LES ARTISTES DE LA RENAISSANCE VIT
commença à dater des guerres d'Italie. Il était impossible, quand de l'autre coté des monts l'art atteignait son apogée sous Léon X et Jules II, qu'il continuât de sommeiller en France, ou plutôt que le style gothique, auquel nous devons tant de cathédrales admirables, ne se transformât point devant un retour général aux formes grecques et à l'allégorie païenne. Cependant la peinture, ne semble pas s'être sensiblement modifiée en France, à cette époque : le progrès porta principalement sur l'architecture et la sculpture, qui nous donnèrent les Tuileries, le Louvre, Fontainebleau, Anet, Écouen et tant d'autres châteaux élégants et ciselés comme des bijoux de prix. Ix?s peintures étaient ducs plutôt aux Italiens que mandait François 1" et qui accoururent à son appel.
PtJ!UBBRT Delorme, qu'il faut nommer le premier comme chef d'école, naquit à Lyon avec le seizième siècle. Quelle était sa lignée? quel était son état de fortune? on l'ignore. I* seul fait certain, c'est qu'à l'Age de quatorze ans il était à Rome, très-occupé du soin de mesurer les monuments antiques et déjà fort entendu dans l'art divin de l'architecture. On sait aussi qu'il avait trouvé un protecteur en l'évoque de Sainte-Croix, qui plus tard devint le pape Marcel II. Mais sans doute il s'avisa que pour lui la concurrence serait bien moins redoutable en France qu'en Italie, et il s'en revint à Lyon. Sa réputation ne tarda pas à naître et à grandir. Comme il était en train de b:1tir le portail de Saint-Nizier, le cardinal du Bellay le fil venir à Paris et le présenta au roi et au Dauphin. Celui-ci, quand il fut roi à son tour, combla de faveurs Philibert Delorme, qui travailla successivement au fameux fer à cheval de Fontainebleau et au château de Saint-Maur-les-Fossés; puis, avec le concours de Primatice, construisit le château de Meudon et composa le mausolée de François 1", sans compter qu'il donna les plans du château d'Anet et du tombeau des Valois. — Ce tombeau, en forme de rotonde, menaçait ruine dès 17i9, et fut démoli; il aliénait à l'abbaye de Saint- Denis.
Philibert Delorme s'est plu à accumuler l'ornementation: et on lui reproche de n'avoir pas assez justifié l'emploi des piliers et des «donnes. Mais où il brille des qualités complètes d'un maître, c'esl