‹ Les cavaliers athéniens (volume 2)Chapitre 5 sur 43 · L'ÉPOQUE HÉROÏQUE EN ATTIQUE, LES HOPLÈTES · texte numérisé non relu

L'ÉPOQUE HÉROÏQUE EN ATTIQUE, LES HOPLÈTES

cratie avait la pratique et lc goût des choses de la cavalerie; nous avons sur ce fait des preuves que nous discuterons quand nous

parlerons du développement de l’agonistique dans Athènes (1); mais que les Hoplètes aient formé cette aristocratie de cavaliers, nous ne croyons pas que rien aujourd'hui autorise à l’affirmer.

(1) Voir livre I, partie ?, chap. 2.

DE L'ONGANISATION DE L'ATTIQUE AVANT SOLON. 5 niens ; cetté œuüvre de Solon à dû nécessairément demader un ue : pout-être n'était-elle pas terminée en

“éas,#i, À cette Époque, dés événements si gravés s'étaient produits, le Iégislateur d'Athènes y aurait 6té mêlé, où bien, en admettant qu'il fit déjà parti pour ses voyages, très stremeat quelques traces de ces faits, quelques souvenirs se rat- 0 4 rarement üné telle révolution ne se

sans intéresser celui qui, deux ans où un an

vait tent dans ses mains le sort de sa patrie, sans

qu'il ent oût ressenti d'une façon quelconque le contre-coup. Nous

sorties élonné que M: Lanäwebr n'ait pas prévu quelles objec= se San

le système de M. Landwehr des objections que-

essayé de combattre, Damasias est archonte en

2 7 re illégalement au pouvoir pendant deux ans, il etou décide de composer désormais le che desneuf archontes de quatre Enpatrides, trois Apoikoï , deux Dé miurges; c'est, d'aprèé M. Landwehr, de aette façon quo Id collège des arehontes fut composé jusqu'à ce que la réforme d'Aristide out fait disparaitre toutes ces inégalités et ouvert le gouvernement à M, Landwehr so heurte ici à l'opinion, généra- Jement adoptée, qué Solon n'a permis l'accès de l'archontat qu'aux citoyens de lx première classe. M. Landwehr conteste les témoiguages quenous avons surce point. Le plus clair de ces témoigne gesise trouve chez Plutarque (1) qui l'emprinte à Démétrius de Phalère + « Tèr érérou spyhv; fr fete ci au hayb dx tüv yevü rüv à équaez marre mexrquénuv, de æivranomuopu bu Vous rpommyépue, »

cetexle, oùtre ce renseignement si clair sur le des penticosiomédimnes, en fournit un autre non moins mode de nomination des archontes à l'époque d'Aris-

Le (2); somiaation qui se serait faite par la vois du sort. Nous Louchons là à cette question du tirage au sort appliqué à la nomination desarchontes, question qui, dans ces derniers temps surtout, a été très vivement discutée; le témoignage de Démétrius a donc

inion qu'on adloptait sur

latte da Nicole, Etudes sur les aréhontes athéniens, dans la Ree.

te FM (1580), p.32 et suiv., p.161 et suiv., en réponse à M, Fustel

Ge sort appliqué à la nomination des archontrs athé=

= pepe ivôtte-Beanault, Les Stralges athéniens. p. 11 et suiv.

l'antiquité, Idoménée de Lampsaque contredisait le dire de Démétius (1); Idoménée, comme historien, n'est pas enu en hante estime par les anciens, et un texte d'Hérodote des plus explicites (2) confirme le témoignage de Démétrins, Quoi qu'il en soit de ce point, il est certain au moins que ce qui, dans le passage de Démétrius, se rapporte au privilège des pentacosiomédimnes n'a, autant que nous pouvons le savoir, soulevé aucune objection dans l'antiquité. Toute une série de Lextes d'Arisiote (3) indique que * les citoyens des trois premières classes pouvaient seuls arriver aux charges ; ces Lextes ont subi quelques interpolations, mais le fait qu'ils mentionnent lous n'en est pas moins suffisamment attesté, c'est-à-dire qu'il y avait des inégalités ontre les classes sociales instituéos par Solon; certaines classes jouissaient de privilèges que le législateur avait refusés à d'autres; ot, parmi cas privilèges, était le droit d'arriver aux charges publiques. M: Landwebhr cite, pour appuyer son opinion, des vers de Solon (4) auxquels il attribue un sens-que nous ne pourons a6cepter. Solon dit qu'il n'a ni augmenté, ni diminué la puissance du peuple ; s’il lui avait ouvert l'accbs d'une charge comme l'archontat, aurait-il pu parler ainsi? Les Eupatrides peuvent seuls être archontes ; leur enlever un tel privilège, n'est-ce pas diminuer sérieusement la puissance de cette classe? M. Landwehr ex plique la réforme opérée par Aristide en disant qu'elle a simple= ment abouti à supprimer la répartition de l'archontat entre quatre Eupatrides, trois Apoikoï, deux Démiurges. S'il en était ainsi, dans le décret d'Aristide (5), vpégee Yéproux xoevhv be rhv modeerlay al sobe dyyovrac dE 'Abmalon réveuv alpeiodur, il y aurait {y et non xowhv; ce dernier mot indique bien qu'une partie des citoyens athéniens n'avaient pas été admis jusque-là à participer au gouverne» ment ot qu'alors ce droit leur a été reconnu ; le reste du passage est d'ailleurs très clair, Sans doute, il ost évident que les Eupa= trides, jouissant d'un tel privilbge, étaient toujours daugereux ;

{1) Plut., loc. laud, €) VI, 1 (3) Polit,, IE, 9, 23 (1076, 1); LIL, ét suiv. (12819, 25); VI, 2, SSI", 29). Harpoer, : V. Encez xal rd Onrsxôv, (4) Fr. 5% « Afuw ny yäp Buez rérov xpdcoc Booov lragnet rphe oùr” dproy or! éropetänevoc - OÙ d'ebyor Bivaqu nai ppftaoe Hoav éynrois val vo%e dpañéans rdèv duode peur nt m (5) Plut,, Aristide, 22,

dèle des Etats de l'époque héroïque ; toute la puissance n'appartient qu'à une caste de nobles à la fois prêtres et guerriers ; le reste de Ja population est plus où moins dans le servage, Pour Schümana, pour Curtius (1), ete,, la révolution, qui 4 renversé la royauté, n'a profité qu'aux Eupatrides, l'abîme qui sépare les castes s'élargit de jour en jour. M. Gilbert (2) lui-même, qui a conpu le papyrus, admet que les Eupatrides sont seuls citoyens de plein droit; il faudrait admeltre, à ce compte, qu'en 638 sur neuf archontes , cinq ont pu nepas être citoyens de plein droit. M. Duncker (4), qui reconnait la gravité exceptionnelle des faits qui viennent de nous être révélés, propose un compromis: d'après lui, sur neuf archontes, quatre auraient bien été élus par les Bus patrides, trois par les Apoikoi et deux par les Démiurges ; maïs c'est seulement parmi les Eupatrides que ces neuf archontes doivent être choisis : les Apoikoi et les Démiurges n'auraient élé qu'électeurs ; les Eupatrides seuls auraiont ét6 électours ct éligibles. Dans le texte que nous possédons aujourd'hui rien n'antorise une telle explication. De quelque façon que l'on explique en texte, si l'on admet qu'en 683 ou,en,638 l'Etat n’ost plus l'apanage exclusif de la noblesse, qu'on a adopté un système d'équilibre qui va jusqu'à donner la minorité à la noblesse dans le collège des archontes , il est impossible de ne pas reconnaître qu'à cette époque la puissance de cette castle avait reçu de graves atteintes, que les deux autres classes avaient su conquérir une place importante dans l'Elat et, ce qui est plus grave, dans la religion. Quand ou voit, plus tard, Solon refuser l'accès de l’archontat aux citoyens de la deuxième et de la troisibme classe pour le réserver exclusivement aux pentacosiomédimnes, on peut juger de l'importance de l'événement qui s'est produit lors de la chute de Damasias. Comment expliquer ces événements? Faut-il voir dans co partage de l'archontat une concession magganime faite par la noblesse(4)? Dans ce faitque les Eupatrides n'ont pas la majorité dans le collège des archontes, il y a une telle gravité qu'il nous semble que, de telles concessions n'ont pu leur être arrachées que par la xiolonce; le texte d’Aristote indique une lutte très vive ; Daumas sias est l'élu dos Eupatrides (8), il perd le pouvoir par un coup,

41) Sehbmann, Gr. Ale 1, 341; Curtius, His. gr., 1, 372 et 382 (2) Handb,, 115, (1) Gesch. des Al, t. VI, p. 125, note 2.

(4) C'est l'opinion de Bergk, Zur Aristot. Polit., p. 99. As Du moins d'après le restitution de Landyhr, restitution nullement cerne.

Après une longue lutte, dans laquelle ils n’ont pas toujours l'avantage, les nobles qui habitent la capitale sont parvenus rétablir leur domination ; ils ont la religion, les magistrature la richesse. Les classes populaires , qui luttent contre eux, s& formées d'artisans, et de petits propriétaires ; ceux-ci sont plus nombreux et les plus ardents contre les Eupatrides : ils s de vieille origine attique, ils ont eu autrefois quelques droits quelque importance dans l'Etat et aujourd'hui il se trouve q leur situation est la plus misérable ; par suite de leur faiblesse ] litique, probablement aussi par l'action de faits économiques, ont été peu à peu appauvris et ruinés ; ils sont devenus les dél teurs des riches (1); et, comme les biens-fonds sont inaliénabll comme on ne peut saisir la terre , le créancier a le droit, si engagements pris envers lui n'ont pas été remplis, de saisir to les ans los cinq sitièmes dc la récolte, ce qui amène bientôt la rui complète et enfin l'esclavage, soit à l'étranger soitdans l'Attique ( d'un grand nombre de débiteurs. Cependant le parti opprimé nombreux et redoutable ; c'est bien la guerre sociale qui mena l'Attique, uno guerre du pauvre contre le riche, mais avec cel urticularité que le pauvre ici n'est pas sous le poids de lon sièclos d'abaissoment ; il n'a pas été façonné à la misère et à l'e clavago ; les pauvres, c'est toute une classe de petits propriétaire de paysans qui ont gardé le souvenir d'une existence meilleur du moins, ils peuvent se souvenir qu'à un moment ils ont seco lo joug, qu'ils ont su conquérir une place dans l'Etat. Ils so aujourd'hui dépouillés ou près de l'être; ils envisagent cette situ tion nouvelle, l'esclavage qui les attend ou qui les a déjà saisi avor les sontimonts d'hommes qui se sont connus libres, maîtr d'eux-mêmes et de la terre qu'ils cultivent.

Dos symptômes alarmants révèlent toute l'étendue du mal q rongo l'Etat ot annoncent une crise prochaine. Athènes est ir puissante ot humiliée à l'extérieur ; après une longue période Kuorros contre Mégare, elle à été obligée de s’avouer vaincue; el a dû abandonnor Salamine ; la mer se trouve fermée aux Ath nions , at la défaito à été telle que la peine de mort est décrét coutre quiconque parlerait de recommencer la lutte. Comme fièvre dans un corps malale, la superstition agite dans les àm mille lorreurs et mille fantômes ; on se croit sous le coup de m lédictions célestes; une des plus grandes familles est considér

(DE. Curtius, Hist, Gr., 1, 405 ; Gilbert, Handb., 12 DE Mist, Gr., 1, 405 ; È , 125 et 130.

€) Solon, frag. 1V, 28 et suiv. : frag. XX XVI, 6 et suiv.

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