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d'un corps d'amiéo sous le maréchal Radetski, il prit le commandement général de l'année de Lombardie h la mort de son vieux chef. Homme de grandes manières, d’un coup-d'œil juste et prompt, le général Giulay avait fait concevoir des espérances <pie son talent militaire n'a point justifiées. Plein de bravoure sur le champ de bataille, il n'y a point montré cette vigueur d'initiative, cet instinct des grandes combinaisons, cette fécondité du ressources <|tii fout le capitaine. L'Empereur Kraui;ois-Josepli se vit obligé, au milieu de la campagne, du destituer tiiuiay et de mettre un autre général à la tète do ses troupes, ii Le général Giulay, dit un des historiens de la dernière guerre d’Italie, avait commis une faute irréparable en ne marchant pas rapidement sur Turin. A ce moineut là, le champ de la guerre lui appartenait, pour uiusi dire, tout entier. L’armée française , par suite de la précipitation même de son entrée eu campagne, se trouvait dans la position la plus critique; privée encore de munitions et d'artillerie, séparée en plusieurs tronçons, elle eût pu être attaquée eu détail, et amoindrie dès le commencement de la lutte, avant même d'être organisée. Du plus, eu occupant Nuovi avec les forces considérables dont il {HMivuit disposer, le général en chef autrichien coupait nos communications si importantes entre Gênes et Alexandrie...»
Il aurait fallu, pour réparer cette faute, un géuie militaire qui ne se trouvait pas chez les généraux autrichiens. François-Joseph, lui -même, malgré son ardeur et sa bravoure, a prouvé dans cette guerre que, s'il avait les qualités du soldat, il était dépourvu de celles qui fout le capitaine.
Triste présage pour la monarchie; le vieux prince de Melteruich était mort le jour même de la bataille de MngonlH. Maintenant nous voici an lendemain de SolTerino. L’Autriche vient de perdre deux armées, le quadrilatère est menacé : Venise va succomber.
Renfermé daus Vérone, François-Joseph vient de se mettre au lit pour demander au sommeil l'oubli des souris qui le dévorent; tout à coup son premier aide de camp, le comte de Grttnue, entre daus sa chambre.
— Sire, lui dit-il, le général Fleury, aide de camp cl pi tuilier écuyer de l'Empereur des Français, chargé d une mission spéciale, demande à être introduit auprès do Votre Majesté.
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François-Joseph se lève en toute lotte, et reçoit le général qui lui remet une lettre autographe de son souverain.
Celte lettre, que l'Empereur lut avec un mélange visible d’étonnement et d'émotion, conviait le jeune souverain de l’Autriche à mettre un terme h la guerre, bii nom des sentiments d'humanité qui doivent surtout présider aux décisions do ceux qui disposent de la vie de leurs semblables.
L’envoyé de Napoléon était chargé de proposer uu armistice et d'insister sur les avantages d’un acte de ce genre qui pouvait permettre d'entamer de nouvelles négociations, et qui suspendait du moins l'effusion du sang, en attendant qu’ou pût mettre fin è une guerre où la victoire même coûtait si cher. Le général Fleury, après s cire acquitte de celle partie de sa mission, s'inclina en attendant que l’Empereur prit la parole. François-Joseph lui dit que la réponse qu'on lui demandait était trop grave pour être faite tout de suite, et qu'il la remettait au lendemain.
L'audience était terminée. Avant de se retirer, l’envoyé français crut devoir faire observer à l'Empereur que la Hotte aux ordres de l'amiral Romain- Des fossés, chose qu’il ignorait peut-être, occupait l'Ile de Lossini, et que l'attaque de Venise allait commencer.
— Je le sais, répondit François-Joseph, j'aurais dû le premier occuper Lossini. A demain, général!
A huit heures du matin, le lendemain, l'Empereur d'Autriche faisait appeler le général Fleury et lui lisait sa réponse il l'Empereur des Français. L’armistice était accepté. François-Joseph priait Napoléon de choisir l'endroit où l’on eu réglerait les conditions. Ses derniers mots au général Fleury furent uue demande de vouloir bien écrire au commandant des forces françaises dans l’Adriatique pour lui mander ce qui venait de se passer, et l’inviter à suspendre les hostilités. Ce désir de l'Empereur satisfait, le général Fleury prit congé de lui. A neuf heures du matin il quittait Vérone, et deux heures après il descendait de voilure au quartier-général français.
Dès l'aurore, notre armée qui s'attendait à une attaque générale des Autrichiens, était rangée en bataille, prête à soutenir le choc ; tous les chefs de corps d’année avaient en maiu un ordre de mouvement précis et détaillé. L'n peu avant midi les troupes recevaient l’ordre de regagner leurs bivouacs respectifs. Bientôt la nouvelle de l'armistice circulait dans tous les camps, fort mal accueillie, il faut le dire, par le soldat, qui, dans son gros bon sens, comprenait bien que dans les circonstances où l'on se trouvait, l’interruption de la guerre équivalait à sa
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cessatiou, el qui n’aurait pas été fâché de donner un dernier coup de collier pour achever une œuvre déjà aux trois quarts terminée.
L'armistice signé, l’entrevue de Villafrauca fut décidée.
Le 10 août on vit arriver au quartier-général français le prince de liohenlolie, aide de camp de François-Joseph, chargé de sa part de prier Napoléon île régler les détails de l'entrevue. Ou convint que les deux Empereurs s'y rendraient, ainsi que leurs maisons militaires, en tenue de campagne, et leurs escortes en grande tenue.
Le lendemain, Napoléon, ayant à sa gauche le maréchal Vaillant, et derrière lui sa maison militaire, s’avançait sur la roule de Villafrauca, où il arriva connue neuf heures sonnaient au clocher de la ville. C'était le moment fixé pour la rencontra des deux souverains. Quelques minutes après lui, parai François- Joseph à la tête de son escorte. Les deux états-majors s'arrêtèrent, et l'Empereur des Français s’avançant vers l'Empereur d'Autriche, tous les deux se saluèreut du képi, et se tendirent la main. Un instant après ils se remirent en marche trottant l’un à côté de l’autre, et bientôt ils purent mettre pied à terre dans la principale rue de Villafruuca, devant la maison de M. fiuitdini Morelli, où un modeste salon du premier étage avait été préparé pour les recevoir.
Un poste de ceiil-gardes el un poste de gendarmes aulrichieus oceupèreul l'étroit corridor de la maison, et fournirent les sentinelles placées à la porto du salon. Uue table séparait les deux Empereurs; sur la table du papier, de l'encre, des plumes et un vase de fleurs. Au bout d’une heure tout au plus,- François-Joseph et Napoléon se séparèrent. On remarqua après l'entrevue que le papier était intact, et que pus uue plume u’avait été trempée dans l'encre; seulement dans le vase il manquait une rose.
Les résultats de l'entrevue de Villafrauca, et de la mission que le prince Napoléon fut bientôt après chargé de remplir auprès do l'Empereur d'Autriche à Vérone, font partie maintenant de l'histoire, nous n avons pas à les raconter, moins encore à les juger. Pour satisfaire la curiosité de ceux qui désirent savoir comtueul s'accomplissent les grands actes de la vie des souverains, nous nous liornerous à citer, d'après l'historien de lu Cam/>agnr