FIÉVÉE
Fiévée, raconte Brifaut (t. P% p. 285 et suiv.) aimait à placer, à recommander, à se faire des créatures. Aux voix qui le décriaient il opposait les voix de ses protégés, et celles-ci étaient grand en nombre. Au surplus, peu lui
importait l'opinion, qu'il avait appris, disait -il, à mépriser. J'ai eu bien des réputations, ajoutait-il, je n'ai jamais ei la mienne. Il partait de là pour rire du cri et du décri public, et il passait outre. Cela mène loin.
U se vantait de chercher dans sa correspondance â détromper Napoléon sur le genre humain : « L'empereur, disait-il, le calomnie en ne lui accordant point de vert s, il se croit qu'à l'intérêt personnel; il avoue à ses sëidea qu'il ne fait fond sur l'attachement de qui que ce soit au monde, et qu'il n'aurait de foi qu'à sa maltresse; encore!... Voici ce que je lui ai écrit, « Votre Majesté ne songe pas à B l'avenir et elle n'aura point d'avenir. Pour en avoir un, s il faut le créer. »
Fiéïée avait de ses talents une si haute idée que personne ne l'appréciait autant qu'il l'eût désiré. Aussi, pour réparer les omissions du public, colportait-il avec une rare complaisance ses cerliDcats d'habileté, signés Fiëvée... Iful de nos personnages politiques, au reste, ne savait tant, ne disait moins et ne disait mieux. Mais avec lui, point de'' dialoRue possible. Un monologue toujours spirituel, oii il se parlait, se répliquait, faisait les objections et les réfutations, le tout en termes si choisis, avec une raison, une justice, une lucidité si étonnantes, qu'en l'écoutant oa croyait assister à la lecture d'un bon livre- et non aux jeuK d'une improvisation aventureuse.
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