‹ Les célebrités françaisesChapitre 140 sur 208 · BOUGAINVILLE · texte numérisé non relu

BOUGAINVILLE

Jtt t* 1711 — «OI1T Ull

Si l'on songe que Bougainville naquit quatre ans seulement après la mort de Louis XIV, et que sa longue existence, si remplie, ne se termina qu'en 1811, on a lieu d'admirer une carrière qui fut pleine de lant de travaux et témoin de tant d'événements.

Nous avons dit plus haut à quelle circonstance cet homme illustre dut le bonheur d'être révélé à lui-même. Bien que né à Paris', il était d'origine picarde, et c'est à ce titre que, après avoir étudié le droit et même s'être fait recevoir avocat au parlement, il entra dans le bataillon provincial de Picardie, où il devint bientôt aide-major.

L'avis que lui avait donné Cheverl sur sa véritable vocation n'empêcha pas qu'il n'allât servir, en qualité de capitaine aide de camp, sous le marquis de Monlcalm, chargé de la défense du Canada. Bougainville se trouvait sur un théâtre digne de son activité et de son courage. Les forêts impénétrables, le froid, la neige, rien ne l 'arrêta; il brûla, sur le lac du Saint-Sacrement, une flottille anglaise «pie protégeait cependant le feu d'un port. Le G juin 1758, à la tête d'un corps de cinq mille Français, il remporta une éclatante victoire sur une armée de vingt-cinq mille hommes. A la fin de l'action, il tomba frappé d'une balle à la tète; mais il y avait six mille Anglais étendus sur le terrain.

Par l'ordre du valeureux Monlcalm, il vint en France demander des renforts. Le ministre Berryer se contenta de lui répondre . « Quand le feu est à la maison, on ne s'occupe pas des écuries.

1 Son \*irc était notaire cl écheuit.

Page 1