CONCLUSION
DA Rues 26 murcbos pus rouen , el vous ne voyez pas
» Ja nécessité de conlribuer, Après cela, vous êtes surpris si vos
» affaires vont mal. Croyez-vous donc que les choses puissent
| » durer ainsi + à moi de contribuer, à vous de recevoir ? à moi » d'être Lriérarque, à vous de ne pas vous embarquer? »
Non seulement on n'avait pu faire que la richesse ne ft une puissance; mais dans quel pays cette puissance de la richesse a été plus graude que dans la démocratie athénienne? On n'a qu'a ouvrir les oraleurs; on est étonné dés illégalités, des violences que le riche peut se permetere (1). Les Midias ne sont pas rares dans celle démocratie, c'est-à-dire les ciloyens qui ne donnent à leur vis d'autre but que d'insulter et de maliraiter Los gons de condition inférieure. Quiconque veut s'exempter d'un service pénible de peut, s’il est riche; un moment même, la répartition des chargus dans les symmories est aux mains des citoyens les plus riches, qui s'exonèrent en partie des contributions, pour en rejeter tout le poids sur les citoyens de petite fortune. L'aristocralie ne craint pas d'afficher son mépris pour-le peuple, sa haine pour la démocratie, et son allachement à Sparte. On fait gloire au peuple athémien de sa tolérance, de sa magnanimité envers les poèles de l'ancienne comédie ; on oublie une chose: c'est que ces poètes dépéndent des riches; c'est le riche qui fait les frais des représentations comiques ; où lui impose la charge d'amuser le pouple, il le fait; il fait rire le peuple, mais c'est aux dépens du peuple luimême ; en plein théâtre, devant les citoyens, devant les étrangers, devant les alliés accourus pour assister à La fête de Dionysos, le démos athénien est bafoué et insullé; ses flaiteurs , ‘ses chefs sonttrainés dans la boue, Les bons comm les pires : Périclès n'est
plus épargné que Cléon ; la comédie ancienne n'est qu'un
pamphlet écrit avec une verve brûlante contre la démocratie, par des poètes qui sout aux gages de l'aristocratie; chaque auote, ce pamphlet est récité, est joué devant le peuple , qui est Bien forcé de laisser l'aire, car c'est le riche qui paie.
Les elloyens des baules classes sont les plus indiciplinés et les
plus turbulents : ils se font un devoir de violer la loi pour le seul
sir de la violer. On a ainsi cet étrange spectacle d'une démocralie où le peuple est tout dans l'Assemblée et dans la vie publique, mais où, dans la vie privée, c'est le riche qui est le seul maitre, maître insolent et brutal, ardent à prendre sa revanche des atfronts qu'il a pu recevoir du démos.
(4) Cf, pe 506 et 507.
| ge. 0
CONCLUSION, 561 France le principe monarchique, dans Athè-
“conséquences. En nes le principe démocratique se développent, éliminent tous les
principes contraires, pour aboutir ici à la monarchie, là à la dé. mocratis absolues. En France , une fois que la monarchie est de-
venue absolus, qu'elle a bien fait le vide autour d'elle , qu'il n'y
« plus qu'une seule force, un seul pouvoir, elle est emporlée à la
tempête. Le résuliat a élé le même dans Athènes; la “démôcratie absolue a abouti à la ruine de la démocratie et de Vempire athénien. En poursuivant d'une façon implacable la guerre contre l'aristocratie, elle commettait la faute on le crime que commeltent souvent les partis, quand, enivrés par la victoire, ils s'imaginent qu'ils sont tout l'Etat, et qu'il leur est permis, sous prétexl de réduire des adversaires à l'impuissance, de priver la patrie des forces Les plus précieuses.
Si l'on conçoit comme le type de l'Etat celui dans lequel chaque force sociale à une situation en rapport avec les services qu'elle rend, ce qui entrainera naturellement chaque citoyen à rendre le plus de services possible, on peut dire que l'Etat athéaien, à partir délls fn du cinquième siècle, réalisait le Lype contraire : l'action de ladémocratie avait abouli à tourner, contre l'Etat lui-même, ce qui était dans l'antiquité la plus grande force sociale, les classes riches.
Ces elnssés, nous l'avons dit, devaient avoir le dernier mot; l'aristocratie devait triompher; il est vrai que sa victoire devait coûter à Athènes sa puissance el sa liberté.
Lesintrigues, Les trahisons des aristocrates amènent la victoire de Sparte. Athènes est vaincne, bien vainene, Les aristocrates sont "enfin les maîtres ; mais La lutte a été si ardente, tant de haines se soutamoncelées dans les cœurs, qu'une fois au pouvoir les riches oublient toutseus politique, tout esprit de prévision ; ils ne pensent
qu'& se venger de cette exécrable démocratie qui les a abreuvés de tant d'outrages (1). [ls massacrent sans pitié amis et ennemis, et, dans huit mois, ces aristocrales, qui ont annoncé le règne de la vertu, ont fait mourir plus d'Athéniens que les Péloponnésiens en dix ans de guerre (2). Les excès de cet atroce régime amènent sa ruino : la démocratie est rétablie; mais, peu d'années aprés , les aristocrates sont de nouveau au pouvoir. Seulement , cette fois, la lactique de l'aristocralie est changée : au lieu de tenir lôle au peuple, de lui résister , elle le flatte, elle l'amuse.
11) Voir l'épitaphe que l'on mit sur ie tombeau de Uritias. scol. d'Esch,, 1, 113. C2 Xéo. Het, 1, 4, 21.