HENRI IV
L'histoire de Henri IV se trouve |H)ur ainsi dire faite par les pages qui précèdent : Jeanne d' Albret, la glorieuse mère du Béarnais, Sully et Grillon, ses compagnons d'armes, ses fidèles serviteurs, nous ont dit le jeune prince aventureux, le hardi capitaine et le grand roi .
Sa vie, qui fut si pleine, se divisa en deux phases bien distinctes : la lutte, puis l'exercice du pouvoir. Et si Henri IV eut toutes les qualités qui font le souverain hors ligne, le fondateur de dynastie, c'est qu'il avait traversé d'abord les épreuves' les plus rudes par lesquelles jamais prince ail passé : battu par la fortune, entoure d'ennemis, menacé dans sa vie par Charles IX son beau-frère, dénué de ressources et voyant se coaliser contre lui les passions le> plus violentes pour lui fermer l'entrée de sa capitale, même après que les Valois n'étaient plus qu'un souvenir historique.
Henri IV fut le modèle de la constance dans l'adversité. 11 fut obligé de tout conquérir; et ce ne fut pas, comme jadis Charles VII, à l'étranger qu'il dut reprendre son royaume, mais à ses sujets eu Xnièmes, dont il fut « le vainqueur et le père. »
4eune homme, il avait entrepris la traduction des Commentaire» do César, et, selon la belle expression «le M. Alfred Nettement : « Cette traduction commencée par la plume, il devait la Unir avee l épée. »>
Ce début de sa vie est, à nos yeux, le symbole de sa vie entière : une vie rude, il est vrai, mais qui fut soutenue par la iinesse du montagnard et la verve philosophique du Gascon.
Henri élait un vrai chef de parti, audacieux et réfléchi tout à ia lois, mobile en apparence, ne répugnant pas aux coups de main, s'égayant de la détresse, fertile en expédients, ne perdant jamais