I.AMAIITINE
L'instruction du jeun» Lamartine , commencée à Milly, sous la direction de sa mère et de son père, s'acheva à Bellay, chez les Pères de la Foi. Ses premières aspirations, ses vagues inquiétudes, ses rêves de jeune homme qui les dira jamais mieux qu'il ne les a dits lui-mème ! Son génie bouillonnait en lui. Il regardait le inonde avec une sorte H’offroi et se demandait où y serait sa place.
Il avait vingt ans quand l'Empire fondé par Napoléon I" était au faite du ses prospérités et de scs gloires ; il voyait l'Europe entière aux pieds de cet homme extraordinaire. Tout ce qui l'entourait lui était odieux. Dans le milieu où il avait été élevé , il avait appris à détester tout ce qui était debout, à aimer et à respecter tout ce qui était renversé.
Le régime impérial lui inspira cette aversion insurmontable qui fut instiuctive d'abord et que plus tard l'étude et la réflexion affermirent. Dans Ja préface des MMitatiom et dans le tableau historique dont il a fait précéder son Histoire de lu Hestuvrutùm, les motifs de cet invincible sentiment ont été exposés avec cette élévation d'idées et ces magnificences de style qui distinguent tout ce qui est sorti de cette plume élégante.
Due faire? Itieu ne permettait, eu 1810, de prévoir la chute de l'Empire. Nulle issue ne s'offrail à celte activité dévorante , silencieuse encore et
repliée sur elle-même. Tout d'abord il tourna ses regards vers l’Italie qui
l'attirail. Pour la première fois il s'éloigna des lieux et des êtres chers à son cœur, l’aiglon s'élança hors de faire paternelle.. Ceux qui connaissent Lamarlinc ou qui seuletneul ont vu sa belle figure, douce et austère à la fois, peuvent se faire une idée de ce que devait être, dans la fleur de sa jeunesse , ce beau et grave jeune homme qui portait tout un monde poétique dans sa tête et dans son cœur.
Au retour de ce premier voyage * il voulut s'essayer aux réalités de la vie. Il songea à aborder le théâtre. La tragédie était alors eu pleine floraison , elle défilait le chapelet de ses alexandrins monotones devant le
public de l’Empire qui se contentait volontiers de cette froide pdture. Il
osl vrai que la tragédie avait alors ou interprète sublime. Lamartine vit Talma qui l'accueillit avec lamté et encouragea ses premiers essais. Mais la tragédie classique n'était pas le fait du jeune poète. La tragédie d’ailleurs