HENRI IV
courage, parce qu'il connaissait les retours subils de la fortune.
Mais citons le portrait tracé par l'éloquent historien <|iic nous venons de nommer; ce sera la peinture la plus exacte :
«Si Henri IV n'avait jws eu quelque chose d'aussi aventurciiN dans le caractère, il n'aurait |H>int tenté avec une ténacité si persévérante la fortune, qui lui fut si souvent contraire; s'il n'avait pas eu tant de maturité dans l'esprit, il aurait compromis son succès par des témérités sans motif. Le piquant de son caractère, c'est qu'il y avait quelque chose de naturellement calculé dans ses plus grandes saillies, et quelque chose de spontané dans ses plus graves conseils. C'était une nature pleine d'un abandon sans négligence, d'une vivacité sans étourderie, d'une bonhomie sans crédulité, d'une verve de paroles qui savait la valeur politique du silence. »
Voilà le chef de parti, celui qui combattit si longtemps pur les causes désespérées, et qui fut ensuite conduit au trône par le meurtre des Guises et l'assassinat de Henri III. L'homme va changer, la gravité, le bon conseil, prendront le dessus dans son isprit. Écoutons encore M. Alfred Nettement :
« Henri peut maintenant aplanir le seul obstacle qui le sépare du trône, l'hérésie; ce n'est pas un vaincu qui apostasie sa croyance, c'est un vainqueur qui abjure ses erreurs. Il revient de bonne foi au catholicisme, qu'il n'avait jamais examiné avec beaucoup de soin dans son existence d'aventures et de guerres, et qui a un caractère de vérité qui dut frapper un esprit aussi vif et aussi prompt que le sien. Dès lors la guerre civile est linie, le roi par droit de naissance est devenu le roi très-chrétien; le roi de la politique nationale, car il est l'ennemi de la puissance espagnole et le promoteur du système qu'accomplirent plus tard Richelieu et Louis XIV; le roi delà politique nationale est devenu le roi de la croyance nationale : la reslauration monarchique est accomplie. »
Quand la mort la plus cruelle comme la plus inattendue atteignit ce grand souverain, la France était reconstruite, le déficit comblé, le protestantisme apaisé, l'abaissement de la maison d'Autriche assuré. Il était allié à Unis les petits princes d'Allemagne; Rome et la Savon4 lui étaient favorables; l'Angleterre ne cachait pas sa syin-