‹ Les célebrités françaisesChapitre 141 sur 208 · HOU G AIN VILLE · texte numérisé non relu

HOU G AIN VILLE

— Du moins, monsieur, répliqua fièrement Bougainville, on ne dira pas que vous parlez comme un cheval. »

Le ministre s'offensa; le gouvernement efféminé de Louis XV ne lit rien pour le Canada, où Bougainville ne put que rapporter sou courage. Âpres une lutte suprême, livrée le 10 septembre 1759, et où Montcalm et son adversaire, le général Wolf, périrent, celte belle colonie fut perdue pour la France.

Bougainville, incapable de repos, prit, de retour à peine, du service dans l'armée d'Allemagne, commandée par M. de Choiseul- Stainville. Il s'y distingua tellement, qu'il reçut, comme récompense, le don de deux pièces de canon, qu'il lit déposer dans sa terre de Normandie.

La paix lui ayant créé des loisirs incompatibles avec l'ardeur de son esprit, il se souvint des paroles de Chevert et se tourna vers la marine; mais, disons-le, son but était de se rendre utile, d'établir un comptoir dans les îles voisines du détroit de Magellan. D'accord avec des armateurs de Saint-Malo, et muni du consentement du roi, il partit le 15 septembre 1705 avec YAiylc et le Sphinr, navires bien équipés et bien armés. 11 cinglait vers les Malouines ; on apprit à la fois son arrivée cl son succès. L'installation de la colonie nouvelle étail complète et assurée.

Mais les Espagnols n'avaient pas vu sans jalousie cet établissement, qui leur faisiil un voisinage dangereux. Ils en réclamèrent la remise, el Bougainville eut la douleur de voir l'étendard de Caslille remplacer le drapeau national. Du moins, ayant le commandement de la Boudeuse, frégate royale de vingt-six canons, il voulut utiliser une occasion qui ne se représenterait plus el faire le tour du inonde. 11 s'agissait de combler une lacune dans l'histoire de la marine française. Bougainville, éclairé par les recherches de tous ceux qui Pavaient précédé dans cette entreprise, semblait né pour un si grand dessein.

11 ne lui fallul pas moins de sept à huit semaines pour franchir le détroit de Magellan, où d'horribles tempêtes l'assaillirent ; ses matelots réparèrent à Taïli leurs forces épuisées. Quand, après avoir reconnu tour à lour les (Îrandes-Cvelades, la Nouvelle-Bretagne, les

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