‹ Les célébrites du jour 18601861Chapitre 19 sur 63 · IA · texte numérisé non relu

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n'était plus au théâtre, Napoléon l'avait transportée sur uue scène plus vaste et lui avait donné île gigantesques proportions, de terribles péripéties. Le dénoùmenl approchait ; pour les regards exercés l’astre impérial pâlissait dans son ciel si resplendissant.

Jusque-là contenue, la passion s'éveillait et fermentait dans l'âme ardente ■le Lamartine. Il tit, en 1813, un second voyage en Italie et ce serait folie que de vouloir redire après lui les impressions qui l'agitèrent pendant cette période, la plus ardenuneut passionnée de sa vie. Nous devons nous borner a donner des dates et à rappeler des faits ; Lamartine n'aura de biographe que lui-méme.

La restauration des Bourbons était, pour sa famille et pour lui-méme, un heureux évéuement. Son père avait vaillamment défendu le trône au 10 août; sa première religion politique fut celle de ses parents. Louis XV1H, pour récompenser les services du père, admit le fils dans ses gardes du corps. Si jamais homme fut dépaysé , ce fut à coup sûr ce pauvre grand poète encore inconnu , sous un uniforme militaire , dans un corps hiérarchique et discipliné. Il n'y demeura pas longtemps. Son génie l'obsédait. Au milieu des agitations politiques , il avait écrit des vers que nul ne connaissait, Une nouvelle ère littéraire s'ouvrait. Chateaubriand avait planté son drapeau 6ur des terres jusque-là inexplorées ; lasse des tempêtes, brisée de fatigue, humiliée de ses défaites, la France aspirait à des gloires plus calmes, à des émotions plus douces, plus généreuses, à des joies littéraires dont elle était depuis longtemps sevrée. Un monde allait nattre !

Après de longues liési tâtions , Lamartine se décida à publier, en 1820, ses Méditations jioêtiques . La foudre ne produit pas un effet plus saisissant et plus prompt. Ce fut comme un événement impatiemment attendu. La France qui sortait à peine des platitudes de la littérature impériale, reçut vraiment une commotion en lisant ces lieaux vers, en écoutant cette langue sonore, harmonieuse . élégante qui laissait deviner plus de choses encore qu'elle u’en disait, qui répondait si bien aux aspirations des âmes tendres et rêveuses, qui berçait si mollement cette société fatiguée de longues luttes.

Le succès des Méditations fut Européen ; 50,000 exemplaires en furent vendus très-rapidement. Le gouvemoraeut ne put faire moins que d'honorer le poète. Le ministre, eu lui envoyant, au nom du Roi, magnifiquement reliées, la collection des chefs-d'œuvre do la langue française et celle des auteurs latius, le pria d’accepter ce don » comme une preuve de l'estime qu'il portait au mérite de l'auteur des Méditation». »

Peu de temps après, Lamartine fut attaché à la légation de Florence. Il revit l'Italie, mais non plus comme un jeune homme inconnu et cherchant sa voie ; il y arriva celte fois précédé par su gloire naissante. Un vers des Méditation» ayant froissai le patriotisme italieu, il eu résulta un duel retentissant ; le poète reçut une assez grave blessure. Ce fut pendant ce voyage qu'il connut et épousa madame de Lamartine. Il fut successivement secrétaire d'ambassade à .Naples, puis à Londres, chargé d'affaires eu Toscane, ministre plénipotentiaire eu Grèce, oh il précéda ltyron qui devait bientôt y veuir, suivant l’expression d’un autre grand poète :

Pour finir eu héros sou immortel ennui !

En 1829 l'Académie lu nomma eu remplacement du comte Uuru. La

'joie que lui causa sou élection fut de courte durée; un horrible et dou-

loureux événement le priva tout à coup de sa mère , de la sainte femme qui avait exercé sur son âme et sur son esprit une si heureuse influence 1 Madame de Lamartine s'était placée dans une baignoire vide ; en voulant la remplir d'eau froide d’abord , elle se trompa et l’eau presque bouillante lui causa une si vive douleur qu'elle perdit la tête et ne songea pas à refermer le robinet. Ou accourut à ses cris, mais il était déjà trop tard.

Elle expira , après trois jours de cruelles souffrances, dans les bras de son

fils désolé.

La révolution de Juillet interrompit la carrière diplomatique de Lamartine ; il y renonça de sou plein gré, malgré les offres qui lui furent faites • par le nouveau gouvernement , non que ses principes fussent contraires h ceux que la révolution venait de faire triompher, — depuis longtemps sou esprit s'était élevé au-dessus des fragilités de l'esprit de parti, — mais il concevait à sou activité un rôle plus utile et plus vaste. 11 voulut aborder la tribune. Sa candidature, proposée aux électeurs censitaires de Toulon et de Dunkerque, fut repoussée. Ou sait comment se faisaient alors

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