JEAN-JACQUES ROUSSEAU
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Jean-Jacques ne fut pas un de ces hommes qu'on peut envisager froidement. Son nom, si controversé, a toujours éveillé l'admiration ou la colère. Il est cependant un autre sentiment qu'il doit faire naître, — le sentiment do la pitié.
Jamais caractère mobile accouplé à une tête de feu ne fut plus ingénieux à se tourmenter. Les fautes de Jean-Jacques trouvent leur excuse dans l'expiation qu'il en a faite le premier par la souffrance. Ce philosophe misanthrope, peut-être par excès d'amour et de zèle pour l'humanité, passa une partie de sa vie à se tourmenter luimême. Il fui l'artisan de presque tous ses chagrins, soit parce qu'il se les attira par son humeur noire, soit parce qu'il ne sut point y trouver le remède convenable. Rousseau fit donc la guerre au peu de bonheur qu'il eût pu goûter.
Son enfance fut laborieuse, pleine de hasards misérables qui eus-