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d Italie de >859, l'entretien entre François-Joseph et le prince Napoléon qui se termina par la cession île la Lombardie.
« Tous les paragraphes (do l’aete contenant les préliminaires do pais) avaient été passés en revue un 11 un, la discussion ne pouvait se prolonger et se généraliser indéfiniment. Le prince Napoléon avait expliqué, ou laissé entrevoir les points essentiels sur lesquels l’Empereur des Français pourrait faire des concessions, et ceux qu’il était impossihle de modifier.
Il dit donc il l’Empereur d'Autriche :
— Sire, j’ai reçu l’ordre d'ètre de retour au quartier-général do Valeggio au plus tard à dix heures, je dois donc, pour obéir aux instructions qui m'ont été données, partir de Vérone h huit heures et quart, ce qui ne me permet d’attendre la réponse de Votre Majesté que pendant deux heures, lie serait avec un vif regret. Sire, si celte réponse était négative, que l'Empereur Napoléon se verrait dans la nécessité de recommencer la guerre A l'expiration de l'armistice, guerre qui. de part et d'autre, serait plus terrible encore, n'en doutez pas. qu'elle ne l'a été jusqu'à ce jour, et entraînerait apiés elle, par la conflagration générale de l'Italie, des conséquences incalculables.
— C'est bien, dit l'Empereur en se levant, vous aurez ma réponse.
Et il conduisit lui-méme le prince Napoléon à l'appartement prépara 1 pour lui.
Deux officiers do la maison militaire de Sa Majesté vinrent tenir compagnie au prince pendant le repas qui lui fut servi.
Les ordres avaient été donnés pour qu'il huit heures et quart la voilure de Son Altesse Impériale fut attelée.
A sept heures et demie, le prince vit l'Empereur d'Autriche entier dans sa chambre.
— Je vous apporte ma réponse, lui dit François-Joseph, mais je ne puis guère modifier mes premières propositions.
— C’est qu'alors, Sire, je suis un bien mauvais avocat, répondit le prince Napoléon.
— Vous n'appréciez pas assez le sacrifice que je fais en cédant la Lombardie, ajouta l'Empereur.
Et il donna au prinro le papier qu'il tenait A la main.
— Est-ce définitif. Sire? demanda celui-ci, après en avoir pris connaissance.
— Oui, répondit l'Empereur.
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— S'il en est ainsi, je prierai Votre Majesté do vouloir bien signer' ce papier.
— Vous le signerez aussi au nom de l'Empereur? «lit François-Joseph.
— Sire, répliqua le prince, dans de semblables conditions, je ne me crois pas autorisé fl le faire ; les modifications que Votre Majesté a cru devoir apporter ft la rédaction que j'avais eu l'honneur do lui soumettre, sont de telle nature, que je dois réserver la liberté de mon souverain.
— Je ne puis cependant m'engager, dit François-Joseph, si l'Empereur Napoléon ne l’est pas également de son roté, et signer do semblables concessions, sans être certain quelles seront admises par la France.
— Sire, répnudit alors le prince d’une voix haute, je donne il Votre Majesté ma parole d'Iionnéte homme, que demain malin elle rerevra ce même papier avec ou sans la signature de l'Empereur des Français.
L'Empereur d'Autriche regarda le prince Napoléon, et sans ajouter un seul mot, il signa le papier; puis le lui tendant avec une émotion visible:
— C'est un grand sacrifice que je fais de céder ainsi une de mes plus belles provinces ; mais, si nous pouvons nous entendre avec l'Empereur Napoléon sur les affaires de l'Italie, il n’y aura plus de causes de discorde entre nous.
— Je crains bien, reprit le prince, que ces préliminaires ne soient insuffisants pour arriver au but que vous voulez atteindre.
U était huit heures moins quelques minutes.
Jusqu’au moment où l’on entendit le roulement de la voiture duos la cour, il ne fut plus prononcé une seule parole sur la politique.
L’Empereur avait signé. — Pour lui, tout était dit.
U accompagna le prince Napoléon jusqu’au bout de l’escalier, et alors seulement eu lui tendant la maiu :
— Au revoir, prince, lui dit-il, j’espère que ce ne sera plus en ennemi. »
C’est ainsi que la Lombardie fut cédée par l’Empereur d'Autriche il l'Empereur des Français qui, à son tour, l u cédée au Roi du Piémont.
François-Joseph, s'il n’est point une grande figure, n'en excite pas moins uu assez vif intérêt par son caractère, et pur ses malheurs, mais uu intérêt île curiosité plutùt que de sympathie. On regarde avec élouueuieut
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ce jeune homme qui s’est montré tout île suite un des plus acharnés et des plus obstinés représentants des vieux principes. Entre François-Joseph et Ferdinand II de Naples il n'y avait que la différence de l'âge; le vieux Bourbon et le jeune Habsbourg ont eu les mêmes idées, les mêmes ruses, la même patieuce dans la défaite, et la même ardeur II prendre- leur revanche. Tous les deux se sout montré libéraux en attendant le moment de rentrer dans l’absolutisme ; ils donnaient des constitutions, et ils les déchiraient ; vaincus, ils parlaient de clémence; vainqueurs, ils étaient impitoyables. L’exécutiuu de Robert Blum, les pendaisous de la Hongrie, ne le cèdent en rien aux supplices ordonnés par le feu roi de Naples. François-Joseph et Ferdinad 11 ont une égale horreur des idées lilw'-rales, et ne reculent devant aucun moyen pour les extirper de leurs États. L'Autriche avait eu par hasard un souverain libéral qui avait fondé la liberté religieuse dans sou pays, François-Joseph prit surtout à lâche de détruire les lois de sou prédécesseur, Joseph 1", et il signa avec Rouie ce Concordat qui ressuscitait le moyen âge en plein XIX' siècle; dans la politique, dans l'administration, partuut, à l'exemple du roi de Naples, il a combattu et traqué l'esprit moderne. Ferdinand II est mort sans avoir reçu le châtiment qu'il méritait, et que la Providence a infligé h son fils; Frauçois-Joscph assiste à la chute de son empira en Italie, il voit s'écrouler cette a-uvre d'unification par le sabre qui était lu pensée de son règne; la lilierté qu'il croyait avoir élouflV-c sort du cercueil et lui impose des concessions en attendant de lui dicter des lois. François-Joseph comprendra-t-il la leçon que lui douueut les événements? Ferdinand II répondait un jour à Louis- Philippe qui lui conseillait une marche plus libérale et un rapprochement avec lui, que les Bourbons comme les Ilabstanirg étaient trop vieux pour se corriger, et que, s’ils devaient finir, ils finiraient ensemble. Ces paroles se réaliseront-elles? nous voudrions espérer le contraire, mais eu étudiant la physionomie de François-Joseph, en regardant celte tète liue, intelligente et sombra, dout le front étroit et les contours arrêtés indiquent l'entêtement plutôt que la fermeté, on ne peut se défendre de craintes sérieuses pour l'avenir, et en même temps d'une impression de tristesse et de regret, eu remarquant l'air de fatalité qui semble empreiut sur les • traits du jeune Empereur.
François-Joseph prend les titres suivants : Roi de Bohème, de Dalmatie, Croatie, Slavonie, Gallicic, Lodomerie et llljrie, archiduc d'Autriche, duc de Salïbourg, Slyrie, Carinlhie et Curnioie; grand-prince de Transyl-
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