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Localisation radiologique

À. — LoCALISATION EN PROFONDEUR

Il y à de nombreuses méthodes de localisation en profondeur à la disposition du radiologiste. La plupart de ces méthodes sont connues depuis les premières années du radiodiagnostie. Certaines d’entre elles étaient tombées dans l’oubli. Les nécessités de la guerre ont remis à l’ordre du jour tous les procédés de localisation antérieurement découverts et ont suscité l’invention d’une multitude de procédés nouveaux.

Pendant la guerre il s'agissait de faire le repérage des corps étrangers de l’organisme pour guider l'extraction chirurgicale. Il est évident que presque tous les moyens de localisation des corps étrangers s'appliquent à la localisation des cavernes pulmonaires.

En pratique il est inutile de s ’embarrasser de tant de

moyens : certains procédés simples résolvent ce pro-

| blème de la topographie des lésions thoraciques. Il n’est

d’ailleurs point utile de faire une localisation précise ; il

ne s’agit pas de savoir à combien de millimètres de la

peau se trouve lPexcavation. I suffit de connaître la dis-

tance par rapport à un repère fixe et la situation en avant ou en arrière de la poitrine,

C'est. dans ce but que nous n’énumérons que les moyens couramment employés : certains se recommandent par l'élégance, telles les méthodes stéréoscopiquesz;

certains autres par la simplicité, telle la localisation d’après les mouvements au moment de la toux. - Bien entendu il n’est question en ce moment que de la localisation en profondeur. | |

19 Etude des déplacements au moment de la toux. —

= Plus la caverne est profonde plus grand est son dépla-

cement en sens inverse du mouvement costal, En effet

elle est, dans ce cas, située près des grosses bronches

ou du hile et elle se déplace, au moment de la toux, en suivant les mouvements de l’arbre bronchovaseu-

lire.

20 Appréciation du flou croissant. — L'image fournie par la caverne présente des contours de plus en plus

certaines cavernes en voie de régression ont des bords se estompés et donnent, même lorsqu'elles sont proches = de l'écran, une image floue, = 30 Examen de dos ou de face et de profil. — Plus précise est cette méthode. L’examen du malade dans ces trois positions permet de situer la caverne par rapport à une

des parois. L’excavation donne la plus petite image

se

cavitaire du côté de la payzoi d’où elle est le plus rapptochée.

49 Examen pratiqué alternativement de dos et de face. — Ce procédé permet d'opérer à diaphragme peu ouvert en faisant pivoter le sujet tout en ne quittant pas des yeux la caverne. La localisation est plus précise, l'image de l’excavation plus exacte que dans les méthodes précédentes.

00 Etude des déplacements parallactiques. — Basé sur un autre principe, ce moyen d'investigation repose sur les déplacements du foyer lumineux par rapport au sujet qui reste immobile.

Il semble que ee procédé soit particulièrement utile pour localiser les cavernes situées près des interlobes ou pour éliminer une pleurésie enkystée ou un pneumothorax. Il permet, en effet, en modifiant la hauteur de l’ampoule, de suivre l’axe d’une scissure et d’avoir des incidences multiples à sa disposition.

69 Radiostéréoscopre. — C’est à notre avis le procédé de choix. Pour bien comprendre l'intérêt de la méthode stéréoscopique 1lest utile de dire brièvement en quor elle consiste.

Pour avoir la sensation de relief il faut pouvoir com-

parer les images que présente un objet lorsqu'on le

regarde de points de vue différents. Si on examine avec

les deux yeux qui occupent dans l’espace une situation un peu différente, les images des objets considérés seront vues sous des incidences différentes et c’est grâce à cela que nous pouvons Juger des distances séparant des objets situés sur plusieurs plans. Si les yeux regardent des images planes et si on arrive à faire voir à chacun des

yeux une image différente tout en laissant à chacun

lPimage que produrait l’objet considéré, l'impression sera analogue à eelle produite par l’objet et nous aurons alors la sensation de relief.

La méthode stéréoscopique n’est appliquée actuellement qu'à la radiographie. De nombreux essais ont été faits et de multiples appareils ont été créés (Maingot, van Ebbenhorst Fenghergen, Ledoux-Lebard) pour rendre pratique la radioscopie stéréoscopique. Dans l’ensemble le but cherché était de susciter les deux images nécessaires à la vision au même endroit mais à des moments différents et alors de fermer et d’ouvrir alternativement l’un des deux yeux.

La radiographie stéréoscopique date de loin déjà. MM. Imbert et Bertin Sans paraissent avoir été les prenuers à s’en servir dès 1896 ; après eux les mémoires de Beclère, Aubourg et Galezoski, de Sir J. Mackenzie- Davidson contribuèrent à montrer l'utilité de cette méthode, Malgré tous ses avantages il semble bien qu’elle ne soit pas encore actuellement en France d'usage aussi courant qu’en Amérique où la stéréoscopie est presque systématiquement appliquée à toutes les radiographies.

La radiographie stéréoscopique est obténue en projetant sur un chché ombre de l’objet en deux points de vue différents ; pour avoir la sensation de relief 1l suflira par un moyen quelconque (négatoscope, images réfléchies sur un prisme) de faire voir à chacun des deux yeux l’image qui correspond à son point de vue.

Le professeur Jessen de Davos adopte une technique un peu spéciale qui paraît lui donner d'excellents résultats. L'auteur prend deux radiographies distinctes sous deux incidences ou deux poses de durée différente.

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Les schémas ci-dessous montreront les images données pour un déplacement stéréoscopique de 6 em. 5.

Fig. 9

I. — Dorsoventral (caverne à 19 centimètres de la plaque.) II. — Ventrodorsal (caverne à 8 centimètres de la plaque.)

Pour obtenir de bons résultats de la stéréoscopie certaines conditions sont nécessaires. Il faut que les contours de a pulmonaire ee RES

lésions denses.

B. — LocarisAtIoN EN HAUTEUR

base, caverne du sommet, il est préférable de sitüèr Le lexcavation par rapport à des repères anatomiques

SA

te es

fixes ou constants tels que clavicule, hile, diaphragme. #4 Ce n’est que dans des cas exceptionnels que cette localisation en hauteur présente de réelles difficultés.

Par exemple : on fait le diagnostic de bulle d’ aérogastrie avec liquide gastrique, alors qu’il s’agit d’un aspect hydroaérique se projetant au-dessous de lPhémidia-

De

SR

dernier, Il est facile de le vérifier en faisant mettre le malade successivement dans les positions frontales, obliques et latérales.

De même, il peut arriver qu’ on prenne pour une déviation de la trachée à droite une caverne du lobe supérieur. La localisation en hauteur dans les différentes positions permet d'éviter cette erreur.

[EL — Localisation anatomique. -

Ilest souvent intéressant — surtout sil’examen radio-

logique doit être suivi d’un acte chirurgical — de com-

pléter cette localisation géométrique par une localisation plus particulièrement pulmonaire. On s'efforce

alors de connaître la situation exacte de la caverne dans

le parenchyme pulmonaire, à l’aide de repères strictement pulmonaires.

Ce sont les méthodes spéciales du pneumothorax et des injections de sels opaques, désormais entrées dans

le domaine pratique, qui précisent surtout la localisa-

4 tion anatomique. | }

Es TNT pneumothorax artificuel ne saurait être qu’une méthode d'exception. Du reste, c’est en général le pneumothorax établi dans un but thérapeutique qui précise la localisation anatomique jusque-là peu nette de certaines cavernes. En outre il permet de déceler des

cavernes parlantes qui étaient invisibles aux rayons X, en supprimant les réactions condensantes et opaci- ; Date qui les entouraient.

. B. — Les injections de collargol et surtout de lipiodol

À | apportent une large contribution à l’anatomopathologie et à la radiologie du poumon, Depuis que Sicard et

Forestier en 1921, puis Sergent et Cottenot ont vulgarisé cette méthode, on est arrivé non seulement à localiser plus exactement les cavernes pulmonaires mais surtout à éliminer la plupart des faux aspects cavitaires que nous étudierons dans un autre chapitre.

L'injection de lipiodol est pratiquée soit par voie transglottique, si les injections doivent être répétées, soit par voie intercricothyroïdienne. Elle dort être faite dans des positions différentes suivant la situation de la caverne. Mais il est une condition capitale pour la réus- site : il faut que l’orifice d’entrée qui fait communiquer l’excavation avec la bronche soit suffisamment large.

+) Pour l’examen du sommet : injecter de 30 à 40 cen+ timètres cubes de lipiodol, le malade étant incliné, le siège relevé et les épaules basses.

8) Pour les lobes supérieur et moyen : injection de 15 à 20 centimètres cubes, le patient étant dans le décubitus latéral.

+) Pour les lobes inférieurs : la position assise nous semble la meilleure.

Des nombreux travaux sur la localisation des cavernes nous pouvons tirer les conclusions générales sui- | vantes : < 2

19 Les cavernes sont aussi fréquentes aux bases qu'aux sommets.

29 Le siège d'élection est au niveau de l’angle costoclaviculaire.

39 Les cavernes de l’extrème sommet sont une rareté.

Deux cas particuliers ont une certaine importance : 74

a) Les cavités du sommet sont le plus souvent en rapport avec une bronche de drainage : de là l'absence

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d’exsudat intra-cavitaire et l'aspect surtout bulleux de ces cavernes.

b) Les cavités voisines de la plèvre viscérale — et le cas est fréquent — déterminent une réaction pleurale et l’adhérence des deux feuillets de la plèvre forme une portion de la paroi cavitaire.

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