‹ Les cavaliers athéniens (volume 2)Chapitre 13 sur 43 · LA PROCESSION DANS LES FÊTES RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

LA PROCESSION DANS LES FÊTES RELIGIEUSES

Net ouis buse liberté que leur octroyait le sénat romain. Flamimius eut soin de bien choisir le moment pour que cette proclamation produisit la plus grande impression. C'est pendant les jeux isthmiques, au moment où loute la nation était réunie pour voir les concours , que Je héraut s'avanca et proclama que toutes les cités grecques étaient désormais libres et autonomes. Il est intéressant de voir que ce n'est pas seulement à l'Isthme que des choses furent si habilement arrangées ; dans d’autres endroits, nous retrouvons cette même préoccupation de la mise en sone qui peut fournir un argument nouveau à ceux qui dans ce grand acte politique du sénat ne voient qu'une pure comédie. À Erétrie, on choisit aussi l'occasion d'une grande fäte publique pour annoncer l'heureuse nouvelle; c'est pendant que l'on célébrait la procession de Dionysos, que la garnison étrangère se relira et qu'on annonça au peuple le rétablissement de la démo cratie et des anciennes lois. Aussi, pour consacrer le souvenir d'un pareil jour, les Erétriens décrétèrent-ils que, désormais, lous, citoyens et métèques, assisteraient à la procession de Dionys08 en portant dos couronnes de liorré (1).

-Dans los grandes fêtes nationales , c'est la cité tout entibre qui compose la procession ; non seulement les prôtres ot les magistrats, mais les hoplites, les cavaliers , les éphèbes , toute l’arméo on ua mot, sont tenus de figurer dans le cortège, C'est un usago

général en Grèce que l'armée nationale escorte les pracessions célébrées en l'honneur des divinités nationales. Nous avons vu qu'à Chalcis, 4 l'époque de l'indépendance, la procession à Arté= mis Amarynthienne comprenait trois mille hoplites, six cents cavaliers el soixante chariots de guërre (2); la procession d'Athêna Chalkioicos à Sparte (3), celle de Héra à Samos (4) était con-

n Anti 2$ Heu mai 19 Bdqup ovupaviiant Atgavtos 'hmamoñépou yeuade (ererd Magbeveloic êr 57 ropn, à évéyreAue moovpévu rdv cupuvauémn : «0 Blog orégava Abgaveos ’Acxlxmobdpou Luna dperäe dveuz nal ebvolaz +3 ele aträv. » Chersondsos est aujourd'hui Sévastopol.

A1) ©. 4 G., 214 (Dittenb., Syll., 201), 1, 3: « "Emuëh rh our) +9 Aroydauv Ave pooupa éme 6 re Bfuos Hhenbepdôn val robe matplouc vôpouc xl rhv no wpaclay dglaare * Grux Orôpmpa rh: hnépac rabrn À, HBolev rÿ fou) el rÿ Bhpp, oxrpampopers 'Eprrpuis révrac nai toùc Éomooveac xertoû orégavoy tÿ moRD 105 Aunvéaou * cube D nofruc Jafaty rude arupdvovc dx 500 Empoglau , rom

eu rèn raplar roc orepévouc n

€) Voir p. 10.

43) Polybe, IV, 35, 2: « Kavk yhy viva Dusiay nésprov He robe pv êy vafe he nie perd cûr She roprebev dr rôv she "Aünvde re Kamioixou vediv. n

14) Polyce, Srratog., L, 23, 2 (ed. Wülin).

148 LES CAVALIERS ATIÉNIENS

» d'éviter qu'elles ne s'embarrassent les unes dans les autres. » Chacua devra tenir la sienne entre les oreilles do son cheval, # si l'on veut qu'elles paraissent bieu distinctes, uombrouses et » terribles à la fois, Après co temps de galop, il sera beau d'aller » ensuite au pas jusqu'aux chapelles par le chemin déjà par- » couru, De cette manière tout ce qu'il y a de boau dans la cava- » loerie sera montré aux dieux ot aux hormmes. Les cavaliers ne » sont pas habitués à cos manœuvres, je le sais; mais je crois * éussi qu'elles paraîtront bonnes, belles ot agréables aux spec- » latours. »

Les évolutions nouvelles que propose Xénophon doivent avoir lieu sur l'Agora ; la mention de cette place revient fréquemment dans les textes qui rappellent le rôle des cavaliers dans les processions (1); il est certain que c'était là un point topographique très important; aux Panathénées en particulier, le cortège, parlant du Pompéion pour se rendre à l’Acropole, devait forcément traverser l'Agora,

Ce que Xénophon recommande le plus à l'hipparque pour ces processions, c'est de chercher à briller, non lui tout seul , mais avec lous ses cavaliers; c'est un effet d'ensemble qu'il recommande; il veut voir tout le corps des cavaliers évoluant avec précision, rapidité et élégance ; il revient souvent sur ce sujet; il croit que le phylarque fait plus d'honneur à la république par la bonne tenue de sa troupe que par les belles parures dont il peut se couvrir; la vraie parure d'un commandant de cavalerie c'est la bonne tenue de son escadron (2); il ne veut pas que l'hipparque où le phylarque fasso aller sa troupe au pas dans le seul but de pouvoir, lui, faire parader son cheval (3); il ne trouve rien de brillant dans un pareil spectacle.

La cavalerie était divisée en deux corps, chacun de cinq escadrons; en tête de chaque corps est un des deux hipparques (4); chaque escadron à son tour est précédé par le phylarque qui le

{1} Démosth,, €. Mid. 171 à « égetoÿar duà rh dyopdk vale moumale où Auvéuevoy, » Méoandre chez Photios, au mot répreiv:

a Moxpà Mavabra® érrubh G° dyogie LEE œ, Morgiur , Héene bépn she xôpe dg” Apharoe.

De mâmo, Hégésandros chez Athônée, LV, 64, P. ter F. €) Hippareh., 1, 22.

(3) ept temine, XL (4) Xén., Mipparch, AL, 11: 0 Brav ol arapyor Ayüven tate Se pots. » Pholius, Larique: « “ireapyor do fav, ol rô Enméuv frobvro, Buelépavos, sèc gudâc bnérapos va mére, »

de nos renseignements. Nous ne connaissons qu'une fête pour laquelle cette indication soit certaine, Plutarque raconte que le jour où Phocion, condamné à mort avec ses compagnons, devait boire la ciguë, les cavaliers qui faisaient la procession en l'honneur de Zeus passèrent devant la prison; les uns enlevèrent leurs couronnes, les autres regardèrent en pleurant les portes de Ja prison (1). Cette fête de Zeus serait les Dour, une des grandes fêtes d'Atfiènes; elle aurait été instituée très probablement par Pisistrate au moment où il commença la construction de ce grand temple à Zeus Olympien qui ne fut terminé que par l'empereur Hadrien (2); la fête était encore célébrée du temps des Antonins; elle comprenait, au moins dès le commencement du troisième siècle ayant J.-C., un concours d'anthippasia exécuté par les cavaliers (3); une inscription, expliquée par Bœckh (4), a montré, par le nombre des victimes qui étaient immolées, quelle était l'importance de celte fête.

Les cavaliers, nous le voyons par ce texte de Pluisarne:pocalent douc des couronnes sur La tête dans les processions, C'était d'ail leurs la règle (5); les éphèbes avaient des couronnes de myrte.

Ce texte de Plutarque, nous l'avons dit, est le seul qui, en mentionnant la présence des cavaliers dans la procession , donne le nom do la fête; partout ailleurs cette indication fait défaut, 11 n’y a pas do fête pour laquolle ctto participation de la cavalorio à la procession soit considérée comme aussi certaine que pour les Pa= nathénées, et cependant là aussi nous ne pouvons fournir aucun, témoignage précis (6). On allègue d'ordinaire une anecdote rap portée par Athénée d’après Hégésandros (7). Démétrius, descandant de Démétrius de Phalère, étant hipparque, fit aux Panathénées dresser sur l'Agora ‘une tribune devant les Hermès et plus haute que ces Hermès, pour que sa maitresse Aristagora pût mieux voir la procession. Ici la fête est indiquée, mais lenom des

(1) Platarque, Phocion, 97 : «Hy 8t fuépz prvès Mouvuyuüvos dvd nl Bus sal 69 Au rhy rourhy méprovres ol Im rate napctfeauy » Dv ol pèv âgeiovra roùe crsgévous ol 8ù rpès rc Dpas Prbampuévor + elpushis émiBiepar, »

(2) Sur cette fête, voir A. Mommaen, Heorl., p. 412; K. F. Hermann, Goitesdienst. Alt, # 60, 5; Schômann , Gr. Al, IL, 506.

(3) Sur l'anthippasia, voir le chap. EV de ls partie IH,

(4) Staats,, LL, p. 112 et suiv, ; l'inscription se trouve dans le Corpus eitique, tome A1, n° 741, frag. A.

(5) Michaalis, Der Parthenon, p. 207.

(6) d., ébid., p. 214,

(M) Athénée, 1. 84, pe 167 F : n Toïe dt Mavainvalous Temapgos dv Lplay éornsz pds toc “Eppals Apirrayépg peremgérepos rûv “Eppôv. »

JALIERS ATHÉNIENS DANS LES PROGESSIONS. 151 pen hipparque, et surtout un hippardé Démélrius, a élevé sur l'Agora une tribune pût mieux voir Ja procession suffit-il pour

t la présence des cavaliers dans celle procesdemment une présomption très forte, mais non

le plus important relatif aux Panathénées est

ie de Phidias a tracé sur les murs de La cella au

avons déjà parlé de la frise de la cella ; la part

que le sculpteur a attribuée à la cavalerie dans cette

u nous à fourni un indice pouvant nous pérmeure

ne date pour la réorganisation de la cavalerie (1).

n'avons pas l'intention de trailer cette question de la

a cela, un des points les plus obscurs et les plus diffi-

le grecque. On est en général d'accord pour

uen

ssion, où des prépuratifs de la procession, ou bien

Let difficile de s0 prononcer (2); comme le dit

is (3), l'interprétation de cette frise est encore une

‘pendante qui, avec les ressources dont nous disposons, Btre complètement vidée.

on part de l'angle sud-est; au centre de Ja paroi

t des personnages immobiles, qui représentent

des divinités, C'est vers ces personnages que se di-

L éôlés, la procession (4). Sur la façade orientale

senté est le départ des cavaliers; la scène ne se passe

6, Lrop rocheuse et trop encombrée, c'est plutôt

lers du Pompéion; les cavaliers ne courent

st ane vraie parade. Sur la façade nord, encore des cava-

il y & une indication de rangs; le cortège s'est formé ;

s'cavaliers vicnnent des chars dont lo mouvement est de

us rapide; sur ces chars se trouvent une jeune femme

er : Lantôt celui-ci est à terre, lanlôt il saute sur le

oût Michaellé {Der Parthenon, Berlin, 1811, p. 209 et suiv.) et Fees der grieshisohen Plastik, %e éd, Leipzig, 1881, & 1, chapitre de Beulé (4eropole d'Athènes, © LA, p. 138 et 8.) est artistique de ces sculptures : ef aussi M, Colli-

grecque, p. 64. Gr, p. 638 Voir à la Gu du chap. VIT part, 11 du présent ouvrage, 3 d'ane part sur la paroi est ét sur Lx paroi nord, die l'autre

- 156 LES CATALIENS ATMÉNIENS

la description de co qu'était une déve; il s'agit de la rentrée du roi Altale dans Athènes et des honneurs qui lui furent rendus en cette circonstance; le tout avait 6t6 réglé par un décret du pouple : « Le lendemain le roi avec les Romains et les archontes » des Athéniens monta (du Pirée) vers la ville dans le plus pom- » peux apparoil; non seulement les magistrats avec les cavaliers, » mais tous les citoyens avec leurs enfants et leurs femmes all » rent à sa rencontre, Quand les deux troupes se rencontrèrent, » l'accueil qu'on fit aux Romains et surtout À Atiale dépassa tout » ce qu'on peut imaginer. Ou entra dans la ville par le Dipylon; » des deux côtés étaiont rangés les prêtres et los prétresses ; Lous » les temples étaient ouverts; dans tous cos tomples étaient des » victimes (1). »

Assurément, nous sommes à une époque où les Athéniens sont, devenus les plus ingénieux, las plus raffinés des flattaurs; si Polybe décrit minutieusement cette réception, c'est parce qu'elle fut une chose extraordinaire; quoique peut-être ce qui était extraor dinaire c'est d’avoir rendu à un homme des honneurs qu'on ne rendait qu'aux dieux. Mais, même en admeltant que lout ce que les Athéniens firent alors n'était pas du programme ordinaire des Üraruvrfoux, la façon dont s'exprime Polyhe prouve que la présence de la cavalerie à côté des magistrats était de règle dans les cérémonies de ce genre,

Voilà toutes les fêtes pour lesquelles nous pouvons trouver des témoignages qui montrent, soit directement, soit indirectement , que les cavaliers ont pris part à la procession ; mais, comme nous l'avons déjà dit, de ce que nous n'avons pas un lémoignage formel pour telle ou telle fête, on ne peut pas en conclure à l'absence de la cavalerie dans la procession de cette fête; Lout au contraire. Des preuves nombreuses attestent d'une façon générale la présence des cavaliers aux processions; il nous semble qu'on peut en conclure que la cavalerie a figuré dans le cortège de La mou des principales fêtes d'Athènes.

(1) Polybe, XVI, 95, 3 et suiv. : « *O 22 rév ’Abnvañow Euoc yvode vhy pou olas abrod ueyadopepôc éfnglouro mepl rie àravrfosmc «al se Sime dnoëoyie 500 furéos. "Arrados ôt varamheiaas ke côv Iupad vhv pv rpérene fpépe xp périe voïe be fe Pine mpesoiran t éxaÿpuoy ua tols Pupalor ma tot aôv 'Amvalur hprovon dvééauves uerè peydne mpostaslns + où yàp môvoy ol sûc pxûc Exovrecuerà rüv Enréwv, Aà nai mévrec ol moïfear der cv és ka) puvacy érhreuv abrote - dx BE ouvéutav +otadrn mapà tüv RoAGY Éyévero xarè iv mévemiv quavbpurls npûe re Pupalouc rai étt pälov mods sûr Arsaov Go! Uraplohhv ph saradenely * drrel 24 elfe arà rà Airular, € duarépou roû ppouc rapésenaev 2kc lapeinc mal roc lepeïc. »

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