources et qu'elle eût assuré l'organisation et le fonctionnement de ses divers services, des éléments essentiels et constitutifs de son existence môme.

Aussi la présentation nouvelle et anormale de Tune des deux propositions Giinzbourg-Poliakow ne provenait-elle pas de l'initiative du gouvernement. Elle était le résultat de la campagne active que M. Coumany, secondé par M. Kopitkine, directeur des travaux publics depuis 1879, et dont nous aurons à parler encore, avait poursuivie avec ténacité auprès du prince Alexandre et de ses ministres. L'action de l'agent diplomatique de Russie, en faveur de la coterie, avait été fortement entravée par le général Ehrnrooth qui, avec sa franchise d'honnôte homme, ne discontinuait pas d'exprimer sa façon de penser sur la coterie et sur ses actes. Nous lui avons entendu dire plus d'une fois^ alors qu'il parlait des maisons Gunzbourg et Poliakow : « C'est la gale de la Russie et voici qu'elle vient envahir la Bulgarie. » Mais M. Coumany apportait, dans son plaidoyer, obstination et habileté. Il rappelait, à chaque instant, au prince Alexandre, les recommandations pressantes qui lui avaient été adressées de Saint-Pétersbourg, en faveur de ce projet. Il invoquait auprès de lui le caractère d'utilité stratégique que, dès ce moment, les promoteurs du chemin de fer avaient commencé à lui attribuer, pour emporter plus sûrement l'affaire. Il fallait se hâter d'établir cette voie qui faciliterait l'action militaire éventuelle de la Russie en Bulgarie, avant que l'on eût construit la ligne de jonction Vakarel-Sofla-Tza-

ribrod, qui serait d'une si grande utilité pour TAutriche. On devait prendre les devants. C'est par cette argumentation que M, Goumany était parvenu à impressionner Tesprit du prince Alexandre et à le décider à donner suite à la proposition Giinzbourg-Poliakow. Quant aux ministres, ils ne pouvaient opposer un refus à l'agent diplomatique qui était entré avec tant d'ardeur dans leur coterie politique, leur avait donné tant de preuves d'amitié et n'était d'ailleurs que l'avocat de M. Outine, qui avait acquis des droits spéciaux à leur gratitude par ses largesses électorales.

C'est ainsi que le projet de loi sur les chemins de fer fut mentionné dans le discours du trône et présenté à la Chambre.

Le Sobranié, avec le bon sens et la prudence soupçonneuse qui distingue les assemblées bulgares dans les questions d'argent, fit siennes les propositions Gûnzbourg-Poliakow. Il adopta, en principe, la construction d'une ligne ferrée Sofla-Roustchouk et, comme ces maisons n'avaient présenté aucune étude, aucun devis estimatif, à l'appui de leur demande, dans le but manifeste d'escamoter une concession indéterminée, en trompant les Bulgares, le Sobranié autorisa le gouvernement à faire lui-même les études nécessaires, l'invitant à lui soumettre un projet de loi complet pour cette ligne, dans la prochaine session.

La constatation par la Chambre de l'utilité de cette ligne et la décision qu'elle avait prise, en principe, de procéder à sa construction ne constituaient pas pour la coterie un succès complet. Néanmoins, elle en pouvait éprouver une certaine satisfaction, par comparaison avec ses déboires antérieurs et en considérant que la décision du Sobranié laissait le champ ouvert à ses espérances.

Depuis que les Bulgares avaient été appelés à la vie parlementaire, les assemblées de leurs députés n'avaient

pas brillé, on doit le dire, par le calme et la dignité. L'agitation avait été la règle du Sobranié. La session dont nous nous occupons fut marquée par des scènes plus orageuses encore, plus profondément regrettables, ainsi que par des changements partiels et répétés dans le cabinet. Cette progression dans le manque de tenue des députés, les injures qu'ils échangeaient, le désordre confinant à l'anarchie qui en était la conséquence, firent sur l'esprit du prince Alexandre une impression très vive et très fâcheuse. Il est à peu près certain que ce triste spectacle lui fit concevoir dès cette époque l'idée et le projet d'avoir recours, pour la conduite des affaires de la principauté, à un autre mode de gouvernement.

La session fut clôturée le 30 décembre 1880. Avant cela, M. Zankof, le chef reconnu du parti libéral avancé, . avait été écarté du pouvoir, par ordre du prince, à la suite d'un incident gravé provoqué, dans la question de la réglementation de la navigation du Danube, par la manière étrange de ce ministre de comprendre et de pratiquer les obligations internationales, incident qui avait failli amener la rupture des relations entre l'Autriche et la Bulgarie. M. Karavelof avait succédé à M. Zankof comme chef du parti. Il était, à cette époque, président du conseil et il s'était adjoint, comme ministre de l'intérieur, M. P. Slaveikof, le poète national.

Le 14 mars 1881, le prince Alexandre partait pour la Russie, où son oncle, le tzar Alexandre II, venait de succomber sous les coups des assassins. Le 28 avril, il rentrait à Sofia et, le 9 mai, le coup d'Etat avait lieu. La Chambre était dissoute, le ministère renversé, la présidence du nouveau cabinet confiée au général Ehrnrooth avec tous les pouvoirs dictatoriaux et la mission de faire les élections. Le 23 mai, le prince adressait au peuple une proclamation dans laquelle, après avoir exposé l'état lamentable de la Bulgarie, il demandait, pour organiser le pays, les pleins pouvoirs, pendant un délai

sept ans, auprès lequel une grande assemblée serait inio pour porter un jugement sur ses actes. Le prince utait que, dans le cas oii ces pleins pouvoirs ne lui aient pas accordés, il déposerait son mandat entre

mains du peuple qui l'avait élu.

3e coup d'Etat a été apprécié diversement. Bien qu'il ntre pas dans notre cadre de discuter à fond la ques- 0, nous devons dire néanmoins que ce coup d'Etat it une faute grave. Ilaurait été beaucoup plus logique

modifier tes articles de la Constitution qui, d'après ipérience déjà acquise, opposaient des obstacles à la rche progressive et normale de la nation bulgare, tait là ce qu'il aurait convenu de faire et tout le mde a eu tort, le pnnce qui a fait le coup d'Etat, les éraùx modérés (conservateurs) qui ont aidé à son nmplissement, tes libéraux avancés qui, par leurs gences déraisonnables, par le désordre et les vioces qu'elles occasionnaient dans l'Assemblée et dans pays, en avaient fait germer l'idée dans l'esprit du nce Alexandre, et avaient rendu indispensable un ingement du régime gouvernemental.

lais, dans cette répartition des responsabilités, nous

devons pas oublier ceux qui ont été les .auteurs ects quoique occultes du coup d'Etal et à qui il est te, par conséquent, d'en attribuer la plus grosse part. )n s'est souvent demandé comment il se faisait que prince Alexandre n'eût pas eu recours à la modidcan de la Constitution, au lieu d'assumer la charge si irde que les pleins pouvoirs allaient faire peser sur . La réponse est facile pour ceux qui ont suivi de près i événements. C'est que, lors de son récent voyage à int-P6tersbourg, le prince Alexandre' avait subi une luence décisive. Encore sous le coup de l'agitation [uîétante des assemblées bulgares, qui avait pris une grande intensité et provoqué de si fâcheux incidents is la dernière session du 3obranié, il n'avait pas

caché aux personnages russes la préoccupation que cet état de choses lui inspirait, au point de vue de l'exercice du pouvoir dans la principauté. Les membres de la coterie virent de suite l'excellent parti qu'ils pouvaient tirer, pour leurs propres affaires, de.cette situation d'esprit du prince Alexandre. Ils n'avaient rien pu obtenir encore en Bulgarie, où la résistance des ministres et du Sobranié avait écarté toutes leurs demandes d'entreprises. Le moyen s'offrait de réparer le temps perdu et de s'assurer des bénéfices qui leur avaient jusqu'alors échappé. Il s'agissait simplement, pour cela, d'abonder dans les idées du prince Alexandre, de le pousser au coup d'Etat et, lorsqu'il serait devenu le maître en Bulgarie, d'obtenir de lui des concessions qu'il ne pourrait plus refuser.

Ici apparaît avec éclat l'influence néfaste et toute puissante de la coterie. L'idée du coup d'Etat fut patronée, propagée, exaltée par les membres de cette association, aussi bien dans les ministères et dans l'entourage de l'empereur, qu'auprès du prince Alexandre et c'est ainsi que, sous Tinfluence souterraine de cette coalition d'exploiteurs placés à tous les degrés de la hiérarchie, la politique de la Russie fut détournée des nobles buts visés par les volontés paternelles du tzar, par les intentions généreuses de la nation russe, et engagée dans une fausse voie, sous l'action d'intérêts antipatriotiques, d'intérêts inavouables.

Ce n'était autre chose qu'un guet-apens à la Russie et au prince Alexandre.

Le tzar, son gouvernement, la Russie, le prince Alexandre et ceux des Bulgares qui ont participé au coup d'Etat étaient également de bonne foi et croyaient sincèrement qu'on entrait ainsi dans la bonne voie pour le progrès et le salut de la Bulgarie.

Pour la coterie, le tour était joué» Elle avait cause gagnée. La Russie approuvait le coup d'Etat*. Le fait de

Il est démontré, en ce qui concerne le Itaires étrangères, par les instructions cette époque, à son agent à Sofia, ins- '. indiscrétion a livrées à la publicité. Du 'est.pas permis lorsqu'on considère que Ehrnrboth qui fut investi des fonctions • le prince Alexandre, ce que la Russie ni pas permis si elle n'avait pas approuvé

^'te, d'ailleurs, l'évidence sur cette quesquclques jours après le coup d'Etat, le re recevait de son cousin, l'empereur ie grand cordon de Saint Alexandre encore que, vers la môme époque, le diplomatique de Russie à Sofia commu- ;ment au gouvernement princier une r les soins du ministère, fut répandue s. En voici le texte :

upérial a gardé réserve sur la crise bulnco pour l'indépendance du prince et de réserve ayant été exploitée par des agim blâme, il croit devoir constater que le ié par l'Europe, est un gage du présent tulgarie. Le cabinet impérial a confiance lents, son désir de remplir sa mission acceptée. Si le prince a déclaré imposler à assumer la responsabilité de la 'euse pour l'avenir du pays et fait appel certainement obéi à sa conscience, avec ion de se consacrer à la prospérité de la sinct impérial désire que le peuple bul- : son union indissoluble avec le prince et ■alnements d'agitateurs ambitieux qui iblcr cet accord. (1) *

fficiel, annOc IflSl. Il juin.

La coterie ne se contentait pas de détourner la politique de la Russie de ses buts naturels et de faire de son gouvernement Texécuteur inconscient du programme qu'elle s'était tracé. Son action se manifestait jusque dans le choix des agents officiels envoyés en Bulgarie. Les moins clairvoyants furent forcés de s'en apercevoir, lorsqu'on vit arriver à Sofia, au moment même du coup d'Etat, M. Hitrovo qui, du consulat général de Salonique, avait été transféré dans la principauté, en remplacement de M. Goumany, rappelé sur la demande du prince. La coterie avait eu la main habile. Nul ne pouvait mieux s'incarner en elle et la représenter exactement que ce personnage, exempt de préjugés et de scrupules, dont les goûts dissipateurs, le rôle public et la vie privée, le3 aventures retentissantes ont laissé un souvenir durable dans toutes les contrées où il a séjourné. Nous le verrons à l'œuvre, comme agent dévoué de la coterie.

Les élections pour le Grand Sobranié avaient eu lieu. L'Assemblée se réunit à Sistovo et, placée dans l'alternative du départ du prince et de l'anarchie probable qui en serait la conséquence, ou bien de l'acceptation de ses conditions, elle accorda, comme on s'y attendait, les pleins pouvoirs au prince Alexandre.

Dans la première période que nous venons d'exposer et qui prend fin ici, le lecteur a vu naître et se développer, au récit des événements, les tristes résultats des trois causes du malentendu entre la Russie et la Bulgarie, des trois facteurs de la situation actuelle que nous avons indiqués dès le début.

La coterie a entrepris, sans grand succès il est vrai, mais avec ténacité, l'exploitation de la Bulgarie.

La triple direction imprimée aux agents russes a produit ses effets naturels de désaccord et de désordre d'idées, alors que l'union et l'action méthodique et énergique pour la création des divers services et l'organi-

sation de la principauté auraient dû être la règle unique et souveraine.

La série des fautes personnelles de ces agents a été ouverte par M. Coumany qui, en entrant de sa personne dans Tarène de la politique intérieure et en embrassant la cause de l'opposition, a compromis les intérêts dont il avait la garde et placé le prince dans la nécessité de demander son déplacement.

La nation bulgare a assisté avec étonnement à cette succession de faits que la tribune de la Chambre, les journaux et la rumeur publique portaient à sa connaissance. Ne vivant guère que du travail agricole, si peu rémunérateur, n'ayant aucune idée des opérations financières et des grandes entreprises commerciales, le Bulgare ne connaît que les petits profits et la stricte économie dans les dépenses qui en est la conséquence naturelle. Les projets de Banque nationale et de chemins de fer ne pouvaient donc que lui déplaire, par les grosses dépenses qu'ils évoquaient. Cette sarabande de millions était pour effrayer le Bulgare parcimonieux, pour susciter ses soupçons. Et le pire, c'est que les propositions venant de hauts personnages russes et étant appuyées par plusieurs agents russes très en vue, le peuple bulgare, ne pouvant établir la disctinction nécessaire entre un groupe d'exploiteurs et la Russie, était amené à observer avec défiance, à réfléchir et à méditer sur le problème ainsi posé devant lui. De môme, dans la question de politique intérieure, en voyant l'agent diplomatique de Russie prendre fait et cause pour les libéraux avancés, alors que le prince choisi par le tzar, s'appuyait sur les libéraux modérés, les Bulgares ne s'expliquaient pas cette contradiction et ne savaient à qui l'imputer, à l'agent russe ou à son gouvernement.

De là, cette conséquence regrettable qu'on commençait à discuter en Bulgarie ce qui, jusqu'alors était resté

hors de discussion, les intentions et les actes de la puissance libératrice.

Les libéraux avancés et leurs chefs, MM. Zankof, Karavelof , Slaveikof ont commis la faute grave d'amener le prince à Tidée du coup d'Etat, par leurs impatiences hâtives, par leurs exigences, par l'agitation qu'elles ont provoquée. Les libéraux modérés (conservateurs) en participant à ce coup d'Etat, sont tombés dans une erreur fâcheuse pour le prince, pour la Bulgarie et pour leur propre parti.

Par la mort du tzar Alexandre II, le prince Alexandre a perdu son puissant protecteur, dont l'affection le soutenait dans sa tâche épineuse et qui ne prêtait pas l'oreille aux accusations que les Schepelew, les Parensof , les Goumany, etc., devenus des ennemis, portaient déjà contre lui. En prenant les pleins pouvoirs sur l'incitation de conseillers intéressés qui visaient l'exploitation de la Bulgarie, le prince Alexandre a assumé une lourde charge au moment même où la protection de son oncle vient de lui faire défaut. Et pendant que la situation du prince devient plus difficile, ses ennemis vont trouver un champ d'action plus propice à leurs intrigues, le tzar Alexandre III, malgré sa bienveillance pour le prince Alexandre, ne pouvant avoir pour lui les sentiments de l'empereur Alexandre II, qui l'avait élevé comme son fils.

La seconde période de cette étude, dans laquelle nousi allons entrer, va nous montrer le développement rapide et intense des germes du malentendu entre la Russie et la Bulgarie d'où est sortie la crise actuelle.

Le 13 juillet 1881 fera époque dans Thistoire de la Bulgarie. C'est la date que portent des actes importants qui devaient avoir une grande influence sur Tavenir du pays.

Dans cette journée mémorable, le prince Alexandre reçoit les pleins pouvoirs du Grand Sobranié et adresse au peuple bulgare un manifeste par lequel, après lavoir remercié de sa confiance, il abandonne spontanément à la représentation nationale Texamen et la solution do toutes les questions financières. Ce même jour, le général Ehrnrooth donne sa démission, M. Hitrovo, accentuant son action personnelle, annonce au prince la prochaine arrivée du général Struvé, qui vient demander la concession des chemins de fer, et il joue un rôle prépondérant dans la formation du ministère.

En remettant l'administration et le contrôle des finances au peuple bulgare, au moment môme où il recevait les pleins pouvoirs, le prince Alexandre dénotait son souci d'alléger la lourde responsabilité qui allait peser sur lui. Il se gardait ainsi contre les obsessions dont les financiers et les entrepreneurs de la coterie allaient l'assaillir ; il prévenait, du même coup, les commentaires désobligeants et les insinuations perfides que sa gestion financière n'aurait pas manqué de provoquer de la part . d'adversaires très en éveil et naturellement soupçonneux. En cette circonstance, le prince Alexandre fut donc . très heureusement inspiré. Il aurait certainement suc- A)mbé s'il n'eut pris cette détermination qui fortifia sa

, en lui permettant de renvoyer les demandes terie à l'examen public de la Chambre et en )e nt, vis-à-vis de son peuple, de tout soupçon de ice dans les questions d'argent,

les autres faits saillants qui marquèrent la du 13 juillet, nous avons mentionné la démisgénéral Ehrnrooth. Il motivait cette détermi- )ar des raisons de famille. Ce n'était là qu'un . En réalité, sa nature foncièrement honnête et e pouvait s'accommoder des allures et des proe M. Hitrovo, le nouvel agent diplomatique de Il voyait avec tristesse la politique de son pays ée de ses véritables buts, sa clairvoyance disles conséquences regrettables qui en résulteour l'influence de la Russie, et l'arrivée du géruvé, venant solliciter la concession des chemins ombla la mesure et le décida au départ. Les plus aractères ont de ces défaillances. Mais le général »th n'aurait pas dû déserter la lutte, alors que la 1 devenait plus difficile, au moment précis où prince allait avoir plus besoin que jamais de le son expérience et de son énergie. Le général ith aura sûrement éprouvé plus tard un vif remme un remords, en assistant, de loin, à une ion d'événements malheureux que sa présence à irait pu peut-fttre prévenir ou diriger dans un ns.

également le 13 juillet, avons-nous dit, que ovo annonçait au prince Alexandre la prochaine du général Struvé, venant demander la condu chemin de fer Sofla-Roustchouk, c'est-à-dire ée en scène de la coterie. Le général allait fora demande au nom du gouvernement russe dont ait le représentant officiel. Il était porteur de rendations pressantes, principalement du général îhey/, chef de l'état -major général.

MM. GLinzbourg et Poliakow étaient toujours les bailleurs de fonds de l'entreprise, le général Struvé Ta avoué plus tard, en ajoutant que son rôle se bornait à la direction des travaux. Mais on ne prononçait pas ouvertement les noms de ces capitalistes, et ce n'était là qu'une habileté nouvelle de la coterie. Bien que restant dans rombre,elle dirigeait, en réalité, toute Taffaire, au moyen de ses membres actifs, MM. Obroutchew, Hitrovo, Remlingen et Struvé. Si elle s'effaçait, c'était pour rassurer les Bulgares qui avaient déjà appris à la connaître. Si elle mettait le gouvernement impérial en avant, c'était pour obtenir plus sûrement une concession qu'elle n'avait pu emporter directement elle-même.

M. Hitrovo pouvait se dire qu'il n'avait pas perdu sa journée. Car c'est également le 13 juillet que le ministère fut constitué et tous ceux qui, comme nous, se trouvaient, à cette époque, à Sistov et étaient au courant de ce qui se passait dans les coulisses, savent que la plupart des ministres furent désignés au choix du prince par M. Hitrovo. La composition du nouveau cabinet est d'ailleurs, à ce point de vue, tout à fait démonstrative :

Intérieur et Travaux publics. Lieut.-colonel Remlingen.

Guerre Général Krilow.

Finances Gelescovitch.

Justice Theoarow.

Affaires étrangères et Cultes. Voulcovitch.

Instruction publique. • . . . G. Iretchek.

Le lieutenant-colonel Remlingen et le général Krilow étaient Russes ; M. Theoarow, Koutzo-Valaque, élevé en Russie, pouvait être considéré comme Russe, et M. G. Iretchek était un étranger, un Tchèque, un homme très instruit, précédemment conseiller du ministère de l'instruction publique et à qui on doit une excellente histoire de la Bulgarie.

Sur les six ministres, il n'y avait donc que deux Bul-

M. Gelescovitch et Voulcovitch. ce dernier égalen vu à l'ambassade de Russie de Constantin :>ccommandé par M. Hitrovo. Les chefs du parti teur contribuèrent eux-mêmes à ce résultat. Ils idé le prince dans l'accomplissement du coup , pour ne pas être accusés d'en avoir profité pernent, ils refusèrent d'entrer dans le ministère, niaient au prince de s'entourer d'hommes nouli n'avaient pas été initiés jusqu'alors aux luttes i (1), C'est ainsi que le cabinet ne compta qu'un ibre appartenant ouvertement au groupe con- ■, M. Voulcovitch, qui venait de la Roumélie

nde critique k adresser à ce cabinet, c'est ta itreinte qu'on y faisait à l'élément national, , d'après les précédents et tout naturellement, feuilles auraient dû ôtre attribués à des Bul- 'exception de celui de la guerre, qu'il convenait er à un officier russe, dans cette période d'orn de l'armée. Les Bulgares furent surtout Je voir que le ministère de l'intérieur, celui qui is intimement lié à tous les actes do l'existence Ile de la nation, n'était pas confié k un de leurs )tes. Il est vrai que M.Hitrovo; en désignant Remlingen pour ce inîntstferè, aVait eu surtout direction des travaux publics qui eh dépendait quelle il voulait conserver la haute main, dans ■e intérêt et dans celui de la coterie. Mais cette son que les faits allaient révéler n'était certai- )as pour rendre moins amère la déception chez les Bulgares.

[itrovo avait dëiiignÉ, &ii choix du prJikce Alexandre, DW,DrinoretSlanichef,ce dernier, sous- directeur du lycée à Moscou. MM. DrÏQot et Sianichef refusèrent d'échanger sûres et lucratives contre des portefeuilles t Sofia.

De même, on n'avait guère lieu d'être satisfait du changement survenu au ministère de la guerre. Le général Krilow était un honnête homme dont on put apprécier les vertus domestiques, mais il laissait à désirer comme activité, comme énergie, comme capacité administrative. Ce fut un médiocre auxiliaire pour le prince, qui s occupait avec passion de tout ce qui touchait à l'armée. D'ailleurs le général Krilow, qui tenait à sa place, ne tarda pas à s'incliner devant la toutepuissance de la coterie, sans toutefois s'identifier à elle.

Le prince Alexandre était rentré à Sofia le 15 juillet. M. Theoarow, ministre de la justice, et Voulcovitch, ministre des affaires étrangères, n'étaient pas encore arrivés, le premier de Russie, le second de. la Roumélie Orientale, de sorte que le gouvernement ne fut au complet que vers la fin de juillet.

Le premier conseil des ministres se réunit, dans le palais du prince et sous sa présidence, le 30 juillet. Etaient présents à ce conseil : le prince Alexandre, M. Hitrovo, le lieutenant-colonel Remlingen, le général Sti*uvéy MM. Kopitkine, Iretchek, Gelescovitch et Voulcovitch.

. Le lecteur remarquera, sans doute, la composition singulière de ce conseil, où l'on comptait autant d'étrangers que de ministres et où l'on voyait le concessionnaire discuter lui-môme ses intérêts dans une affaire encore inconnue, sous l'œil et sous la protection de son patron tout-puissant, M. Hitrovo, dont la présence devait intimider les ministres bulgares et les rendre souples et dociles. On ne s'occupa, dans cette séance, que d'une seule affaire, de la grande affaire, peut-on dire, du chemin de fer Sofia-Roustchouk. Il y avait là une coïncidence qui frappa tout le monde en Bulgarie, à cette époque, et dont le souvenir s'est perpétué. Car, de même que le projet de chemin de fer de MM. Outine et Tcherni, représentant les maisons Gunzbourg et Polia-

i\v, avait été soumis au conseil des ministres tenu, lur la première fois, sous la présidence du prince lexandre, lors de son arrivée dans la principauté, ainsi coterie avait pris ses mesures pour que le môme •ojet de chemin de fer de ces mêmes maisons GUnzmrg-Poliakow fût présenté, par le général Slruvé, au ■emier conseil des ministres du gouvernement des eins pouvoirs, réunis sous la présidence du prince. Le général Struvé demanda la concession immédiate 1 chemin de fer Sofla-Roustchouk, en se basant sur la •cision antérieure du Sobranié qui, sous une haute •ession et sans conviction aucune, avait reconnu le ractère d'utilité de rette ligne et la nécessité de sa nstruction. Mais, comme il n'existait aucune étude, icunc donnée sur ce chemin de fer et, même, sur son acé approximatif, le général Struvé proposa que le ix de revient ne fût fixé qu'après l'achèvement, par s soins, de ces études, laissant au gouvernement la culte de les vérifier et de les approuver, ainsi que le hier des charges qu'il présenterait en même temps. Les ministres bulgares, MM. Gelescovitch et Voulcotch, répondirent que la concession ne pouvait être «ordée dans la forme demandée par le général Struvé ; le, comme ministres bulgares, ils entendaient que In instruction des chemins de fer dans la principauté no H être donnée que conformément aux lois du pays, 3st-à-dire par voie d'adjudication et avec le consenteent de la Chambre, à laquelle appartenait, d'après le anifeste même du prince, l'examen de toutes les faires d'ordre financier, ainsi que les décisions à ■endre.

Le général Struvé no paraissait s'attendre ni h ces éjections, ni au ton très ferme avec lequel elles étaient ^ésentées. Mais, se rendant compte de suite qu'il n'en lurrait avoir raison, il modifia, séance tenante, ses ropositions, en les limitant à la demande de la conces-

sion des études, avec cette réserve expresse que personne autre ne pourrait être autorisé à faire ce travail sur la même ligne. Les ministres bulgares firent observer que cette nouvelle demande était également inacceptable, par la raison que le principe de la mise en adjudication des travaux, dont on ne pouvait se départir, entraînait, comme conséquence, la liberté des études pour tous ceux qui voudraient concourir à l'adjudication. Néanmoins le conseil décida, par faveur spéciale poup le caractère de représentant du gouvernement russe, dont le général Struvé se prétendait revêtu, que le soin de faire les études lui serait confié, que le coût ne devrait pas dépasser 300,000 francs et que, dans le cas où il n'obtiendrait pas la concession des travaux, dans l'adjudication qui serait ouverte, le concessionnaire ou le gouvernement lui rembourserait ces 300,000 francs. Il fut décidé, en outre, que le ministre de l'intérieur, qui avait la direction des travaux publics dans ses attributions, communiquerait, par lettre officielle, au général Struvé, les décisions qui venaient d'être prises. Or, quelques jours après, le lieutenant-colonel Remlingen, ministre de l'intérieur, adressait, en effet, une lettre au général Struvé, mais — fait incroyable — cette lettre falsifiait la décision prise par le conseil des ministres. Il y était dit, contrairement à la vérité, que le droit de faire les études et de présenter un cahier des charges en règle, ainsi que les devis, pour la concession de la ligne Sofia-Roustchouk était accordé exclusivement au général Struvé. Le prince eut immédiatement connaissance de cet acte aiidacieux et il put ainsi apprécier la valeur morale de son ministre de l'intérieur. Le public, qui suivait avec attention l'affaire Struvé, ne tarda pas à apprendre, à son tour, ce qui s'était passé, et l'incident porta une nouvelle atteinte au prestige des agents de la Russie, de même qu'à l'influence de cette puissance. La lettre Remlingen fut connue par. une indiscrétion

IX du ministère de l'intérieur, et plusieurs cos document circulèrent dans le public. Plus Gelescovitch publia lui-môme une série de itiques, dans le journal Temotcska Comlitulia, «uve de nomljreux détails sur toute cette

itère avait trompé les calculs de M, Hitrovo, itrant moins souple et moins docile qu'il ne (posé. Aussi, l'agent diplomatique prit-il, à

ce jour, une attitude hostile. Et, comme ow n'était pas encore arrivé et que M. Iretfamilieravec les questions administratives et 1 pays, se tenait à l'écart, la mauvaise humeur Dvo se porta principalement sur MM. Voulcolescovitch.

iprès, le général Struvé partait pour la Russie, ; recruter son personnel pour se mettre à ^pendant, le bruit que l'on allait procéder à ce ant répandu, d'autres personnes se présen- ■ faire les études de cette môme ligne Sofiak. Un entrepreneur français, très connu en

où il avait exécuté de grands travaux, constructeur de chemins de fer, se présenta ion avec un capitaliste bulgare, M. Adjenot (1), 1 l'autorisation d'étudier la ligne. Le colonel

voulut refuser, en se référant à la lettre qu'il I au général Struvé. Mais le prince Alexandre, Guyou et Adjenot s'adressèrent, répondit que étaient libres et que tout le monde pouvait

en passant, qu'en dehors de toute autre con-

ce qui donna naissance ù l'animosité dont les généraux preuve envers ce capLtaliste, et c'est aussi la raison pour, té englobé dans la haine Inexplicable des Russes contre urs bulgares.

sidération et au point de vue de Tintérêt matériel bulgare, cette liberté des études produisit un excellent résultat. Car, tandis que le général Struvé se proposait d'enjamber les Balkans d'Orkhanié avec sa ligne, qui aurait ainsi nécessité des tunnels, des travaux d'art et d'énormes dépenses (1), M. Guyou découvrait la gorge de risker qui permettait d'établir le chemin de fer presque à niveau, entre Sofia et la vallée du Danube.

La proclamation des pleins pouvoirs avait annoncé la création d'un Conseil d'Etat, qui devait ôtre l'auxiliaire du prince dans la préparation des lois, ordonnances et règlements, dans l'ensemble et les détails de l'organisation administrative de la principauté. Ce Conseil, qui aurait dû être créé le lendemain du 13 juillet, ne le fut que six mois après et cela à cause de l'opposition de MM. Hitrovo et Remlingen, dont nous expliquerons plus loin le mobile. Le choix de l'organisation de ce Conseil d'Etat ne fut pas, d'ailleurs, très heureux, car ce n'est pas seulement en Turquie que la fantaisie a une si large part dans la distribution des emplois publics. La Russie n'est pas exempte de ce défaut, et telle personnalité ne possédant qu'une instruction générale y est jugée apte à remplir, des fonctions qui exigent une science et une expérience toutes spéciales. C'est la règle qui fut appliquée en cette circonstance. Il aurait fallu, pour cette tâche, un administrateur hors ligne, c'est un littérateur qu'on choisit, M. Drinof, Bulgare établi en/ Russie depuis trente ans, professeur de littérature à l'Université de Kharkof. M. Drinof n'accepta pas, d'ailleurs, d'un cœur léger, cette mission à laquelle ses

(1) Le général Struvé proposait de franchir les hauteurs avec une ligne à engrenage, ce qui était en contradiction flagrante avec le principe de rétablissement d'une communication stratégique et rapide, par lequel on motivait l'indispensabilité de cette voie ferrée. Aussi, le prince Alexandre, se tenant aux raisons mêmes invoquées par les prompteurs du projet, refusa-t-il d'accepter la ligne à engrenage du général Struvé.

fi ; v;s •»

éludes%e l'avaient pas préparé. Il hésitait, au contraire, et on dut lui enjoindre, par ordre impérial, d'avoir à se rendre en Bulgarie. Dès qu'il fut arrivé à Sofia, M. Drinof se mit consciencieusement à l'œuvre. Son organisation du Conseil d'Etat, bien qu'elle laissât à désirer à certains égards, présentait néanmoins^de bons côtés. Mais son grand défaut fut le mode adopté pour la composition du personnel des conseillerSj dont te nombre fut fixé à douze.

Le prince Alexandre aurait voulu que le Conseil d'Etat fût soustrait, autant que possible, aux inlluences politiques et que l'unique considération dans le choix des conseillers fût celle de leur mérite même et de leur compétence. Dans ce but, il avait l'intention de se réserver leur nomination et de choisir indistinctement les membres du Conseil d'Etat dans les deux partis qui se disputaient le pouvoir, en ne tenant compte que des aptitudes personnelles, de manière à assurer des études • sérieuses et méthodiques, donnant des résultats fructueux. MM. Drinof et Hitrovo, au contraire, insistaient pour que les conseillers d'Etat fussent élus, dans le but de paralyser l'autorité que l'Assemblée de Sistov avait donnée au prince et qu'il aurait pu accroître par un Conseil d'Etat dont il aurait seul nommé les membres. En un mot, MM- Hitrovo et Remlingen se proposaient uniquement d'amoindrir, au moyen de ce Conseil, le pouvoir princier, tandis que la grande préoccupation du prince Alexandre, on doit lui rendre cette justice, était de composer le Conseil d'Etat de manière à ce qu'il se livrât, en dehors des agitations et des luttes politiques, à l'élaboration sereine et mûrement réfléchie des lois et des règlements dont le pays avait besoin pour toutes les branches de l'administration. Le prince eut la faiblesse de céder et il fut décidé, conformément à l'opinion de M. Hitrovo, que des élections auraient lieu pour la composition du Conseil d'Etat.

Ces élections, réglementées par une nouvelle lêi électorale, nous ramènent à l'examen de l'attitude que les agents russes avaient adoptée à l'égard du prince Alexandre.

Dans les premiers mois qui suivirent le coup d'Etat, les façons d'agir de M. Hitrovo avaient été correctes. Il faisait cause commune avec le prince Alexandre et, comme lui, il était en butte aux attaques et aux injures dés libéraux avancés, qui ne pouvaient se consoler de la perte du pouvoir. C'est à cette époque que M. Dragan Zankof , chef reconnu du parti libéral avancé, adressa à M. Hitrovo la lettre célèbre, émaillée d'injures à l'adresse de la Russie et de son agent diplomatique, et qui se termine par le proverbe. russe : « Je ne veux ni ton aiguillon, ni ton miel. » Singulier retour des choses d'ici-bas! Ce même M. Dragan Zankof est aujourd'hui l'hommelige de la Russie, son zélateur en Bulgarie et, de plus, un esprit aviso, un philosophe pratique qui, oublieux de ses colères et de ses apostrophes d'antan, a su faire son choix et préférer le miel à l'aiguillon.

M. Hitrovo, qui était loin de prévoir le futur avatar do M. Dragan 2iankoff, demanda son incarcération. Le parquet fut chargé des poursuites, mais, avant qu'elles n'eussent abouti, le prince Alexandre, dans son désir d'apaisement, invirta M. Hitrovo à retirer sa plainte. L'agent diplomatique de Russie ne fit pas de difficulté pour accéder à cette demande qui lui était adressée au moment même oii il préparait son évolution politique. En effet, M. Hitrovo ne pouvait se faire à l'idée que les ministres bulgares, plaçant leur devoir au-dessus de son omnipotence, dressaient, par leur opposition, une barrière aux entreprises de la coterie. Dans la très vive irritation qu'il en ressentait, l'agent diplomatique avait commencé à nouer des relations avec quelques libéraux modérés qui étaient passés dans le camp des libéraux avancés. Notons que, parmi eux, figuraient MM* Bala-

urinof, qui, après avoir lutté dans le premier ont ils faisaient partie contre les exigences

russes, allaient devenir leurs serviteurs ious verrons M. Bourmof surtout se dis- [t particuliferement dans ce nouveau rôle.

bien que continuant, en apparence, à mar-

rd avec le prince Alexandre, lâchait de plus

bride au lieutenant-colonel Remlingen,

: l'intérieur, qui n'avait pas tardé à se des-

elligence médiocre et imbu do cette idée er fait toujours un bon administrateur, le ilingen dirigeait son ministère de manière à ter le régime des pachas turcs. Il avait rat- 1 département le bureau de la presse, qui TÔcédemment du ministère de l'instruction t institué une police secrète, à l'instar de la ection de Saint-Pétersbourg. Un certain do cien officier russe, qui fut placé à la tâte de ■tait un homme peu recomraandable. On criîment la nomination, à des postes de préfets. 5 Russes qui avaient été les agents de Colila réputation était très mauvaise. L'admi ,vait d'ailleurs été simplifiée par l'introducagaïka (fouet) et du knout, la nagaïka poui itidien, le knout pour les grandes circons' lombre dos coups de fouet à infliger au patieni é à vingt -cinq par cette administration expén paternelle. Ce ctiiffre fatidique inspira unt pulaire dont le refrain disait : « Gardez-vous s des 19 et 6 » qui formaient la rime et le

■tout dans la question financière quo le ; l'intérieur s'affranchit des procédés vul- 1 routine. La session du Sobranié ne devant me cette année-là par suite de la décision du

Grand Sobranié, un décret du prince Alexandre ai ordonné l'application du budget, tel qu'il avait été étt pour l'exercice précédent. Le colonel Remlingen puis pleines mains dans ce budget, créant des sinécures, ■ fonctionnaires à disposition « jeunes et vieux » suîv l'expression russe, sans se soucier le moins du moi de l'affectation des crédits, des conditions indisp sables pour les virements, en un mot, de la loi de comptabilité, des règles strictes, scrupuleuses dont 1' servalion assure, en temps ordinaire, à la Bulgarie t gestion trfes contrôlée et très honnôtc de ses financ

Parmi les distributions d'emplois auxquelles prés la fantaisie du colonel Remlingen, on nota, tout spé» lenient, la nomination, comme chef du service sanitai aux appointements de 25,000 francs par an, d'un doct Grum, dont l'incapacité et l'incompétence dépassai toutes les bornes.

Mais ce qui a laissé dans la principauté un souve impérissable, c'est la manière surprenante dont administrée, à cette époque, la section des travt publics dépendant du ministère de l'intérieur et dirij par M. Kopitkine. C'était un tout jeune ingénieur rus à peine sorti de l'école, qui avait été appelé de Sai Pétersbourg sur la recommandation de M. Goetl ingénieur et conseiller du prince Doudoukoff-Korsakç N'ayant aucune expérience de la pratique de sa spé( lité, très enclin au plaisir et dépourvu de sens moral, protégé de MM. Remlingen et Hitrovo ne fit autre clu que gaspiller l'argent bulgare avec une sorte de frénét Il n'accomplit rien de sérieux comme, travaux publics les quelques marchés passés sous sa direction fun consentis à des prix qui dépassent tout ce qu'on pi imaginer. Après le départ de M. Kopitkine, lorsqu examina les archives et qu'on vérifia les comptes de section, on découvrit dos actes scandaleux, des gasi lages fantastiques. Pour ne citer qu'un fait, on trou

>rbs les relevés des comptes, que la construction de iiines chaussées avait atteint le chiffre fabuleux du

000 francs par kilomètre. Il fut, en outre, constaté des prix unitaires, fixés par adjudication, avaient

bonifiés de 50 0/0, par simple lettre de M. Kopit- !, et cela dans plusieurs affaires se chiffrant par des Aines de mille francs.

jmment s'étonner dès lors que, lorscjue ces faits lïs furent connus, l'opinion publique en ait fait onter la responsabilité, pour une très grosse part, :olonel Rcmlingcn, le chef direct de M. Kopitkinc et icipalement à M. Hiti-ovo, qui couvrait ces deux foncnaires de sa haute protection. Ce qui explique la 5rité et l'unanimité du jugement sévère porté, en e affaire, sur l'agent diplomatique de Russie, c'est m le savait toujours à court d'argent, besoigneux et îSé de près par des créanciers de Salonique et de stantinople, dont les traites circulaient de par la ;. On n'ignorait pas d'ailleurs que M, ïtitrovo, lors-

1 quitta Constantînoplc, où il était consul général, it laissé un déficit dans la caisse du consulat. C'est r ces motifs que laconnivence de M. Hitrovo dans les pillages Kopitkine paraissait démontrée. Plus tard, personnage devait, en partant de Bulgarie, y laisser souvenir financier, sous la forme d'une somme de NX) francs, retirée de la Banque bulgare, au compte l'agence diplomatique, pour laquelle M. Hitrovo fait pas fourni de justification, et que le gouverlent russe ne voulait pas, pour ce motif, reconnaître. t ce n'était pa» seulement par cette administration itoire et par ces tripotages intolérables que les its russes ae signalaient. Dana la question de polile intérieure, ils allaient, de même, à rencontre de ' devoir. M- Hitrovo, avons-nous dit, avait laissé idre à son client, le colonel Remlingen, des allures ,nges. Ces allures s'accentuèrent, lors des élections

du Conseil d'Etat. Le ministre de l'intérieur, ne gardant plus aucune mesure, parcourut lui-même le pays, faisant de l'agitation en faveur des libéraux avancés, c'est-à-dire du parti qui attaquait le pi^ince Alexandre, dans sa propagande et dans ses journaux, avec une violence peu commune, parti antirusse par excellente, mais qui avait commencé à flatter les puissants du jour pour mieux les jouer. Néanmoins, la campagne entreprise par le colonel Remlingen eut un résultat contraire à celui l qu'il en attendait. Les élections furent favorables aux conservateurs.

M. Hitrovo allait éprouver un autre mécompte, plus direct et plus sensible. L'Autriche ne cessait d'insister pour la prompte conclusion de la convention relative au raccordement des chemins de fer, prévu par l'article 10 du traité de Berlin où ij est dit : « La principauté de Bulgarie est de même substituée, pour sa part, aux engagements que la Sublime-Porte a contractés, tant envers l'Autriche-Hongrie qu'envers la Compagnie, pour l'exploitation des chemins de fer de la Turquie d'Europe, par rapport à l'achèvement et au raccordement ainsi qu'à l'exploitation des lignes ferrées situées sur son territoire. Les conventions nécessaires pour régler ces questions seront conclues entre l'Autriche-Hongrie^ la Porte, la Serbie et la principauté de Bulgarie, immé* diatement après la conclusion de la paix. » Une première* réunion de la commission composée des délégués des quatre Etats avait eu lieu à Vienne, dans les premiers mois de l'année 1881. M. Stoitchof, qui avait remplacé ) M. Zankof, aux affaires étrangères, dans le ministère Karavelof, y représentait la Bulgarie. La convention fut rédigée, dès cette première session. Mais elle ne put être signée, la Turquie ayant soulevé certaines difficultés. Le gouvernement autrichien se chargea de les aplanir et, en effet, vers la fin de cette année 1881, c'està-dire à Tépoque à laquelle nous sommes arrivés, il

mement bulgare que la commissi iamment.

il très impressionné par cette not menace directe pour les projets clair que les Bulgares allaient se tr ité de construire, avant tout, la 11^ el-Tzaribrod, en conformité du trai décisions de la convention à qi dépenser ainsi de grosses somme c moins disposés quo par le pa luveaux millions dans les entropri!

iC décida ù porter un coup décisir le prince Alexandre, à le harceler sion de la ligne Sofla-Roustchou t accordée. Il motivait ses instance 3ns que nous avons déjà exposées, îgique de cette ligne, par l'indispei mner l'avance à l'armée russe sur l'j lans l'éventualité d'une lutte qui 1 péninsule des Balkans. Et, comr roit incontinent à sa demande, il ha de la tiédeur et de la mauvaise voloi jsant de faire le jeu de l'Autrich i Russie. Ces accusations n'étaient es. Tout au contraire, le prince Aies sn côté, auprès des ministres bu sent moins scrupuleux pour un règl

conforme au désir de l'agent dip B. Les ministres, poussés à bout, di eur prouvât, par un acte officiel c (ipics lettres do recommandation, i

russe désirait lui-même, comme onstruction de ce chemin de fer. Ils !

* adhésion à une seconde condition icment russe ferait les avances ou (

tirait un emprunt pour rétablissement de cette ligne.

M. Hitrovo, ainsi mis au pied du mur, partit pour la ^ Russie. Bientôt après, on était informé à Sofia que M. Hitrovo avait obtenu une audience du tzar, lui avait exposé le but de son voyage et que le tzar avait ordonné Texamen, en conseil des ministres, de la question du chemin de fer Sofia-Roustchouk. On apprenait également que, dans Je conseil, les avis avaient été partagés sur Futilité de la construction de cette ligne et que, sous la pression du ministre des finances, il y avait eu unanimité pour refuser l'argent nécessaire à ces travaux. Le conseil avait décidé toutefois qu'on aviserait les Bulgares que, s'ils voulaient construire cette ligne, leur détermination serait vue d'un bon œil et, qu'au point de vue financier, on tâcherait de leur venir en aide par des recommandations auprès des maisons de banque. En d'autres termes, on enterrait le projet de chemin de fer et on l'aspergeait d'eau bénite de cour.

M. Hitrovo, qui avait ainsi échoué malgré ses grandes relations, rentra à Sofia sans apporter aucun document, aucun acte démontrant le caractère gouvernemental qu'il avait toujours assigné à la construction de cette ligne. Le prince Alexandre fut convaincu, de la sorte, que le gouvernement russe n'était pour rien dans cette demande, qu'il n'y avait là autre chose qu'une entreprise, une affaire de la coterie, et il n'y attacha plus, dès lors, qu'une importance très secondaire, laissant au temps le soin de fixer le moment opportun pour l'exécution de ces travaux.

On était ainsi parvenu au 1*' janvier 1882. C'est ce jour-là que le Conseil d'Etat fut installé solennellement. Malgré ses imperfections, le statut de cette institution offrait le grand avantage de lui donner la haute main sur la confection des lois, sur l'administration, sur le personnel, sur la gestion financière. Le prince Alexandre, pour faciliter la tâche du Conseil, engagea un légiste

(, M. Bastien, qui rendit de grands ser nt les lois qui devaient être élaborées . Le prince s'assura le concours précîf îollaborateur, M. E. Quellié, inspect i français, qu'il attacha au ministère des , en qualité de conseiller, et dont on h. se louer hautement, utenant-colonel Remlingen était parveni nce du prince Alexandre, Le prince se lent au tzar, en démontrant tout le mal s de ce singulier ministre occasionm i de la Russie, et il demanda l'autorisât ;er par un Bulgare. L'empereur donna ■ )n par un télégramme conçu en ces I us permets de faire un dernier essai tre bulgare. » Naturellement, cette déc i écartait le colonel Remlingen, n'était a goût de. M. Hitrovo. Malgré son oppoi ier, le jour même de l'installation du e colonel Remlingen était remplacé au n irieur par M. Natchevitch. Rien ne pom nsible à M. Hitrovo. Blessé dans son lui qui faisait les ministères, frappé dirt is intérêts par la chute d'un ministre ( aux publics dans ses attributions, sacl:

e M. Natchevitch n'aurait pas, pour les le M. Kopitkine, les complaisances coup Remlingen, aigri déjà par l'insuccès coi •ie dans la question du chemin de fe louk, M. Hitrovo fut exaspéré. Il perdit 1 qu'il s'adressa à ses collôgues du cor) î pour les inviter à faire des représenta V.lexandre sur le renvoi du colonel Rei peine besoin d'ajouter que les représent ces firent à cette proposition l'accuei

A partir de ce jour, M. Hitrovo devint l'cnn claré du prince Alexandre. Il embrassa ouverte cause des libéraux avancés, dont les joumai riaient te prince avec une ardeur croissante, diplomatique en agissait d'ailleurs avec un tel sai à l'égard de l'autorité légale de la principauté révolte ayant été signalée en Bosnie, il arma des et les envoya dans ce pays. Elles furent arrêt frontière serbe où l'on constata que les Bulgare Monténégrins, qui les composaient, étaient porl passeports russes. Le prince Alexandre, bi< n'eût en rien trempé dans cette affaire, reçut à des observations très désagréables de l'Autriche

Mais M. Hitrovo ne devait pas s'arrêter là. V irrité de voir les affaires productives et le pou échapper, il ne songea à rien moins qu'à réi prince Alexandre par la force. Dans le trouble esprit, il s'imagina que l'armée était dans sa mai qu'elle comptait de nombreux officiers russes d rangs. Il parvint à gagner le général Krilow conception bizarre, et il envoyait aux officiers ru ordre du jour par lequel il leur faisait savoir que, sujets russes, ils dépendaient de l'agence, et qi agence représentant l'empereur, ils n'avaient à i d'ordres que d'elle seule.

Le général Krilow, fasciné par M. Hitrovo, son poste et partit pour Tatar- Bavard jik, d'où i deux jours après, sur l'ordre du prince, qui, ' arrivée, l'invita k donner sa démission. Ce minis clairvoyant, avait cru de très bonne foi qu'à l'a M. Hitrovo les officiers russes allaient s'empn révolutionner le pays et d'expulser le prince Aie Mais on doit constater, à l'honneur de l'arméi que , pas plus à ce moment qu'en toute au' constance, la plupart de ceux de ses officiers qui détachés en Bulgarie ne sont entrés .daas les ii

diplomatiques. Observateurs fldé 3 ont toujours fait leur devoir, ue le général Krilow désertait son ses qui, tous d"ailjeurs, connaii voyant à l'œuvre, avaient pour lui te tenaient nul compte de la pro la dénoncèrent au prince.

Mexandre avisa, par télégramme, nts et demanda le rappel de M. H n révolte ouverte contre lui. Goni lisait attendre, le prince partit avril 1882 et il obtint le rappel ue le remplacement du général Kî

Alexandre recevait ainsi à Saint-PélerstH

,ion complète, mais on lui conseilla de p

dre un générai russe pour le ministère de l'intéri et cela d'autant plus qu'un Tchèque, sujet autrich M. Iretchek, se trouvait déjà dans le ministère. prince abonda dans ces idées. Il avait toujours i pour la Bulgarie un administrateur hors ligne, Kisselef, un Capo d'Istria, un homme sachant se pli au-dessus des partis, ayant la capacité et la fem nécessaires pour se consacrer à l'œuvre d'organisa de la principauté et la mener à bonne fin. 11 acci donc, sans difficulté, un nouveau collaborateur qui vait l'aider dans sa tâche, le général Sobelef, sans se çonner le cruel mécompte qui lui était réservé. En mi temps, le général Kaulbars, ami intime du gén Sobelef, était nommé ministre de la guerre.

Les événements ont prouvé que le choix du gén Sobelef était absolument malheureux (1). Au lieu d'à' trouvé l'homme qui devait réparer les fautes du pa; on avait mis la main sur un incapable, un esprit bc

(1) Le général Kaulbars I" s'exprima, un jour, à Belgrade, de un haut ionc^tioniialre, d'uue manière très désobligeante sur le ea du général Sobelef, le qualifiant de : souris de chancellerie. De propre frère, le général Kaulbars II, il dit, à cette occasion, avec di et, an doit le reconnaître, avec une injustice manifeste, que c'étal g&néral de cavalerie, c'est-à-dire un traineur de sabre et rien de |

culture, n'ayant ni tps vues largo:

iranisatcur, et, qui pis est, un proti banquier GQnzbourg et de la cote en lui un serviteur ardent et dévi était d'ailleurs associé avec soi banquier Gûnzbourg dans unt ?ies qu'il possède près de la ville i ï chemin de fer Pétersbourg-Mos( lé par le général Kaulbars II, un de sa famille, et le général Kau landé lui-même au prince Atexanc Dutchew, l'un des chefs de la cote inéral Kaulbars II, frère cadet du ', l'attaché militaire à Vienne, q ler le rôle que l'on sait en Bul{ réelle et était incontestablemen Sobelef. C'était un homme instr if, à qui on ne pouvait reprocher entrique et emporté. Il n'avait ma expérience, aucune notion admir ouvait pas ainsi en mesure de ra lelef dans la bonne voie. Il mi i avec lui et endossa sa part de nsuccès final.

t à rag:encc diplomatique de Russ serait gérée par le secrétaire de sniew, aujourd'hui deuxième sec ; de Berlin. La haute situation :

IX rejetait quelque peu M. ^ . Mais il n'en eut pas moins li ! correcte et conforme à son devoi s que dura sa gérance.

t le départ de Saint-Pétersbourg s'était passé un fait dont l'aut fiar le récit du prince et des généra Alexandre III avait reçu les généi

Kaulbars, en présence du prince Alexandre. Dans cotte audience, le tzar donna à ses deux agents les instructions les plus précises et les plus sages. Il leur recommanda de soutenir le prince de tout leur concours dans ToBuvre d'organisation de la Bulgarie, de prendre leur point d'appui, à rencontre de leurs prédécesseurs immédiats, sur le parti politique sur lequel le prince s'appuyait lui-même, sur le parti conservateur. Les généraux s'engagèrent à se conformer strictement aux ordres du tzarj Nous ne tarderons pas à voir comment cet engagement fut tenu.

Le prince Alexandre rentra en Bulgarie le 22 juin et les deux généraux arrivaient dix jours plus tard.

Le 5 juillet, le nouveau ministère fut formé. Voici sa composition :

Général Sobelef , ministre de l'intérieur et président du conseil. — Général Kaulbars, guerre. — M. Theoarow, instruction publique. — M. Natchevitch, finances. — M. Voulcovitch, affaires étrangères et cultes. — M* D. Grecof, justice.

Le ministère comptait ainsi trois Russes et trois Bulgares, car M. Theoarow était tout aussi russe que les généraux Sobelef et Kaulbars. Il venait précisément d'exiger, ea sa qualité d'étranger, un contrat de deux ans par lequel le gouvernement s'engageait à avoir recours à ses services, soit comme ministre, soit compne membre du Conseil d'Etat. Ce contrat fut passé par l'entremise de l'agence diplomatique de Russie. (1)

Pour compléter l'exposé de la situation ministérielle, nous devons dire, qu'entre temps, le Conseil d'Etat avait voté une loi créant un ministère des travaux publics, de l'agriculture et du commerce. M. Voulcor vitch, ministre des affaires étrangères et des cultes, en

(1) M. Theoarow est aujourd'hui membre d'un tribunal en Russie.

cepté la gérance provisoire, en attei sur le choix du titulaire. L'un de s t le renvoi de M. Kopitkine, dont les :onnns par l'examen des archives, al

le scandale dont nous avons parlé.

;e Alexandre était de confier ce minit ivitch, un jeune ingénieur bulgare, c întes études en Belgique et avait pro

dans le service des ponts et chai ie Orientale, qu'il avait dirigé avec s généraux russes devaient en dé(

iobelef et Kaulbars, aprfes avoir pris postes, repartirent pour la Russie oi r leurs familles.

3ue ce premier séjour à Sofia eût et été frappé de leurs allures singulier ie, ils avaient pris de suite une attitu t un parti pris d'intimidation. Ce res de l'empereur, ils avaient, dès s relations avec les libéraux avanc :3 sentiments peu bienveillants, u L l'égard de leurs collègues bulgares tout trois au parti conservateur. Il ;t de répéter à tous leurs visiteurs q ission, de par l'empereur, de const fer stratégique et ils rappelaient, :

commission à quatre, réunie, poui 15 février précédent, n'avait pas, convention, par suite de nouyellt !s par la Turquie, mais que ces diffici anies et qu'il y avait urgence h c ifla-Roustchouk, pour prendre l'avï iens. Cette évocation par les géni se de la coterie, très mal vue de 1 5tait d'autant plus menaçante que '

avait fait venir^à Sofia un ingénieur, parent de sa femme, M. Schouler, qui logeait chez lui et était, pour ainsi dire, le conseiller technique des deux généraux.

L'impression première laissée par les deux nouveaux administrateurs, pendant leur passage à Sofia, n'avait donc été guère satisfaisante.

Pendant que les généraux effectuaient leur voyage en Russie, le prince assistait aux manœuvres de Tarmée à Ghoumla et, dans la première quinzaine de septembre, prince, généraux et ministres se retrouvaient à Roustchouk où le roi Milan, venant rendre visite au prince Alexandre, était attendu. Le roi de Serbie arriva le 14 septembre, ne resta que deux jours et, après son départ, un conseil des ministres fut tenu, sous la présidence du prince, dans la résidence princière de Roustchouk.

Une année s'était écoulée depuis que le régime des pleins pouvoirs avait été inauguré et l'action gouvernementale ne s'était manifestée que par une vingtaine de lois d'ordre administratif et financier, élaborées par le Cons(3il d'Etat, dont la plus importante était la loi électorale définissant la composition de la Chambre qui devait être convoquée au mois d'octobre. Aussi le prince Alexandre s'empressa-t-il de recommander à ses ministres, dans ce conseil, un travail actif et persévérant, qui permettrait de regagner le temps perdu. Puis, abordant la question du chemin de fer, qui décidément redevenait la question essentielle, celle à laquelle devaient être subordonnées toutes les autres, il s'adressa successivement aux ministres bulgares et aux ministres russes. Aux premiers, il dit que les généraux étaient envoyés on Bulgarie pour construire le chemin de fer et que, ces travaux étant demandés par la Russie, les ministres bulgares devaient donner tout leur concours. Aux généraux russes, il promit son appui, en tout ce qui dépendrait de lui, ajoutant qu'il attendait d'eux la réalisation

de la Russie, pour rexéculio I lès rendait personnellement i ssement de cette œuvre.

onnera certainement en vo !, que les résultats du voyage i îrsbourg avaient précédemn îtion du chemin de fer, la pre ^ apporter tant d'insistance. Oi c'était, chez le prince, oubli aissait parfaitement, ou bien ( . La vérité est que le prince itte conviction que, pour se dél «terie, pour avoir son appui ipensable de lui jeter en pâtu n'en résulterait, après tout, q [zaine de millions et que la pai 1 ce sacrifice d'argent. Nous ; prince Alexandre dire à. ses Ju'importent quelques millior la tranquillité assurée à la Bul iquelle elle ne peut marcher à listres de lui répondre invari; ulgare qui fermera les yeux si , du peuple n'est pas encore né festement, il est hors de doute r obtenu cette concession, en t elle aurait toujours eu le moj 3U telle autre ligne avait un c levait, par conséquent, être i . Dans ses appétits insatiab s la main sur la Banque, sur k , sur tout ce qui en Bulgarie él linistres bulgares avaient trop •et de leur responsabilité pour qui, tout en les déshonorant

-TiTïT-r

Le prince et les ministres rentrèrent, après cela, à Sofia et, sans transition, les généraux accentuèrent l'attitude autoritaire dont on avait relevé quelques symptômes lors de leur arrivée. Ce n'était pas à des administrateurs ayant le souci d'organiser la Bulgarie qu'on avait affaire, mais à des représentants du parti militaire russe, qui prétendaient annihiler le prince Alexandre, en ayant recours à l'intimidation, et s'emparer de la dictature. La preuve de l'existence de ce pro-^ gramme, si peu conforme aux volontés, aux ordres du tzar, résulte des actes mômes des généraux.

A peine étaient-ils installés à Sofia que le fameux Moltchanow, correspondant de la Novoe-Vreme (le Nouveau Temps)^ arrivait à son tour. Le général Sobelef créait un journal de combat le Balkan, dont il confiait la direction politique à M. Moltchanow, qui recevait, à ce titre, 80,000 fr., dont les quittances ont été trouvées plus tard au ministère de l'intérieur. Tous ceux qui sont qualifiés, aujourd'hui, en Russie de radicaux extrêmes, tels que D. Risof, Georgof et autres, étaient invités à collaborer à cette feuille. Le Balkan était une arme de guerre contre les conservateurs et, principalement, contre les ministres, collègues du général Sobelef. Il ne leur épargna aucune injure, aucune calomnie, aucune personnalité grossière. Simultanément, le Novoe Vreme ouvrait la longue série des correspondances de Sofia où la Bulgarie, les Bulgares et le prince Alexandre, lui-même, étaient insultés, vilipendés, traînés sur la claie. Ces correspondances étaient écrites par M. Moltchanow et par M. Schteglow, beau-frère du général Kaulbars. Et ce qui achève de caractériser ces véritables infamies, c'est que les deux insulteurs émargeaient au budget de la principauté bulgare, M. Moltchanow, comme direc- -teur du Balkan^ M. Schteglow, comme secrétaire particulier du général Sobelef.

Fait digne de remarque 1 Jusqu*à cette époque, mal-

~ 64 lintcs lé^ntitiKis que la conduite SOS avait provoquées, malgré l'ap

avaient prêté à la coterie, bien politiques pût excuser des écarts ■nal bulgare n'avait adressé aucu

aucune circonstance, manqué de our, au gouvernement, aux haute 5. Ainsi le voulait le sentiment du 1. les fautes éclatantes des agi as encore parvenues à altérer le • la Russie libératrice. Cette règ

violée que par un seul journal, , de Varna, qui, lors de l'assassi

II, eut l'audace et l'impudence d* issassins. La population de Varr ation en déchirant cette feuille e iprimerie du' Rabotnik, si la polie Dans toute la Bulgarie, des deu i réprobation fut énergique et u lis, le Balkan, feuille fondée par li le Novoe Vreme, l'un des journau:

tants, commençaient, sans motif < i déverser le dédain et l'injure iple affranchi aimait et vénérait, rossière, celte aberration de bon orta ses fruits. La réaction ne tai t les journaux bulgares répondi

en forçant progressivement la ne 3ttablc qu'elle a atteint aujourd'hi les collègues bulgares des géni!

c ministère des travaux publics, d ute force s'emparer, était tout i utte à leur hostilité. On apprit pi IX s'étaient réservé ce ministère, q un de leurs amis, Iç prince Hilfcov belcf, dès son premier voyage e

avait obtenu le consentement du prince Alexanc cette combinaison (1). On peut môme dire que la r dication de ce ministère et de tout ce qui touchai travaux publics fut chez les généraux une véri obsession, d'autant plus instante, que des indices s llcatifs commençaient à manifester la ferme résol des Bulgares de s'opposer à cette prétention. Dès fut question de l'attribution du ministère des tra publics au prince Hilkow, les trois ministres buli déclarèrent nettement qu'ils donneraient leur demi plutôt que de souscrire à une combinaison impopi et qui aurait soulevé le pays entier contre le gouv ment. De son côté, l'opinion publique, qui avait atl avec impatience les actes des généraux pour sav^ qu'elle avait à espérer ou à craindre de leur gc: témoignait son mécontentement, en constatant ■ visaient, avant tout, les entreprises des travaux, c'i dire le gaspillage des deniers publics. Ces sympt d'opposition générale ne détournèrent pas les gém de leur voie et de leur but. Déjà le général Kau avait soulevé un premier conflit, peu de jours api formation du cabinet. Lorsque le ministère des tn publics fut créé, on rattacha naturellement à son b les crédits qui avaient été précédemment attribué divers départements, pour exécution des travaux ii bant à chacun d'eux. Seul de tous les ministres, le

(1) A cette époque, le général Sobclef eut avec \\n de ses co bulgares une conversation, au cours de laquelle il déclara que li gares étaient très capables de se gouverner eux-mêmes, qu'ils poi parfaitement se passer d'un ministre de l'intérieur russe et, qu'en du ministère de la guerre, ils n'avaient réellement besoin du et d'un ministre russe qu'au département des travaux publics, ou d naissances spéciales sont indispensables. Lo général Sobelel pr ainsi le terrain pour le remplacement de M. Voulcovitch par le Hilkow, qui était déjà en route pour la Bulgarie ob il devait se intérêts de Poliakow, le grand constructeur des cliemins de fer dont il avait été l'employé.

.ii:

rai Kaulbars ne voulut pas se soumettre à cette décision. Son ministère avait un bureau chargé de la construction des édifices militaires et un nombreux personnel d'ingénieurs. Le général s'opposa à la suppression de ce service et le prince Alexandre, de guerre lasse, consentit à ce que ce département conservât, par exception, la jouissance de son crédit jusqu'à l'exercice financier suivant. Le général Kaulbars alla plus loin. Par un scandaleux défi à ses collègues bulgares et à l'opinion publique, il osa rappeler M. Kopitkine, l'homme des gaspillages légendaires, et lui confier la direction de ce service.

Le gérant des travaux publics continuait à ôtrc l'objet d'avanies de toute sorte. Aussi, après avoir organisé ce département, s'empressa-t-il de prier le prince de le décharger de cette tâche supplémentaire. Le 29 novembre il était fait droit à sa demande, et le général Sobelef, parvenu ainsi au but de ses désirs, prenait lu gérance de ce ministère. Le cabinet étant divisé sur la question Hilkow, le prince Alexandre la réserva, en laissant à la Chambre, qui allait se réunir, le soin de désigner le titulaire du département des travaux publics.

Cependant les généraux préparaient le projet de loi sur les chemins de fer qu'ils comptaient soumettre à la Chambre. Ce travail ne remplissait aucune des conditions normales que présentent les œuvres de ce genre, lorsqu'elles sont élaborées par des spécialistes. Il n'avait môme pas la forme d'un règlement établi régulièrement. Aussi, les généraux qui l'avaient présenté à la discussion, en conseil des ministres, pour le faire signer comme projet de loi, se hâtèrent-ils de le retirer pour le déposer ensuite sur le bureau de la Chambre (1). Ce qui est

(1) En parcourant les procès-verbaux deë séances de la Chambre où les généraux fournirent des explications sur leur projet de loi, on est frappé de la confusion qui règne dans leurs esprits. Ils parlent d'un entrepreneur de la construction ^ de l'emploi de l'armée à ces travaux,

encore plus caractéristique, c'est que les généraux ne consentirent jamais à soumettre leurs projets de loi au Conseil d'Etat, bien que cet examen préalable fût strictement obligatoire, aux termes du règlement organique de ce corps de l'Etat.

Les visées dictatoriales des généraux se manifestaient d'ailleurs plus clairement de jour en jour. Tout ce qu'on pouvait faire, ils le faisaient, pour atbreuvér de dégoût les ministres bulgares et les amener à donner leur démission. Nous avons souvent entendu, à cette époque, ces ministres dire : « Nous ne sommes plus ici pour remplir notre office, pour travailler au bien du pays, mais simplement pour empêcher qu'on ne lui fasse du mal. » Ils se plaignaient au prince des vexations et des avanies qu'on leur infligeait, ce qui lui faisait dire : « Mes ministres ne viennent plus me trouver qu'avec leur démission dans leur poche. » Ou bien : <» Est-ce que je suis mieux partagé que vous? » Lui-même se trouvait dans une situation difficile et délicate. Les feuilles de la coterie faisaient fureur. Leâ autres journaux russes, qui commençaient à discerner l'erreur funeste de cette politique et ses conséquences naturelles, et qui auraient voulu réagir dans le sens de la vérité et des intérêts communs de la Russie et de la Bulgarie, étaient empêchés de parler par la censure dont les membres influents de la coterie disposaient à leur gré. En butte h des attaques d'une violence croissante, guetté par les généraux et par les libéraux avancés, le prince Alexandre ne voulait pas se séparer, dans ces conditiohs, des conservateurs qui étaient, pour ainsi dire, son seul refuge. Aussi conseillait-il à ses ministres la patience et le sang-froid. « Je

de l'aide que la population entière devrait donner en fournissant et en transportant les traverses, etc., etc. Cette absence de vues, nettes et précises, cette incohérence d'idées contribuèrent grandement à décider les députés à modifier le projet de loi, à le rendre clair, compréhensible, afin d'éviter le gaspillage et les corvées^

souffre, de mômo que vous souffrez, leur disaitpatience doit Ctre-notre règle, notre mot d'ordre, y.

Deux exemples donneront une idée exacte de I nière de faire des généraux et de leurs procédés à I des ministres bulgares.

Le général Sobelef, après son départ de la Bu! a publié deux brochures, ou plutôt deux pamp écrits en allemand, contre le prince, les Bulgar principalement, les ministres conservateurs, ses ai collègues. Ces pamphlets fourmillent de fausset En voici une : Le général raconte qu'il était qu( dans un conseil des ministres, du rachat du cher fer Varna-Roustchouk. Les ministres bulgares s montrés favorables au principe du rachat et disp l'effectuer à un prix fort au-dessus de la valeur ré* la ligne, le général Sobelef leur aurait dit en « Vous êtes les avocats du baron de Hirsch », i que les ministres bulgares auraient supportée sans cher et sans rougir. Or, le récit de l'incident ain) sente est absolument mensonger. Ce n'était p rachat du chemin de fer Varna-Roustchouk avait parlé dans ce conseil. Mais la discussion e porté sur cet objet, il ne pouvait être question du ment d'un prix exagéré de la ligne à M. de Hirsch, raison péremptoire qu'il n'est pas propriétaire chemin de fer, et n'en a que l'exploitation. C'est ligne bulgare de raccordement Vakarel-Tzaribrod tinée h relier le réseau turc aux chemins serbes avait été parié dans ce conseil. Le nom de M. le de Hirsch fut forcément prononcé dans cette discu

(1) Ces bro?hures sont pleines de flel et traveatissent audaciei les faits. Le général Sobelef tes a publiée» pour sa justiftcatioi en les écrivant, il a dressé son propre acte d'accusation, lellerai présentent de contradictions et d'énonciatiuns erronées, ne respe la vérité ni [en lecteurs auxquels elles s'adressent. Du reste, ta Bérieuse russe, notamment le Courrier d'Europe, en ont faitji

imr le motif que la convention de 1872, substituée de 1889 par le grand vizir Mahmoud pacha, ava le droit d'exploitation de cette ligne à )a Compagt chemins de fer de la Turquie d'Europe. Voici, d'ai le texte de l'article 1" de la convention d'oxploitat concède ce droit : « Au cas où le gouvernement s drait avec les parties intéressés pour la jonction lignes de Roumélie avec celles de la Serbie, la C gnie d'exploitation exploitera cette ligne de joncti mêmes conditions que celles stipulées pour les lignes, » On sait, en outre, que l'article 10 du tn Berlin a substitué la principauté de Bulgarie auî gements contractés par la Sublime-Porte envers li pagni.e des chemins de fer, en ce qui concern' exploitation. Précisément, l'un des ministres bi exposait au conseil qu'il fallait, avant de se décidf la construction de cette ligne Vakarel-Tzaribrod, gager du droit d'exploitation possédé par M. de 1 lorsque le général Sobelef, ne comprenant rien question ni à ce qui se disait, prononça, en enteni nom de M. de Hirsch, les paroles citées plus haut. î cof riposta aussitôt ; <■ Monsieur le général, ce n'( vous qui nous insultez, c'est notre position elle-i Nous ne sommes pas les avocats de M. de Hirsch sommes les avocats des intérêts de la Bulgarie. »

Lorsque le général Sobelef lira ces lignes, la telle que nous venons de l'exposer, se représente: tainement à sa mémoire qui est en défaut, en cel constance, d'une manière si bizarre.

Terminons, sur ce sujet, par un second fait que avons entendu de la bouche de M. Vouicovitch. Er du portefeuille des affaires étrangères, il avait la tion des postes et télégraphes. Un jour, le g Kaulbars lui dit h brûle-pourpoint : « Ce nest pas ment en Bulgarie qu'il existe un cabinet noir. ailleurs, l'administration, après avoir violé le sccr

Irttpps ot on avoir pris connaissance, les rrir moins aux destinataires. Or, voici sept lettres qu vole à ma femme, qui est à Baden, près de Viei sur ces sept lettres, elle n'en a pas reçu une seule

Le directeur des postes fit immi^diatemcnt ( dans ses bureaux, une enquête qui démontra qi lettres avaient él6 expédiées et étaient parver Orsowa, hors du territoire bulgare. En même temps, il s'adressait au ministre du commerce autrichien, pour le prier de continuer l'enquête sur son territoire, Kn réponse, le ministre autrichien envoyait à Sofia une déclaration par laquelle Mme Kautbars reconnaissait avoir reçu les sept lettres. M, Voulcovitch se contenta de transmettre cette déclaration au général Kaulbars, sans réflexion et sans commentaire.

Un ukase princier avait fixé au 10 décembre les élections législatives pour la formation du Sobranié. Ces élections étaient à deux degrés, par application de la nouvelle loi, qui réservait le droit de vote aux propriétaires et aux négociants. Une majorité conservatrice sortit des urnes et l'ouverture de la Chambre eut Heu le 32 décembre. Le pays espérait en elle. Il comptait que, dans la lutte engagée avec les généraux, elle ferait prévaloir les volontés do la nation.

Le Sobranié adopta, dès sa réunion, l'attitude que lui assignait le sentiment national. Il vota plusieurs lois importantes, mais, dans la question des chemins de fer et de la désignation du ministre des travaux publics, son opposition aux vues des généraux fut absolue et intraitable. Il ne voulut pas entendre parler d'un titulaire russe pour ce département et il se refusa, malgré la menace d'une dissolution, à aborder l'examen des propositions pour les chemins de fer, avant qu'on eût confié les travaux publics à un ministre bulgare. Ce n'est que lorsque M. Natchevitch eut été nommé gérant de ce département, que le Sobranié, après avoir rejeté le

et de loi des généraux, vota, de son initiativ

[ui définissait soigneusement les principes gér

i construction des lignes ferrées.

îtte résistance invincible des Bulgares à fa'V

projets des généraux n'est pas pour étonnei

ont une connaissance exacte de ce peuple. S

ère, que nous avons déjà tracé, explique son al

3 cette question spéciale. Laborieux et éconoi

isant que des profits modestes dans la cultun

e ou le petit commerce, le' Bulgare est réfn

grosses dépenses, pour l'Etat comme pou

même, et, s'il se résigne à les faire, il voudra sur

de très près l'emploi des sommes qu'il n'aura di

sées qu'à regret. Aussi n'a-t-il jamais consent

dessaisir de ce droit de contrôle et de recours e

ponsabilité, en confiant les grands travaux publi

on d'autres termes, sa caisse et son argent, à des

gers couverts par les capitulations et, moins eni

des Russes qui, s'ils n'avaient pas accompli leurs

gèments, auraient sûrement échappé à son action

Lorsque le Sobranié s'occupa des travaux de ch

de fer, il décida, en principe, qu'aucune concess

serait accordée en dehors de la voie légale, c

dire de l'adjudication publique. Comme les géi

n'avaient présenté ni études ni devis, la Chambi

300,000 francs à consacrer aux études de la lignf

tendil-Sofia-Sistov. Il n'était plus question, com

le voit, du chemin de fer Sofla-Roustchouk prii

ment projeté. Cette modification avait eu lieu da

conditions vraiment curieuses et intéressante

(1) Les généraux ne comprenaient pas ces sentiments, et i huaient l'attitude de l'Assemblée aux excitation» de leurs collèg gare» qui n'y pouvaient rien. Du reste, l'opposition qui voulait : discorde dans le ministère et amener sa chute, entretenait les g dans cette conviction qui contribua beaucoup à aignr les relatio les ministres russes et bulgares.

n nouveau jour tout à la fois sur la question !s ferrées et sur les procédés des généraux, obelef et Kaulbars étaient absorbés par la préoc-

des chemins de fer. C'était chez eux une idée ujet habituel de leurs conversations, à tel point s le public, on leur avait donné le sobriquet de lorogui (chemins de fer). Ce souci permanent, otivaient, auprès de leur gouvernement et du Llexandre, par la nécessité de créer une voie [ue h. l'armée russe pour des besoins éventuels. t là que l'apparence, on ne doit pas se lasser de 1er et de le redire. En réalité, ils visaient les ions à donner aux intérêts de la coterie, r on discutait, en conseil des ministres, la quesjours inscrite à l'ordre du jour, du chemin de -Roustchouk. On était, à cette époque, en pourvec la Compagnie anglaise proprifitairo du chefer Roustchouk- Varna, pour le rachat de cette n ministre bulgare fit observer que. si l'on t ouvertement l'intention de construire une tant de Soda et aboutissant à Roustchouk, la lie anglaise en prendrait texte pour élever ses ns et ses prix, en raison de l'importance que sa gne, continuant jusqu'à la mer Noire la ligne

acquerrait manifestement pour le gouveme- Igare. Ce ministre proposait de prévenir ce n désignant, fictivement, un autre point d'arris Danube que Roustchouk, celui de Rahova, par

Le lendemain, le prince Alexandre recevait, ;t du tzar, une dépêche très sévère qui accusait nent les ministres bulgares de trahir les intéa Russie, en préconisant un chemin de for qui jeu de l'Autriche. C'était une nouvelle maies généraux qui n'avaient rien trouvé de mieux, ■cir les ministres bulgares dans l'esprit du tzar, es signaler, en toute circonstance, dans leurs

j s lettres et dans leurs rapports adressés à Saint-P(

j. I bourg, comme ayant des tendances et des sympB

■j r.; autrichiennes. Rien n'était plus faux. Mais, ton

; , , satisfaisant ainsi leurs rancunes contre ces minii

' ■;: les généraux trouvaient encore dans cette caîo

■', |!, l'avantage de donner un semblant de raison à rtio:

J,;! ' qu'ils affichaient contre eux et à expliquer, de la !

'" leur lutte contre les conservateurs, contrairemen

instructions précises de l'empereur leur recommai

de marcher d'accord avec eux.

; ! '' L'observation du ministre bulgare sur la convei

: ■■ ' qu'il y avait à ne pas désigner Boustchouk comme

^ ^ d'arrivée sur le Danube était d'ailleurs si naturolk

I judicieuse, qu'il en fut tenu pleinement compte,

f tard, par la substitution de Sistov k Roustchouk. ce

■ débouché sur le fleuve, dans l'annonce pubUqu

' I projet de chemin de fer du gouvernement. Dans la

sée des ministres et de la Chambre, le point de n

dément restait toujours fixé à Roustchouk. Ma

indiquait Sistov pour prévenir la surélévation dC!

de rachat de ta ligne Roustchouk- Varna.

Quant au projet de prolongement du chpmin c

Sistov-Sofia jusqu'à Kustendil. cette innovation fu

I également à un ministre bulgare. Ce ministre,

l'une des séances du conseil, fit valoir cette consi

1 lion que, puisque la ligne devait avoir un caractère

'' tégique, elle remplirait mieux cet objet si elle déboi

en Macédoine, sur le théâtre des luttes futures

réalité, en faisant cette proposition, il avait pour bi

ras où l'on serait contraint par la coterie de consI

ce chemin de fer, d'attirer sur le plateau de Sofi

produits riches et variés des contrées fertiles >

Macédoine, et il savait que le meilleur moyen de

aboutir cette combinaison, très utile aux intérêts é

miques du pays, était de paraître abonder dans les

des généraux. En elTct, dès que cette modiricatic

proposée, 1g général Kaulbars manifesta son approbation. 11 se fit son avocat chaleureux en basant son plaidoyer sur la satisfaction complète que cette proposition donnait à l'intérêt stratégique, et c'est ainsi que le prolongement fut décidé. M. Theoarow, qui n'est certainement pas suspect de partialité en faveur des ministres bulgares, a dit, plus tard, que si le chemin de fer venait h être construit, c'était à eux qu'on devrait la ligne de Kustendil, et les généraux russes ne pourraient, en tout cas, s'en attribuer le mérite, attendu qu'ils n'y avaient pas songé.

Ce fut au cours de cette législature, le 27 janvier, que l'un des ministres bulgares, M. Voulcovitch, donna sa démission à la suite d'un manque d'égards du général Sobelef. La lettre qu'il adressa au prince pour l'aviser de sa détermination était ainsi conçue, d'après le journal la Bulgarie : « Ma manière de voir sur la direction à donner aux affaires de l'Etat diffère essentiellement de celle du général Sobelef. Pour que la marche régulière des affaires ne se ressente pas de cette divergence de vues et de système, je prie Votre Altesse d'accepter ma démission. »

Les ministres bulgares n'étaient pas, d'ailleurs, les seules victimes des généraux. Un incident qui se produisit, à cette époque, vint prouver que les agents russes n'étaient pas eux-mêmes à l'abri de leurs intrigues.

Le gérant de l'agence diplomatique de Russie, M. Arseniew, qui considérait comme un devoir d'informer ses chefs avec exactitude de ce qui se passait sous ses yeux, avait naturellement critiqué certains agissements des généraux dans les rapports qu'il adressait régulièrement à son ministère. MM. Sobelef et Kaulbars en furent avisés par leurs amis de Saint-Pétersbourg. Ils lancèrent immédiatement une dépêche au général Obroutchew, dans. Igtquelle ils disaient que le pays était tranquille ;

qu'ils travaillaient dans de bonnos conditions avfic Chambre et qu'ils réussiraient; « seul, ajoutaient-îts, gérant de l'agence diplomatique, M. Arseniew, nous fi de l'opposition. Déplacez-le ou rappelez-nous. » Cette d pêche était chiffrée. On eut connaissance de son contei parce que le général Obroulchew la communiqua au n nistère des affaires étrangères qui la transmit, à son tou il M. Arseniew, avec ordre de se justifier. Le jour mêii où le général Sobelef envoyait ce télégramme à Sair Pétersbourg, il faisait comparaître M. Arseniew deva lui et il lui signifiait, dans un langage peu parleme taire, qu'étant seul représentant de la Russie, il ente dait que l'agent diplomatique ne pût voir le prince sa son autorisation et n'envoyât aucun rapport à son n nistère sans, au préalable, le lui avoir soumis. M. An niew répondit, avec la dignité calme qui le caractérisa que ces ordres il les exécuterait quand ils lui auraic été donnés par son ministère. Quelques heures après, recevait la dépêche de M. de Giers lut transmetta l'accusation portée contre lui par le général Sobelef l'invitant à se justifier. M. Arseniew s'empressa d'e voyer sa démission à son ministre, en lui annonçant S' départ immédiat. En réponse, on lui intima l'ordre rester à son poste, ce qu'il se décida à faire. Mais, partir de ce jour, il insista tellement auprès de son n nistère pour obtenir son déplacement, qu'un mois apr il était nommé secrétaire à l'ambassade de Berlin. 1 partant. M, Arseniew laissa la gérance de l'agence à & jeune aide-secrétaire, M. Pavlow.

Pendant ce temps, la Chambre poursuivait ses ti vaux avec une grande intelligence des affaires, avec u dignité qui lui faisait le plus grand honneur. Composi en majorité, de conservateurs, de négociants, de pi priétaires, comptant dans ses rangs un grand nomt d'hommes instruits, présidée avec une convenance pt faite par Mgr Siméon, archevôque de Varna, un pré

aussi remarquable par son esprit éclairé que mcté de son caractère, cette Chambre faisait figure. Ses diseussions étaient calmes et s fructueux. Elle se montrait très difficile dans des actes des ministres et, ce contrôle, ell< avec une impartialité scrupuleuse, aussi b gestion des ministres bulgares que sur cel nistres russes. M. Theoarow avait géré anté le ministère do la justice. Elle infligea un bli à ce ministre dont l'incurie absolue fut mise par des dépenses non justifiées, par des détoi par rincorrection extraordinaire de certains f nistratifs et financiers que révéla l'examen ae sa gestion. Elle avait, comme nous l'avons dit, rejeté le projet de loi des généraux sur les lignes ferrées et refusé d'aborder la question des chemins de fer, avant qu'on eût remplacé le général Sobelef dans la géranee des travaux publics par M. Natchevitch, qui lui inspirait une confiance légitime, cii sa double qualité d'homme intègre et de patriote bulgare. Comme le prince Hilkow était arrivé sur ces entrefaites, les généraux ne purent créer pour lui que le poste de conseiller des travaux publics, pour le dédommager du portefeuille de ce département qu'ils lui destinaient et qu'on lui avait promis.

Les instincts et les habitudes autoritaires de MM. Sobelef et Kaulbars ne se pliaient que difficilement à cette contrainte. Ils considéraient la situation comme intolérable. Pour en sortir, ils imaginèrent de créer un nouveau ministère au moyen de députés dont l'influenre personnelle modifierait, croyaient-ils, l'attitude de la Chambre et la rallierait à leur politique. Ils mirent en avant, dans ce but, MM. Anef, député de Sistov, et Tsatchef, député de Tirnovo. Le choix n'était pas heureux. C'étaient des hommes fort au-dessous de la tâche qu'on leur assignait et, pour tout dire, d'obscurs agita-

tcurs. Aussi cette tentative fut-elle vaine (1). Les ^ raux en conçurent une telle irritation, qu'un jOi général Sobelef fit appeler Mgr Siméon et lui di cours d'une conversation où son état d'esprit se trj sait à chaque instant, que si la Chambre continu lui faire de l'opposition, il la dissoudrait. Mgr Sir se leva aussitôt et répondit au général : « Gomme p dent de la Chambre, je ne permets à aucun mtnisti me dire qu'il a le droit de la dissoudre. Le prince si ce droit. »

La Chambre avait voté un grand nombre de lois utiles d'ordre administratif et principalement flnar Avant de se séparer, les députés votèrent le bt dans lequel était inscrit un crédit qui nécessite une : lion spéciale.

Les ministres bulgares que les généraux accus d'austrophilisme n'avaient jamais songé, au conti qu'à prémunir la Russie et la Bulgarie contre un m. tendu que les tendances, les procédés et les actes agents russes devaient forcément provoquer et doi apercevait déjà les premiers symptômes. Ils avi compris que le moyen le plus pratique d'arriver à c était de créer à Saint-Pétersbourg une agence dipji tique de Bulgarie, qui aurait renseigne exactemc gouvernement impérial sur les faits se produisant la principauté et pouvant donner lieu h des inte talions erronées ou perfides. Les agents diplomati

U) Les généraux avaient une prédiiection manfuéc pour Ici ignorants et obscurs. Ils répélaient, à qui voulait les entendre, <, Bulgares ne devaient pas ehoisir leurs ministres parmi ceux de compatriotes qui avaient étudié à l'étranger, parée qu'imbus de» occidentales, ils devenaient AutricliieDs, Aliemands, Fran(;ais, l'on devait donner la préférence à des paysans qui connaissaient les besoins de la population et étaient des Bulgares purs. Les géi ajoutaient, il est vrai, que ces paysans, étant illettrés, dcvaiei doublés de secrétaires russes, capables de suppléer ce qui niaui| ces ministres sut generis.

russes accrédités à Sofia s'étaient toujours opposés à t projet qui, s'il avait été mis à exécution, aurait rendu li plus grands services à l'intérêt commun russo-bulgar on neutralisant l'influence néfaste de la coterie. Mais prince Alexandre, qui partageait entièrement la manièi de voir de ses ministres bulgares, insista assez viv ment pour que, malgré la résistance du général Sobele ce crédit fût inscrit au budget.

La session de la Chambre fut close à la fin du mois i janvier.

Les ministres bulgares avaient acquis de nouveai droits à l'animosité des généraux, en ne se pliant pas leurs exigences, en marchant d'accord avec la Chambr cti recueillant ainsi une légitime popularité. Le génér Sobelef, dans sa hâte à satisfaire ses rancunes, provoqi un incident.

L'archevêque de Sofia était, à cette époque, Mgr Mel tins. Ce prélat avait fait ses études théologiques ( Russie- Mais il était d'une telle ignorance, il lisait il s'exprimait en officiant d'une manière tellemei bizarre, qu'il soulevait les rires du public. En revanch il était expert à tondre son troupeau qui l'avait pris ;> Itien en grippe, qu'un jour une troupe de notables enlc de l'église son trône archiépiscopal et le jeta dans la ri aux applaudissements de la population entière. Pourn motifs et pour d'autres du même genre, le Saint-Synoi qui avait siégé à Sofia, dans la maison même < Mgr Meletins, avait décidé que ce prélat serait éloigi d(! son éparchie. Lorsque le Saint-Synode se dispers l'Exarque invita le ministère à exécuter cette sentenc M. Stoïlof, ministre des cultes, se trouva dans un grai embarras. Mgr Meletins était son ami personnel et, i outre, l'ami politique du gouvernement. Ce prélat appa tenait, en effet, au parti conservateur; il avait partiel] il la campagne entreprise en faveur du prince Alexand et pour la réussite du coup d'Etat. Le gouverneme:

,vait donc aucune raison d'être mécontent de Mf

ins qui, au contraire, était son allié. Néanmoin

mes de la loi, les sentences du Saint-Synode de

c exécutées et M. Stoïlof ne put éviter l'obligati

rir contre son ami politique et personnel. Gepei

int de procéder à l'exécution de la senten

nistre des cultes expliqua les faits et la situatio

icraux et il les engagea à donner des ordres au i

police, M. Carnovitch, un Russe, parent du gi

belef, pour qu'il veillât à l'exécution de la sen

qu'ils firent de bonne grâce. Mais, le lendema

taicnt plus dans les mêmes dispositions. La nu

lit porté mauvais conseil et ils avaient ctiangé t

luits en erreur par l'opposition qui guettait 1

<n de susciter des conflits entre les ministres bu

et russes. Subissant cette nouvelle influence, les

raux donnèrent l'alarme sur l'internement de Mgr

tins, comme s'ils eu entendaient parler pour la pw

rois, et ils se répandirent en doléances, qui curer

écho en Russie, sur la soi-disant persécution

religion orthodoxe et de l'évêque russophile. Ils al

même jusqu'à comparer cet incident â celui de Bel|

011 l'autorité civile avait expulsé sans sentence et

propre initiative le chef de l'Eglise serbe, Mgr W

Comme conclusion, le général Sobelef déclara au

Alexandre qu'il devait choisir entre lui, Sobc

M. Stoïlof. En môme temps, il expédiait des gend

pour ramener Mgr Meletins qui se dirigeait vers

tendil où il devait être interné. Ce prélat, faisant [

de plus de bon sens que son protecteur, refu

revenir à Sofia et poursuivit sa route vers Kusl

L'Exarque, prévenu par M. Stoïlof, protesta i

diatcment avec la plus grande énergie auprès du

Alexandre, en rappelant que l'autorité civile n'ave

le droit d'intervenir dans les questions j-eligicui

qu'il n'appartenait à personne de modifier les (

Saiiit-Syiiodf ou d'en arrêter belef, comprenant le danger p^ F un conflit avec le pouvoir r( rère. M, Ghtcgiow, à Const ics excuses complètes à TExa

et M. de Nelidow employère

influence auprès de TExarqi ment que de céder. Grâce à c 'affaire n'eut pas d'autre suite

ministres bulgares ne pouva

[•, sous peine de sacrifier coii

M. Stoïlof, Natchevitch et G

sion. L'occasion était propice

antait toujours l'idée fixe de 1

iémissionnaires ne furent pa

belef prit la haute direction d(

m plaçant, dans chacun d'e

avec le titre de faisant fonctio

idition des affaires, le prince

es et M. Bourmof aux flnan

ant fonctions, ils étaient tro

tiic de les nommer.

e Hilkow, proche parent de Mme de Nelidow,

mention spéciale. Le général Sobelof assurait ■otégiS avait débuté dans sa carrière par t>tre le locomotive. Ce qui est certain, c'est que le iow avait eu une existence aventureuse. Vn [• en Amérique lui avait fait adopter les allures lits de ce pays et il ressemblait bien plus à un là im Russe. U passait, en Russie, pour un structeur de chemins de fer. C'était un homme , de relations agréables, mais il ne justifia it, en Bulgarie, son renom de bon ingénieur.

le du prince Alexandre dans cette crise, la irprcnante avec laquelle il abandonna ses

ont été l'objet d'appréciations sévères- Sans

avoir à prendre sa défense, nous ferons remari toute impartialité, que sa situation était critiqu clair qu'en sacrifiant ses ministres il perdait s( d'appui dans le pays et qu'ea se livrant aux g( dont les exigences grandissantes allaient accroîl popularité, il courait le risque d'être englobé, a titre, dans la réaction qui ne manquerait pas de duire. Mais entrer en lutte ouverte avec eux rompre violemment avec la Russie. Le prince Al eut un moment l'espoir, semble-t-il, qu'en s'a sur les généraux, en leur laissant la direction d les affaires et, en n'étant plus gêné par le tira des partis politiques, on pourrait marcher d'un à l'organisation de la principauté. Mais, pour aurait fallu que les généraux n'eussent d'autre le bien du pays, qu'ils possédassent, en outre, la administrative et l'expérience nécessaire pour le Tout au contraire, ils n'avaient pas de conna administratives et, s'ils pensaient au pays, c point de vue de son exploitation , des spéc qu'ils comptaient y entreprendre. Le prince Al était donc dans l'erreur, s'il calcula, comme noi des raisons de le croire, que la dictature des g pourrait être utile et fructueuse à certains égard être, se disait-il encore que, si l'événement dél ses prévisions, il s'agissait pour lui de gagr encombre le mois de mai, époque à laquelle il d rendre au couronnement du tzar, ce qui lui perr en cas de nécessité, d'avoir recours à Tempère porter remède h la situation.

Le reproche le plus légitime qu'on puisse adn prince Alexandre résulte d'un incident peu cor ministres bulgares, en se retirant au mois de févr avaient remis au prince un mémoire circonsta ils exposaient la situation, dans le but de lui oi yeux sur les dangers auxquels elle l'exposait.

nislres posaient ce dilemme : ou bien le prince se sou- 'tra aux généraux qui ne tarderont pas à l'asservir et sser la patience du pays qui finira par renvoyer ice et géni!;raux; ou bien il entrera en lutte avec les éraux et sera amené ainsi à rompre avec la Russie.

fit cependant le prince Alexandre en recevant ce 30rt de ses fidèles conseillers de la veille? Avec une sreté impardonnable, il s'empressa de communiquer locument à ceux qui pouvaient le considérer, à tort st vrai , comme une manifestation , comme un acte )stilité. Ce rapport fut apporté à Constantinople par Chteglow et remis à M. de Nelidow, Nous avons eu ïasion de le voir, à l'ambassade de Russie même, -e les mains d'un employé.

i nous pouvions transcrire ici les conclusions de ce

long mémoire, le lecteur se convaincrait que les /isions des ministres se sont réalisées point par it, malheureusement pour la Russie, pour la Bule et pour le prince Alexandre. Ce n'est pas que ces istres aient fait preuve, en cette circonstance, d'un

de clairvoyance tout particulier. 11 n'y avait pas id mérite à prédire ce qui devait inéluctablement ver; par le fait de l'incapacité administrative des éraux, de leurs appétits d'entreprises lucratives, du ique absolu de convenance et de tact qui caracsait leur manière d'être avec le prince et avec les gares de tout rang et de toute classe.

La dictature des généraux Sobelef et Kaulbars commençait à porter ses fruits. Les agents diplomatiques avaient rompu, pour ainsi dire, toute relation avec eux. Tout le monde se plaignait et s'en prenait au prince Alexandre et au choix malheureux qu'il avait fait de ces maîtres de la principauté. Quant à lui, uniquement soucieux d'atteindre, sans accident grave, Tépoque du couronnement et de vivre en paix jusque-là avec les généraux, il leur accordait tout ce qu'ils demandaient. Le général Sobelef ayant réclamé de l'argent pour des besoins indéterminés, le prince Alexandre s'empressa de lui remettre 60,000 francs sur. les fonds de sa liste civile. Notons, en passant, que le général Sobelef rendit compte, plus tard, de l'emploi de la moitié de cette somme, mais qu'il a toujours oublié de fournir des justifications pour les 30,000 autres francs.

Comme il existait dans le budget, ainsi que nous l'avons dit, un crédit pour une agence diplomatique à Saint-Pétersbourg, le prince Alexandre, aussitôt après la démission du ministère, fit choix de M. Stoïlof pour ce poste. M. Stoïlof partit avec, bien entendu, Tassentiment du général Sobelef. Mais, en arrivant à Saint- Pétersbourg, il trouva toutes les portes fermées. Sa présence créait un danger pour la coterie dont il pouvait révéler les manœuvres et les actes. Aussi avait-elle pris ses précautions. Bien que M. Stoïlof fût porteur de lettres personnelles du prince Alexandre pour le tzar,

Lu-

il ne put voir ni le souverain ni les ministres. Après un

séjour infructueux et très court, il était rappelé par le

général Sobelef que la présence de ce Bulgare intelligent

et avisé à Saint-Pétersbourg gônait considérablement.

f-e fait produisit la plus mauvaise impression en Bul-

e. Il blessa au vif tous les partis. On avait bien une

ice à Gonstantinople. On tenait à honneur d'en avoir

ement une à Saint-Pétersbourg, et, dans la princi-

,é, on attribua cette humiliation au gouvernement

e, alors que la coterie en était le véritable et le seul

ur. Plus tard, alors que M. Jonin était agent di-

latique de Russie à Sofia et que le ministère des

res étrangères était occupé par M, Balabanof, on

irima ce crédit sur les demandes pressantes de

ince de Russie et, depuis cette époque, il n'en fut

question.

!s affaires marchaient à la dérive en Bulgarie, lorsle prince Alexandre, laissant à sa place le général îlef comme aller eyo, quitta Sofia, le 15 avril 1883, endant à Gonstantinople par Roustchouk et Varna. is une courte visite au sultan, il fit le voyage de salem et, de là, après avoir visité le roi Georges de •fi et te prince de Monténégro, il gagna Darmstadt erlin et arriva à Moscou le 22 mai.

; prince Alexandre avait une suite assez nombreuse î laquelle figurait un seul Bulgare, M. Voulcovitch, en ministre, et, à cette époque, président du Gonseil at. Le général Sobelef était tellement soupçonneux ndroit de tous les Bulgares qui pouvaient dévoiler actes, qu'il écrivit à Saint-Pétersbourg pour demanque M. Voulcovitch fût écarté de la suite du prince, tait à ce point sûr de son fait, qu'à Sofia il disait 1. Vassilc Stoyanof, membre du Conseil d'Etat : . Voulcovitch n'ira pas à Moscou ; vous pouvez rioncer à vos collègues ». On apprit, plus tard, que le ce, au cours de son voyage, avait reçu du ministère

des alfairés étrangères de Russie, de la pa Maîtrise des cérémonies, l'invitation de ré en écartant tous les membres civils, en rï nombre des invités. Mais le prince Aie répondu que, sa suite ayant été acceptéi soit comme nombre, soit comme person l'accueillir telle quelle, sans quoi il ne si lui-môme à Moscou.

Pendant ce temps, le général Sobelcf, absorbé par les devoirs de sa charge prince, quittait inopinément Sofia pour Saint-Pétersbourg, après avoir remis le général Kaulbars. Voici ce qui motivai départ.

Les faits quotidiens avaient démontré pendant la dernière session, que les ag généraux, leur administration incohérent* à poursuivre l'obtention d'entreprises d Ter, contrairement à la volonté du payS; péril le prestige de la Russie et l'avenir i Les membres de cette Assemblée, animi prévenir ces dangers, avaient décidé qu'i du Sobranié, conduite par son président se rendrait à Saint-Pétersbourg pour vi remercier de ses bienfaits, au nom de I.

profiterait de la circonstance propice poi en toute sincérité, la situation. Mgr Sii députation, composée de cinq membres, Saint-Pétersbourg, dans les premiers jt de mai.

On comprendra facilement l'émoi du gé Non seulement il redoutait les révélati sonnes de la suite du prince Alexandre, t croît, la députation de l'Assemblée allait témoignages portés contre lui et donner tions le caractère de l'unanimité. Le dang

int. Pour le conjurer, le général Sobelef se déà partir, en toute hâte, pour Saint-Pétersbonrg. obtenu du prince l'autorisation de quitter son in ne le sait, mais il est probable que le prince ce la lui avait accordée, fournissant ainsi une

preuve de cette faiblesse de caractère qui ses qualités et qu'on lui a si souvent et si légit reprochée.

putation, à son arrivée à Saint-Pétersboui^, endue par la coterie. Elle fut circonvenue et, ii dire, gardée à vue par les membres de cette DU qui voulaient à tout prix l'empêcher de le but fut atteint. Le tzar reçut, il est vrai, la m; mais le général Sobelef était présent à cette et les Bulgares ne purent exposer à l'empereur I des choses dans la principauté. La coterie s'inie môme entre eux et les hauts personnÉ^es ants qui auraient prêté une oreille attentive à lances, et la députation quitta Saint-Pétersbourg r trouvé la possibilité de remplir sa mission, léon fut si tristement impressionné par ces qu'il traversa Moscou sans s'y arrêter et que, f en Bulgarie, il renonça k la présidence de la

et ne voulut plus même y occuper son siège, éral Sobelef, après avoir rendu vaines à Sainturg les tentatives de la députation pour faire ! la vérité, se rendit à Moscou pour surveiller le exandre. En effet, le prince, dans une audience ir lui accorda, porta plainte contre les généraux da comme conseiller le général Ehrnrooth, qui se en Bulgarie un souvenir vivant d'estime et tthie. Le prince exposa également la situation tiers d'une manière plus intime et plus détaillée listre des affaires étrangères, ainsi éclairé sur les et sur les choses, donna son approbation au ne et au choix du prince Alexandre.

Le 5 juin, une dépêche reçue en Bulgarie annonçait le départ du général Sobelef de Moscou pour Sofla et y produisait une grande consternation. Le 6, cette impression fâcheuse faisait place à une joie générale, à la réception d'un second télégramme annonçant que le général Ehrnrooth arrivait comme conseiller du prince Alexandre. D'autres dépèches successives apportèrent des détails complémentaires. Le tzar avait ordonné au général Ehrnrooth de se rendre à Sofia, en qualité de conseiller du prince et de travailler avec les généraux Sobelef et Kaulbars à l'organisation de la principauté. On apprit plus tard que, lorsqu'on parla au général Ehrnrooth de la mission qu'on allait lui confier, il déclara nettement devant M. de Giers qu'il était ai)solument opposé à tout projet, à toute tentative d'entreprise de chemin de fer par les Russes en Bulgarie.

Le général Ehrnrooth fut reçu en audience de congé par le tzar qui lui donna ses instructions et l'ordre de rejoindre son poste le plus promptement possible. Le 9 juin, on apprenait à Sofia, par une dépêche, que le général Sobelef avait obtenu un congé de deux mois, pour cause de santé.

Tout semblait concourir à créer en Bulgarie une situation nouvelle, conforme à ses intérêts et à ceux de la Russie. Le prince Alexandre qui se rendait, par Darmstadt, à Gastein et à Ischl, où il devait suivre un traitement, et le général Ehrnrooth, qui allait arranger ses affaires à Saint-Pétersboug, devaient se retrouver à Sofia à la fin du mois de juin.

Le prince Alexandre était à Ischl dans une sécurité trompeuse, lorsqu'une dépêche, du ministère des affaires étrangères de Saint-Pétersbourg, lui apprit, à l'improviste, qu'au lieu et place du général Ehrnrooth, c'était M. Jonin, ministre plénipotentiaire du Russie au Brésil, qui était définitivement envoyé en Bulgarie.

Le prince fut durement frappé par ce nouveau coup

Iruisuit toutes ses espérances. Il comprenait enfin te qu'il avait commise, en autorisant le général if à rester en Russie après son propre départ, et, pelant la froideur du tzar, le peu d'empressement iccorder une décoration qu'il n'avait reçue qu'à la re minute, le relard apporté à la présentation du flque objet d'art envoyé comme témoignage des lents de gratitude de la Bulgarie, il reconnaissait, i tard, la main de la coterie, ses manœuvres et sa persistante.

lant l'absence du prince Alexandre, les généraux t pris leurs mesures, pour qu'en dehors de leurs s dépêches, on ne pût lui en expédier aucune de ie, et qu'il ne pût lui-même communiquer avec la muté. Mais l'amitié est ingénieuse et le prince enu au courant, par des moyens détournés, de ce passait en Bulgarie. C'est ainsi qu'il apprit un fait m et incroyable. On l'avisait, par télégramme, gérant du ministère des finances, M. Bourmof, réature des généraux, emportait la caisse en !. L'information était rigoureusement exacte, iirmof avait pris quinze millions, sur les dix-neuf n constituant la réserve formée par les excédents idgets des exercices clos, et il se dirigeait à toute vers le Danube. Pour nous servir de l'expression re, le coup avait été bien combiné. Sa réussite iit, en effet, assurée, le prince devant, croyait-on, r ce qui se tramait et ne pouvant, d'ailleurs, endans la principauté des ordres du dehors. Ce fut déjoué par les Bulgares dévoués k l'intérêt al. Le prince Alexandre, averti par eux, partit en hâte et, en arrivant à Lom-Palanka, il lança des immes pour qu'on fît rebrousser chemin aux is et à M. Bourmof, leur gardien infidèle. Ces i arrivèrent à temps à Roustchouck, où M. Bourapprêtait à s'embarquer avec son précieux bagage.

Depuis longtemps, les généraux avaient les yeux ces millions. A plusieurs reprises, ils avaient cona de les placer dans une banque, la Banque de 8j Pétersbourg, par exemple. Mais les Bulgares sont; chés aux vieilles idées, principalement en matière fl cière. Réfractaires aux théories nouvelles sur les ai céments et la mobilisation des capitaux, ayant i principe qu'on n'est jamais si sûr de son argent lorsqu'on le garde dans sa poche, ils faisaient la soi oreille aux conseils des généraux. Ceux-ci n'avaient pour cela, renoncé à leurs projets, et la complicit M. Bourmof faillit les faire aboutir.

Le général Sobelef avait tout arrangé avec la ma GUnzbourg. La combinaison était d'ailleurs très sim Il devait déposer les quinze millions à la Banque Saint-Pétersbourg et hypothéquer les titres à M. G1 bourg, qui aurait avancé soixante-quinze millions francs pour la construction du chemin de fer, les qu millions servant à garantir l'intérêt de cette somme i dant trois ans. Les Bulgares auraient été ainsi dépoui de leurs économies et ils se seraient trouvés en prést d'une grosse dette, résultant de l'établissement < chemin de fer construit contre leur gré et sans cont de dépenses.

Le général Sobelef, pendant son séjour à Sa Pétersbourg, avait réglé avec le ministère des finat une autre question d'argent, dans des conditions to fait conformes à sa pratique administrative habitui La principauté devait à la Russie les frais d'occupa pendant la guerre, montant h environ 26 millions francs (11 millions de roubles). Le tzar, lorsqu'or soumit cette question, décida, avec la générosité du bienfaiteur, que cet argent ne rentrerait pas dans caisses russes, qu'il resterait dans la principauté devrait être employé exclusivement pour le bien d Bulgarie.

ins la convention qui Tut conclue par le général avec le ministère des finances, il fut stipulé que toursement de cette dette par la principauté oiité, comme annuité, à 1,600,000 francs, mais e somme serait mise à la disposition de l'afrence .tique russe de Sofia.

, contrairement à la décision du tzar, ce n'était

Chambre bulgare, représentant légalement la qui recevait ces fonds pour les employer à des , à des œuvres utiles à la Bulgarie. Ils étaient

l'agence diplomatique, qui pouvait en disposer les caprices du titulaire. Nous verrons que,

singulier abus, ces fonds servirent à fomenter >lutions et' à )a déposition du prince Alexandre, ■ce pas là un frappant exemple de la contradic- ^nte que nous avons relevée, tant de fois, au s cet historique, entre tes volontés formelles du la manière dont elles étaient détournées de leur des agents intéressés et infidèles, nin était déjà arrivé à Sofia. C'était un homme me intelligence moyenne, dont un séjour de innées au Monténégro avait affaibli les facultés, t de lui faire divorcer la compagne de sa vie touser, malgré son grand âge, une sémillante egrine de dix-huit ans. M. Jonin n'était, d'ailenu dans la principauté que contre son gré et à jvisoire. Il ne connaissait ni le pays, ni les mœurs idées des Bulgares. Mais il importait peu. En ice, il devait servir de conciliateur. En réalité, il it l'influence de la coterie dont il appréciait trop puissance pour entrer en lutte contre elle. Il était ec les généraux et, au besoin, contre le prince, nous le verrons.

int l'absence du prince Alexandre et du général , le général Kaulbars s'était entouré des libéraux i, et cette alliance conclue, par le ministre de la

guerre parce qu'il avait acquis la conviôtion que les conservateurs refuseraient de lui servir d'instruments, par les libéraux avancés, parce qu'ils voyaient dans les dictateurs une force à utiliser pour leur propre cause, cette alliance, disons-nous, fut scellée par des banquets, par des ovations prodiguées à Valter ego du prince. Le général Sobelef, à son retour de Saint-Pétersbourg, s'empressa de donner une sanction à cette politique nouvelle, en accordant l'autorisation de rentrer à Sofia à M. Zankof, chef du parti, qui avait été interné par le prince à Vratza, depuis un an. M. Zankof prit immédiatement la direction occulte des affaires et on a saisi, plus tard, des cartes de visite de ce personnage sur lesquelles il donnait aux généraux des indications de ce genre : nommez un tel, destituez tel autre, etc.

Ces choses se passaient au mois de juillet, et la lutte engagée par les généraux contre le prince se dessinait de plus en plus. Se sentant forts de toute la puissance de la coterie, croyant qu'avec les libéraux avancés ils avaient un appui dans le pays, enorgueillis par leur triomphe sur le général Ehrnrooth, ne pardonnant pas au prince Alexandre d'avoir interrompu le voyage des mêlions qu'ils dirigeaient sur Saint-Pétersbourg, ils ne le voyaient plus que rarement, se montraient avec lui d'une impertinence incroyable, lui donnaient des ordres et agissaient en véritables dictateurs.

C'est à cette époque que les généraux, parlant soidisant au nom de l'empereur, obligèrent le prince Alexandre à lancer un manifeste, en date du 31 août, par lequel il annonçait aux Bulgares qu'il nommait une commission pour préparer une nouvelle Constitution et la présenter à la Chambre. Le général Sobelef avait apporté, en effet, de Saint-Pétersbourg, assura-t-on alors, un projet de constitution dont personne n'a, d'ailleurs, jamais eu connaissance. Le lendemain du jour où le manifeste avait été publié, un ukase convoqua la Chambre

)n eittraordinaire pour la ratitlcation de la coni quatre, relative au chemin de fer de raccordepoor celle de la convention financière conclue question du paiement des Trais d'occupation, néraux ne Taisaient guère preuve d'habileté en int une Chambre dont la majoritii, composée de .teurs, ne leur était pas dévouée. Mais ils étaient t infatués de leur pouvoir et si peu au courant !S élémentaires du régime constitutionnel, qu'en lant l'objet de la convocation, ils se figuraient nt que la Chambre ne pourrait s'occuper d'autre que tout danger était ainsi prévenu et écarté, loublement de violence dans les journaux des c contre le prince Alexandre qu'ils accusaient lent de trahison envers la Russie, le slavisme idoxie fit pressentir les graves événements qui raient.

les journées des 7 et 8 septembre, le public t que la proposition formelle de déposer le lexandre avait été adressée aux officiers russes. elle était exacte. Le général Kaulbars s'était

camp de Kniajevo, situé à trois kilomètres de 1 environ 10,000 hommes étaient rassemblés manœuvres annuelles. Il avait réuni les officiers ; leur avait dit que le prince était l'ennemi de la qu'il était résolu à remplacer les officiers russes officiers allemands, et que sa déposition develors nécessaire. La plupart des officiers, fidèles itions de la glorieuse armée russe, répondirent nt qu'ils avaient été envoyés en Bulgarie par le Is avaient prêté serment de fidélité au prince 'e, que, seul, le tzar pouvait les relever de ce

et ils informèrent le prince de ce qui se passait, raux purent se convaincre de la sorte qu'ils ne t compter même sur les officiers pour l'exécu- ;ur plan.

Pendant co temps, les patriotes bulgares avisés di qui se passait se mettaient en campagne pour prév< les sous-otïlciors et les soldats bulgares. Ce n'est en vain qu'on faisait fond sur leur dévouement.

Le 10, le prince Alexandre se rendit au camp, à I casion de sa fête et passa la revue des troupes. A l'is de la revue, les 'soldats formèrent les faisceaux et, rangeant en colonnes, sous la conduite de leurs se officiers, ils accompagnèrent le prince qui rentr Solia, précédé, entouré et suivi par cet imposant cort de 10,000 hommes dévoués. Les soldats, arrivés dev le paiais, poussèrent trois hourras en l'honneur prince et s'en retournèrent au camp dans le plus gn ordre.

Le surlendemain, les généraux s'étant présentés palais, le prince Alexandre leur reprocha de vou suborner l'armée et de fomenter des troubles.'.Ils accu lirent ces paroles avec tant d'audace, d'une manièn irrespectueuse, que le prince les chassa de sa préser en leur disant qu'ils n'étaient plus ses ministres, répondirent avec insolence qu'ils n'en resteraient moins en Bulgarie, pour la gouverner, d'après les ord supérieurs qui leur avaient été donnés.

Le lendemain, M- JonJn se présentait au palais signifiait, à son tour, au prince Alexandre, avec le d'un maître, que, d'ordre de Saint-Pétersbourg, généraux resteraient malgré lui.

Dans cette situation cruelle, le prince Alexandre perdît pas le calme et le sang-froid, A ceux qui le v taient : « je suis prisonnier, disait-il, je ne suis p rien en Bulgarie « et, toujours, il affirmait que le t avait été etétait indignement trompé sur ses intentio

La Chambre qui allait s'ouvrir avait, ainsi que m l'avons déjà dit, une majorité conservatrice compa( Les libéraux avancés avaient calculé, qu'avec l'aide ( députés musulmans qu'ils comptaient influencer

1er, ils parviendraient à déplacer cette majorité à ■ofit. On n'avait rien épargné pour cela. Chaque

musulman avait été appelé, dès son arrivée, chez îral Sobelef et chapitré, sermonné, menacé au

d'importance, pour qu'il marchât d'accord avec Taux avancés. Mais les musulmans, en gens pra-

ne voulurent pas se séparer des conservateurs libéraux se convainquirent ainsi de l'impossibiils se trouvaient de prendre le dessus. C'est alors s conservateurs, dans leur dévouement à la

firent un appel chaleureux aux libéraux, leur dant de s'unir pour sauver le pays, leur offrant de leur laisser le pouvoir. Les libéraux se mon-

à la hauteur des circonstances et, rivalisant de sme avec les conservateurs, ils répondirent à qui leur était adressé. Le pacte d'union fut coules bases suivantes : remise en vigueur de la ution, sous cette réserve qu'une loi serait votée i revision future; composition immédiate d'un re mixte de conservateurs et de libéraux; transon de la session extraordinaire de la Chambre ion ordinaire.

dans une situation intolérable vis-à-vis des gé-

abreuvé d'amertume, sollicité avec instance par fs des partis bulgares et ne voyant pas d'autre

de salut, le prince Alexandre, bien qu'il lui en le s'infliger un blflme, en abandonnant les pleins s qu'il avait demandés spontanément, donna son n à ce pacte, sous cette seule réserve qu'une loi mt la future revision de la Constitution serait

par la Chambre.

} septembre, au moment et les généraux s'y ient le moins, M. Zankof annonça à la Chambre

libéraux avancés se coalisaient avec les conser- , pour sauver la Bulgarie. Les généraux qui assiscette séance et qui voyaient tout s'écrouler ino-

rr--.--

pînénient autour d'eux, quittèrent la s&.

affolés. Tout leur manquait à la fois, 1 avancés, l'armée et le pays. La situation de nable pour eux, ils donnèrent leur démissi jours après, ils recevaient l'ordre de rent Pétersbourg, pendant qu'un décret princier I la session extraordinaire de la Chambre ordinaire (1),

tl) A la suite de cette débâcle, les généraux Sobelet rendirent en toute hâte à l'agence russe et un évêque trouvait noua a raconté ce qui se passa. Le généra M. Jonin qu'ils avaient commis une lourde faute, qu arrêter tous les chefs des partis et les envojer eu Sib Kaulbars lui répondit qu'ils pouvaient encore le faire, | pas donné leur démission, ils étaient toujours ministres tes calma en disant : r Nous étions ici pour remettre Constitution bulgare. Notre tâche est terminée et nous ( rentrer en Russie. Que le prince se tire d'at&ires ai-ec

L(i (Jiipart dos généraux fut pour la Bulg tfible délivrance. Mais on comprend les l'ok'rie. qui se voyait déçue dans ses es( ploitalion du la Bulgarie, au moment o obtenir, tout au moins, le chemin de fer de loi devait passer dans cette session, ^ naux redoublèrent-ils de violence dans contre le prince Alexandre.

A Solla, un ministère de coalition I banof, Nalchevitch, Stoïlof avait été const:

lement après le départ des dictateurs. M pouvait pardonner à la Chambre d'avoir b rnux, exigea sa dissolution de M. Zank< aurait voté la loi sur la revision de U M. Zankof obéit à cette injonction et la avait ratifié la convention des chemins de dément et celle relative au paiement des pation, qui avait voté le budget et la lo revision future do la Constitution, fut di pouvait dire que la mesure fût incorrec Contitution étant remise en vigueur, le avait été formé sous l'empire d'une lo cours de l'exercice des pleins pouvoirs, n' existence légale. Mais on aurait pu atl peu, n'eût-ce été que par égard pour 1»

vices qu'elle avait rendus. Sa dissolution faute grave que M. Zankof a beaucoup regr

iC Conseil d'Etat l'ut également dissous vu par la Constitution et le prétexte po ser était ainsi tout trouvé. Il ne s'était j imode, même pour les ministres bulg plus, aux yeux de M. Jonin, le tort ii loir remis au prince Alexandre, lors de g:arie, un rapport circonstancié où éti ;es les violations des lois et des règlem ifs et financiers commises par les géri ns son utilité était si grande et les lait si manifestes qu'après sa dissol gé de former une commission de coi , pour remplir tant bien que mal son ol eu de temps après, au mois de noveml Ibars, attaché militaire à l'ambassadi me, effectua son premier voyage en âion apparente était do régler la ques 5 russes servant dans la principauté t ivée d'un nouveau ministre de la gu t chargé d'une autre tâche secrète, cell ; les officiers qui ne s'étaient pas e re le générai Sobelef. L'un des articles

militaire qu'il conclut avec le gouverne ait, en eflet, que les officiers russes i ir plus de trois ans dans la principaui

dorénavant, ils fussent simplement ca e et les empêcher, de la sorte, de s'atta( :andre, au peuple bulgare et d'appréc ■al, ainsi que l'avaient fait plusieurs de le s. Ceux-ci furent tous renvoyés en Rus; par de nouveaux officiers (1). Peu apr ce Cantacuzène était nommé ministre

Pluaieura officiers msses qui avaient apprécié U e bulgare s'étaient mariés dans le pays. Ils r devant leur gouvernements Tous, sans exception

M. Joiiin, qui était sur le point de partir, ne voulut pas quitter la Bulgarie sans avoir exercé une dernière vengeance. Il nourrissait une rancune particulière contre les conservateurs que la coterie et les généraux n'avaient réussi ni à séduire ni à corrompre, et qu'ils n'avaient pu faire sortir de leur devoir comme serviteurs du pays et du prince. Il obtint leur exclusion du ministère et, le 1" janvier 1884, un nouveau cabinet Zankof, exclusivement libéral, était constitué.

M. Jonin partait bientôt après et, bien qu'on n'eût eu guère à se louer de lui, son successeur, M. Koïander, faillit le faire regretter. Les instructions du nouvel agent diplomatique étaient peu compliquées . Elles lui prescrivaient uniquement — nous le savons d'une manière certaine — de battre en brèche et de renverser le prince Alexandre. M. Koïander était apte à remplir ces instructions : d'un caractère hautain, faisant naître les incidents pour trouver l'occasion de donner libre carrière h son insolence voulue et préméditée.

Les conservateurs étaient rentrés dans l'ombre. M. Zankof ne devait pas, néanmoins, rester longtemps en possession du pouvoir. Il voyait surgir un nouvel adversaire et, cette fois, un de ses amis politiques, un dç ses anciens collègues, M. Karavelof. Les élections eurent lieu au mois de juin. La session de la Chambre fut ouverte à Tirnovo, le 25 juillet 1884. Le cabinet Zankof succombait et était remplacé par le ministère Karavelof, Tzanof, Cantacuzène, qui se maintint jusqu'à la révolution de Philippopoli, du 19 septembre 1885.

Dans cet intervalle, l'agent diplomatique de Russie s'attacha à détruire l'influence politique de M. Zankof, pour le punir du concours qu'il avait donné au renvoi l des généraux. M. Karavelof, qui avait conquis les

bonnes grâces de M* Koïander, en prenant l'engagement de réserver à des Russes la construction du chemin de

e raccordement, eut l'appui constant de natiquc.

prince Hilkow était toujours conseiller te< cction des travaux publics. Il n'avait guère lutation d'ingénieur expérimenté qu'on h Ses études de la ligne Kustendil-Sofla-Si) ;nt, au contraire, une incompétence flagr re de chemins de fer. On peut s'en con e aujourd'hui, en examinant, dans les arcli :tion des travaux publics de Sofia, ces doci i'insurflsance est manifeste et, au moyen di ait matériellement impossible de dresser i atif. Il est à peine besoin d'ajouter que jara rieux n'a été fait sur cette ligne et que les i accordés pour les études furent dépei ; gaspillés en pure perte et bien au delà, épenses ayant atteint, à peu près, le clii H) francs.

prince Hilkow avait été naturoHement chi rer le travail pour la mise en adjudicatio de raccordement Vakarel-Tzaribrod, Il éla sitions sur la base de prix très l)as et de coi lui-es pour les adjudicataires, do façon à itrepi-cneurs sérieux et à laisser le chami:

ince.ssionnaii'e favorisé par le gouvernem il la construction de cette ligne en i-égie yés de la coterie. On ne tarda pas d'ailleurs u" cette nouvelle tentative d'exploitation de

Dès que les travaux préimratoii'os pour la iu chemin de fer furent commencés, on v

à Sofia un certain Zavatski. U i"cprésent a maison Poliakow, mais un autre entre «nnu en Russie, M. Goubonine, égalenicii aterie. Ce Zavatski avait acquis en Rouma iété d'un genre tout particulier, par des tri j détournements, dans la construction dos r

fer. Il avait môme comparu devant I lit subi plusieurs condamnations. Il u à bras ouverts et logô tout le tei lomatique russe, à Solia.

/adjudication du chemin de ter de Icarcl-Tzaribrod eut lieu, par ofTirs iimencement du mois de septemb npagnies étrangijres se présentèren )assaicnt le prix indiqué par le gou rice Hilkow ot le sieur Zavatski triomf is la nuit raôme, une Société bulgar ùété Grossef qui, ayant fait une offre d réducliou sur les prix du gouvcrnemi ication de la ligne. C'est cette Société noment, les travaux de raccordement '.(• même jour, M. Karavelof s'éts ;ence diplomatique de Russie fut mis portp. Coupable de n'avoir pas remp nts envers la coterie, il fut abandoi Zankof redevint le favori de l'agence ir sceller la réconciliation, M. Zankc lander ouvertement le renvoi du princ I publiait dans ce sens étaient rédi ne. Zavatski quitta Solla et le prince t

à partir à son tour.

est plus facile d'imaginer que de d (prit des membres actifs de la eotei oué tour II tour dans leurs tentatives ( entreprises fructueuses en Bulgarie, d fe qu'ils considéraient comme une n •. Us formaient à Saint-Pétersbourg les intérêts lésés, les amours-propres lient des rancunes profondes, partage libres de l'association qui voyaient av lir le mirage et les profits de l'exploitai luté. A ces appétits inassouvis il falla

pt comment lo prince Alexandre qu'ils avaien aurait-il érliappé à leurs coups ? Disposant de la habiles à diriger l'opinion sur laquelle ils avai action directe et puissante par la discipline avec le mot d'ordre était exécuté à tous les degrés d' ciation, ils réussirent progressivement à persui tzar et au peuple russe que le prince Alexand traître à la Russie et que le slavisme et l'ort avaient en lui un ennemi acharné et irrécom Dans la principauté, tous les agents russes, M. K à Sofia, M. Sorokine à Philippopoli, les consuls puissance à Varna, à Roustchouk, à Bourgas. à déclaraient à tout venant que, le prince Ali n'étant plus dans les bonnes grâces de l'empei pouvait plus présider aux destinées de la B M. Koiander disait aux ministres Zankof et Kt et à leurs collègues qu'il fallait, de toute néces débarrasser de ce prince indigne.

Renvoi du prince Alexandre, tel était le mot ' que l'on attribuait à l'empereur, mais qui venait blement de la coterie et de ses affiliés à la cour les ministères. Qoantaux moyens d'exécution, ils laissés au choix des agents russes en Bulgarie, mier auquel ils eurent recours fut l'utilisation di d'union de la Bulgarie et de la Roumélic Orien avait été adopté avec une passion chaleureuse d côtés des Balkans. En cherchant à réaliser cet i( la révolution, on perdait aisément, pouvait-on ci prince Alexandre. Ou bien il accepterait la rév et il se compromettrait ainsi aux yeux de l'Eui bien il refuserait de donner son assentiment au compli, et les Bulgares ne pouvant supporter ur qui se serait déclaré contre l'union, it se trouver! l'obligation de quitter le pays.

En vertu de ce raisonnement, le soin de préi révolution fut confié au colonel Tchitchakow,

e du consulat général de Russie rôle principal était de commanc ^ui servaient dans la milice roum^ Ire, choisissant de deux maux i iomme on le sait, cette révolutio ouverait dans cette direction qi ! occasion de salut. Sa clairvoyf L défaut, la conférence de Gonstf ré que les puissances n'étaient i amner.

combinaison ayant échoué, on n' ie déclarer la guerre à la Bulgari conflit fournirait une occasion le prince Alexandre. Il est évidei erbes étaient entrés à Sofia et à '' eraient tombés aux pieds de la I du prince Alexandre aurait été p t. On sait comment l'étoile du pr LU contraire, d'un vif éclat dans nt, là où il devait trouver sa te [*iers immortels.

lait cependant en finir. M. Boi ! diplomatique à Sofia et le col( .taché militaire. Us se partager ;danow traita avec MM. Tzanot )f . Le colonel Sakharof se chargea mt bulgare, que la convention pc s d'occupation mettait à la disposi ttique, servit à la conclusion du p prisonnier, fut entraîné loin de main de son départ, le major Gn devant plusieurs personnes réu la guerre, que M. Bogdanow ava i des conspirateurs un million c

nnatt le reste.

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