ELLE ; LA DIVISION DES CLASSES
encors des privilèges: ce n'était plus aux nobles, il est vrai, c'était aux riches qu'était remiso la direction de l'Etat; bien nee Les riches que cette direction était remise, il fallait que cette richesse, qui donnait au citoyen sa liant fût un lien entré lui et elle; c'est seulement Rene part qu'ils possédaient du sol natal que les Athéniens eurent un rang dans l'Etat.
On a roulu voir daus cette dernière disposition une vue parti= culière de Solon, et tous les historiens ont célébré cette intention, qu'ils prôtaient au législateur , de favoriser l'agriculture, de faire reposer l'Elat sur la classe sérieuse des ogriculteurs et des propriétaires fonciers. Nous no conlestons assurément pas le carac- 1ère éminemment consorvateur de cotte mosuro; soulemont, loin de woîr là ane vue particulière de Solon, loin d'admettre do sa part dés préférences systématiques pour l'agriculture, il nous semble qu'il n'a fait ici que suivre les idées de son temps; il s'est plu à ménager los opinions rèçues; il a voulu dé quelque manière nnontrer son respect pour cette ancienne religion à laquelle il avait fait des changements si considérables.
après Solon, on trouve souvent exprimée cette
idée que co qui forme la hase la plus solide du corps social, . une classe nombreuse d'agriculteurs. Xénophon, dans un ouvrages (1), s'est plu à montrer que l'agripe pre à un Elat la partie la plus forte, la plus courageuse, la plus honnête de la population, la plus saine enfin au physique et au moral. Cet éloge de l'agriculture par l'élève de Socrate et quelques observations d’Arislote dans sa Politique (2) résument pour nous l'opinion qu'au quatrième sièclo outeune école de philosophes et de politiques avaient sur cotte question: Quand les historiens modernes parlent du cens de S0- Jon réglé d'après le revenu de la propriété foncière, ils citent toudes hommes du quatrième siècle et en particulier les passages de Xénophon et d'Aristote (3). Ce rapprochement ne nous-semble pas très juste. Kénophon et Aristote ont suriout pour objet d'opposer la population des campagnes À la population
des villes, et, en particulier, des villes maritimes comme Athèn,
lune grave, sérieuse, allachéo à ses seutiments, l’autre turbulente ; agitéo, formée d'éléments divers et devenue par tout cela
66 LES CAVALIERS ATHÉNIRNS,
un élément de troubles dans l'Etat. Cette opposition, Solon pouvait-il déjà La faire? Tout indique que non ; ce n'est pas, comme Xénophon et Aristote, les abus de la démocratie qu'il combat, mais coux de l'aristocratie; nous sommes loin du triomphe de T'épe veorude et Bévausos ; le mouvement des échanges avait pris sans doute un certain développement, mais on ne pouvait guère songer qu'un jour c’est le monde du commerce et de l'industrie qui serait maître de la république. Pour des philosophes comme Platon et Aristote, qui conçoivent un Etat dans lequel tout est sacrifié à uno petite aristocratie de citoyens, le commerce et l'in dustrie sont des occupations dégradantes qu'il faut laisser aux classes inférieures et aux esclaves, car lo commerce rappetisse l'âme par l'amour du gain otl'industrie impose unesuitede mouvemonts irrationnels qui gâtent et déforment le corps (1). Dutempsde Solon, cos préjugés n'existaient pas. Homère parle très souvent de l'agriculture, mais il ne la met pas au dessus des autres métiers; l'ouvrier des villes n'est pas jugé inférieur 4 l'homme qui travaille les champs. Ulysse à fait lui-même son lit nuptial (2): il construira lui-même le radeau qui doit l'amener loin de Ca- Iypso (3). Il y a une analogie frappante entre ces actions des héros d'Homère et les idées que nous trouvons exprimées dans les
de Solon; le tableau que, dans une de ses élégies (4), il trace de l'activité humaine, est tout à fait dans le sentiment homérique ; il célèbre également et l'homme, qui, pour apporter du gain dans sa maison , affronte les dangers de la mer sans souci d'épargner sa vie, et celui qui gagne son pain en pratiquant l'art d'Héphaistos ou l'art d'Athéné , et le poète à qui les Musos ont appris une aimable sagesse , ot le devin formé par Apollon, et celui qui connait l'art du dieu Péon aux nombreux remèdes; le laboureur occupe ; dans ce tableau, un rang assez humble, il est mercenaire (5) ; c'est encore le thèle de l'époque homérique qui se loue à l'année et cultive la terre du riche. Dans aucun des
(1) Xén., Econ., LV, 2 et 3; Aristot.. Pol. IUT, 3, 2 et suiv. (1278). (2) Odyssée, XXII, 189 et suiv.
C8) Ibid. V, 243 ot auiv.
(4) XL, 43 et suive (8) Tbid., V, 47 : n "Ados viv tépvuv moluBéväpuoy el: énavrè
. agées, H0an Majmdd dporpa plier. »
CE Homère, Hiade, XX, 443 :
# Moëvos sai den, Be éyhvope Auopéäovee map Aide Dibévess Onrebampas ste Évravrén, dot rs Énr.
Aiusi, en étudiant les actes et les écrits de Salou, bn voit que, si cs législateur témoigne quelque préférence, c'est où favour dés métiers plutôt que de l'agriculture. Si nous cbservons en même temps que cette idée de faire reposer le cons exclusivement sur lu pro
priété foncière se retrouve chez d'autres peuples; si, à Sparte, à Locres, à Leucade, il fallait, comme à Athènes, êtro propriétaire foncier pour être citoyen de plein droit nous cesserons de voir, dans ce privilège accordé à la propriété foncière, une vue particulière à Solon sur lesavantages qu'offrait cegenre particulier de propriété; en faisant reposer le cens sur les biens-fouds, il à suivi Loutainplement les idées de son temps. Le sentiment populaire Gtait fa worable à la propriété foncière, à la terre, au champ paternel; ce sentirueut est très ancien ; des mythes comme celui de Déméter Cropoydpos , la déesse de l'agricullure qui ess la déosse des lois (1), comme celui des Cyclopes, qui sont hors de l'humanité, parce qu'ils ne pratiquent pas la vio où société et qu'ils ne callivent pas la terre (2), nous moutrent qu'on effet on avait conservé ca souvenir que la vie agricole avait marqué un progres moral très important pour l'humanité. Mais ce sont surtout les vicillos croyances religieuses qui ont eu ici une influence décisive. C'est la religion qui a cousacré le droit de propriété ; le foyer est sacré, et avec lui Ja maison, le champ qui entoure la maison, ce chap qui est marqué par une pierre sacrée, le terme, et qui contient le lombeau des ancêtres (3); chaque parcelle de ce sol appartient à la religion; ilestinterdit de s'en défaire. Si certaines parties de Ja religion pri: mitive avaient vieilli, d'autres, au contraire, possédaient une vita lité remarquable, et, parmi les plus tonacés, on doit placer cette idée que, pour être citoyen de plein droit, il faut posséder une part de la terre de la patrie. « C'était la possession d'un champ » qui, plus que toute autre chose, établissait entre l'Etat et le ci- » loyon uu lien indissoluble, qui garantissait le dévouement du » propriétaire le jour où il faudrait risquer corps et bièns pour » défendre le foyer commun de la patrie (4). » El on fut légalemoeut ainsi à Athènes jusqu’à la réforme constitutionnelle d'Aris-
(1) Sur le sens primitif du mythe, voir Decharme. Myth. de la Grâce, p. 354.
(2) Odyssée, IX, 10 : a Ore qursdoumny yapolv qurès oûe* épénaue, »
18) Fust. de Cuul,, Git. an, tout le chap. VI du livre I, le droit de propriété.
(4) Curtius, Hisr. L. 414. Ce qui nous parait moins exact, c'est ce que dit le méme auteur, p. 2 « L'adoption de ce principe ft monter la valeur dela terre ; elle tempéra le goût cxcoasif de la race ionicaue pour ln propriété mobilière, et prévint les brusques varlativus des furtunes. » &, 422 : « De ioutes les profousions, l'agriculture fut la plus favorisée... Solon, frappé du mouve=
ok cmt de ar À qu oo
pas du sol de l'Attique; et, même alors, cette a un bien-fonds ne disparut pas complètement ue pour les magistrats qui fonctions les plus importantes, ceux à qui étaient
confiés les intérêts les plus graves, c'est-à-dire les stratèges ; on ne voulait pus que les magistrats, qui réglaiont les rapports d'Alhènes avec l'étranger, qui avaient en main le salut de la pa ‘le champ de bataille, fussent dispensés de l'obligation
à défendre, avoc leur vie, une portion qui leur apparte-
ne la térre commune (1).
me 1e développement du commerce et de l'industrie,
dorsque la richesse mobilière fut devenue considérable, la propriété foneiüre resta oncoro la promibredes propriétés; c'était la plussüre, Les services étaient jugés à l'abri de tout reproche; elle comme un caractère religieux. Rien de plus sincère que
& d'admiration que l'antiquité professe pour la richesse ;
le D uinn heureux, l'homme honnête , c'est le puisbire destinée que de devenir pauvre, de mendier (2).
lrouve exprimé par Solon de la façon la plus naïve: il désire la richesse, mais il veut l'acquérir honnètement ; car, sans cela, elle n'est pas sûre, les dioux la ravissent un jour
où l'autre (3); iL sait cependant que bien des scélérats sont riches et-bien d'honnêtes gens pauvres (4), mais la justice viendra à la
fin, En donnant aux riches une part prépondérante dans l'Etat,
raie à L'esprit de son temps; il n'y avait
contemporains vers le commerce, a cherché Cf, aussi Schômann, Gr. Ale, 1, p. 340.
de la loi pa xrdobas yAv 6onv dv Bobancal 1hèao que jo combats, » Ce qui prouve bien que
repoussante que Tyriée pourait présenter aux s0ldats- . est eallr de l'homme qui, chassé de sx patrie et de # Lraînant après lui sa femme, s0n vieux père et ses
a , &rañol 8 mévovrau,n fragment XV; les quatre trouvent sui chez Théognis, 315 et suiv.
vue particulière au législateur. Il en était de même quand ilr tenait compte, pour le cens, que de la richesse immobilière ; € accordant ce privilège à la propriété foncière, il n'a nulleme l'intention de vouloir élever l’agriculture au-dessus des autr métiers et de rabaisser le commerce et l'industrie. Ces idées vie dront plus tard ; l'incapacité politique des classes industriel sera un jour érigée en dogme, quand une expérience, enco à faire du temps de Solon, aura montré la valeur morale d diverses formes de la richesse.
que, il ne leur fut accordé d'autre droit que de participer à l'£eclésia et de siéger dans les tribunaux.
Des quatre noms que portent les classes de Solon, pentacosiomédimnes, cavaliers, zeugites, thètes, trois n'offrent aucune difficulté; le mot pentacosiomédimne s'explique de lui-même; les zeugites sont los potits propriétaires de la campagne , coux qui ont ce couple de bœuf, de chevaux où de mulets qui leur est nécossairo pour cultiver leur champ ; les thètes sont les citoyens qui n'ont pas de propriété ou qui ont une propriété insuffisante pour les faire vivre : ils en sont réduits à se louer et à faire le métier de mercenaires. L'explication du mot cavaliers présente au contraire des difficultés, « Les cavaliers, » dit Plutarque (1), « sont ceux qui peuvent nourrir un cheval ; » cette explication à 816 généralement adoptée et nous croyons que c'est la bonne ; mais, dans le système censitaire de Solon, tel qu’on l'entend aujourd'hui , il n'est pas facile de se rendre compte de ce qu'étaient ces cavaliers.
L'institution des classes répond à un double objet : indiquer pour chaque citoyen quelles sont ses obligations et quels sont ses droits. Dans l'Etat, tel que l'ont conçu généralement les Grecs, à l'idée de droits correspond toujours l'idée de devoirs (2); plus une catégorie de citoyens à de privilèges, plus lourdes sont les charges qui leur sont imposées. Si donc Solon , au lieu de donner aux citoyens de la deuxième classe le nom de. spaxomoméäuaros,
<lumua des feutre: le chiffre exact, d'après Plutarqué, 200 mesures, se trouve dant la ’Apiorelëou al Käraroc oévapiou, 1; de même chez Bekk,, Aneed., 1,261, Let 5; dans le Manuserit de Vossius, Geuylèuv. L'ordre régulier des classes est donné par Plutarque, Sol., 18, par Pollux, VIIT, 130, par Harpoeration, rréç, par Suidas, Inmete, et par le scolinsts de Thucydide, LIL, 16 (Cf. aussi Hlarpocration : Ofsecs Orez mat Onrenév; mevraxomopéäquvoy ; Hésychins, Errdc) ; les manuscrits d'Aristote (Polit., 11, 9, 4, 1274 a) ct le Manuserit de Fossius don nent : Pentacosiomédimnes, Zeugltes, Cavaliers, Thètes ; le scolinste d'Aristophane, Equites. 027(= Suidas, Imete, manfque, chez Suidas. l'ontre des quatre classes est régulier), et l'Etymol, Mag., Leuyiciov, donnent : Pentacosiomédimnes, Cavaliers, Thètes. Photius, Izéc, compte cinq classes : Pentacosiomédimnes, Cavaliers, Zeugites, Thètes, à réprrov Irräx éxadetro, Voir, sur quelqueruns de cos textes, Ia discussion de Larcher, L'ordre équestre, p. 87. Les pentacosiomédimnes sont mentionnés C. I. 4., IL, 14 (Cf. Thue., ILE, 16, et Plutarq., Aristide, 1), les Zeugites et les Thètes CL. 4., 1, 31.
(1) Vie de Solon, 18 : u Arurépous BL robe Tenor +pégev évvasdieuc » Dans le passge important de Pollux, VII, 130, cette interprétation est indiquée avec quelque résarve + « ol 3k jy Imrdèe roodvez êx pv ro0 Zévasbar rpépeis Trrouc xexiAobz 1 Boxodœ uv
(2) Voir le chap, VIII.
la seule innovation de Solon aurait été la création de la classe des pentacosiomédimnes, première classe sociale, dans laquelle furent compris tous les ciloyens les plus riches, afin qu'une basse naissance ne pôût écarter des affaires publiques le possesseur d'une grande fortune,
En traitant du recrutement de la cavalerie (1), nous aurons l'occasion d'examiner plus longuement la thèse que soutient ici Hermann. Nous ne partageons pas son opinion; bien. loin de croire que Salon ait voulu donner à l'une des classes qu'il à institu$esun nom aristocratique, nous pensons, au contraire, que, si quelque chose est bien clair, bien évident dans cette institution , c'est le soin avec lequel Solon a évité de donner à l'une des quatre classes un nom qui pût rappeler le privilège de la naissance. Ta division sociale qui existait avant Solon , les trois classes de Thésée, reposait véritablement sur ce privilège; à ce système Solon en oppose un autre tout différent qui repose sur le privilège de la fortune, et les noms qu'il donne aux nouvelles divisions du corps social n’ont trait qu'à la fortune. Des noms comme les ciloyens aux cinq cents mesures, les citoyens qui ont un altelage, les mercenaires ; sont significatifs ; à côté de termes si clairs, le mot Frmui ne peut avoir d'autre signification que celle qu'on lui attribue généralement : un cavalier , un homme qui @ un cheval.
Nous rejetons donc le système de Hermann ; mais cela no nous empêche pas de reconnaître que la difficulté qu'il a signalée est réelle, Si dans la deuxième classe de Solon on ne voit pas, avec Hermann, une classe aristocratique; si on ne traduit pas le not Here par chevaliers, on s6 démande ce que siguifie une classe de cavaliers instituée si longtemps avant qu'Athènes ait une cavalerio?
Mais ost-il vrai, comme le dit Hermann et comme on le croit généralement, que Solon n'ait pas louché aux choses militaires ?
Plutarque et Diogène Laürce ne fournissent aucun renseignoment sur ce point; nous savons cependant, par d'autres L$moignages, que c'est À Solon qu’il faut attribuer la loi sur l'antidose (2), il s'était donc occupé de la triérarchie et de l'organisation
si trréxs quoque apud Solonem in Edrerpô@v sive patriciorum veterum locum succeseisse dicam ; quod si recte conjeci, non modo usitatum fuisse apud Athenienses equitum nomen, verum ctiam fortasse jam ante Solonem à militari in civile signifeationem abliase colligers licebit. »
{4j Voir Livre I, eh. 11,
2} [Dém.], ce, Phenippe, à.
à un législateur de négliger; un intérêt aussi important que celui de la défense nationale ne pouvait pas rester en souffrance, surtout quand une expérience récente avait démontré l'insuffisance complète de l'ancienne organisation. Nous croyons donc, malgré le silence de Plutarque et contre l'opinion de K.-F. Hermann, que Solon s'est occupé très sérieusement de l'organisation militaire de son pays, nous croyons que sa réforme sur ce point se rattache de la façon la plus étroite à l'organisation des classes sociales; en même temps qu'il créait la classe sociale des txxñç, il créait aussi le corps militaire des cavaliers, de la même façon qu'en instituant la classe des pentacosiomédimnes, il pensait à l'organisation de la marine militaire d'Athènes; la création du corps des cavaliers et de la flotte se rattache à l'institution des naucraries.
ne 9 den DCE RE
graves autorités ; il se trouve de plus que ce qu'il dit ici est en parfait accord avec tout ce que nous savons dé l'histoire d'Athè= nes; ce sont, en effet, les archontes qui ont succédé aux rois ét qui ont hérité de toute leur autorité. Mais, d'autre part, on avait
trouvé divers témoignages qui semblaient apporter une. mation certaine au dire d'Hérodote, Dans la loi d'amnistie (1), portée par Solon , il y a trois catégories de condamnés : ceux qui ont été jugés par le tribunal de l'Aréopage pour meurtre civil, ceux qui ont été jugés par les éphètes pour meurtre politique, ceux qui ont été jugés par le tribunal du prytanée pour tyrannie. Quel pouvait être ce tribunal qui a siégé au prytanée? Le lieu et l'affaire qu'ils ont eu à juger les désignent clairement ; au /pry= tanée ont siégé les prytanes des naucrares et l'affaire de tyrannie qu'ils ont eu à juger n'est autre que l'affaire de Cylon; ils ont combattu et vaincu la révolte, ils ont ensuite jugé les coupables (2). Le prytanéion ne pouvait donc être quo la demeurs oficielle des prytanes des naucrares et M. Scholl ea marquait l'em= placoment au sud de l'Acropole (3). La loi d'épitimie , co texte ai important conservé par Plutarque, expliquait donc et confirmaît ce qu'Hérodote avait dit sur les prytanes des naucrarés.
On trouvait enfin une troisième confirmation du texte d'Héro= dote dans ce fait que les colacrètes avaient administré les caisses
{1 Piutarq., Solon, 10 : n ’Arlwur donc éeuot rev, nglv à Lélaiws dobar, drirpeux elvau, may ao LE 'Apelou nées À Bo du aû éperüs À de mpvrarelos mars doxashévres Urd rûv Bamiéa ri gén h opataton À éri ruparvièt Ésevres êre à Deoude dgévn 5e. »
{2 Schümann, De Aregpago et Ephetis (Opusc, acad., 1, 197) : «Ne hoc quiden dubitarl posse videtur, quin eosdem a quibus oppressaun factionem novimus, etiam in Prytanco jus de fnctiosis dicentes agaoscere debemus. x CL Das kylonische Atleat, p. 458.
(31 Mermès, VE, p, 21.
famille d'avoir élevé le bouclier qui devait indiquer aux Perses, vaincus à Marathon, de marcher sur Athènes. Dans le récit Au Kukven dy, la tendance est la même : il cherche encore à disculper les Alcméonides ; de là l'intervention des prytanes des naucrares ; il ne les fait intervenir dans cette affaire, il ne leur attribue un rôle si important que pour rejeter sur eux le sacrilège dont on accusait les Alcméonides.
Thucydide , au contraire, n'est pas un historien à écouter de telles considérations ; il dit que ce sont les archontes qui ont dirigé toute l'affaire, et, par là, la responsabilité du sacrilbgo retorabe sur los Aleméonides, car Mégaclès était alors archonte (1) et pent-tre archonte armées. Le souvenir du sacrilègo était une chose toujours vivante au temps d'Hérodote. En 508, quand les Spartiaies voulurent renverser Clisthône et râtablir le régime aristocratique, leur roi Cliomène, pour donner un prétexte à l'invasion, demanda le renvoi des sacrilèges (2); au commencement de la guerre de Péloponnèse, les Lacélémoniens renouvelèrent cette demande, qui était, celte fois, dirigée contre Périclès, dont la mère était une Alcméonide (3). H y avait done un motif sérieux, pour un ami de la noble famille, de chercher à la disculper et à rejeter sur d'autres le crime dont elle était chargée.
Assurément on peut admettre que Thucydide ne critique pas Hérodote, comme quelques savants l'ont cru, et que la phrase de Thucydide : rére 8à rà roAMk rüv rokrruüiv of Evvéx doyovrec Éxpmonov, N8 vise pas la phrase d'Hérodote : of spurées sûv vavcefouv crep Esepuor tôre ch ‘Aix; ; On pout admettre que Thucydide a voulu simplement rappeler à ses contemporains l'ancienne importance de l'ar= chontat (4); mais il faut aussi reconnaître que, si les prytanes des naucrares avaient eu dans cette affaire le rôle que leur aitribue Hérodote, Thucydide les aurait certainement mentionnés; le récit qu'il fait de cet événement est si détaillé qu'un tel incident n'aurait pas été passé sous silence. Ainsi, mêmo en écartant cotte supposition d'une critique par sous-ontondu d'Hérodoto par Thucydide, il y a bion réellement opposition entre les deux historiens; les dounées qu'ils présentent sont contradictoires ; l'un attribue toute
] Plstaras Solo, 1 à Mere à Bpyume, 8 Mere wo ot auvégovres. » lérod
(4) Cost ausai l'explication de Classen. Il ne nous semble pas que Scbémann lop. eit.. p. 450 et suiv.) rende bien compte de l'opposition qu'il ya entre les deux phrases que nous avons citées,
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deux passages du livre d'Aristote. Voici les deux points à relever dans le texte de Photius,
1° C'est Solon qui a donné leur nom aux naucrares. M, Philippi soutient (1) qu'ici ivpéter no signifie pas donner tn nom, mais mentionner, parler de, dire le nom de. On ne pout contester que ce ne soit là, en effot, un dés,sons du mot dwpéers (2); il semble aussi, que, pour ce lexte de Photius, c'est peut-être tout d'abord à ce sens qu’on doive penser, à cause des deux citations qui suivent des lois de Solon sur les naucraries; cependant, quelques lignes plus loin, les mots xai Sfuapyot éxà#8necv mme sermblent au contraire montrer que réellement éveudtew a ici le sens de donner un nom , d'où la conséquence , que , si Solon a douné aux naucraries leur nom, c'est lui qui les a instituées.
?* Photius transcrit le passage des Moktn, dans lequel, Aristote résume les traits principaux de cette partie de l'œuvre de Solon : « Il y out quaire tribus comme autrefois, et quatre rois » de tribus; mais, de chaque tribu, on forma trois tritiyes et » douze naucraries (3). » Ici encore, il y a contestation. D'après Schômann (4), ce passage ne renferme pas une opposition; la conjonction à, dans los 018 6, 8Ù.çie eue, n'est pas adversative, mais copulative. Cette explication ne nous paraît pas aceep= table, S'il n'y a pas une opposition dans cette phrase, on se demande quelle est la portée de la citation de Photius, et surtout quel sens il faut attacher aux mots qui précèdent celte citation : «in se Aporertlous rolurelas 8v spémov Bilrabs ch nôdev & Sas » La phrase d'Aristote conservée par Photius ne peut signiferqu'ane chose : « Solon conserve les quatre tribus avec leurs rois ; il ere les trittyes at los naucrarios. »
Do co texte de Photins, il faut rapprochor le passage do Pollux, VII, 108. Pollux (5), lui aussi, s'était roporté à cetto partie du grand ouvrage sur les constitutions grecques où Aristote expasait l'institution et l'organisation des naucraries. 11 était naturel qu'à cet endroit de son ouvrage Aristote relévâl l'erreur d'Hérodote. Il l'a fait; mais cela ne lai a pas suffi, Quand il a parlé de la ré forme de Clisthène et de l'institution des dèmes , il a cru devoir
(1) Beiträge, p. 162, note 10 : « Hat Aristoteles erwühnt dass Solon. von den Naukraren »
() Hérod., L, 88 : a "E re obvopéaus « Eéluw »
(8) Vois le texte, p. 88,
(4) Das Kylon. Attentat, ete, p. 453.
6) Voir le texte, p. 79, n. l. Fedor von Stojentin , op. laud., p. 43 : « Nec dubitabis quin et Pollux et Photius ad oundem Aristotelis locum pertinéant. »
à vouloir concilier le dire d'Hérodote avec con plètement contradictoires, Dans de telles conditions, nous croyons que l'assertion d'Hérodote toit être rejetés (1). -
Dirons-nous qu'Hérodote a falsifié l'histoire? M. Gilbert (à) croit que historien a écrit bona fide le récit de ces événements, d'après la tradition qu'il a recueillie aupeès des Aleméonides MW at-il ou réellement sur ces faits une tradition imsginée par cote famille? 1] ost bien difficile de se pronoucer. On paut conélure, du récit de Thucydide (3), qu'il était resté, à propos de celle affaire, quelques souvenirs eur l'intervention de la population des campagnes; celte population a dû marcher sous les ordres de ses chefs immédiats. Depuis l'organisation des dèmes par Clisthène, les naucraries ont pu être considérées comme une instltation très ancienne ; on a donc pu supposer que les magistrais qui ont alors dirigé le peuple étaient les prytanes des naucrares. On pourrait donc expliquer, dans une certaine mesure, la croyance à l'intervention des prytanes des naucrares. Ce qui est plus grave, c'est de leur attribuer des pouvoirs si exagérés; il me semble qu'il yalh, de la part de ceux qui ont mis ea avant le nom de ces magistrats, autre chose qu'une erreur in
(1) Les prouves accessoires, qu'on avait eru trouver pour confirmer Le dire d'Hérodots, so réfatent facilement, Nous aurons l'occasion dé parler du fexia d'Androtion, relatif aux colacrètes et aux naucraries. Quant à la prouve tirée de la loi d'amnistie et du tribunal qui a siégé au Prytanée, M. Philippi a montré que les juges qui ont siégé en cet endroit pour cette affaire étaient Les archon= tes (Der Areopag, pp. 225 et auiv.).
(2) Die Ant, Naukr., p. 11.
(9) Thoc., 1, 1262 « Havénpal dx r@v éypër, » Voir le texte complet n.5, p: 8.
est d'origine assez récanle ; on sentait
port étroit avec la naucrarie ét, ainsi, puisque,
dote, on croyait que la naucrarie existait lors de fécitative de Cylon, on était amené à deux explications dont chacune contenait une erreur ; ou bien, avec Schômaun, on reconnaissait la relation qui uait la naucrarie à la tritiys, et alors on atiribuait aussi à celle-ci une origine trop ancienne ; ou bien, avec Bœckh, on re
méconnaissait la relation qui l'unit à la naucrarie. Le signe le plus sûr des ombarras ot des difficaltäs que présenta
cite quostion dos trittyos, st le ailence de M. E. Chrtits, sou Histoire grecque, ni lorsqu'il parle de l'administration l'ancienne Altique, ni lorsqu'il explique ce pense des naucraries, ni lorsqu'il expose les réformes de Solon et de Clisthène, ce savant ne prononce le nom des trittyes. La triltys n'es mentionnée qu'une seule fois, et c'est à propos d'événements pos: térieurs à Solon de près de deux siècles et demi, c'est à propos
a proies de réDoms de a tlbeurdiie dep A DÉS dans son discours sur Les Symmories (2).
En étudiant comment le système a fonctionné du temps d6 Solon, et après Clisthène, peut-être pourrons-nous trouver quelques éclaircissements et sur cette question particulière des trittyes et par là aussi sur ce grand fait de l'administration solonienne.
Du texte d'Arisiole conservé par Photius, il faut ici encore rapprocher celui de Pollux relatif aux naucräries. Chacune des 48 naucraries doit fournir 1 vaisseau et Z cavaliers, soit, en Lout, 48 vaisseaux ot 96 cavaliers.
Le système est donc organisé sur les bases suivantes :
Chacune des # tribus fournit En PORES
Chacune des 12 trittyes — 4 8
Chacune des 48 naucraries — 1 — 2? —
Avec Clisthène, des changements sont apportés à celle organisation. Le nombre des tribus eat porté de 4 à 10; le nombre des trittyes ost augmenté dans la même proportion : il est porté de 12 à 30. Mais si le rapport de 1 à 3 fut consorré pour los tribus ot les trittyes, il n'en fut pas de même pour les naucraries; au lieu
(1) Idem, CT. V, p. 239,
ee
de croire que c'est lui aussi qui à porté de 12 à 30 le nombre des tritiyes ; le système dé Solon repose sur les chiffres 4 et 12, celui de Clisthène sur le chiffre 10; on pout admettre que Clis= thène a voulu faire entrer les tritiyes aussi dans le système décimal. M. C. Schæfor (1) suppose que, la réforme de Clisthène ayant été surtout politique et sociale, ce réformateur s'est désintéresss de tout autre objet ; riou n'autorise une tellé supposition ; Clis= thène a dù nécessairement s'occuper de l'organisation militaire d'Athènes, car celle organisation repose sur la division des dix lribus.
En résumé, nous voyons dans la triliys un rouage administras tif qui a parfaitement sa place et son rôle dans l'organisation de Solon : c'est une division intermédiaire entre la tribu et la naucrarie; par suite des réformes de Clisthbne , ce rouage devint moins nécessaire; mais, plus tard, quand Athènes fut devenue la première puissance inaritime de la Grèce, quand l'effectif de Ja flotte fut porté à.Lrois cents vaisseaux et à soixante mille marins, l'on eut de nouveau besoin d'une division intermédiaire entre la tribu et la naucrarie; la trittys, qui n'avait pas été supprimée, forma celte division. Cetlo explication nous paraît la meilleure, mais nous ne trouvorions aucune difficulté à accepter ce que dit Schümann qué la trittys a 616 supprimée par Clisthène et réorga= nisée dans la suile.
L'anomalie que nous avons signalée entre la trittys et la naucrarie pour la répartition exacte du contingent comprenant cinquante vaisseaux el cent cavaliers n'est pas un motif suffisant pour refuser de croire à l'existence de la triltys au lemps de Clisthène ; celle anomalie existera plus tal aussi, au moins pour ce qui concerne le corps des cavaliers , si nous voulons répartir, en elfet, les mille cavaliers qui forment Le contingent ordinaire au cinquième el au quatrième siècle, nous aurons :
Chacune des 10 tribus fournit 100 cavaliers.
Chacune des 50 naucraries fournirait 20 —
"Trois Witiyes (L twibu) Tournissent 100 =
» le tiers de l'ancienne triba, formé par la réunion de quatre nauoraries, Des » anciennes tribus céssèrent naturellement d'exister, Plus lard, nous en retrou » vons d'autres, composées de même avec le tiers de la tribu, réorgunisée par n Cliathène ; mais Lout qe que nous en Savons, c'est qu'elles avaient surtout » pour übjet l'éntrétien de la marine et le service militaire, »
(} Op. eur, p. #6.
LA TRITTYS. 99
sions de l'infanterie, dus, commandées par les taxiarques et des
dixdivisions de lucayalerie, ga, commandées parles phylarques,
nous ne connaissons pas Los autres divisions de l'arméo, ot, ce
qu'il y a d'extraondinaire, c'est qu’il semble, au moins pour la
cavalerie, qu'il n'y avait pas d'autres divisions que la 40; du
moins Xénophon (1) propose la création de dexdôapgor ot de ravm comme une chose nouvelle.
A la tôle de la trittys, il y a un magistrat, le trittyarque; il est mentionné sur trois inscriptions altiques; dans deux de ces textes (2), les trittyarques sont chargés de fournir, avec l'iferxoshe, Vargent nécessaire pour gräver une inscription consacrée à un Evo; dans l'autre (3), ils remplissent la même fonclion, sauf qu'il s'agit d'une statue honorifique à élever ; dans les deux textes Qui ne sant pas mutilés (4), on voit que ces honneurs sont décornés, sur un rapport des ambassadeurs athéniens, à des étrangers qui ont rendu des services au peuple. Dans uu passage d'Eschine(5), les tribus, les trittyes, les dèmes choisissent, & éaurüv, dés citoyens chargés d'administrer les fonds publics. Dans le projet de la réorganisation de la flotte présenté par Démosthène au dé-
preure du rôle militaire des trittyarques (7); Socrate ambitieux, quand ils ne peuvent pas être stratèges heureux d'être trittyarques ; il oppose évidemment une charge
— Hippareh,, 11, 2: LV, 9, Schümann Gas SU a ton de 0 no
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None 1. 43 et niv. : « Megan d'abrote sv UEecaorhy mal rdc le de alnbvs Bei à Shane tévran LR 297 e 300.
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ra Bnuéous xpfuara Mepirüv avppopiôv, 2.
Mo p 15 a OLD : « Kai pe guerlpou ya, de Lyipua, #a0opfs, rt, re Bôrune, spunroagton, à pà nd patine vai aevoripurr ehmgariqu mai qauaréquy cuvbperos dyara, de Sax tuuñe dre Eve.
très élevée à une charge inférieure ; s'ensuit-il nécessairement que cette charge inférieure soit une charge militaire ?
Ainsi, tout ce qu'on peut affirmer aujourd'hui sur les trittyarques, c’est qu’ils ont dans lours attributions la répartition de l'impôt et des contingents; mais, dans le corps militaire même, ontils été employés comme officiers? C’est une question que nous aurons à discuter quand nous traiterons de l'effectif de la cavalerie (1).
(1) Livre II, cb. 7.