DE L'ORGANISATION ADMINISTRATIVE CRÉÉE PAR SOLON
Pouyons-nous reconstituer cette organisation administrative dont Solon dota Athènes? Comme le dit Aristote (1), il prend pour base l'ancienne division des tribus ; il les conserve toutes les quaire; il conserve aussi l'ancienne division de la tribu en trois phratries; mais, parallèlement aux phratries, il institue une division de la tribu en trois parties aussi, et il donne pour cela à ces divisions nouvelles le nom do trétiyes; chacuno de cos lriltyos é8t, à son Lour, subdivisie on quatre naucraries. Le territoire ot la population de l'Attique se trouvent ainsi divisés en 12 arrondissements et 48 districts. On a, en effet :
4 tribus, 12 trittyes, 48 naucrariés.
Quoique les phratries eussent été profondément transformées par l'admission des nouveaux citoyens, des dpyeüves, au culte de Zeus Herkéios et d'Apollon Patrôos, elles n'en restaient pas moins des divisions essentiellement religieuses ; elles se rattachaient directement au yéos; elles reposaient, comme lui, sur le principe de la parenté naturelle, La création des trittyes ot des naucrariés a-Lelle eu pour objet de soustraire l'administration à la religion? On. est tenté de le croire en voyant une institution parallèle à la phratrie prendre place au sein de la tribu. Sur un point, Solon se montre encore fidèle aux anciennes traditions : tous les chiffres dé l'organisation nouvelle sont les anciens chiffres ioniens Aet12,ilya 12 trittyes, Chacune comprend 4 naucraries. Clisthèné, dont la réforme sur ce point fut plus radicale, el qui sub- Stitua aux tribus jionionnes les tribus altiques, eut soin de remplacer les chiffres 12 et 4 par le système décimal,
La phrairie est donc conservée ; c’est toujours dans son sein
{1} Photius, Navxpapla.
que se fait l'admission des nouveaux citoyens; elle a pour objet ce que nous appelons aujourd'hui l'état civil. Seulement, comme la loi ne canuaît d'union légitime que le mariage d'un Athénien avec une Athénienne, les enfants nés en dehors de celte union ne sont pas inscrits. La nouvelle administration des trittyes et des paucraries prend les citoyens inscrits sur les rogistres des phraties et leur distribue, proportionnellement à leur fortune, les charges imposées par l'Etat.
Comme à la tête de la tribu il y a un phylobasileus, à la tête de la phratrie un phratriarque, à la tête de la trittys un trittyarque (1), il y a, à la tête de la naucrarie, un naucrare. Ce magistrat est subordonné à l'archonte polémarque (2); c'est là un détail important qui montre de quelle nature étaient les fonctions principales du naucrare; il est surtout chargé d'assurer le recrutement de la flotie et de l'armée de terre; fl est un des rouages principaux de l'organisation militaire d'Athènes ; il veille à ce que la naucrarie fournisse le vaisseau et les deux cavaliers qui lui sont imposés ; il a, de plus, des attributions financières se rattachant au service de la guerre ; il répartit parmi les citoyens riches de la naucrarie ces contributions levéesen temps do guerre, sous le nom d'elagepé (3) ; il a, enfin, à régler les dépenses du dème. On compare, dans la plupart des textes, les fonctions du naucrare à celles du re C'est Clisthène qui substitua les démarques aux naucrares (4); il porta probablement à cent le nombre des démarques; d’après Aristote, les démarques auraient té chargés de la plupart des fonctions qui appartenaient aux naucrares; mais le fait que le naucrare est subordonné au polémarque indique quelle importance ce magistrat avait dans l'organisation militaire d'Athènes.
Les naucraries avaient une caisse particulière qui était administrée par les colacrètes. Androtion disait dans son Atthide : « Les colacrètes doivent prendre sur la caisse des nducraries l'ar- » gent à donner pour frais de route aux théores qui vont à Del- » phes (5). » Ce renseignement mérite d’être examiné. Les jeux
{1) Sur le trittyarque, voir page 99.
(2) Bekk., Anecd, 283, 20. Voir ce texte, p. 80, n. 1.
(4) Pollux , VIH, 108.
(4) Sur toutes ces attributions des démarques, voir Haussoullier, La vie LUS nicipale en Auique , p. LD et aniv.
6) Frag. Hist. Gr: ot, 1, p.371, frag. 4 d'Androtion (Aristoph., Aves, 1540, acolin) : « Tots B'loüor Iuhüôe Dupots robe wkampéeas BdBévar Ex r@v vavrpapouiv épébioy pyipia, »
sont ni triérarques ni cavaliers, servent comme hoplites. Les trois premières classes qui ont ainsi les plus lourdes © LES op tpm où l'impôt pour la guer
division des classes a pour but de répartir non seulemen charges entre les citoyens, mais aussi les droits et les pri ilèges Le Grec, dans certains pays, à conçu l'Etat comme
nion de citoyens tous parfaitement égaux; ils 88 et en lots égaux les terres conquisos; ils ont tous aussi les mêmes droits ot les mêmes charges; c'est ainsi que les | doriens avaient procédé en Laconie, Dans d’autres pays, au traire, l'Etat comprend des citoyens de fortunes différentes. Le. sentiment public en Grèce n'est pas hostile À la richesse. Aux CI toyens riches incombeut , dans la cité, les charges les plus lour= M des, mais, en revanche, on leur reconnaît un droit à une part plus grande dans la direction des affaires publiques. C'est Ii un des principes de la morale politique en Grèce, Ce principe peut” être formulé ainsi + les charges sont en proportion des facultés | des citoyens et les droits sont en proportion des charges. Cest là aussi une des applications de cette grande idéo de la justice dis- Lributive, de la Née, une des idées fondamentales qui ontrégi la conscience grecque depuis Hésiode jusru’à Socrate el jusqu'aux sophistes. Chacun doit avoir sa juste part: l'homme, dans las ture, a sa place, il a son lot bien marqué; il ne doit pas désirer au delà ; bien souvent les malheurs qui le frappent ne lui sont envoyés que parce qu'il a eufreint cette loi, De même, dansla cité, chacun doit avoir sa juste part; les riches donnent plus que
(1) Bœckb avait déj tiré cette conséquence du passage’da Pollux, VAL, 40S (cf Staats., 4, 650). Voir d'ailleurs notre chapitre sur le Recrutement de la cavalerie, livre LT,
Can Fr "ORGANISATION ADMINISTRATIVE CRÉÉE PAR SOLON. 107
s , ôn leur impose un plus lourd fardeau de charges, mais, en revanche, on leur accorde plus de droits qu'aux autres: ils onten main les affaires publiques. Aussi, l'on peut dire que le Bourernement aristocratique était le gouvernement naturel pour les Grecs, et, en effet, jusqu'au cinquième siècle, tous les Etats de la Grèce ont été des arislocralies.
Une flotte de quarante-huil vaisseaux était, pour celte époque, une force considérable ; le tyran de Samos, Polycrate, qui avait formé un grand empire, avait une flotte ssulement de cent pentécontores (1), 11 faut se rappeler que, plus d'un siècle après l'archontat de Solon , à la bataille de Salamine (2), Corinthe a seulement quarante vaisseaux, Egine trente et Mégare vingt; ce sont
ntles Etats maritimes les plus importants de la Grèce, Athènes, En voyant donc que Solon a voulu doter Athènes d'une force si considérable pour l'époque, on est amené à penser
que peut-être déjà il avait entrevu ce que devait accomplir, un DA pue tard, le génie de Thémistocle, c’est-k-dire qu'Athènes, & côté de doux peuples militaires comme Thèbes ot Sparte , pou= Frs supériorité on infanterie était décisive, ne pouvait énirune grande puissance qu'on lournant son activité du côté
de La mer.
La création d'une cavalerie est aussi un fait qui mérite d'attirer notre attention, Un escadron de quatre-vingt-seizs cavalisrs nous paraît une chose bien insignifiante ; mais nous som= mes si loin du temps où la cavalerie sera considérée comme une arme pouvant rendre des services sérieux dans les opérations militaires! Faut-il croire qu'à cette époque il s'était pro “duit un mouvement favorable à la cavalerie ou qu'il restait encore des souvenirs de l'ancienne importance de cette arme ? Quelque lemps après Solon, les Pisistratides inaugurent cette
d'alliance avec les Thessalions dans laquelle Athènes a si longiemps persévéré; ils ont un corps nombreux de cavaliers thessaliens, et c'est avec leur secours qu'Hippias repoussora la première attaque des Lacédémoniens, quand ceux-ci, pour obéir &loracle de Delphes, viendront, bien malgré eux, le renverser (3).
(1) Thue., 1,13; Hérod., ILE, 39. Sur tout ce passage, ef. Gilbert, Die Au. Naukr:, pe 16. L'époque de Polycrate se détermine surtout par sa mort dont la “date eat certaines c'eat l'an 623, Cf, Curtius, His. Gr., ÎX, 160, note.
1E)/Pous Corinthe, Hérod., VIT, L et 43: pour Mégare, VILL Let 45: Egine À Artéislum & quatre vingts vaisseaux (VIII, 1); elle n'en a que trente à Sala=
Bénd +, o.
Hérodote ne dit pas quand les Pisistratides ont conclu cotte alliance; peut-être a-t-elle été l'œuvre de Pisistrate lui-même; cela expliquerait le nom de Thessalos qu'il donna à l'un de ses fils (1). Nous voyons aussi qu'il avait des chevaux dans l'armée avec laquelle il s'empara pour la troisième fois de la tyrannie (2). Dans le combat qui se livra à Pallène, ses fils combattent d'abord comme hoplites; après la bataille, ils montent à cheval pour aller rassurer les fuyards. Ce fait d'avoir seulement quelques chevaux est à noter, car, à Marathon, les Athéniens, qui ont mis toutes leurs forces en campagne, n'ont pas un soul cavalier, même pour faire le service de messager,
On pourrait croire aussi que Solon a obéi à un sentiment roligieux. Nous verrons que la cavalerie athénienne n'avait pas soulement pour devoir la défense de la patrie ; qu'elle devait encore lui rendre d'utiles services on relevant l'éclat des fêtes religienses, ét en lui assurant ainsi la protection des dieux (3). Cependant il est bien difficile de dire si déjà, du temps de Solon, le corps des cavaliers figurait dans les fêtes religieuses, Un texte important semble indiquer, au contraire, qu'au moins au lemps de Pisistrate ils n'y figuraient pas (4); et, d'autre part, en voyant, dans le système administratif établi par Solon, l'obligation d'avoir un cheval, l'hipporophie, rattachée à l'obligation d'équiper un vaisseau, à la triérachie, on ne peut douter que les raisons militaires n'aient été les plus importantes dans l'esprit du grand législateur.
(1) Thue., 1, 20, 2; VI, 55, 2.
(2) Héroë,, L, (3) Voir tout le livre II de notre ouvrage.
(4) G.L 4, 1, 163: nous discutons ce texte chap. (1, partie 1, du livre IL
anciens, pour être citoyen de ploin droit, il fallait posséder une portion de la terre de la patrie, Dans l'Attique, la trre était divisée on grande ot on potite propriété : la promière aux mains dos nobles, des Eupatrides; la déuxibme aux mains des paysans, des Géomores. Par des raisons peut-être autant politiques qu'économiques , la petite propriété subissait en ce moment une crise qui menaçait de la faire disparaître. Le paysan s'était endelté; il était devenu le débiteur de l'Eupatride; sa terre se trouvait hypothéquée, et, en vertu du droit du créancier sur le corps du débiteur, de nombreux Athéniens avaient été saisis et veodus comme esclaves ; le nombre des propriétaires el, par là, celui des citoyens diminuait chague jour ; l'oliganthropie, celte maladie qui marque le déclin des Etats et qui a sévi si souvent dans les sociétés antiques, frappait Athènes en pleine jeunesse. Cet Etat, qui commençait à peine sa croissance, se trouvait déja épuisé. L'abolition des deltes et des contrats est le remède héroïque que Solon se crut en droit d'appliquer; cette mesure eut pour conséquence d’affranchir les petits propriélaires, et de rendre ainsi à l'Etat cette classe moyenne qui n'existait déjà plus,
C'est assurément an des épisodes les plus curieux et les plus intéressants de toute l'histoire que cet acte des Athéniens choïsissant Solon comme arbitre et lui confiant la mission de régler Je différend qui divisait la cité. Un fait semblable s'est produit plusieurs fois dans l'antiquité; Lycurgus, Zaleucos, Charondas ont été aussi choisis pour apaiser les troubles et rétablir l'ordre dans l'Etat ; mais de tous cee faits , c'est encore , malgré de nombreuses lacunes, l’œuvre de Solon que nous connaissons le mieux.
Solon reçoit de ses concitoyens une double mission : il est nommé arbitre, cost à lai qu'est remise la décision de la querelle qui trouble et déchire La cité ; il est ensuite nommé législateur et chargé du soin de réorganiser complètement l'Etat.
L'arbitrage a été d’un usage fréquent dans l'antiquité pour ré gler les querelles internationales. Nous lé voyons pratiqué à l'époque de Solon et pour des événements auxquels lui-même a pris une grande part; le jugement, qui devait terminer le débat entre Athènes et Mégare, au sujet de Salamine, fut remis à la décision des Lacédémoniens (1). Ge qui est plus curieux c'est de voir l'arbitrage fonctionner dans l'intérieur d'une cité ; c'est de voir, au
(1) Voir Plutarque (Solon, 10), qui donne le nom des cinq Spartiates qui furent nommés arbitres, Puadlauk: xel bords. Cf. sur les arbitrages Internationaux en Grhco, B, Egger, rudes hist, sur les traités publics, p. 67 et suir.
SUR L'ŒUVRE LÉGISLATIVE DE SOLON. Lil
violentes, les partis mettre has les armes et ‘remettre à un arbitre, librement accepté de tous, juger le différend.
toujours , dans l'antiquité et dans les temps modernes, les luttos des partis ont été décidées par des coups de force , à la suite desquels les vainqueurs ont imposé, sous forme de lois, Jeux volonté aux vaincus, Aujourd'hui même nous ne concevons pas de moyen plus simple et plus juste de terminer un débat po= Litique que de le porter devant le tribunal de la nation et de le faire décider à la majorité des suffrages ; la justice nest plus qu'une question de chiffre; c'est encore la majorité dont la vo- Jonté devient la loi. L'idée que la minorité avait aussi des droits date seulement de quelques années et jusqu'ici elle n’est pas sorte du domaine de la théorie. Aussi les raisons ne font jamais défaut au vaincu pour refuser d'accepter le verdict da vainqueur ; l'on conteste la légitimité du vote, l'on prétend que la question a été mal posée, que le vote n’a pas éélora aus le pouvoir a fait violence directement ou indirectement à la nation. Nous ne pré- 2 pr que la décision d'un débat par un arbitre Mine célé à l'abri de tout reproche; on nous dit que Solon n'a d'abo Bakiefait aucun des doux partis; copoudant l'arbitrago, vu quil marquait un plus grand respect des droits de , Pi dus garanties sérieuses ; cette manière de terminer la q faisait ni vainqueurs ni vaincus; ceux même qi moins favorisés pouvaient s'incliner devant la d bitre; leur dignité était sauvogardée, car, en s'in la décision de l'arbitre qu'ils avaient librement choisi valent dire qu'ils ne s'inclinaient que devaut u: liberté. D'ailleurs le fait soul que l'arb par ous était déjà une chance de succès avait dû se lenir également éloigné des exagi délautre parti; il ne devait s'être compromis avec aucun
après un coup de force par le parti démocratique , croit-on que
l'aristocralie se fût résignée facilement à ! É
Croït-on surtout qu'un tel acte, ainsi accompli, n
ue influence désastreuse sur la conscience du peuple L'abolition des dettes privées, cetie mesure si ét
monde modeene, se présente plusieurs fois dans l'an
(1) L'école historique en Allemagne et en Angleterro a abusé des rapproche
elle fut appliquée par exemple, à Mégare ; et nous pouvons juger par comparaison de ce qu'a 6té la Euséyhex. A Môgars, le parti démocratique est victorieux; il impose l'abolition des dettes, 41 va jusqu’à déeréter que les intérêts déjà payés seront restitués (1). Cette façon d'user de la victoire eut pour conséquence la ruine irrémédiable de Mégare. « Cette exaspération des haines politi- » ques amena l'affaiblissement définitif de Mégare et épuisa pour » toujours l'énergie de son peuple; si bien que, après une pé- » riode de gloire qui remplit environ deux siècles à partir du » commencement des Olympiades , elle ne parvint plus jamais & » vivre de sa vie propre et à reprendre une attitude indépen- » dante (2). »
Dans Athènes, au contraire, si vives que soiant les haines qui divisent les partis, une entente finit par s'établir; on convient de confier la décision de la querelle à un arbitre ; on donne de pleins pouvoirs à cet arbitre ; on rend ainsi possibles les changements les plus graves, les mesures les plus radicales; et, en même temps, on enlève à ces mesures ce qu'elles ont de plus odioux, la violence, la spoliation du vaincu par le vainqueur; ce n’est plus un parti qui dépouille l'autre, c'est un homme revêtu dela confiance publique, en dehors et au-dessus des partis, quin'évoute que la voix du bien publie et l'intérêt de la patrie ; et ainsi, par un phénomène qui fait de la Exeoéydex un événement unique dans
l'histoire , catte réforme, qui, pour la gravité, n'a pas d'analo= gue dans aucune de nos révolutions modernes, n'apparait pas
ments entre*le monde nncien et le monde moderne; ées rapprochements ont toujours quelque chose de forcé; les situations sont si différentes qu'à vouloir expliquer ce qui s'est passé autrefois par ce qui se passe aujourd'hui, on ris= que presque toujours de : #'égarer; ce sont surtout les révolutions dés socidtés anciennes et des sociétén modernes qu'on eat tonté de comparer, et nulle part ces comparaisons ne sont plus dangereuses. La Éaséyôuz, par exemple. n'est pas une banqueroute publique; l'Etat ne viole pas ses engagements envers ses Crénnciers : ce sont los engagements de particulier à particulier qui sont déclarés nuls, ce sout les dettes privées qui sont abolics; on ne peut comparer l'enlè= vement des bornes hypothécaires qu'à ce que serait chez nous l'incendie , sur
tous les points du terrboire, des registres où sont inscrites les hypothèques. Cetie mesure est uns des plus graves qu'ane révolution puisse appliquer, et elle s eu certainement dans Athènes ce caractère; cependant nous ne pouvons pas juger de ce qu'elle a été dans Athènes par ce qu'elle serait dans un pays comme la France où come l'Angleterre; tout diffère: conditions économiques, état social, situation politique, idées religieuses et morales ; et tout cela à eu une influence décisive sur les conséquences d'une télle révolution,
(LU Mauvesis, Plutarque, Quest. rie. 18.
(2) Curtius, Mist, Gr, 1, 30.
__—""# ua LES CAVALIERS ATRÉNIENS.
Athènes, que cotte révolution, pq a es jamais depuis aucune atteinte ne fut portée dans Athènes au droit
dé propriété et au respect des contrats. Par un sentiment qui est Lout à l'honneur des Athéniens, où on vint à douter qu'un homme comme Solan eût pu commettre un Lel acte; an se refusait à charger la mémoire du législateur, que tous réspectaient, d'une mesure si contraire à la justice. C'est alors qu'on imagine, pour justifier La Zerséytux, des explications comme celle que nous conuaissons d'Androlion, C'est ua fait significatif que cette répulsion de la conscience athénienne, à pris de trois siècles d'intervalle, devant l'acte de Solon. Cependant, l'opinion générale n'admettait pas l'explication d'Androtion : elle croyait à une abolition des dettes. On se trouvait alors en présence d'un de ces actes pour lesquels les anciens n'invoquaient d'autre excuse que l'intérêt suprême de la patrie, cet intérêt qui faisait commettre des injustices à un Aristide (1);
ND» ds rude put os ex 246 por aecvebr, ave 1bv Lord ppéer aéxnre mévrur sloféeurse Broriv (2).
Le corps social reconslitué, il fallait lorganiser. La société athénienne, à l'époque de Solon, comprenait des privilégiés, depuis longtemps en possession de l'autorité ct maîtres du culte. Dans le sentiment dés anciens, l'idée de privilèges impliquait l'idée de devoirs; plus une classe avait dé privilèges, c'est-à-dire plus grande était sa part dans la direction dés affaires publiques, plus lourdes étaient les charges qui posniant sur elle : c'est ce. principe que Solon appliqua. El fallait faire un partage équitable de ces charges et de ces droits, établir une hiérachie sociale qui indiquât à chacun, par la place qu'il occupait, l'étendue de ses droits ot de sas devoirs. Une telle hiérarchie existait dans Athènes avant Solon, mais elle reposait sur un principe qui avait vieilli, le privilège de la naissance, Un changement était nécessaire; la société devait être réorganisée sur un principe nouveau. Cette révolution, Solon l'accomplit , mais avec un sentiment profond des intérêts conservateurs de l'Etat ; en remplaçant la naissance par la fortune pour régler la hiérarchie sociale, il trouva un syslème qui, tout en laissant à chacun la situation qu'il avait déja, en
11) Plutarque, Arist., 25, €) Kophocle, Plactére, 83 et suis,
SUN L'ŒUVRE LÉGISLATIVE DK s0LON. 115
les droits acquis, élait plus en rapport avec les , avec les changements qui s'étaient opérés dans nt ‘eut encore des privilégiés dans l'Etat de Solon ; mais lospoit d'éloror sa condition sociale fut ouvert à tout le onde es Darren qi séparaient les castes cossèrent d'être in- ; un champ nouveau fut ouvert à l'activité et au mérite. Un des traits de cette division des classes était que le cons portait seulement sur le revenu foncier; nous avons expliqué qu'en le réglant ainsi, Solon suivait tout simplement les idées qui nignaient de son temps sur la propriété foncière, qu'il ne fallait pas voir Là une idée particulière au législateur et lui attribuer uno préférence systématique pour cette forme de la richesse; on peut, aucontraire, relever chez lui une tendance assez marquée à favoriser lo commerce et l'industrie.
À cote division des classes se rattache étroitement l'organisation administrative de l’Attique ; ce n'est pas là ane des parties les moins intéressantes de l'œuvre de Solon. Cette organisation , sur laquelle nous n'avons que de trop courts renseignements , comprenait surtout deux services : la flotte et la cavalerie. Faut-il voir là deux créations? On peut le croire : le chiffre minime auquel Solon porta la cavalerie ne permet pas de penser qu'il y eût avant loi un corps de celle arme qui, à celle époque , aurait été nécessairement encore plus faible. Quant à la flotte, la guerre de Mégare montre que, sur ce point, l'organisation des Athéniens étaittoute rudimentaire; après Solon, au contraire, Athènes a une floite et avecd'effeclif exact qu'il a déterminé (1). Ce qui est importantici, c'est le nombre de vaisseaux que Solon fixa comme devant étre le chiffre de l'effectif régulier ; une flotte de quarantehuit vaisseaux était, comme nous l'avons vu , une force considérable pour l'époque; donner alors une lelle flotte à Athènes, cela indique une peusée politique des plus remarquables sur l'avenir de ls puissance athénienne, Pour devenir une grande puissance, ‘Athènes devait être un Etat maritime et avoir l'empire de la mer; sur Je continent , elle trouvait devant elle Thèbos et Sparte, deux ‘militaires de premier ordre ; elle ne pouvait guère espérer constituer une infanterie plus forte que celle de ces deux peuples Entre Thémistocle qui voulait construire la flolte de Sa-
A1) Dans la guerre contre Egine (Hérod., VI, 80), les Athéniens empruntent
sux Cérinihiens vingt vaisseaux , ce qui porte leur floite à soixante et dix vais-
menx: ile en avaient donc eux-mêmes cinqnmnte: les nancrarles furent por Lées de qeurante-huit à cinquante par Clisthène.
Ce —
us LRS CAVALIERS ATHÉNIENS.
lsmine, ceue flotle sur laquéllé on pât transporter lout l'Etat, et Aristide qui n'avait confinnce qu'en la bravoure de l'hoplité pourvu d'un patrimoine, c'est Thémistoële qui avait raison; et, si les Athéniens, écoutant Aristide, s'étaient obstinés à porter exclu sivement leurs soins à la formation d'un bon corps d'hoplites, Athènes serait restéc forcément une puissance de second ordre. Pour prondré place à côté de Sparte, pour aspiror à lui disputer un jour l'hégémonio de la Grèco, Athènes dovait tourner tonte son atlention, tous ses efforts du côté de la mer:
Par là, Athènes devait être une démocratie. Du moment que sa puissance ne reposait plus sur le corps des hoplites, corps aristocralique , comme l'avait obsarvé Aristolé (1), car il n'était composé que des citoyens des trois premibres classes ; du mo= ment qu'elle reposait sur les matelots, c'est-à-dire sur les ci= toyens de la quatrième classe, sur le peuple, le gouvernement athénien devait de plus en plus incliner vers la démocratie. Ce fut une bonne fortune pour le parti démocratique qué son intérêt se confondit avec l'intérêt national; la grandeur d'Athènes était attichée au triomphe du régime démocratique. Dès qu'Athènes veut être une grande puissance et fonder un grand empire, Sparte devient l'ennemi national ; c'est elle qui essaiera d'arrèter le développement de la grandeur d'Athènes; c'est à elle qu'il faudra disputer l'hégémonie de la Grèce. La démocratie seule pouvait mener vigoureusement cette guerre; car, comme Sparte représente en Grèce le principe aristocratique, lés aristocrales d'Athènes professent cette doctrine qu'à Sparte appartient la di= rection du monde grec, et qu'Athènes ne doit être qu'une vassale.
Ainsi, marine et démocratie, tout l'aveuir d'Athènes est dans ces deux mots. Pour la démocratie, « ce n'est pas Solon qui l'a » fondée, au sens où l’on entend ordinairement ce mot et où l'en- » tendaiont los oratours attiquos; mais c'est lui qui l'a préparée « et rendue possible ; c'est lui qui a ouvert aux Athéniens la voie » où ils vont s'élancer bientôt et marcher si rapidement, poussés # éù avant par lour propro génie, par las événements, par da » main d'un Clisthène , d'un Aristide, d'un Bphialle, d'un Péri- » elbs (2). » Quant à Ja marine, nous pouvons aujourd'hui croire
(1 Politig, VE, 7, 1 (SL a). IXén.}. Rép. des Ath. 1,2 re *O Gfuoe mhdov
118 LES CAVALIENS ATHÉNIENS.
de Ja science politique, la vousezuof, n'a produit une œuvre aussi complète, aussi considérable, plus propre surtout à plaire à l'observateur moderne. Nous n'avons pas, en effet, aflaire ici avec un politicion de cabinet, avec un théoricien qui équilibre des formules et traite les hommes comme des abstractions. Solon ne fait pas une législation idéale; c'est un homme d'Etat qui cherche quelles lois peuvent le mieux convenir à nn peuple comme les Athéniens. Ge qui semble être le trait essentiel du caractère de Solon, uous l'avons déjà dit, c'est un mélange heureux d'idées nouvelles et de sentiments conservateurs. Certes, l'homme que la soif de connaître dévorait jusque dans l'extrème vieillesse était ua esprit tourné vers l'avenir. Il avait reconnu que l'ancien régime dovait être transformé, et il apporta à cette œuvre une vive décision ; sans doute sa constitution est encore aristocratique, et cependant il suffira de quelques changements, tels que l'inetitution dés dèmes et l'ailmission des ciloyens de toutes les classes aux fonctions publiques, pour en faire la constitution de 1x démocratie. Il suit, avec une initiative hardie, la transformation éeonomique et sociale qui s'opère 4 cette époque. Dans cette société encore tout aristocratique, il encourage le commerce et l'industrie; il ne marchande pas la cité à l'étranger qui vient à Athènes avec le désir d'y rester; à côté du corps aristocratique des hoplites, il s'occupe de créer une grande flotte; il n'hésite pas devaul des réformes prématurées, comme la liberté de tester, si contraire à l'ancienne religion. Mais toutes ces réformes, il les fait avec le sens politique le plus habile ; il procède par tempéraments, soucieux de respecter les droits acquis, de rendre les changements moins beusques. La réforme religieuse, que nous connaissons si imparfaitement, est peut-être la partie la plus considérable de son œuvre; c'est par ce côté surtout qu'il scrait intéressant d'étudier Solon. Il opère les changements les plus graves; sur certains points il est bieu en avant de ses contemporains; mais, sur certains autres, comme il est encore de son terups, et combien il tient encore au passé! Quel épisode étrauge que la visite d'Epiménide, cette sorte d'euchanteur, ce prophète appelé par Solon pour arracher, par des cérémonies magiques, Athènes au charme qui posait sur elle!
Cet heureux mélange de vucs hardies et d'attachement à a tra= dition rendit possibles les grandes réformes de Solon ; ce qui dut aussi singulièrement faciliter cotte œuvre, ce sont les heurouses qualités de caractère que tous les témoignages s'accordent à attribuer à Solon, ce forme bon sens qui l'empéchait de s'emparer de la tyrannie quand cela était si facile, ce besoin de se communi-
humiliéo ; qu'il lui a donné une des législations les n que l'antiquité ait connues : qu'on lui doit de la questic la seule solution qui jusqu'ici ait élé couronnée de que cès, on reconnaîtra que le fils d'Exékestide est une de les plus nobles, et, en même temps, les plus aimables attachantes que l’histoire puisse proposer à notre admir
chaque année dans ce corps; ils peuvent alors, dans les circonslances où un lel service est nécessaire, faire fonction de cavaliers. Mais ces circonstances sont alors bien rares; Cimon , avec ses nobles amis, combat presque toujours dans les rangs des hoplites,
En déposant on frein de cheval, ce qu'ils reuleut montrer, c'est qu'il faut renoncer 4 se défendre sur la terre ferme, Gimon dépose le frein de son cheval et prend un bouclier; il indique ainsi qu'il Survira, don communs cavalier, mais comme hoplite, sur la flotte, en qualité d'épibate. S'il avait déposé aux pieds de La statue d'Athôna soit Je bouclier, soit le javelot de l'hoplite, l'acte n'aurait pus été assez clair, car l'hoplite peut combattre sur terre et sur mer; lo cavalier, au contraire, ne peut sorvir que sur terre: montrer qu'on rononcait à la cavalerie, c'était montrer qu'on renonçait à toute pensée de défense sur la terre forme.
Le corps dea cavaliers établi par Solon existait donc toujours au moment des guerres médiques; en même temps, le récit des évinements, Lel que nons le trouvons chez Hérodote, surtout pour les batailles de Marathon et de Platée, ne permet pas de croire que l'effectif de ce corps ait été augmenté, De Solon à Cimon, la cavalerie athénienne n'a rôcu qu'un accroissement insignifiant : elle a été porlée de quatre-vingt-seize à cout hommes , par suite de la réforme de Clisthène , qui élesa le nombre des naucraries de quarante-huit à cinquante,
Eu 431, au contraire, la cavalerie athénienne se trouve enfin constituée à ce qui sera son effectif complet : mille cavalièrs citoyens, plus deux cents archers à cheval, qui sont, le plus souvent, des troupes mercenaires barbares. Comment s'est opérée celte tranformation de la cavalerie ?
Les Alhéniens ne croyaient pas que leur cavalerie eût 616 por= iée tout d'un coup à un effectif de douze cents hommes. [1 y avait sur le développement de la puissance militaire d'Athènes, en pau ticulier, sur la construction des Longs-Murs, sur l'organisation do la flotte et de la cavalerie, une sorte de système qui consistait à distribuer les accroissements successifs de ces différentes forces d'Athènes dans les périodes de paix qui s'étaient écoulées entre la fn des guerres médiques et le commencement de la gnerre du Péloponnèse, Nous lrouvons ce système exposé deux fois d'une façon identique par des orateurs, Andocide et Eschine, et il est bien difficile de ne pas reconnaître là un de ces arrange-
membres (Plat., Cimon, 17 ru éxarv Avrec Éerov »), plun de vingt ans, il est vrai, après cos événements,
le développement de la puissance militaire d'Athènes, cet arrangement systématique que nous trouvons chez Andocide et chez Eschine, et, contrairement au témoignage des deux orateurs , il place, après la balaille d'Oinophyta, en 456, la construction des doux murs qui unissaiont à la ville le port de Phaïlère et celui du Pirée (1).
Que pouvons-nous savoir sur la réorganisation de la cavalerie? Devons-nous accepter l'explication que nous trouvons chez Audocide et chex Exchine, et, si nous la rojetons, nous est-il possible d'indiquer vers quelle époque ce corps, composé seulement de quatre-vingt-seixe cavaliers du temps de Solon, de cent du temps de Clisthène, fut véritablement constitué à l'effectif normal de mille hommes ?
Parmi les batailles que les Athéniens ont livrées pendant toute cette période, deux des plus importantes son celles de Tanagra et de Coronée. La guerre contre les Perses avait montré quels services pouvait rendre une bonne cavalerie. A Platée, les cavaliers perses araiont fait le plus grand mal aux Grecs et causé un moment de vives inquiétudes (2). Aussi, vingt-deux ans après, en 457, à la baiaïlle de Tanagra livrée contre les Lacédémoniens et les Béotieus, trouvous-nous de la cavalerie dans les rangs de l'armée athénienne, Athènes a repris l'alliance dés Pisistratides avec la Thessalie (3), et, aux termes dé colte alliance, un corps dé cavaliers thessaliens a 616 fourni à Athènes par ses alliés; mais, surle champ de bataille, probablement à l'instigation du parti oligarchique (4), ces cavaliers passent à l'ennemi, défoction qui amène la défaite des Athéniens (5). A côté de ces cavaliers thessalions, il y avait, dans l'armée, des cavaliers athéniens; deux d'entre eux, Mélanopos et Macartalos, furent tués, et leur tombeau s0 trouvait au Cérimique (6). Avant l’action, Cimon, qui était banni,
(1) C'est-à-dire le mur de Phalère et le mur du Nord. Voir, outre C. Wachs- IL, 437.
(9) L'alliance fut conclue après Le renvoi outrageant du contingent envoyé au secours de Sparte sur les instances de Cimon (Thuc., E, 102).
(4) E. Curtius, His. Gr., LL, 435,
(9 Thoc,, 1, 107, 4 : n 'Hilov Bb vai Berrahüv ere role "AOmvadlong mac sè Luppagér, ol peréarmaur ds «9 bgre napà vabé Aumibamoviows, » Pour cette bataille, e£ Thue,, L, 107 et 104; Pilot, Cimom. 17: Platon, Méner , pe 22; 1.4, 1, A0
ê Lacs 8 Hurpoodey 500 uwfiaras orfn hayomévour Ejoura ste Melvurds sie aol Mondraroc épars, où MarÉafis Amobavets
disposer en cavalerie ; assurément, il y avait, nous l'avons vu, quelques cavaliers athéniens dans l'armée; mais c'est surtout 1e: contingent thessalien qui était important; c'ést lui qui constituait véritablement la force des Athéniens en cavalerie, dns cette ba taille; et c'est la défection de ces cavaliers étrangèrs qui amena la défaite, Si, à cette époque , les Athéniens avaient cu, comme en 431, une cavalerie nationale composés de mille cavaliers ; les! choses se seraient-elles passées ainsi? Les Athéniens anraîent-ils amené un contingent si nombreux de cavaliors theerlions, et la défection de ces cavaliers aurait-elle où de si graves conséquencos (1)? Après 431, quand la cavalerie athénienne esl véritablement constituée, il y a encore des cavaliers thessaliens dans l'armée (2), mais ils sont loin d'être aussi nombreux: c'est désormais la cavalerie athénienné qui à l'action importante, c'est elle seule le plus souvent que nous trouvons mentionnée. D'ailleurs, puisque c'est la défection des cavaliers thessäliens qui a cansé lu défaite, ce sont les cavaliers athéntens qui ont dû plus particulièrement souffrir; ils ont du être attaqués les pré aniers par les Thessaliens, c'est toujours par un combat dercara= lerie que s'engagent les batailles à cette époque (3). Si les cavaliers athéniens avaient été en nombre, ils auraient résisté aux Thessaliens, un combat s'en serait suivi; comment se fait-il
alors (4) que les Athéniens, comme l'indique Pausanias, Wañent perdu que deux cavaliers?
On objectera qu'à la seconde bataille de Goronée, livrée en août 894 contre les Lacédémoniens par les Béotiens et les Athé= niens, ces derniers, si nous en croyons un texte épigraphique(6), n'auraient perdu qu'un cavalier. Ce témoignage devrait-il être interprété comme on l'a fait jusqu'ici, qu'on ne pourrait rien on
(1) Hérod., V, 63. :
(2 Thue., 1, 22, 2: « Kal Enropayla ri ie Boayeta Le douyioss rüv + Atevaluy aôe Evl eo Eredrr eat Gers pret adeov mode ob: Bouvréy lendes.n Les Athéniens ét les Thessalions sont d'abord vainqueurs: mois, attaqués par les hoplites béoliens, qui viennent au secours de leurs cavaliers, ils prennent la fuite en perdant quelques borumes, Le tombeau des exvaliers thesssliens tudé pendant la promière invasion d'Archidamos était au Céramique. Paus , 1, 29, 6: « Kaï Gescaav t4g0: bois rite xarè zadaèr qoav Éléveur, Eteoûr
nbâur Moorowhnor roûroy ésiéaior de ee "Arrochv arpar. #
48) Voir livre IL, ehap. L
{4} On avait l'habitude de graver sur là même stèle les nos de ceux qui avaient été tués dans le même combat où ls même expédition ; c£ Paus., E, 29, et C. 1. 4., 1, 432 et sui.
6) Kamanudis, "Erey. Éæur., on, 19.
ples engageront vingt-trois ans plus tard à Délion ; le rôle dela cavalerie sera très important (1).
Nous avons étudié ces deux batailles de Tanagra et de Coronée parce que, pour toute cette période, ce sont les batailles que nous connaissons le moins imparfaitement; mais, si l'on éludie aussi les autres combats de celte époque , on ne trouvera nulle part rien qui indique la présence de la cavalerie athénienne sur les champs de bataille. Après 431, au contraire, cette cavalerie est souvent mentionnée, les cavaliers athéniens ont une action, sinon décisive, du moins importante, dans les combats de la guerre du Péloponnèse. Nous ayons d'ailleurs la preuve qu'en 431, le corps des cavaliers était réorganisé depuis peu; en ce moment, en effet, cette organisation était encore incomplète ; il restait à avoir des vaisseaux pour le kransport des chevaux; on n'y songes, dit Thucydide (2), qu'eu 430, et la Motte que Périclès conduisait cette année ravager les côtes du Péloponnèse était la première des flottes athénionnes qui eût transporté des chevaux.
Il est enfin une dornière preuve que nous pouvons présenter et pour compléter cotto démonstration et pour indiquer d'une façon plus précise la date de cette réorganisation de la cavalerie.
Nous aurons plusieurs fois l'occasion, dans le cours de cot ouvrage, de parler du Parthénon et de la frise de la clla: nous examinerons les diverses explications que l'on 4 proposées de cette frise. Contre l'explication, d'après laquelle ces sculptures représenteraient la procession ou les préparatifs de la procession des Panathénées, on objecte qu'un assez grand nombre de personnages qui, nousle savons d'une façon certaine, faisaient partiedu cortège, manquent sur la frise, par exemple les skiadophores, les canéphores, les hoplites (3), etc. Ce qui nous frappe le plus, c'est l'absence des hoplites; leur participation à la procession est mise hors de doute par un passage de Thucydide (4), et par un texte épigraphique des plus importants (5). Si l'explication que nous proposons sur la réorganisation de la cavalerie athénienne pendant l'adminis-
(1) Thue., IV, 93 et suiv.
() Expédition contre Epidaure, Thue., 11, 56: « *Æye d éri sy veñiv érdlrag Abri serpaxiaglous tal imac spraxogiouc év vavoir ierequtoie mpürey téte dx rüv road ve rombelante,
€) Michaelis (op. laud., p. 207) nous paraît avoir réfalé très justement l'objection que Bütticher tirait de ce fait que les personnages de la frise ne portent pas la couronne , comme c'était l'usage dans les processions,
() Thuc., VE, 56.