ÉSQUISSE DE MŒURS CANADIENNES
tes D
DE
MISS PIMBÈCHE:
NN NN PS ANS Sd LS SSL TS INTRODUCTION.
À mon arrivée au Canada, je me trouvai en rapport avec un de ces “Anciens Canadiens” dont M. Aubert de Gaspé a si bien décrit les mœurs
1 L’auteur préfère le terme cavalier à ceux d'amoureux et de prétendant qui sont plus modernes, il est vrai, mais ne sont pas plus français, si on en croit les meilleurs auteurs. Le terme Cavalier est, du reste, consacré par un long usage au Canada; conservons notre langue et nos usages |
? Les noms propres, inscrits dans le manuscrit où Pauteur a copié ces lignes, ont dû être nécessairement changés ici. Ils ont été remplacés par des noms aussi en rapport que possible avec le caractère des personnages.
dans l'ouvrage récent qui porte co
titre, Dernier rejeton d'une des plus
Anciennes familles Françaises du
PAYS, Mon vieil ani avait conserva une vive antipathie pour les An.
glais ; je scrais peut-être plus exact en disant seulement ail n'aimait pas les mœurs Anglaises. En tout cas, ce sentiment était tempéré chez lui par Un jugement sain, une grande aménité de caractère et un esprit agréable qui le faisaient rechercher dans la meilleure société des deux origines,
Il avait beaucoup voyagé, et con
naissait les hommes,
— Je ne les méprise as, Me disait.
il un jour, et cependan: bien des gens qui ont “vu le monde” arrivent à mépriser profondément l'humanité,
— Je Suis encore bien jeune, lui ''épondis-je, el parfois J'ai éprouvé ce sentiment-là,
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I faut vous en défier... Je prétends même que, par nature, les hommes ne sont pas généralement mauvais. Vous avez pu les trouver égoïstes et méchants lorsque vous étiez malheureux, mais vous m'avez pas persisté et vous ne sauriez persister dans cette opinion.
— Cest fort possible, Vous avez elé jeune aussi; ne Croyez-vous pas qu'une déception amoureuse, pour spécifier davantage, peut quelquefois porter celui qui en est la vicne à la haine permanente et universelle de la plus gracieuse moitié du genre humain ?
Je venais, paraît-il, de toucher la corde enulls, car mon vieil ami lronca le sourcil, et un nuage, qu'il ne put me dissimuler, passa sur son front, I se remit bien vite et, parant d'un france éclat de rire :
[y suis, me dit-il, vousavez été cn
MISS PIMBÈCHE.
victime et vous voudriez vous poser
Comme l'ennemi acharné du beau sexe Ï sons, Je Vous en défie... !
— Oh! je n'ai pas parlé pour YO: Mais cela peut arriver :
pal exemple, la nature aimante délicate de certaines femmes ne peut-elle pas succomber à une de ces déceptions ?
— (Jui et non.— Vous voulezdire.
avec feu Henri IV :
Mieux Vaut-être sans vie Que sans amour.
Or vous SAVeZ, tout comme moi.
que ni le Béarnais ni Ja belle Gabrielle ne sont morts d'amour.
Fontefois, plaisanterie à part, Vous W'avez pas tout-à-fait tort, J'ai la.
dans mes Papiers, un document assez curieux que je vais vous montrer, el ŒUI pourra vous éclairer sur cette question ; il s’y trouve aussi quel
Er ! Mais, pour bien des rai.
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belle mou, , Vous ai là.
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ques détails sur lesmorurs Anglaises malheureusement trop suivies dans la société Française du Canada. Vous dire comment j'en suis devenu possesseur, c'est ce que je ne saurais me per mettre, Qu'il vous suflise de savoir que j'ai intimement connu, la personne, la femme qui a rédigé ce «Journab; car c’est un vrai Jour nil ajouta-t1l, en prenant, dans sa bibliothèque, un assez fort volume manuscrit que nous parcourümes ensemble.
— C'était une personne fort aimable, me ditil, avec un soupir, en fermant le livre. Mais elle n'a point
jugé à propos de ‘mourir d'amour,”
comime vous venez ce le voir. Elle a cependant été bieft maltraitée PE un Anglais.......! Hélas! il y des gens sans cœur dans toutes Ex nations... !
Je m'aperçus qu'évidemment mon hôte avait joué un rôle dans l’his-
lides et
sexe (cOMme ils n
14 MISS PIMBËCHE.
loire que nou Jo dissimulai Causâme
S venions de feuilleter:
ma découverte etnous S enCore longtemps.
À la fin de Ja soirée, j'obtins du vieux Sentilhomme Ja Permission d'emporter Je 4 Journal » de Son anvienne amie, et il m'a, depuis, auto.
risé à en publier les extraits Suivants.
LE (JOURNAL » DE MISs PIMBÈCHE,