‹ Les célébrites du jour 18601861Chapitre 62 sur 63 · IN · texte numérisé non relu

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moins, consistait R no so point défendre , à laisser retomber une attaque dictée sans doute par un sentiment respectable, mais qui ne pouvait aller si haut.

Il me resterait R parler de l 'écrivain politique et je ne m'en sens pas le courage. Voici pourquoi ! Tout ce que Georges Sand a pensé, cru, espéré, rêvé en politique, je le rêve, je l'espère, je le pense, je lo crois. Tout ce quelle a écrit j'aurais été très - heureux et très-lier do l'écrire comme elle. Elle a rédigé, dit-on, en 1848, quand Ledru-Roltin était ministre de l'intérieur, des circulaires épouvantables. Ces circulaires, j'ai voulu les relire, et savez -vous l'impression qu'elles m'ont laissée? La voici :

A l'heure du péril, quand les plus braves tremblaient, quand les plus riches auraient volontiers sacrifié la moitié de leur fortune R l’État pour être sûrs de conserver intacte l'autre moitié, quand toutes les ambitions fermentaient, quand pour élire un représentant du peuple les électeurs trouvaient devant • eux cent candidats s’échevelant , se démentant dans les clulis, déclamant leur profession de foi , une femme qui n’avait rien R attendre, qui ne voulait rien ; que son talent , sa gloire, sa fortune élevaient au-dessus de toutes les agitations et de toutes les compétitions politiques, eut assez de courage, de patriotisme, de désintéressement et de généreuse audace pour prêter sa parole magique R l’exposition, R l'élucidation de certaines idées, de certains principes mal compris encoto. Que l’expression ait quelquefois trahi ou exagéré sa pensée, c'est possible. Mais que cette pensée ait été mauvaise, non ! Elle aurait pu demeurer dans sa solitude, poursuivre scs travaux, s’enfermer dans son égoïsme. Sans arrièrepensée, sans préoccupations personnelles, elle vint apporter son contingent R la chose publique. Elle en a été récompensée par des haines et des calomnies. C'est tout simple et tout naturel. Bien faire et compter sur la reconnaissance des hommes comme sur une chose due, ce serait de l'usure.

Laissons la politique. Georges Sand n'a abordé ce brillant terrain que pour y exprimer des aspirations, des idées qui commencent déjR R avoir droit de cité parmi nous. N'a-t-on pas canonisé des gens qui avaient été bridés? N’a-t-on pas dressé des statues R des hommes qui, do leur vivant,

GEORUES SAM).

avaient été abreuvée criinmtliatioiia et île dégoûts? Noire vio est étemelle; la mort niari|u« seulement les étapes de celte roule mystérieuse qui nous mène vers Dieu. Sachons être patients?

J'aime mieux employer l'espace qui me reste, à parler de ses livres immortels. One! que soit le jugement que l'on porte sur eux, sur leur moralité , sur l'inlluencc qu'ils ont exercée , il est impossible de nier' lé magnifique talent de leur auteur. Nous ne pensons pas qu'une contradiction puisse sérieusement s'élever sur ce point. Ceux même qui ont le plus vivement attaqué la partie morale de ses produrlious rendent justice h leur valeur littéraire, mais ces attaques elles-mêmes nous paraissent dénuées de rondement. Le romancier peint les mirurs de son temps, il en flagelle les travers et les vices ; pour leur infliger ce châtiment publie il faut bien qu’il les mette eu évidence. Si le momie qu’il reflète est immoral, c'est le monde et non l'auteur qu'il faut accuser. Mais j’nvuue qu'il est plus facile de jeter la pierre aux romanciers, en les accusant d’immoralité, que de s’accuser soi-même.

Je fus vivement frappé uu jour en lisant cette phrase de Georges Sand ; elle est, je crois, dans Y Histoire île ma Vie : « Ma religion n’a jamais varié quant au fond. Les formes du [tassé se sont évanouies pour moi, comme pour mon siècle, à la lumière do la réflexion ; mais la doctrine éternelle des croyants : le Dieu Iton, l'âme immortelle et les espérances do l'autre vie, voilà ce qui a résisté à tout examen, à toute discussion el même à des intervalles de doute désespéré ! »

Eu lisant cette profession de foi si simple , si complète , je me souviens que je me demandais combien, parmi ceux et celles qui jugent si légèrement et si sévèrement M m « Georges Saud, croyaient avec sincérité au Dieu bon, h lame immortelle et aux espérances do l'autre vie; combien pouvaient dire comme clic ; Voilà ma foi profonde et invincible ; elle a résisté h tout examen , à toute discussion , à tous les orages du doute.

Je voudrais citer quelques lignes encore ; jo les ai lues bien souvent

et jamais sans une profonde émotion. 11 me semble qu'elle y a enfermé

tout son creur.

« Il m’importe peu de vieillir, il m'importerait beaucoup de no pas vieillir seule. Je liai pas rencontré l'être avec lequel j’aurais voulu vivre et mourir, et si je l'ai rencontré ie n'ai pas su le garder. Écoute mon

histoire et pleure! Il y avait un lion artiste qu’on appelait Watelcl, qui

MO

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