‹ Les cavaliers athéniens (volume 2)Chapitre 11 sur 43 · LA PROCESSION DANS LES FÊTES RELIOIEUSES · texte numérisé non relu

LA PROCESSION DANS LES FÊTES RELIOIEUSES

L'importance des fêtes religieuses est assurément un des traits les plus caractéristiques de la civilisation hellénique. Peu d'institutions ont exercé une aussi grande influence sur l’histoire politique, sur l'organisation administrative, sur la science ; sur l'art, sur la littérature, sur l'éducation, on un mot sur toutes les manifestations de la vie nationale en Grèce. Nous n'avons à traiter ici qu'un point spécial de cette grande question ; peut-être cependant, précisément parce que nous examinons ce sujet par un côté tout particulier, nous sera-t-il possible de relever quelqués détails nouveaux.

Une fête religieuse, dans l'antiquité, comprend, en général, deux parties importantes :

Un sacrifice, qui, le plus souvent, est précédé d'une procession;

Des concours ou jeux publics.

Il n'est pas, pour un ancien , d'acte religieux plus important que le sacrifice. Par le sacrifice, l'homme se met en communion avec la divinité, il partage un repas avec elle, D'après une ex-

ication qui se rencontre plusieurs fois chez les auteurs anciens (1), la procession se rattache étroitement au sacrifice , elle

(1) Hioer., Aréops, 29 « « Tpiananlave floûc Eneumov. s Du même, Eloge d'Hél, 29; Hérodote, IL, 45; C. 1. 4, Il, 163, L. 18 : « où lapomoiol perà vûr Bouväv Réphaves rie rounhv 49 Dep Ouéreur raÿias ès foïx dméag, » Voir uno

Le 1

en est l'acte préliminaire; dans la procession (xoux#), on conduit (luxe) les victimes à la divinité pour lui être immolées. Les sacrifices variafent suivant la divinité à laquelle ils étaient offerts ; on ne pouvait immoler à tel dieu telle victime qui pouvait être offerte à tel autre; ils variaient aussi selon la fortune ou La bonne volonté de celui qui les offrait; ils pouvaient être offerts soit par de simples particuliers, soit par des associations civiles ou religieuses, les membres d'un dème, d'une pbratrie, d'un thiase; ils pouvaient enfin être faits au nom et aux frais de l'Etat; des différences analogues se présentent pour les processions.

« Lorsqu'un (1) simple particulier voulait sacrifier à quelque » dieu pour lui et les siens, il disposait tout à l'avance dans sa » maison. On le voit dans les Acharniens d'Aristophane. La fa- » mille de Dicéopolis se rend processionnellement 4 l'autel de » Dionysos avec tous les objets destinés à la cérémonie : la fille * porte la corbeille, avec le gâteau qui doit être consacré, ot l'es- » clave suit avec le phallus (2)... Cette procession vers l'autel est » quelquefois représentée sur les monuments figurés : on la ren- » contre sur certains bas-reliefs votifs à Asclépios. Les suppliante. » s'avancont avec la victime , et derrière eux marche une femme » qui porte sur la tête une sorte de ciste on de corbeille rcou= » verte d'un morceau d'étoffe, et dans laquelle se trouvent proba- » blément tous les objets nécessaires à l'accomplissement de la » cérémonie. »

Nous avons de nombreux exemples de processions célébrées par des associations civiles ou religieuses, par des corporations de citoyens où d'étrangers. Tout le monde connait l'admirahle début de la République de Platon. C'est la fête des Bendidies; Socrate est descendu au Pirée avec Glaucon, fils d'Ariston et frère de Platon ; ils assistent à la fête de jour, qui comprend surtout deux processions : l'une est organisée par les citoyens du dème, l'autre par les Thraces ; ceux-ci ont été jaloux de montrer leur dévotion à la déesse Bendis et Jeur procession n'est pas jugée la moins belle (3). Socrate s'apprête à rentrer en ville quand il est aperçu par Polémarque, le frère de Lysias, qui lui apprend qu'il doit y avoir une fête de nuit avec des courses aux flambeaux

autre explication dans Wachamuth, Hell. Al, 1L, 561. Sur les procéssions voir K. F, Hermann, Die Gotterdienst, Alt. & 31, 11 et saiv.

{1) Les Sacerdocis athéniens, par Jules Martha, p, 67,

(2) Vers 239-261 ; l'auteur cite encore Thesmophoriazusæ, v. 284 et suiv,

(8) Liv. 1, 1 : « Koh pèv oùv por mal à riv Érrympluv mous EBotey elvat, où Wear Hire bgalvere npérers fe ot Epaxss Ereurov. »

Page 1