‹ Les causeurs de la RévolutionChapitre 15 sur 42 · Né en 1728, mort en 1799. — Mémoires de Marmontel · texte numérisé non relu

Né en 1728, mort en 1799. — Mémoires de Marmontel

LES CitSEORS

KBervatile de la morale, si, en même temps qac la toIP I tance, elle n'enseigne larectiludedujugemenljlaprobiU e la condui le, la dignilë du caractère. Les plus êloquentrt^ laisser ta t ions du monde ne dispensent pas d'un devoir, et n invincible instinct nous pousse à demander aux profes- ■ Beurs de métaphysique de rester d'accord avec eni-' mèmesj à inteiTOger leur existence, à mettre en parallÈl les leçons et les actes. Qu'un Voltaire, un Marmonld encensent les grands, briguent les faveurs des rojaldl courtisanes, prodiguent à Frédéric, à Catherine les lémoi f nages de l'adulation la plus servile, qu'ils aient tous It traversdes autres mortels unis aux dcfaulsphilosophiqueâ tant de petitesses éclairent d'un singulier jour c prËtres des petites chapelles de la libre pensée, pU occupés du bien dire que du bien faire, qui érîgérenl leurs Faiblesses en systèmes, leurs préjugés en dogmes, prirent des pétitions de principes pour des principes et raffinèrent l'art du courtisan en prétendant satisfaire à ï| fois les rois et le public. Grands écrivains, beaux esprit séduisants immoralistes; je le veux. Savants selon 1 formule et habiles artistes de mots; je n'y contre point. Mais gardez-vous de les étudier de près, si ? voulez garder vos illusions! Ne lisez même pas leiil livres, car ils habitent une maison de verre, et prennent plaisir à confesser leurs défauts, comme s'ils en liraient gloire. Celui-ci note précieusement ses. conversatiom avccjnadamede Pompadour, compte ses sourires, énumère les requêtes qu'il adresse pour lui et les siens, les liasses prébendes qu'il doit à ses génuflexions, dit nalvemed les douceurs de cette vie épicurienne et son désespo lorsqne la Révolution le réduit à la portion congnie. I

autre félicite le roi de Prusse d'avoir hallu les Français; . un troisième raconte, dans une prose enclianteresse, ses vols, ses ingratitudes à l'égard de ses bâtards qu'il met aux Enfants-Trouvés. De telle sorte, qu'en tordanl ces illustres sophistes, on en extrairait à grand'pcine quelques beaux caractères, et, qu'avec Walpole, on est parfois tenté de leur préférer le pauvre laboureur qui observe la loi du Décalogue, Ht son almanach, cl croit que les étoiles sont des chandelles d'un sou accrochées à la coûte céleste pour l'éclairer, La supériorité de leur esprit condamne davantage la médiocrité de leurs âmes, les pages où ils ont montré de nobles sentiments, revêtu d'une nouvelle parure les vérités forlifianles, ne les absolvent point, car ils avaient lari la source des hautes croïauces, dévelouté les âmes, et, selon leur génie, fabriqué des générations de sceptiques ou d'inconscients fanatiques. Le mot du coiffeur : « Je ne suis qu'un misérable carabin, mais je ne crois pas plus qu'un autre en Dieu », celui d'une admiralrice de d'Alembert sur Voltaire : « Il est bigot, c'est un déiste », donnent la mesure de ce désordre moral qui, vers la fin du siècle, produisit logiquement deux types hicn diQ'érents, mais également marqués du cachet de l'époque : Talleyrand, — Robespierre, — le roué déguisé en prélal, — le sinistre somnambule qui mettait en coupe réglée le peuple français pour glorifier sa chimère.

Plus faible que vicieux, et méritant le surnom de chose légère appliquée i l'abbé Delille, moins ambitieux qu'intrigant, hanté de la passion de la célébrité, d'une vanité souvent puérile, fort capable de tenir le pot aux gens en place, quitte à le renverser sur leur tète quand ils tombent

LES CiCSIEBS ft dJigr&ce', aimant Ton les nouiriles et «tile '"-ims- L MniTcs, Marmontel est avant loul de la race éts PliUiikIcs et di'H dus voûlés, de ceux qui préférait teal le nmide, «t ii'aiTunKeiil pour l'aire à Irarers l'eùsteiKe mie pnuii^ iiadu aussi agréable que possible. Qa'oo ne s'êluUBe poiiil ni »es Contes moraux» justifient rarement Icnr litro, si Gi's Mémoire», écrits ponr l'instraclion lir ses enfaDU, Iok unlrelieiinenl trop de ses dissipations.' iians votto itaie do liège, qui ûolle à la dérive, h la mvni da I les app&ls, le sens moral tient une place assa tnilictf, tuiidi» qui? le désir de plaire, le ^oûl ilrs sitmiiioni liii-ralivus ul uerlaiii sjbaritisine inlelleclttel renrahiïs«Dl i tout diitiéru. Sa nature même le reiiduit éuiaeiumeul ' Itropi'B h devenir l'anecdolier et le portraitiste du son tompit, S03 Mémoires eu Tout biea conuailre l'esprll, les mœurs. Qui iia-l-il pas approché 1 ministres, litléralcurs, tViiuiit's céli'bi'es, Brieiiue, Maurepas, Calonne, Kecier. aindfliiio (îeuirriii. luiidame de Teucin, Voltaire, Vaure- IWi|iu»w, Houssoau, Muury, etc., il [es a tous fréqucntto, Aconit et joliiaeut irayoïmés'. Élégance, grâce et tinesse, tts rsrtclires de son style convenaient à merveille poiu'

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