‹ Les cavaliers athéniens (volume 2)Chapitre 16 sur 43 · DE L'ORGANISATION GÉNÉRALE DES CONCOURS · texte numérisé non relu

DE L'ORGANISATION GÉNÉRALE DES CONCOURS

couraieut se trouvait nécessairement réduit, Ce système fut pra= tiqué encore assez longtemps ; enfin une transformation radicale de la chorégie fut opérée; c'est désormais le peuple qui est chorège, & pos iopéqu, et il confie la charge d'organiser la fêle et les concours à un seul magistrat, l'agonothète, Ce magistrat n'exerce plus une épi, mais une érrdke ; il est élu à main levée,

; il doit rendre des comptes; ses fonctions durent un an et il doit s'occuper de toutes les fêtes et de tous les concours del'année; il arrive quelquefois, dans les inscriptions, que, parmi ces fêtes el ces concours, quelques-uns sont particulièrement désignés, par exemple les concours des Dionysies (1); enfin l'agonothète est chargé d'organiser les processions et il fait des sacrifices. Plusieurs agonothètes ont occupé des charges très élevées.

Les dépenses qu’ils ont à supporter sont presque toujours considérables; pour les Dionysies (2), par exemple, les dépenses se sont élovées une fois à sept talents.

D'après M. Kôhler, cette transformation de la chorégie dewrait être placée dans l'O]. 117,4 — 309/8 et devrait être attribuée À Démétrius de Phalbre , qui a gouverné Athènes de 316 à 307.

Le dernier texte (3) qui mentionne un agonothète chargé ainsi de s'occuper de toutes les fêtes pendant un an est un peu postérieur à l'année 229 avant notre ère: À partir de cette époque, une modification fut apportée dans celte magistrature ; on trouva très probablement que c'était un trop lourd fardeau pour un seul citoyen que d'avoir À s'occuper de toutes les fêtes d'une année; on décida de choisir pour chaque fête un agonothète qui n'aurait 4 s'occuper que de cette fête, C'est cette organisation ainsi modifiés que nous trouvons dans les inscriptions relatives aux Théséia.

Celte organisation paraît avoir duré longlemps; au roisième siècle après Jésus-Christ, nous trouvons encore des agonothètes particuliers pour chaque fête (4).

"Les fonctions de cet agonothète sont indiquées avec détail dans

g C1. 4,, 307, 1. 17, GAL 4. SD, 1 5. .

am 879, 1. 4 et suiv. Dans C. 1. 4 = obeséav eûn Iavabrvaienv, RASE en pas roi tre suspactés. Cf. G LA, AN, TO o {add., p.

(WDErLA., He (6, Pour lea Théséia, l'agonothète eat mentionné, {bid., A0, 1: 6: 4160, 11, 32» 117, 28: 1179, LL; 1202, LE, 40 ; l'inscription 1091 indique ; les Inscriptions 1171 et 1173 indiquent, comme agonothète, Je cosmète. Voir, ‘dans Albert Dumont, Essai sur l'éphébie;3l, p.226, la distinc» Lion entre l'agonothétat public et l'agonothétat éphébique.

devait immolor à la divinité (1). Dans ces textes, ces prix sontdtsignés sous lo nom de væmrfpu, et cette expression se retroure dans d'autres inscriptions (2) à pou près de la même époque c'est-à-dire du quatrième siècle. A l'époque de nos catalogues de Théséia , c'est-à-dire au deuxième siècle, il semble que cet usag@

s'était perdu de désigner ces prix par un mot particulier : ils son£ appelés 41e comme les prix individuels. *

(U Fr. b, col. LE, L. 22 : « Noenripua + H alu muppxuotale fods H, éyevelous muppoxiotate Boüc H° ävôpéor ruppixiatate Boÿc H coavbpig qui wxaes Boñe H* qui vrdon Boëc AAA Jauraënpép vxüvri bäpla. (2) G.I. 4, IL, 652, L. 36 : « 3 vuntpie roù xbapplou Bach (C. 1. G., Addmde, p. 98 , et Siaatr, IT, p. 252), croit que le prix de ithare, n'ayant été remporté par personne, fut consacré à la déesse ; il faudrait rapprocher alors ce qu'on lit sur une inscription de Larisse, en Thessalie (Duchesne et Bayet, Mission au mon Athos, n° 158, p. 113: « Tà 8è räv évépôv mayepériov | lepèv érévero. » — C. [. A. Il, 814, fr. a, L. 33 « Torobee vixnrfpra vote xopotc xat rÿ éprarapdwp quoéc, X, » mais fr. b, 1.26 :

dd soûrou réde évmébn * le Lepà + à xarà phiva xal pouonie 201 a xal rue... »

192 LES CAYALIERS ATHÉNIENS, nasiarchie; elles faisaient partio des liturgies dites endinaires, dprérios.

De ces concours, le plus ancien paraît avoir 6té colui d'ebavèele. Xénophon dit que les Athéniens envoyaient à Délos un chœur qu'ils recrutaient avec le plus grand soin el qui, pour la beauté des hommes, l'emportait sur les chœurs envoyés par les autres villes (1). C'est un concours du même genre que nous trouvons aux Panathénées, Harpocration (2) dit qu'il y avait, à cette fie, un dybv elavéplec , et il cite, comme autorités, Dinarque , Andocide, Philochoros. De ces trois lémoignages, le second doit être rejeté. En effet, pour Andocide, Harpocration renvoie au Discours contre Démosthène. Or, ce discours a été attribué à tort à Andocide : il est l'œuvre d’un rhéteur de l'époque postérieure (3). Mais les témoignages de Dinarque et de Philochoros subsistent. D'autres grammairiens répètent le renseignement fourni par Harpocration sur cet yüv sbavègixs des Panathénées, l'un d'eux en ajoutant un détail nouveau (4): c'est que les étrangers n'étaient pas admis à prendre part à ce concours. Enfin, dans un lexte épigraphique, le catalogue panathénaïque 965, nous lrouvons, parmi les prix désignés sous la rubrique voenrigez , un prix d'énêe Lil n'y avait donc, à l'époque de cette inscripüon , au commencement du quatrième siècle , que ce seul concours de ce genre à la fète dés Pauathénées , et on peut admettre, je crois, qu'il n'y en avait qu’à cette fête. Si Dinarque, si Philochoros, sans parler du pseudo-Andocide, mentionnent seulement ce concours, c'est que probablement il n’y avait d'abord que celui-là.

Copendant, dès l’époque de Dinarquo, au milieu du quatrième sibcle, l'inscription €. J. A., IT, 172, nous fait connaître un concours d'abraËlx pour une fête que nous ignorons; onfin, au deuxième siècle, nous trouvons, pour la fête des Théséia, un concours d'elorhix mentionné à côté du concours d'ehaviplu.

Ïl y a pour l'agonistique une règle constante : c'est que les

(1) Mémor., LU, 3, 12.

(2) « Edavhgia : Aclvaggo: dv +0 nur *Ayaswdouc Tavabnvalous dyüre frere, "Av dufuébeu not wal dnxégopor »

Adrèe rurgéve vernenee ébavèple rai leurélt Kat tpeyie ‘auteur du discours s'est plu à répéter des anecdotes et des diatribes contre l'ostraciame (F. Blass, Die attische Beradiamkeit, 1, pp. 330 et sutv). Photius et Suidas répètent, en l'abrégeant, cé que dit Harpocration, W, RES grammairiens au mot Fdaväpiæ.

(1) Bekker, Anecd., p. 257, 13: « Eüxväpla : éyüv ri cms EE vaio dyépenss, 0Ù oivmy e Ty oùx LEfiv rate Edvoue, n

1m LES CAVALIERS ATHÉNIENS.

un groupe de vicillards portant des ramoaux re, GDogége (1); pour former ce groupe, où choigiseait les plus beaux vieillards d'Athènes (2). 11 trouvait encore que des enfants faisaient aussi partie du cortège, et alors il supposait qu'il y avait entre les dix tibus un concours, dans lequel deux prix étaient donnés, l'un à la tribu qui présentait los plus beaux vieillards, l'atitre ‘à celle qui présentait les plus beaux enfants; de là les deux prix qui sont indiqués sur l'inscription 965. Cette explication de Sauppe n'est plus aujourd'hui aceptable. Nous trouvons ce double prix indiqué pour le concours d'érxëtx daus l'inscription ©; J. 4., LE, 172; il serait déjà difficile de voir Ià un prix pour les vieillards et pour les enfants, Enfin , les inscriptions des Théséia donnent la solution de la difficulté (4). Nous trouvons, dans ces lextes, trois prix indiqués pour les deux concours d'eavèpls ot d'exoraie : Muni est donné aux fantassins d'élite, l'autre aux cavaliers, le troisième aux étrangers (4). Nous savons, par un grammairién, qu'aux Panathénées les étrangors n'élaiont pas admis à concourir ; il rôste donc deux prix, l'un pour les fantassins, l'autre pourles cavaliers; co sont ces deux prix qui sont indiqués par le catalogues panathénaïque C. I. 4., IL, 065, pour le concours d'éovègla.

Ces concours ont un caractère essentiellement militairo; les prix sont donnés aux deux armes qui constituent l'armée athénienne : les fantassins, c’est-à-dire d'abord les hoplites, plus tard les érfexror, el los cavaliers, Généralement , à côté du nom de la tribu victorieuse, on trouve le nom de l'officier qui la commaude : le taxiarque pour les fantassins, le phylarque pour les

(1) Aristoph., Guêpes, v. 544 avec la scolie, (2) Xôn., anquer, IV, 17 : « Gadopéçous var + 'Alnvg robe madode répovees doéyovrar, de supragosaprolvres mao Male voû xélhoug à (81 Voir Thumser, op. laut, p. 98, {ii G.H, À., LI, 444, col. E et aulv. :

V4 Ty ériéeruy «davépig * quid évbea 'Arralls rafrapzoüvee:

Le ’apyalou 00 Aonduvos "Arvég.

rat edom ile » qu êvlus Kexporis rahiapyobvenc "Avrdépou +0 ’Apeiau mnt. Toy Es rote Lveaiv adaväple : éyua évixx rd ‘Open.

met edonhig - réyua Eine 10 Anpéou.

Tüv Lerduy Ldav8plg * quid dvine Alyete goaproivros ’Aparlvoc +00 Eipou ss Ter aber hig aux élua Agde qu Laparluvos] +09 ElGpjou dy Muppmoërenc

L''Avdizrata. \

L''ivpiruels est ane manœuvre militaire qui nous est connue par la description assez détaillée qu'on a faite Xénophon, I dit une première fois dans son traité sur l'Hipparque (1): « Quand, + avant l'exercice du javelot , les cavaliers font la manœuvre dans = le Lycée (2), il sera ban de voir les deux divisions de cinq » escadrons chacune, le commandant an tte, ainsi que los phy- » larques, faire une charge comme en bataille, de manière à » remplir toute Ja largeur de la carrière. » Un peu plus loig, en parlant des exercices qui se font à l'Hippodrome, il revient sur cette manœuvre (3), et là à l'explique en détail : « Quand la re- » vue se fait à l'Hippodrome, il sera beau de disposer tout d'abord » la troupe de front de façon à remplir toute Ia largour de l'Hip- » podrome et d'en faire retirer la foule. 11 sera beau aussi, quand, » dans l'anthippasia, les escadrons se fuient et se poursuivent, et » que les deux hipparques commandent chacun cinq escadrons, » de voir tous ces escadrons se charger et se croiser, Il y a dans »* ce spectacle quelque chose de terrible quand ils s’élancent de » front les uns contre les autres, et de majestueux quand, après » s'être croisés (4), ils se font volte-face, et de beau encore » quand, au signal de la trompette, ils se chargent une seconde » fois au galop; après, ils s'arrêtent; il faut alors que, pour la # troisième fois, au signal de la trompetto, ils se chargent à fond » étque, se croisant pour lerminer, ils ss forment tous en pha- » lange, selon notre usage , et s'avancent vers le Conseil. Je crois » que ces manœuvres auraient un certain air de guerre ét de nou- » veauté, »

11 ost assez difficile de déterminer quelles sont, parmi les manœuvres décrites ici par Xénophon , celles qui étaient déjà pfatiquées par les cavaliers athéniens et celles qu'il canseïlle, qu’il si. gnale comme devant avoir un air de nouveauté. D'après M.U. Kôhler (5), les conseils de Xénophon ne porteraient que sur

(1) Héppareh., IUT, 6.

(2) Le gymnase du Lycée, reconstruit par Lycurgue (Paüs., 1, 29, 16) servait aux exercices militaires. Aristop., Paix, 356 et la scolie, Photios et Suidas, Auretov.

(3) Mid, I, 10 et suiv.

(4) J'accopta la correction da Courier, qui retranch les mgts sd Imméèpape, comme une glose introduite dans le texte.

(5) Mitth. d, deutsch arch. Inst., LX, p. 60, n. 2,

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