‹ Les célébrités du jourChapitre 32 sur 42 · i.'KMi'i iii;i H m. iti ssii · texte numérisé non relu

i.'KMi'i iii;i H m. iti ssii

la lild'ilc. Ces aspi cal ions vajïiies se sont maiiircslrcs loiilcs les l'ois (incl'of!l'nsion la pciinis, cl smloiil |{iis(|ii(' le Ironc de Russie a élé occupé pai' nii Prince rcroiinaleiir. (Juainl le [m'ic de l'iei're I'', Alexis MlLliaïloNNileli, paila d'aholii' l'esclavage, (mi \il aussilùl une aiiiH'i' de serfs se loriuer d'elleniènic , el marcher sur Moscou i|ui paraissait vouloir résisler aux volontés du C/.ar. Aux premiers mots prononcés par Catherine H, de lois, de cod(^ dans l'inlérèl dos serfs, ceux-ci se levèrent au uomhi-e de plus de ceni mille. De terribles vengeances eurent lieu ; plusieurs boyards furent massacrés. La Czarinc eut un prétexte pour ne point accomplir les réformes promises ; le sort des serfs ne re(;ut aucune amélioration. A l'appel de Poujalschelf cpii lui promeUail la liberté, la population servile répondit d'une extrémité de la Russie à l'autre, et se montra prête à seconder la révolte. Des symptômes elTrayanls surgissaient de toutes parts. A Moscou, le prince Scherbatoff entrant dans son palais, fut surpris de trouver le premier étage illuminé, et retentissant du bruit et des chansons d'une orgie. Assis <à sa table, ses domestiques boivent ses meilleurs vins de France, et l'un d'eux, se levant du fauteuil on il se carre, répond à son maître furieux et qui les menace tous du knout : (i Calme-toi, prince Alexandre, et traite-nous plus doucement à l'avenir, car liotre vengeur n'est pas loin d'ici. »

Poujatscbeff en effet n'était plus qu'à quelques milles de Moscou.

Le serf Russe est bon de son naturel , il est susceptible d'élan, de dévouement, de courage; né intelligent, il ne lui manque que l'instruction. On s'est bien gardé jusqu'ici de la lui donner. Son ignorance est la garantie de son obéissance. Aussi rien n'est plus ignorant, plus crédule qu'un serf russe. On a vu un moujick, voulant soigner son camarade affecté d'un vomissement de sang, lui tamponner la bouche avec de l'étoupe. Dans cette nuit opaque où vit le paysan Russe, quelques rayons ont fini cependant par pénétrer, il a vu l'horreur de son sort, et déjà, sous Nicolas, on a senti à des signes non équivoques qu'il était temps, si l'on voulait éviter une catastrophe, de résoudre enfin cette grande question du servage d'où dépendent la tranquillité présente et l'avenir de la Russie.

Nicolas 1" cependant ne s'occupa que des serfs de la couronne, et même sous ce point de vue ses mesures d'émancipation restèrent à peu près inefficaces. Le serf de la couronne, en effet, put devenir propriétaire, on lui donna à cultiver un espace de terrain qui, à la rigueur, aurait pu suffire à la nourriture de sa famille, si le fisc impérial n'eût prélevé sur chaque paysan une capitation de treize roubles, élevée aisément à vingt, à tiente et même à cinquante roubles par les exactions des collecteurs. Le serf de la couronne n'était pas

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soumis, il csl vnii , ;iiix ciiiiiiccs d'iiii iiiiiilrc \inlriil et r;iii(;i.si|ii(', iii;iis les employés du f^ouvernemenl, sous la surveillauco d(^squoIs il se liousail idiicé, devenaiciil pour lui les plus capricieux, les plus fantasques, les plus rerloutables de tous les tyrans. Qu'il (Irplùt à Ici ou Ici louclionuaire , (|u'il eût une fille jolie et dont il voulût défeudie riiuuucui-, la Sibérie et le knout faisaient justice de sa résistance connue s'il (M*it appaiteiiu à un sinipl*; hovaid.

Les choses ont clianyé, noa-seulenieni pour les serfs «le la ccjuronne, uiais encore pour ceux de la noblesse. L'émancipation des serfs paraît se poursuivrez avec le sérieux et l'activité qu'une telle mesure comporte; il serait prémaluic de dire dès à présent quels en seront les résullats; ce qui est de bon aiij,Min', c'est que les intéressés croient à son efficacité. La royauté et le peuple semblent avoir conclu contre l'aristocratie une de ces alliances qui, si elles ne mènent pas toujours les nations à la liberté politique , leur assurent du moins les bienfaits de l'égalité civile. Le serf Russe se sent appuyé, et il relève la tête, les boyards commencent à s'apercevoir qu'il faut compter avec lui, Iç moujick, si longtemps abruti, reprend peu à peu la notion et la conscience de son droit ; l'espérance d'un meilleur avenir lui sourit, et lui donne une assurance que son attitude trahit chaque jour davantage; il est aisé de s'en apercevoir dans les rues de Saint-Pétersbourg, lorsqu'une brillante voiture de gran<l seigneur rencontre sur son chemin un de ces lourds tombereaux qui transportent les boues et les glaces de la ville dans la Newa. Autrefois, au premier cri du cocher galonné, le charretier aurait fait ranger ses chevaux et se serait caché derrière eux pour éviter quehiue bon coup de fouet sanglé en plein sur ses épaules, aujourd'hui, c'est à l'équipage armorié cà attendre; le moujick suit son chemin sans se presser, et il se retourne de temps en temps pour jeter un regard narquois sur l'autoinédon en perruque poudrée, et sur le chasseur emplumé qui lui crient d'avancer, et si le cocher s'avisait de faire usage de son fouet , le gerf le lui aurait bien vite cassé sur le dos.

Sous le règne de Nicolas I", 350,000 individus seulement dans toute l'étendue de son vaste Empire, recevaient à titres divers les bienfaits de l'instruction publique. Le Czar avait cru devoir fixer lui-même le chiffre des étudiants qui devaient fréquenter les diverses Universifi's dont les professeurs devaient invariablement appartenir h l'armée. Alexaudi'e II a fait enlever toutes ces entraves. Le nombre des étudiants est illimité, les maîtres ne sont plus e.xclusivement des militaires ; la censure des journaux et des livres semble montrer plus de bienveillance pour les droits de la pensée; la police, sans avoir perdu tout à fait son influence, n'est plus, comme autrefois, l'âme du gouvernement. On sent

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